3 étoiles, D

Le Diable s’habille en Prada

Le Diable s’habille en Prada de Lauren Weisberger

Premier roman de Lauren Weisberger paru initialement en 2003 sous le titre « The Devil Wears Prada ».

Après ses études, Andrea s’installe à New York. Son rêve : devenir journaliste pour le magazine le New Yorker. Entre temps, elle déniche un poste pour la revue Runway. C’est la bible de la mode tenue par Miranda Priestley. Son embauche comme assistante relève de l’exploit. Elle ne s’intéresse pas à la mode et n’a jamais lu le magazine. Cet emploi pourrait cependant l’aider à atteindre son rêve. Travailler pour Miranda pendant un an permet d’obtenir n’importe quel poste dans le domaine de l’édition. Miranda s’avère être un vrai tyran. Elle exige qu’Andrea effectue les tâches les plus subalternes et humiliantes. Réussira-t-elle à tenir un an pour réaliser son rêve ?

Ce roman se lit sur deux niveaux. Il y a le niveau de la mode qui est très superficiel et celui de la souffrance au travail qui est beaucoup plus intéressant. L’écriture est efficace et permet de bien camper les personnages, notamment ceux de l’odieuse Miranda et d’Andrea. Lors de la lecture, une question se pose : Jusqu’où pouvons-nous supporter la tyrannie et l’abus au travail ? La lecture est un peu longue, une centaine de pages en moins l’aurait allégée. Heureusement, les situations cocasses et l’intéressante conclusion rachètent les longues énumérations.

La note : 3 étoiles

Lecture terminée le 29 avril 2011

Dixième lecture de mon défi 26 livres – 26 auteurs édition 2011

La littérature dans ce roman :

  • « Voilà donc où m’avaient menée mes quatre années d’études consacrées à analyser et décortiquer par le menu romans, pièces de théâtre, nouvelles et poèmes : à consoler une bestiole pourrie gâtée avec une tronche de chauve-souris tout en essayant de ne pas démolir une voiture qui ne m’appartenait pas et qui coûtait la peau du bas du dos. »  Page 20 
  • «  – Ils pourraient pondre tout un bouquin sur les avantages respectifs de Sing Sing et de Rikers, mais ils sont infichus de lire un mot d’anglais ! »  Page 45
  • «  – … Je veux que tu profites au maximum de chaque instant, et de tout : les spectacles, les films, les livres, le shopping, les gens que tu vas rencontrer… »  Page 54
  • « Il y avait des douzaines de dons faits au nom de Miranda à divers organismes caritatifs, des centaines de bouteilles de vin ou de champagne, huit ou dix sacs Dior, deux bonnes douzaines de bougies parfumées, quelques céramiques orientales, des pyjamas de soie, des livres aux reliures de cuire, des produits de bain, des chocolats, des bracelets, du caviar, des pulls en cashmere, des photographies encadrées et assez de compositions florales ou des plantes vertes pour décorer un de ces mariages collectifs en Chine, où cinq cents couples se marient en même temps dans un stade de foot ».  Page 82
  • « Lily se préparait à entamer un doctorat de littérature russe à Columbia, et chaque seconde qu’elle ne consacrait pas à ses études était sacrifiée à des petits boulots. »  Page 92
  • « La passion de Lily pour la littérature russe remontait à la classe de quatrième, où un professeur lui avait dit un jour qu’avec sa frimousse ronde et ses boucles brunes, elle ressemblait à Lolita telle qu’il l’avait toujours imaginée. Sitôt rentrée chez elle, Lily s’était plongée dans le chef-d’œuvre de lubricité de Nabokov, sans se laisser troubler une seule seconde par l’allusion de son professeur, puis, dans la foulée, elle avait dévoré les œuvres complètes du romancier. Avant de s’attaquer à Tolstoï. Puis à Gogol. Puis à Tchekhov. Le moment venu d’entrer en fac, elle avait postulé à Brown, pour travailler avec un prof spécialisé en littérature russe qui, au terme de leur premier entretien, lui avait déclaré qu’elle était, à dix-sept ans, la plus calée et la plus passionnée de tous les étudiants qu’il avait rencontrés – tous niveaux d’études confondus. »  Pages 92 et 93
  • «  Sans compter qu’à mes propres yeux, cet univers-là était tout autant décalé et étrange; je le jugeais un peu trop hystérique par moments, et je lui trouvais, plus qu’un peu, des airs de famille avec celui de 1984, mais c’était excitant. »  Page 113
  • « Le quatrième tome de cette maudite série des aventures de Harry Potter devait sortir le lendemain, un samedi, et les jumelles de Miranda, dix ans, en désiraient un exemplaire chacune. Les ouvrages ne seraient pas en librairie avant le lundi matin, mais je devais me débrouiller pour en avoir deux en main le samedi matin – et ce dans les minutes qui suivraient leur sortie de l’entrepôt. Après tout, Harry et ses potes étaient attendus à bord d’un jet privé, à destination de Paris. » Page 119
  • « Je me suis occupée de cette réservation sur-le-champ, afin de me concentrer sur le défi bien plus retors que représentait Harry Potter. »  Page 122
  • Citation sur le défi Harry Potter (pour ne pas gâcher la surprise, seuls les numéros de page vous seront donnés!) : pages 125, 126, 127, 128, 129, 131, 134, 135, 140, 141 et 142.
  • « On disait que cette année-là, la fête serait encore plus exceptionnelle que les précédentes car Marshall venait de sortir un nouveau livre, Colore-moi, Marshall. »  Page 145
  • « Que pouvait-il se passer d’intéressant dans un fête donnée en l’honneur d’un livre consacré à l’art des mèches capillaire? »   Pages 161 et 162
  • « – …Je ne suis pas vraiment dans la mode – en fait, je préférerais écrire, mais j’imagine que ce n’est pas un mauvais début. Et vous, que faites-vous?
    – Je suis écrivain.

    Franchement, cette manie que tout le monde et n’importe qui, à New York, avait de s’auto-proclamer écrivain, acteur, poète, artiste commençait à me taper sur le système. Moi, j’écrivais dans le journal de la fac, ai-je songé, et une fois, au lycée, un de mes essais a même été publié dans un mensuel. Cela faisait-il de moi un écrivain?
    – Et quel genre de livres écrivez-vous?
    – Des fictions, principalement. Je travail en ce moment sur mon premier roman historique, a-t-il précisé en buvant une autre gorgée de bière et en repoussant une nouvelle fois cette agaçante, mais néanmoins adorable, mèche.
    « Premier roman historique » signifiait donc que ses autres œuvres faisaient l’impasse sur la dimension historique. »  Page 174
  • « D’après cette brève description, j’avais immédiatement reconnu l’ouvrage en question. Le New Yorker lui avait déjà consacré un article : apparemment, tout le milieu littéraire brûlait de découvrir ce texte, et ne tarissait pas d’éloges à propos du réalisme avec lequel l’auteur dépeignait son héroïne. »  Page 175
  • « L’ensemble de la critique avait encensé son premier roman, en saluant une des plus remarquables réussites de XXe siècle. Le jeune auteur avait enchaîné avec la publication de deux autres romans, qui, chacun, étaient resté plus longtemps que le précédent sur les listes des meilleurs ventes. »  Page 175
  • « Ce type était un écrivain à succès – que cherchait-il, en bavardant avec moi? »  Page 175
  • « Chaque matin, il m’indiquait où il était garé pour que je puisse le retrouver sans difficulté, mais invariablement, quelle que soit ma célérité, il m’attenait adossé à l’un des tourniquets, les bras chargés de sacs, de vêtements et de livres, tel un grand-père dévoué et généreux. »  Page 196
  • « Le long des murs étaient rangées les chaussures, couleurs, pointures et tous styles confondus – une sorte d’usine virtuelle comme celle de Willy Wonka, mais pour fashionistas. »  Page 251
  • « – Certes, Andy. Mais ce que vous ne semblez pas réaliser, c’est que le monde des lettres est un tout petit milieu. Que vous écriviez des romans policiers, des histoires dans les magazines ou des articles dans les journaux, tout le monde connaît tout le monde. … Peut-être vient-il de découvrir le prochain auteur de best-sellers? »  Page 339
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