2,5 étoiles, M

Mange, prie, aime : Changer de vie, on en a tous rêvé… Elle a osé !

Mange, prie, aime : Changer de vie, on en a tous rêvé… Elle a osé ! d’Elizabeth Gilbert.

Editions Calmann-Lévy; Publié en 2008; 453 pages

Autobiographie d’Elizabeth Gilbert paru initialement en 2006 sous le titre «Eat, Pray, Love : One Woman’s Search for Everything Across Italy, India and Indonesia».

Liz est une femme qui a tout pour être heureuse. Mais voilà qu’elle réalise que sa vie ne la comble plus. Après réflexion, elle décide de demander le divorce. Suite aux souffrances subies pendant les procédures, elle essaie de reprendre sa vie en mains. Elle veut réapprendre à se comprendre elle-même. Pour ce faire, elle décide de partir en voyage pendant un an. Sa première étape sera l’Italie, par amour de la langue qu’elle veut apprendre. Les bons petits plats italiens vont lui faire reprendre les kilos que son divorce lui avait fait perdre. Après sa récupération physique, Elizabeth s’embarque pour l’Inde où elle se rend dans un ashram afin de parfaire son apprentissage de la méditation. Enfin, elle termine son périple par Bali où un vieux sage l’avait invitée lors d’un précédent voyage.

J’ai trouvé le début prometteur. Liz avait d’emblée ma sympathie suite à son divorce. Sa décision de renouer avec ses désirs et de se réapproprier ce qu’elle aime est un des meilleurs moments. Dès la fin de son arrêt en Italie, j’ai commencé à me demander où me menait ce récit. De son séjour en Inde, je retiens ses nombreuses tentatives laborieuses de discipliner son esprit. À certains moments, j’ai trouvé que les raisonnements de Liz étaient contradictoires par rapport à son apprentissage (surtout son jugement des autres). À Bali, j’ai perdu l’envie de la suivre. Ses rencontres étaient, à mon avis, plus qu’improbables. Peut-être que je n’ai pas saisi l’intérêt de l’aventure spirituelle de cette femme. Il y a pourtant des passages qui peuvent inspirer ceux qui sont en recherche d’une vie plus spirituelle.

La note : 2,5 étoiles

Lecture terminée le 26 septembre 2011

Dix-septième lecture de mon défi 26 livres – 26 auteurs édition 2011

La littérature dans ce roman :

  • « Puisque ce livre tout entier a pour objet ma quête d’un équilibre, j’ai décidé de le structurer comme un japa mala, et de diviser mon récit en cent huit épisodes, ou perles. Ce collier de cent huit récits se divise à son tour en trois sections, consacrées respectivement à l’Italie, l’Inde et l’Indonésie – soit les trois pays dans lesquels j’ai séjournée au cours de cette année d’introspection. Chaque partie comporte donc trente-six récits – détail qui, à titre personnel, ne me laisse pas indifférente, puisque j’écris ces pages au cours de ma trente-sixième année. » Page 12
  • « Ça pour moi c’est une première. Et puisque c’est aussi la première fois qu’apparaît ici ce mot chargé de sens – DIEU -, et qu’il réapparaîtra souvent tout au long de ce livre, il me semble juste de marquer ici un pause pour expliquer précisément ce que j’entends par ce mot. » Page 25
  • « J’avais enfin remarqué que mon désespoir avait atteint un palier apparemment extrême et dangereux pour ma vie, et c’est à ce moment-là que je me suis souvenue que les gens aux prises avec cet état-là se rapprochent parfois de Dieu pour chercher de l’aide. J’avais dû lire ça quelque part dans un bouquin. » Page 28
  • « Nous nous fixions des objectifs, prononcions des vœux, échangions des promesses, partagions des dîners. Il me lisait des livres, et il faisait ma lessive. » Page 33
  • « David était mon herbe à chat et ma kryptonite. » Page 39
  • « Je veux quitter cette soirée de bonne heure, pour rentrer chez moi lire un roman. » Page 39
  • « En sortant de cours, je pataugeais sous la pluie jusque chez moi, je me faisais couler un bain chaud et, allongée dans la mousse, je lisais à voix haute mon dictionnaire d’italien et chassais de mon esprit toutes les pressions liées au divorce et à mes peines de cœur. Les mots m’arrachaient des éclats de rire ravis. » Page 40
  • « J’ai imaginé que cette Indienne à la beauté radieuse allait venir chez-moi quelques soirs par semaine et que nous siroterions du thé en discutant théologie, qu’elle me prescrirait des lectures et m’expliquerait la signification des sensations étranges que j’éprouverais durant la méditation… » Page 42
  • « « … Je pense que tu sais t’y prendre avec les mots. Je pense que ce travail créatif que tu fais, il concerne les mots, c’est bien ça ?
    – Oui ! Je suis écrivain ! j’écris des livres ! » Page 46
  • « Mais il réclamait également des choses que je n’avais jamais prises en considération (un intéressement aux royalties provenant des livres que j’avais écrit au cours de notre mariage, un part des éventuels droits d’adaptation cinématographique de mon travail, une part de mes plans d’épargne retraite. Etc. ) et là, j’ai bien été obligée de protester. » Pages 49 et 50
  • « Et au beau milieu de tout ça, voilà qu’un livre que j’avais écrit quelques années auparavant venait de sortir en poche et que je devais m’acquitter d’une petite tournée de promotion. » Page 51
  • « Mon année de voyage a commencé. Et je peux me permettre de faire ça à cause d’un miracle stupéfiant : mon éditeur m’a versé une avance pour le livre que je doit écrire sur mes voyages. » Page 55
  • « (À propos de la cuisine italienne, le grand poète romantique Shelley écrivit un jour à un ami resté en Angleterre ces mots horrifiés : « Les jeunes dames de haut rang mangent – vous ne devinerez jamais ! – DE L’AIL »). Page 56
  • « Pline l’Ancien a écrit : « Si l’on prend en considération, à Rome, l’abondance des réserves publiques d’eau qui alimentent les bains, les citernes, les canalisations, les maisons, les jardins, les villas; que l’on considère la distance que ces eaux parcourent, les aqueducs qui ont été érigés, les montagnes qui ont été percées, les vallées qu’il a fallu enjamber, on devra admettre qu’il y a jamais eu plus grande merveille au monde. » Pages 57 et 58
  • « Il y a des librairies où l’on ne vend que des livres écrits en italien ! j’en ai découvert une hier matin, et j’ai eu l’impression d’entrer dans un palais enchanté. Tous les ouvrages étaient en italien – même ceux du docteur Seuss. J’ai déambulé entre les tables, j’ai tripoté tous les livres, en espérant que si quelqu’un m’observait, il penserait que l’italien est ma langue maternelle. » Page 60
  • « J’ai trouvé dans cette librairie quelques ouvrages de poètes américains en édition bilingue. J’ai acheté un volume de Robert Lowell, et un autre de Louise Glück. » Page 60
  • « Pour trouver le plus beau dialecte jamais parlé en Italie, ils durent remonter deux siècles en arrière, jusque dans la Florence du XIVe siècle. Et la langue que ce cénacle décida de hisser au rang d’italien n’était autre que celle, spécifique, du grand poète florentin Dante Alighieri. Quand Dante, en 1321, avait publié sa Divine comédie, récit déraillé d’un voyage visionnaire à travers l’enfer, le purgatoire et le paradis, il avait choqué le monde des lettrés en n’écrivant pas en latin. Dante considérait le latin comme une langue corrompue, élitiste, et il jugeait qu’en rédigeant leurs œuvres en latin, poètes et prosateurs avaient « transformé la littérature en catin » puisque ces récits universels n’étaient accessibles qu’à ceux qui avaient de l’argent et le privilège d’avoir reçu une éducation aristocratique. Dante préféra retourner à la langue des rues, et raconter son histoire dans le vrai idiome florentin, celui que parlaient les habitants de la ville (qui comptaient à leur nombre des contemporains célèbres tels que Boccace et Pétrarque). Il conçut son chef-d’œuvre dans ce qu’il baptisa le dolce stil nuovo, le « nouveau style gracieux » de la langue vernaculaire – qu’il façonna alors même qu’il l’écrivait et auquel il imprima sa marque personnelle comme le ferait un jour Shakespeare sur l’anglais élisabéthain. Qu’une poignée d’intellectuels nationalistes, bien plus tard, se soient assis autour d’une table pour décider que l’italien de Dante serait désormais la langue officielle de l’Italie, c’est un peu comme si, au début du XIXe siècle, des professeurs d’Oxford, s’étaient réunis pour décider qu’à compter de cette date, tout le monde en Angleterre parlerait la langue de Shakespeare. Et ça a marché.

    Dante écrivit sa Divine comédie en terza rima, la rime tierce – où dans chaque strophe de trois vers, le premier rime avec le troisième, et le deuxième avec le premier de la strophe suivante – qui imprimait à sa belle langue florentine ce que les érudits appellent un « rythme en cascade », un cadence qui perdure aujourd’hui dans le débit, poétique et cabriolant, des chauffeurs de taxi, des bouchers et des fonctionnaires italiens. Le dernier vers de la Divine comédie, où Dante est confronté à la vision de Dieu en personne, exprime un sentiment que peut encore comprendre toute personne familière du prétendu italien moderne. Dieu écrit Dante, n’est pas tant une vision aveuglante de la glorieuse lumière, il est avant tout « l’amor que move il sole et l’altre stelle » … « L’amour qui fait se mouvoir le soleil et les autres étoiles. » Pages 69, 70 et 71
  • « J’ai acheté tous ces bouquins de développement personnel aux titres si embarrassants. (Je veillais toujours à planquer le livre entre les pages du dernier numéro de Hustler, pour éviter que des inconnus ne sachent ce que je lisais réellement.) » Page 75
  • « Je me suis intéressée à des domaines artistiques stimulants pour le moral, et j’ai soigneusement évité tout contact avec des films, des livres et des chansons tristes. » Page 76
  • « Je lui ai fait part de mes objections et de mes réticences à l’égard des antidépresseurs. J’ai posé sur son bureau trois livres que j’avais publiés et je lui ai dit : « Je suis écrivain. S’il vous plaît, ne faites rien qui puisse endommager mon cerveau. » Page 78
  • « La beauté des hommes, ici, m’oblige, pour la décrire, à puiser dans les poncifs des romans sentimentaux. Il émane d’eux une « séduction diabolique », ils sont « insoutenablement beaux », « étonnamment bien découplés ». » Page 99
  • « Je commence par flâner le long des rues commerçantes et cosmopolites de mon quartier. (Encore que je n’appellerais pas vraiment ça un quartier – pas dans le sens traditionnel du terme : parce que si ça c’est un quartier, alors mes voisins sont des vous-et-moi nommés Valentino, Gucci et Armani.) Il a des tout temps accueilli les élites. Rubens, Tennyson, Stendhal, Balzac, Liszt, Wagner, Thackerary, Byron, Keats – tous y ont séjourné. » Page 107
  • « Avant de quitter New York, je m’étais envoyé un carton de livres. On m’avait assuré qu’il me serait livré à mon adresse romaine dans un délai de quatre à six jours, mais sans doute la poste italienne a-t-elle cru lire « quarante-six » jours, car presque deux mois se sont écoulés, et je n’ai toujours aucune nouvelle de mon carton.

    Et au vu de ces circonstances pour le moins stressantes, mon italien – qui a pourtant vraiment progressé – me laisse tomber. Je m’efforce d’expliquer avec logique que mon carton de livres a disparu, mais la femme me regarde comme si je soufflais des bulles de salive.

    Bon … peut-être est-ce mieux ainsi ? Je ne sais même plus quels livres j’avais mis dans ce carton.

    Je crois que j’avais même empaqueté Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain, de Gibbon, dans sa version intégrale. Peut-être suis-je plus heureuse sans lui, finalement. La vie étant si courte, ai-je vraiment envie de passer le quatre-vingt-dixième du restant de mes jours sur terre à lire Edward Gibbon ? » Pages 111, 112 et 113
  • « Ce que j’ai crue voir en grandissant, c’est une mère qui ne demandait rien à personne. C’était ma mère, après tout – une femme qui, adolescente, avait appris seule à nager dans les eaux froides d’un lac du Minnesota avec un manuel emprunté à la bibliothèque municipale. » Page 120
  • « Ma mère était venue à New York déjeuner une dernière fois avec moi, et elle m’avait demandé sans détour – rompant par là toutes les règles historiques de communication de notre famille – ce qui s’était passé entre David et moi. Transgressant plus encore le Grand Livre des canons de communication de la famille Gilbert, j’ai répondu à sa question. » Page 120
  • « Catherine arrive à Rome sans avoir rien laissé au hasard, comme toujours. Elle apporte cinq guides, qu’elle a déjà lus, et elle a déjà le plan de la ville en tête. » Page 129
  • « Catherine est une femme qui range The Columbia Encyclopedia dans sa cuisine, à côté des bouquins de recettes, et qui la lit pour plaisir. » Page 129
  • « Catherine transporte le plan de Rome et son Guide vert, et moi je trimballe notre pique-nique – deux énormes pains de la taille d’un ballon de softball, des saucisses pimentées, des filets d’anchois au vinaigre délicatement enroulés autour d’une olive verte charnue, un pâté aux champignons qui a un goût de sous-bois, des boules de mozzarella fumée, de la roquette braisée au poivre, des tomates cerises, un morceau de pecorino, de l’eau minérale et une petite bouteille de vin blanc frais. » Page 130
  • « La foi de ma sœur réside dans la connaissance. Son texte sacré, c’est l’Oxford English Dictionary. Et quand elle se plonge dans sa lecture, qu’elle l’étudie, tête courbée, un doigt courant sur les pages, elle est avec son Dieu. » Page 132
  • « D’un certaine façon, j’avais toujours pensé que ce serait le contraire. Que je serais celle qui finirait avec une pleine maisonnée e bottes crottées et de gamins hurlants, tandis que Catherine mènerait une vie en solo, lirait seule le soir dans son lit. » Page 133
  • « Je suis contente qu’elle rentre retrouver les siens, et tout aussi contente d’avoir encore neuf mois de voyage devant moi, où manger, lire, prier et écrire seront mes seules occupations. » Page 133
  • « Virginia Woolf a écrit : « La vie d’une femme est un vaste continent sur lequel plane l’ombre d’une épée. » D’un côté de cette épée, dit-elle, il y a les conventions, la tradition, l’ordre, où tout est comme il se doit. Mais de l’autre c^té de l’épée, si vous êtes assez folle pour outrepasser cette frontière et choisir une vie qui ne se conforme pas aux conventions, « tout n’est que confusion. Rien ne suit un cours normal ». Son raisonnement, c’est que franchir l’ombre de cette épée peut apporter une existence bien plus intéressante à une femme, mais on peut parier qu’elle sera aussi plus périlleuse. » Page 138
  • « Beaucoup d’écrivains ont une famille. Toni Morrison, pour ne citer qu’elle, a éduqué son fils et cela ne l’a pas empêchée de remporter cette broutille que nous appelons le prix Nobel. Mais Tony Morrison a fait son chemin, et je dois faire le mien. » Page 138
  • « Je suis allée à Bologne – une ville si belle que je ne pouvais me retenir de chanter, tout le temps que j’y ai passé : « Ma Bologne à un prénom ! C’est B-E-L-L-E. » Sa charmante architecture de brique et sa prospérité notoire ont valu à Bologne d’être surnommée « la Rouge, la Grasse et la Belle ». (Eh oui, c’était une option pour le titre de ce livre.) » Page 142
  • « Ou alors, mon désir de me rendre en Sicile tient peut-être à ce qu’à écrit Goethe : « Celui qui n’a pas vu la Sicile ne peut pas avoir une idée claire de ce qu’est l’Italie. » Page 160
  • « « Aucune cité ne peut vivre paisiblement, quelles que soient ses lois, quand ses citoyens ne font que festoyer, boire et s’épuiser dans les soins de l’amour » écrit Platon. » Page 162
  • « Palerme – une ville qui, selon Goethe, possède une beauté impossible à décrire – est peut-être bien aujourd’hui la seule ville d’Europe occidentale où des décombres de la Seconde Guerre mondiale vous obligent à faire attention où vous posez les pieds… cela donne une idée du stade de développement de la ville. » Page 163
  • « Luigi Giorgio Barzini, dans son chef-d’œuvre paru en 1966, Les Italiens – un ouvrage qu’il a écrit quand il en a eu ras-le-bol de tous ces étrangers qui écrivaient sur l’Italie pour la porter aux nues ou la vilipender -, a essayé de tirer les choses au clair sur sa culture. » Page 163
  • « Celui-ci est si corrompu, si peu fiable, si instable, excessif et injuste, qu’on ne devrait l’appréhender que sur la foi de ses propres sens, et c’est cela qui rend les sens plus forts en Italie que n’importe où ailleurs en Europe. C’est pour cela, dit Barzini, que les Italiens toléreront des généraux, des présidents, des tyrans, des professeurs, des bureaucrates, des journalistes et des capitaines d’industrie monstrueusement incompétents, mais ne toléreront jamais « des chanteurs d’opéra, des chefs d’orchestre, des danseuses, des courtisanes, des acteurs, des réalisateurs, des cuisiniers, des couturiers… » incompétents. » Page 164
  • « Cependant, je dirais que ce qui a aidé des générations de Siciliens à conserver leur dignité – à savoir, l’idée que chacun peut ancrer son humanité dans l’appréciation du plaisir – m’a également aidée à commencer à recouvrer la mienne. C’est là, je crois, ce que voulait dire Goethe lorsqu’il écrit qu’il faut venir ici, en Sicile, pour comprendre l’Italie. » Page 165
  • « C’est dans une baignoire, à New York, en lisant à vois haute des mots dans un dictionnaire d’italien que j’avais commencé à ravauder mon âme. » Page 165
  • « Par conséquent, comme l’écrivait saint Augustin d’une façon assez yogique, tout notre travail dans cette vie est de guérir l’œil du cœur au moyen duquel on peut voir Dieu. » Page 174
  • « C’est donc là qu’on peut me trouver désormais, plusieurs heures par jour – agenouillée sur le marbre froid avec une brosse et un seau, en train de trimer comme une sœur d’un premier lit dans un conte de fées. » Page 185
  • « Je me souviens avoir pensé que j’étais trop cérébrale, pas assez intuitive, et que mon chemin de dévotion serait probablement plus intellectuel qu’ésotérique. Je prierais, je lirais des ouvrages, je réfléchirais à des sujets dignes d’intérêt, mais jamais, sans doute, je n’atteindrais cette sorte de béatitude méditative que décrit sainte Thérèse. » Page 203
  • « Aucun ami ni parent n’avait disparu, me donnant un premier contact avec la mort, pas plus que je n’avais lu ou vu quoi que ce soit de particulier à ce sujet. Je n’avais même pas encore lu Le petit monde de Charlotte. » Page 211
  • « Ma sœur avait une amie qui a longtemps cru que Catherine avait plusieurs sœurs cadettes, à force d’entendre parler de la sœur qui était en Afrique, de la sœur qui travaillait dans un ranch dans le Wyoming, de la sœur qui était serveuse dans un bar à New York, de la sœur qui écrivait un livre, de la sœur qui allait se marier – il ne pouvait pas s’agir de la même personne, n’est-ce pas ? » Page 213
  • « Certes, mais le Livre de Job lui aussi est sacré, et je ne le déclame pas pour autant tous les matins avant le petit déjeuner. » Page 224
  • « Hier, je suis entrée dans une rage folle quand j’ai regardé mon livre de chant et vu que nous n’en étions qu’à la strophe XXV, alors que déjà j’étais consumée d’inconfort, que je transpirais (et pas comme le fait un être humain normal, mais plutôt un fromage), et j’ai carrément lâché à voix haute : « Non mais tu te fiches de moi ! » » Page 232
  • « Je me suis relevée et j’ai couru, pieds nus et d’une traite, jusqu’au temple, j’entendais le martèlement de mon pouls dans mes oreilles, j’ai trouvé un siège libre, j’ai ouvert mon livre de prières à l’instant où la psalmodie commençait et – la jambe en sang – j’ai commencé à chanter la Guru Gita. » Page 233
  • « Quelques jours plus tard, à la bibliothèque, je lisais un ouvrage consacré au saint indien Sri Ramakrishna quand je suis tombée sur l’histoire d’une adepte qui vint un jour voir le grand maître et admit devant lui qu’elle craignait de ne pas être assez bonne disciple, de ne pas aimer assez Dieu. » Pages 235 et 236
  • « Et après quelques lectures sur la méditation vipassana à la bibliothèque, un après-midi, j’en suis venue à songer à tout ce temps que j’ai passé, dans ma vie, à m’ébattre dans tous les sens comme un gros poisson hors de l’eau, soit pour me détourner d’une détresse importune, soit pour me jeter avec voracité sur un surcroît de plaisir. » Pages 240 et 241
  • « Ce n’est pas sans raison qu’on parle de « sauts de foi » : décider de consentir à la notion de Dieu, c’est s’élancer, d’un bond formidable, du rationnel vers ce qu’on ne peut connaître, et peu m’importent les érudits zélés qui, toutes religions confondues, vont chercher à nous obliger à potasser leurs tas de livres pour nous prouver, écritures à l’appui, que leur foi est tout ce qu’il y a de rationnel ; elle ne l’est pas. » Pages 243 et 244
  • « Je peux choisir ce que je mange, ce que je lis, ce que j’étudie. » Page 246
  • « Au fait, j’ai trouvé mon mot d’ordre. Je l’ai trouvé dans un bouquin, évidemment, en bon rat de bibliothèque que je suis. » Page 281
  • « (Les remarquables essais de l’écrivain Fred. B. Eiseman sur la culture balinaise expliquent ces subtilités avec des détails bien plus experts, et c’est dans ses recherches que j’ai puisé la majorité de mes informations générales, non seulement ici, mais tout au long de ce livre. » Page 309
  • « Mais plus je lis d’ouvrages sur la culture balinaise, plus je l’observe, et plus je prends conscience d’avoir largement perdu de vue mon équilibre, du mois selon une perspective balinaise. » Page 312
  • « Alors maintenant, je dois être sorcier. Maintenant, je dois apprendre les livres de médecine de mon arrière-grand-père. Ces livres ne sont pas en papier, ils sont en feuilles de palme. On les appelle lontars. C’est l’encyclopédie médicale balinaise. » Page 318
  • « Attirés par ces comptes rendues sur la beauté et la sérénité détachées des contingences de l’île, quelques touristes appartenant au gratin entreprirent de la visiter – des artistes, des écrivains ou des danseurs, à l’instar de Walter Spies, Noel Coward, ou Claire Holt, ou encore des acteurs, comme Charlie Chaplin, et des scientifiques, telle l’anthropologue Margaret Mead, qui, en dépit de toutes ces poitrines dénudées, décrivit judicieusement la civilisation balinaise pour ce qu’elle était vraiment : une société aussi collet monté que l’Angleterre victorienne. » Page 325
  • « Il se rend dans des temples pour les grandes cérémonies importantes et il est invité chez ses voisins afin d’accomplir les rituels qui accompagnent les mariages ou les passages à l’âge adulte, mais la plupart du temps, c’est ici qu’on le trouve, assis en tailleur sur cette natte en bambou, entouré par les encyclopédies médicales en feuilles de palme de son arrière-grand-père, affairé à soigner les gens, à apaiser les démons et, à l’occasion, à siroter une tasse de café sucré. » Page 333
  • « – Tutti, où as-tu appris à si bien parler anglais? Ai-je fini par demander.
    – Dans un livre!

    Je vais te montrer mes livres ! a-t-elle chantonné avant de grimper l’escalier quatre à quatre pour aller les chercher !
    Tutti dévale l’escalier en tanguant, les bras chargés de livres, et s’affale en trombe sur les genoux de sa mère. » Page 352
  • « Et mes soirées, je les passe dans mon charmant jardin, soit toute seule à bouquiner, soit à bavarder avec Yudhi, qui vient de temps en temps jouer de la guitare. » Page 354
  • « Il était un peu plus âgé que moi, avait mené une vie passionnante et arborait un excellent CV : il aimait les Simpson, avait vécu à un moment donné dans un ashram, mentionnait Tolstoï, ne semblait par être au chômage, etc. » Page 366
  • « Je savais que c’était par Tutti que ce miracle s’était manifesté, par la force de ses prières, parce qu’elle voulait que cette petite tesselle bleue se polisse, s’étende autour d’elle, grossisse – comme un des haricots magiques de Jack – et devienne une vraie maison qui les mettrait à l’abri, elle, sa mère et les deux orpheline, pour toujours. » Page 375
  • « Si elle avait une maison, elle pourrait avoir une petite bibliothèque, pour tous ses ouvrages médicaux ! » Page 383
  • « Si elle avait une maison, elle pourrait enfin être répertoriée dans le Lonely Planet, qui voulait depuis longtemps signaler ses services à ses lecteurs, mais ne pouvait pas le faire parce qu’elle n’avait pas d’adresse permanente. » Page 383
  • « Gloria Steinem, on le sait, a conseillé aux femmes de faire tout leur possible pour devenir comme les hommes qu’elles avaient toujours voulu épouser. » Page 391
  • « Et en un sens, je veux y aller. Pas seulement pour passer une semaine avec mon ami Yudhi, mais aussi pour me reposer après ma grande nuit avec Felipe, et me faire rentrer dans la tête cette réalité toute nouvelle – à savoir que, comme on dit dans les romans, j’ai pris un amant. » Page 396
  • « Qui plus est – ainsi que je l’ai découvert tout au long du mois d’août à la faveur de mon odyssée, digne du Monde de Narnia, dans les subtilités de l’immobilier indonésien – il est quasi impossible de savoir si un terrain est à vendre. » Page 420
  • « Je n’ai aucune des qualifications requises pour me lancer dans ce type de négociations douteuses. Certes, j’ai connu une procédure de divorce dans l’État de New York, mais là, c’est tout autrement kafkaïen. » Page 421
  • « Avant, il s’ennuyait à Bali. Il se languissait, il tuait le temps – un vrai personnage de roman de Graham Greene. » Page 424
  • « Parfois, quand j’entends Felipe qui me prépare à dîner en sifflotant un air joyeux de samba pendant que je bouquine à l’étage, et qu’il lance, depuis le rez-de-chaussée : « Chérie, tu veux un autre verre de vin ? », je me demande si je suis capable d’être le soleil de quelqu’un, d’être tout pour cette personne. » Page 425
  • « Je n’avait même pas emporté de bouquin, je n’avais rien sous la main pour me distraire. » Page 443
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3 thoughts on “Mange, prie, aime : Changer de vie, on en a tous rêvé… Elle a osé !”

  1. Avant toute chose merci pour votre note, à la fois lucides et intéressantes. Toutefois, quelques détails auraient pu comporter plus d’explications, en particulier dans la conclusion. C’est juste une manière de dire que je suis empressé de découvrir la suite

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