3,5 étoiles, E

En avant comme avant !

En avant comme avant ! de Michel Folco

Editions Points; Publié en 2008; 474 pages

Troisième roman de Michel Folco paru initialement en 2001.

L’histoire des quintuplés Tricotin a débutée dans « Un loup est un loup ». Celle de Charlemagne, le plus turbulent et l’ancien meneur de loups, se poursuit ici. Comme Charlemagne a engrossé la fille de Justinin Pibrac le bourreau de Racleterre, il doit l’épouser. Mais lors de la cérémonie, il change d’avis parce qu’il ne veut pas devenir un valet d’échafaud. Il abandonne sa promise au pied de l’autel et se réfugie dans la sacristie pour échapper à la colère du père et des invités. Pour calmer sa faim, il commet l’imprudence de manger le stock d’hosties trouvé dans la sacristie. Ce méfait le conduira à l’accusation de sacrilège. Mais de la prison à la galère Charlemagne a encore mille tours dans son sac. Ses frères vont réussir à lui éviter la galère mais il doit aller à Paris pour plaider sa cause auprès du roi Louis XVI. L’arrivée de Charlemagne dans un monde d’apparence et de légèreté sera une source de multiples quiproquos.

De facture plus conventionnelle que « Un loup est un loup », ce roman est à la fois plus divertissant et moins passionnant. L’action reste centrée sur les aventures de Charlemagne et c’est bien dommage. Cette fois, Charlemagne a quitté la forêt pour la ville et se retrouve loin de sa fratrie. Son séjour à Paris, nous fait revivre les derniers jours de la monarchie. Nous y voyons les plaisirs coûteux des aristocrates et surtout comment les gens étaient embastillés de façon arbitraire. Malheureusement, il y a trop de personnages qui sont mal maîtrisés et qui de surcroît sont destinés à disparaître rapidement ce qui alourdi le texte. Dommage que ce dernier tome des aventures des « quintuplés de Racleterre » ne soit pas aussi passionnant que le précédent.

La note : 3,5 étoiles

Lecture terminée le 18 octobre 2011

Dix-neuvième lecture de mon défi 26 livres – 26 auteurs édition 2011

La littérature dans ce roman :

  • « Une armoire, une crédence aux portes ouvragées, un vieux fauteuil, un long banc, une table aux pieds sculptés représentant des chimères composaient le mobilier. Un chandelier à trois branches et une bible étaient posés sur la table. » Page 21
  • « Un détenu enchaîné reposait sur de la paille dans la cage I. La II était vide, mais la III était meublée d’une table, d’une chaise, d’un coffre à vêtements, d’un paravent déplié cachant à demi un pot de chambre et d’un grand lit dans lequel dormait un prisonnier. Plusieurs livres étaient posés sur la table, à côté d’un flambeau, d’un bol et d’un tonnelet à vin de deux boisseaux. » Page 36
  • « – Qui est de guet cette nuits ?
    – Le sergent Charfouin, monsieur le juge.
    – Mobilisez-le sur-le-champ, afin qu’il nous apporte son livre d’écrou.

    Pertuisane de fonction dans une main, registre des écrous dans l’autre, le sergent Charfouin entra dans le bureau, intimidé par la présence de l’abbé.

    Gêné par son encombrante pertuisane, Charfouin déposa le livre d’écrou sur le bureau. » Pages 61 et 62
  • « … il s’était rendu dans la chambre qu’occupait Charlemagne et avait regroupé ses possessions dans une vieille carnassière en peau de louve. Une dague de vénerie dans son fourreau, un ceinturon, une longue-vue dans un étui de cuir craquelé, un livre (Le roman de Renart), une paire de souliers à boucle de cuivre, un collier de trophées, une chemise, une culotte verte, une parie de bas, une dizaine de collets en crin de cheval, une couverture de cheval à damiers, et les restes d’une avance sur son premier salaire de valet d’échafaud en second, huit livres, huit sols et neuf deniers. Après un moment de réflexion, il retira le collier de trophées auquel était suspendu un compromettant sceau des Armogaste. Il écarta également les collets qui signaient trop la braconne ainsi que Le roman de Renart qui portait sur la page de garde : Ce livre appartient à Dagobert Tricotin. » Pages 68 et 69
  • « Pagès-Fortin sourit à l avue du paquet sur l’étagère. Il avait commandé au printemps Le Compte Rendu au Roy pour l’année 1781 de M. Necker et il l’attendait avec la même fébrilité qu’il avait attendu vint ans plus tôt le Traité sur la tolérance de Voltaire. Posant sa canne sur le comptoir, il prit livraison du paquet et le déficela pour s’assurer de son contenu. Avec émotion, il découvrit un petit livret à la couverture bleue d’une centaine de pages. La tradition voulait que le contrôleur général des Finances communique au roi un état annuel incluant le montant des dépenses et des revenus de l’année écoulée, ainsi qu’une prévision des revenus et des dépenses pour l’année à venir. Ces comptes restaient secrets et on ignorait tout de l’usage de l’argent des impôts. Or, pour la première fois de l’histoire de la monarchie, un directeur général des Finances expliquait l’usage de cet argent et, plus sacrilège encore, il osait dévoiler la liste nominale des pensions et des charges versées à la famille royale et aux courtisans, mettant ainsi en pleine lumière l’énormité calamiteuse des gaspillages de la Cour. » Pages 96 et 97
  • « Clodomir préparait son départ en étudiant les nombreux livres de bord et livres comptable des précédentes campagnes prêtés par Abraham Marangus. Il comptait compenser sa jeunesse et son inexpérience par une bonne connaissance livresque du sujet. » Pages 104 et 105
  • « – Qui a dit : « La race des Nègres est une espèce d’homme différente de la nôtre comme la race des épagneuls l’est des lévriers… » Ah oui, et puis aussi « On peut dire que si leur intelligence n’est pas d’une autre espèce que notre entendement, elle est fort inférieure. » Eh !
    Pagès-Fortin prit un air agacé. Dagobert avait toute la mauvaise foi requise pour faire un bon chicaneur si l’on parvenait à convaincre maître Camboulives de l’envoyer à la faculté de Montpellier, mais, en attendant, quel petit ergoteur !
    – Ce qui me désole, vois-tu, ce n’est point que Voltaire se soit révélé aussi niais, ce qui me désole c’est que tu aies pris la peine d’apprendre par cœur de pareilles fadaises de tréteaux!
    – Grand-père Baptiste dit que les rois qui nous vendent leurs sujet nous vendent en réalité des criminels déjà condamnés chez eux et qui seraient suppliciés à mort si nous ne les achetions point, ajouta Clodomir sans rire.
    – J’admire ton aplomb, mon garçon. Selon maître Floutard, ce grand philanthrope, la traite serait donc un acte de pur humanisme ?
    – Oui, et il dit aussi que la traite ne peut être qu’humanitaire, sinon M. de Voltaire n’aurait pas figuré parmi les actionnaires de ce grand négociant en nègres, M. Montaudouin.
    Ils changèrent de conversation et Pagès-Fortin voulut leur lire quelques passages édifiants du Compte Rendu au Roy, mais il dut y renoncer tant le mauvais état du chemin rendait toute lecture impossible. » Pages 112 et 113
  • « Charlemagne saisit le livre d’écrou rangé sur une étagère et le jeta dans les flammes. » Page 131
  • « – Ce malfaisant a cramé mon livre d’écrou. » Page 139
  • « Lulu du Rossignol déverrouilla la serrure de la cage III en sifflotant J’ai du bon tabac dans ma tabatière. Ce fut alors au tour du libraire de se dévêtir et de dévoiler un corps imberbe, grassouillet de partout et à la peau blanche comme lait. Le chef Carcasse compta douze livres et huit sols dans une poche du justaucorps et trouva une grosse montre dans la poche gousset du gilet. Le contenu du sac de nuit le fit ricaner sans joie. Il trouva des frusques de rechange, des flacons de liqueur, un poulet rôti froid enveloppé dans un linge, du pain blanc, un paquet d’une livre de Vrai Pongibon, une trousse à pipes, cinq volumes signés Restif de La Bretonne. » Page 144
  • « Le cahier des charges du ministère obligeant le commissaire-conducteur à disposer d’un argousin pour quatre bagnards, Gamoute faisait ainsi l’économie de quarante argousins; de son côté, le chef Carcasse s’occupait à faire régner un régime de terreur, seul moyen reconnu capable de palier une si dangereuse infériorité numérique. » Pages 149 et 150
  • « – Je l’ai ! s’exclama Dagobert en retirant du gilet du lieutenant une clef en acier accrochée à un anneau du même métal.
    Il alla aussitôt vers son frère et lui déverrouilla les bracelets avec un large sourire.
    – C’est comme dans nos romans de chevalerie, eh !
    – Z’est bien mieux, za nous arrive ! » Pages 201 et 202
  • « Il vit aussi de nombreux avis de recherche joints à des promesses de récompense : on offrait cent cinquante livres à qui retrouverait une levrette à la robe crème répondant au nom d’Azore, trois cent cinquante livres pour un caniche à tête noire et tache blanche sur le front répondant au nom de Socrate, et mille livres étaient promises à celui qui retrouverait Voltaire, un épagneul banc et brun âgé de dix mois. » Page 220
  • « Une grande enseigne montrant un corbeau tenant dans son bec un livre plus grand qu’un fromage et sur lequel se lisait Au Papier qui Parle attira son attention. Il entra dans la librairie, qui sentait fort le papier neuf. Des étagères de livres couvraient les murs et les vingt-huit volumes de l’Encyclopédie étaient exposés sur une table. Debout près de son bureau, le maître libraire Éloi Bourdin dictait à son grouillot le catalogue annuel de sa librairie.
    – Ze veux açeter un dictionnaire.

    – Quelle sorte de dictionnaire avez-vous en tête, monsieur ?
    La question troubla Charlemagne. Il ignorait qu’il pût y en avoir plus d’une sorte.
    – Z’en veux un où zont expliqués tous les mots qui ze parlent.
    Maître Bourdin hacha sa grosse tête ronde en désignant un rayon au niveau du sol où s’alignaient plusieurs très gros livres.
    – J’ai ici les trois volumes du Furetière, j’ai les trois volumes du Trévoux, j’ai une première édition en deux volumes du Dictionnaire de l’Académie et une quatrième édition en un volume, j’ai aussi un Richelet en excellent état…
    Il prit les volumes cités et les déposa sur une table de consultation.
    Après les avoir examinés, Charlemagne se décida pour le Dictionnaire universel contenant généralement tous les mots français tant vieux que modernes et les termes des sciences et des arts.
    Il posa son index sur le « tous » du titre.
    – TOUS les mots zont vraiment dedans ?
    Le libraire se permit un petit rire printanier.
    – Pas un n’y fait défaut, mon cher, à l’exception des mots orduriers, cela va de soi.
    – Combien le vendez-vous ?
    Le marchand de livres prit un air pensif pour dire d’une voix teintée de regrets :
    – C’est un bel exemplaire en maroquin que je vous cède pour douze livres, bien qu’il en vaille beaucoup plus.

    Charlemagne ouvrit le sac de voyage et casa difficilement à l’intérieur le lourd et volumineux dictionnaire.
    – Pour un lecteur aussi exigeant que grand amateur d’absolu, permettez moi de vous signaler ce Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers qui contient rien de moins que la somme universelle des connaissances humaines.
    Éloi Bourdin désigna les vingt huit volumes de l’Encyclopédie sur la table.
    – Ici, sur cette modeste table de sapin, vous est offerte totalité de la Connaissance, monsieur du Rouergue. J’entends par là TOUT ce qui est connu, TOUT ce qui se sait, TOUT ce qui se peut expliquer en ce royaume là… classifié et répertorié d’une manière si claire, si rationnellement cartésienne que même le plus couillon de TOUS les couillons peut s’y retrouver, c’est pour dire.
    Charlemagne ouvrit la première page du premier tome et lut :
    Le but d’une Encyclopédie – ce mot signifie enchaînement de connaissances – est de rassembler les connaissances éparses sur la surface de la terre ; d’en exposer le système général aux hommes qui viendront après nous; afin que les, travaux des siècles passés n’aient pas été des travaux inutiles pour les siècles qui succéderont…
    Charlemagne se demanda s’il y avait assez de place dans son esprit pour contenir tant de savoir.
    – Alors, il zuffit que ze lise zes vingt-huit livres pour tout zavoir ?
    – Certes, certes… Mais les lire ne suffit point, encore faut-il les comprendre et aussi les retenir. Pour cinquante livres à peine, ils sont tous vôtres.
    – Et pour un zeul ?
    – On ne peut les dépareiller, monsieur… Et si je peux me permettre, c’est tout ou rien.
    Charlemagne haussa les épaules.
    – Z’est trop coûteux pour moi, et en plus z’est bien lourd.
    L’ensemble devait peser plus de cent livres. » Pages 220 à 223
  • « Il aimait donner des lectures pointues sur le thème de la guerre, sur celui du duel du Pont d’Honneur, des mérites et des défauts respectifs de l’acier trempé à Solingen ou à Klingenthal. » Page 228
  • « À vingt-cinq ans, il ne savait pas signer son nom et n’avait jamais ouvert un livre. » Page 232
  • « Serrant ses mâchoires, Estibaux de Donzach flanqua un violent coup de pied contre le sac de voyage, se tordant les orteils contre le dictionnaire, pourrant aussitôt un grand « ouille ! » de douleur. » Page 250
  • « Au lieu de se baigner, Charlemagne attendait l’heure du dîner à lire son Dictionnaire universel dans la chambrette qui lui avait été allouée sous les combles. » Page 260
  • « Tout au long de la lecture du dictionnaire, il regroupait méthodiquement sur un cahier les mots de même catégorie ayant des sens similaires, et il s’efforçait de retenir ceux dépourvus d’éléments zozoteurs : ainsi pensait-il contourner sa bénigne infirmité linguale en usant de synonymes et de périphrases. » Page 261
  • « Le souper fini, le valet en chef annonçait que le café et les liqueurs seraient servis dans le salon-bibliothèque. Ceux qui ne sortaient pas pouvaient conclure leur soirée en jouant au kreps, au biribi, au pharaon ou même au billard. Ils pouvaient aussi consulter les centaines de livres mis à leur disposition et parmi lesquels figuraient les vingt-huit volumes de l’Encyclopédie. » Page 262
  • « Une paire de fleurets mouchetés et une bible étaient posés sur une table de style rocaille. Le maître d’armes et le prévôt se retirèrent.

    – Mais avant, il vous faut prêter serment sur Dieu et tous ses saints, dit le baron en allant prendre la bible sur la table.

    – Eh ! Za auzi, ze veux bien, dit-il en posant sa main sur le gros livre relié cuir et tellement gavé de craques. » Page 268
  • « À sept heures dépassées, il gagna sa bibliothèque aux murs tapissés de livres visiblement tous lus. » Page 274
  • « Une foule de provinciaux endimanchés se pressait autour du concierge suisse pour lui acheter la Manière de montrer le Palais et les Jardins, un guide écrit par Louis XIV en personne et que l’opportuniste Helvète des Grisons vendait une livre pièce. » Page 286
  • « Ils portaient chacun une épée et un pistolet de rechange et Percy-Ventre avait en supplément un écritoire pour les procès-verbaux et un exemplaire de La Science du Point d’Honneur en cas d’un éventuel litige d’ultime instant. » Page 298
  • « Ce jourd’huy Premier de Décembre 1781, le sieur Charlemagne Tricotin de Racleterre, est entré à la Bastille par ordre du Roy. … Avait sur lui : … en divers : un guide des jardins de Versailles… » Page 325
  • « La demie de huit sonnait à l’horloge de l’état-major quand une berline noire aux portières décorées d’une couronne de baron se présenta au poste de garde de la rue Saint-Antoine. Victoire Hendecourt de Montainville, Valfleury de Bleuzac, M. Édouard Hucquedieu et l’abbé Mon Saigneur Guilheme Haubert de Tranchet venaient remettre à leur camarde ses affaires personnelles, son Dictionnaire universel, son écritoire ainsi que les vingt-huit volumes de l’Encyclopédie.
    Le sac et le portemanteau furent inspectés avec minutie et le lieutenant du roi examina chacun des volumes de l’Encyclopédie, vérifiant qu’il s’agissait bien de l’édition châtiée de 71 et non de celle de 59, mise à l’index, saisie dans sa totalité, et qui était embastillée dans le dépôt des livres censurés situé entre la tour du Trésor et la tour de la Comté. » Page 332
  • « – Z’est bien aimable à vous d’être venus auzi nombreux.
    Son sourire s’élargit à la vue de ses vêtements étalés sur la table, à côté de son sac et de son portemanteau. Il y avait même son Dictionnaire universel. Puis il vit les vingt-huit volumes de l’Encyclopédie. » Page 335
  • « Sans un mot pour ses visiteurs qui continuaient de babiller avec le gouverneur devant la vitrine, Charlemagne ramassa ses bagages, coinça son Dictionnaire universel sous le bras et s’en retourna dans sa chambre. » Page 339
  • « Sa tante s’était bien gardée de lui expliquer que le métier consistait avant tout à être le domestique des prisonniers. Seule la paye était bonne : cinquante sols par jour, logé, nourri ; en contrepartie, il avait juré sur la Bible de conserver le secret absolu sur tout ce qu’il verrait ou entendrait intra muros. » Pages 358 et 359
  • « Son déjeuner terminé, Charlemagne quitta sa robe de chambre, souffla les bougies et se recoucha avec un vrai soupir de satisfaction. Il avait creusé toute la soirée et toute la nuit et il était épuisé : il était aussi content d’avoir enfin atteint le blocage qui remplissait l’intérieur des murailles et dont il avait appris l’existence dans le chapitre « Maçon et construction » du neuvième volume de l’Encyclopédie. » Page 359
  • « Ce fut de nouveau dans l’Encyclopédie – au chapitre consacré au travail du bois – que Charlemagne découvrit l’existence des tenons et des mortaises, lui rendant possible la fabrication d’une échelle démontable. » Page 372
  • « Les heures qui suivirent furent consacrées à creuser cinq trous dans le quatrième moellon. Il les boucherait avec du bois qui mouillerait, en séchant ce bois gonflerait et ferait éclater le grès. C’était bien sûr au chapitre des « Tailleurs de pierre » du cinquième volume de l’Encyclopédie que Charlemagne avait pris connaissance de cette technique. » Pages 373 et 374
  • « Après avoir consulté son indispensable Encyclopédie, Charlemagne avait lu dans l’article sur la généalogie des trois races que la plupart des dates sur les documents correspondaient au règne de Louis XIII, mais aussi à la régence d’Anne d’Autriche qui, comme son nom l’indiquait, était espagnole. » Page 380
  • « Les pièces à conviction des délits de librairie étaient rangées dans des cartons sur des étagères au centre de la salle. Charlemagne trouva dedans une centaine d’exemplaires de l’Histoire de dom Bougre ou le Portier des Chartreux, un roman pornographique illustré qui avait mené l’auteur, l’imprimeur et le commanditaire à la Bastille pour un séjour de dix-huit années.
    Sur la couverture, un moine en robe de bure retroussée jusqu’au nombril exhibait son organe de la reproduction à un ange du Paradis qui le lui tracassait à deux mains. Ce qu’il découvrit sur les autres illustrations lui ouvrit l’esprit à jamais sur les tribulations des choses de la chair. Les cartons suivants contenaient des libelles assassins, des brochures venimeuses, des pamphlets bien ignobles, des essais malfaisants, tous attaquant les personnes du roi et de la reine. » Pages 381 et 382
  • « L’heure était passée depuis longtemps et personne n’était venu apporter le souper. Incrédules, les rats furetaient fébrilement dans la chambre à la recherche de leur manne habituelle, tandis que Charlemagne, l’air calme de celui qui a pris sa décision, condamnait la porte de sa cellule en enfonçant des coins de bois dessous. Comme cela ne suffisait pas, il poussa l’armoire Chippendale contre le battant et la lesta avec les vingt-huit volumes de l’Encyclopédie. » Page 396
  • « Ce même ébéniste lui avait fabriqué une bibliothèque dans laquelle il avait rangé les vingt-huit volumes de l’encyclopédie ainsi que plusieurs ouvrages traitant de l’histoire de France et des généalogies royales achetés Au Papier qui Parle, rue Saint-Honoré. » Page 419
  • « Il était écrit dans l’Exode que les douze gemmes figurant sur ce bijou avaient la propriété de changer de couleur pour annoncer l’approche d’une mort, l’approche d’une maladie ou la venue d’un désastre. » Page 438
  • « – C’était peut-être lui le Masque de fer ? dit Pépin qui avait lu l’histoire dans la Bibliothèque bleue familiale. » Page 441
  • « Louis était content d’avoir employé son entière matinée à traduire de l’anglais le récit du dernier voyage de capitaine Cook. Cette captivante lecture avait ranimé sa flamme pour la géographie et les découvertes ; aussi, l’idée lui était venue d’organiser une expédition qui poursuivrait et achèverait l’œuvre exploratrice du très infortuné navigateur anglais. » Page 445
  • « Un jeune hobereau venu pour sa présentation, une dizaine de bourgeois de province dans leur vêture du dimanche, quelques solliciteurs, un auteur voulant offrir la dédicace de son ouvrage sur la flagornerie intitulé Puissent tous vos ans être de Quinze Mois, plusieurs étrangers don un trio de Bavarois, deux Bataves, quatre Suédois, et cinq Tricotin entrèrent dans la magnifique chambre de parade. » Page 446
  • « Louis se rendit chez son intendant des Menus Plaisirs, M. Papillon de La Ferté, où étaient rangés les registres des Inventaires du château. » Page 451
  • « Rose poussa un couinement de souris en se recroquevillant sous les draps, pareille à une grand-mère de Chaperon rouge. Bien que née à la Martinique, une île aux forêts dépourvues depuis toujours de loups, elle connaissait leur existence à travers la lecture des Contes de ma mère l’Oye de M. Perrault d’Armancour, le seul livre sans doute qu’elle ai lu en entier pendant les cinq ans passés à l’institution des Dames de la Providence de Fort-Royal. » Page 455
  • « Il recrutait ses mouches dans toutes les couches de la société : il y avait ainsi des mouches de qualité, tel le vicomte de Mirabeau, des mouches à étrons, comme le pornographe Restif de La Bretonne ou l’écrivassier Beaumarchais, des mouches égrillardes et de mouches courtiers de fesses, comme la mère maquerelle Le Braisée ou le sieur maquereau Brissault. » Page 463
  • « Charlemagne vit le roi debout au centre de la pièce. Les murs étaient couverts de bibliothèques vitrées remplis de livres reliés à l’identique. » Page 470
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