2,5 étoiles, B

Bonne nuit, mon amour

Bonne nuit, mon amour d’Inger Frimansson.

Éditions Le Livre de Poche (Thriller) ~ Publié en 2011 ~ 411 pages

Roman d’Inger Frimansson publié initialement en 1998 sous le titre « God natt min älskade ».

Justine revient d’un voyage éprouvant. Son conjoint, Nathan, a disparu en pleine jungle et une des participantes a été assassinée. De retour en Suède, elle tente de reprendre sa vie. Ses souvenirs l’assaillent : la mort de sa mère, les abus de sa belle-mère, la vie avec Nathan ainsi que les moqueries de ses camarades de classe. Pour meubler ses journées, elle rend visite à Flora, sa belle-mère. Elle vit maintenant dans une clinique, paralysée et muette suite à une attaque cérébrale. Berit, une ancienne « camarade », lui rend quelques fois visite. Celle-ci est à un tournant de sa vie, son emploie doit être délocalisé et ses fils viennent de quitter le nid. Il y a aussi Hans Peter, le nouvel ami de Justine, qu’elle a rencontré lors d’une sortie de jogging qui prend soin d’elle. Malgré les bons soins de ses amis, le malheur s’acharne sur Justine car d’autres décès surviennent dans son entourage.

Roman tout en longueur, l’intrigue est présentée par les événements de la vie quotidienne. Avec un sentiment de malaise diffus, on s’interroge, puisqu’il n’y a ni mort violente, ni enquête effrénée dans ce thriller. A mesure que se dévoile le personnage de Justine, l’angoisse surgit sporadiquement. Pour venir à bout de la première partie on doit s’armer de patience et ces efforts ne seront que faiblement récompensés. S’il y a bien une accélération du récit vers la fin, cela n’a pas suffi à compenser l’ennui que j’ai éprouvé pendant la majeure partie de cette lecture. Je n’ai pas vraiment été tenaillé par l’angoisse qui aurait dû découler des faits décrits. Plus encore, la fin laisse la situation en suspens car ce roman est le premier volet d’un diptyque dont la suite s’intitule L’ombre dans l’eau. J’ai été déçue par ce thriller psychologique et ne lirai assurément pas la suite.

La note : 2,5 étoiles

Lecture terminée le 12 février 2012

Lecture en tant que juré pour les Éditions Le livre de poche – Polar 2012 :

La littérature dans ce roman :

  • « Elle nouait un mouchoir autour de ses cheveux et enfilait sa vieille jupe démodée qui avait perdu des boutons. C’était une sorte de transformation en Cendrillon inversée, et ses doigts laissaient des marques humides sur les joues de Justine. » Page 32
  • « Des cartons à moitié remplis jonchaient le couloir, et elle distinguait plus loin le sol du séjour recouvert de livres comme si quelqu’un, dans un accès de rage, avait jeté par terre le contenu des bibliothèques. » Page 51
  • « Elle était chargée d’éditer un livre sur la navigation à voile, un sujet qu’elle était loin de maîtriser. » Page 59
  • « Il avait fondé la société au milieu des années 1970 ; il appartenait à la jeune opposition, les gamins qui s’étaient battus sur les barricades. À l’époque, il publiait de la littérature underground et des romans de critique sociale. » Page 63
  • « Ils avaient encore une véritable auteure de best-sellers, Sonja Karlberg, qui écrivait des romans à l’eau de rose démodés qui, assez bizarrement, séduisaient des lecteurs contemporains. C’était une vieille dame en apparence douce et fluette, mais Annie, son éditrice, commençait à se sentir mal à l’aise à la minute où Sonja Karlberg appelait pour annoncer sa visite. Elle pouvait piquer des crises de rage pour une simple erreur de correction et elle avait un jour jeté un livre sur le clavier d’Annie avec une telle violence que les deux avaient été détruits. » Page 68
  • « Une idée lui traversa l’esprit : produire un livre sur cette petite fille. La convaincre d’écrire un journal couvrant sa terrible période d’emprisonnement. Elle s’étonna que Melin & Gartner ne l’aient pas encore fait, puisqu’ils étaient généralement les premiers à publier des textes de ce style. Criminels et victimes, individus suspects, c’était leur filon. » Page 73
  • « Il disposait de temps en abondance. Il l’employait à faire du sport et à lire. Un jour, au verso d’un magasine américain, il avait découpé une liste des classiques de la littérature les plus importants et il s’était mis en tête de tous les lire, depuis L’Iliade et l’Odyssée jusqu’au Capital de Karl Marx. » Page 90
  • « L’atmosphère régnant à l’intérieur de la grande salle circulaire était réellement lugubre sans qu’il parvienne à déterminer pourquoi. Ces gens qui manipulaient des livres jour après jour et rencontraient au quotidien des emprunteurs affamés de textes ne devraient-ils pas être plus positifs ? » Page 90
  • « Même dans son enfance, emprunter des livres se révélait compliqué. Un jour, il en avait choisi une pile, et la bibliothécaire l’avait informé qu’il pouvait au plus en sortir trois à la fois. » Page 91
  • « Pour le moment, il lisait le Don Juan de Lord Byron dans la traduction de C.V.A. Standberg. C’était un livre en vers épais et remarquablement drôle qu’il avait déniché chez un bouquiniste. Il avait été publié par la maison d’édition Fritzes en 1919, et un ex-libris était collé à l’intérieur de la jaquette, selon lequel la personne qui l’avait possédé s’appelait Axel Hedman.
    De telles informations suscitaient la curiosité d’Hans Peter. Il se lança immédiatement dans des recherches pour deviner qui était ce Hedman et, à l’issue d’un travail d’enquête approfondi, il finit par apprendre qu’Axel Hedman était un professeur de latin condamné pour le meurtre de sa gouvernante quelques années après la publication du roman. » Page 91
  • « Le professeur avait peut-être lu ce Don Juan dans sa cellule de Långholmen. À cet instant précis, Hans Peter était au bureau de la réception, le livre ouvert derrière un journal, qu’il utilisait pour le dissimuler dès que quelqu’un arrivait et requérait ses services. » Page 92
  • « – Vous autres, les rats de bibliothèque, disait-il en visant également sa sœur, la bibliothécaire.
    Lui n’était pas très porté sur la lecture.
    – Des histoires inventées de toutes pièces, quel intérêt ? Des gens qu’un mec a juste sortis de son chapeau… Est-ce que ce n’est pas mieux de s’intéresser aux vraies personnes dans la vraie vie ?
    – L’un n’exclut pas nécessairement l’autre, si ?
    – Je me le demande, moi. Si ça serait pas plus sympa pour toi si tu sortais pour te dégotter une nouvelle petite femme avec laquelle te mettre en ménage ?
    Il venait parfois chez Hans Peter et restait ébahi devant ses bibliothèques. Il caressait les tranches des livres et voulait savoir combien il y en avait. » Page 93
  • « Il était arrivé au septième chant de Don Juan qu’il s’apprêtait à lire quand la porte extérieure s’ouvrit et qu’une bourrasque de neige s’engouffra à l’intérieur. » Page 97
  • « – Tu ne peux pas lancer ta propre maison d’édition ? On a toujours besoin de livres, non ? » Page 129
  • « Sa chambre au deuxième étage ressemblait à la mienne. Un lit, un bureau, des livres. » Page 149
  • « Il grimpa jusqu’au sommet où se dressait le pavillon particulier, avec ses colonnes dignes d’un temple tout droit sorti des Mille et Une Nuits. » Page 163
  • « Il monta l’escalier raide situé dans le couloir. Deux affiches encadrées des années 1940 étaient suspendues au mur. Il s’agissait de publicités pour des pastilles. Au sommet, le hall donnait sur une grande pièce remplie de livres. Il jeta un œil aux titres sans oser s’attarder. » Page 168
  • « Ils s’étaient installés dans la grande pièce du haut, celle avec les livres. » Page 169
  • « Il fit le tour de la pièce pour examiner les livres.
    – Vous aimez lire ? demanda-t-elle.
    – Oui, dans ma prochaine vie, je serai bouquiniste. » Pages 169 et 170
  • « Il continuait à observer les rayonnages de livres. » Page 170
  • « – C’est vrai ? Tiens, je vois que vous avez Bernard Malamud ? Connaissez-vous son œuvre ?
    – Oui et non. Je l’ai lu il y a des années et j’aimais ce qu’il écrivait. Je crois que j’ai trois ou quatre de ses livres.
    – J’aime également son style. En fait, je n’ai lu que L’Assistant. Mais il m’a touché droit au cœur.
    – Je vous permets d’en emprunter si vous voulez. » Page 171
  • « Elle l’enfermait à la cave avec ses livres d’école, mais elle n’avait plus la force de l’obliger à rentrer dans la cuve. » Page 184
  • « Elle voyait l’autre homme, l’ami du Chasseur, penché au-dessus de la femme. Elle le voyait comme sur la jaquette d’un roman-photo. Les cheveux de la femme coupés au carré, noirs et soyeux qui se répandaient sur le banc. » Page 189
  • « Mark sortit un livre de la poche de sa veste. Il le feuilleta, s’arrêta à une page et le lui présenta. Les lettres étaient minuscules et s’enchevêtraient presque.
    – Lis-moi ce passage en anglais. Après, je t’interrogerai sur le vocabulaire. » Page 194
  • « – Commence à lire ton livre. Maintenant, Je ne suis pas payé pour bavarder.
    – C’est beaucoup trop difficile. Je n’y arrive pas.
    – Lis !
    – The new man stands looking a minute, to get the set-up of the day room. (Vol au-dessus d’un nid de coucou de Ken Kesey) » Page 209
  • « – C’est un livre remarquable, Justine, mais tu es peut-être trop jeune. Malheureusement. Tu es bien trop jeune, tu rates tellement de choses. » Page 209
  • « Que peut-on offrir à un homme aussi âgé ? Son père n’avait jamais été attiré par les livres. » Page 232
  • « Hans Peter transportait le livre dans sa sacoche, celui qu’il avait emprunté à Justine. Dès qu’Ariadne serait partie, il y jetterait un œil. Il était impatient de le tenir entre ses mains. Une sensation étrange l’avait submergé, une sensation de solennité. Il l’avait rangé avec des gestes délicats. Il avait achevé sa lecture en quelques jours à peine et il pensait à la manière dont il allait le restituer. Il voulait rallonger le temps pendant lequel il le possédait, pour pouvoir fantasmer sur le moment où il le lui rendrait.
    L’ouvrage lui avait procuré une émotion particulière. Il racontait l’histoire d’un homme d’âge moyen, Dubin, auteur de biographies qui, un jour, se mettait à observer sa propre vie. La ressemblance existant entre Dubin et lui l’inquiétait. Comme s’il n’avait jamais vécu pour de vrai, comme si la vie s’apprêtait à lui échapper sans qu’il puisse l’empêcher. Il avait hâte de discuter du livre avec Justine. » Page 238
  • « – Je pensais que … ce livre.
    – Oui ? Vous l’avez fini ?
    – Oui.
    – L’histoire vous a-t-elle plu ?
    – J’aurais aimé… en parler avec vous. Surtout avec vous et… comment dire… en tête à tête. » Pages 240 et 241
  • « – J’étais tellement folle de rage que j’aurais été capable de la tuer. J’aurais jeté du poison dans son verre si j’avais su comment on s’en procure. Peut-on entrer dans une boutique, s’il vous plaît, je voudrais acheter de la strychnine ? C’est bien ce qu’ils font dans les romans policiers ? » Page 285
  • « Justine avait attrapé un livre sur la bibliothèque, un Dostoïevski, elle se servit du coin pour frapper l’arête du nez de Berit. » Page 366
  • « Dans le couloir du haut, elle en vit un autre, un grand fourre-tout en toile bleu marine, avec l’inscription « Éditions Lüding » et leur logo de livres alignés. » Page 371
  • « Au sommet, un mouchoir en tissu avec de vagues traces de rouge à lèvres, puis le reste, qu’elle ne voulait pas voir tout en y étant obligée, les objets personnels qui ramenaient l’image de Berit dans la maison : un portefeuille, usé aux coutures, une pochette contenant une ca rte bancaire, la carte en plastique blanc du conseil régional, une American Express, une ca rte d’un club du livre, expirée depuis longtemps, et une de pharmacie. » Page 373
  • « – D’après son mari, elle n’avait jamais agi de cette manière auparavant.
    – Nora Helmer dans Une maison de poupée n’avait jamais rien fait de tel avant le jour où elle quitta son mari et sa famille.
    – Je ne l’ai pas lu.
    – Ibsen.
    – Je sais. » Page 387
  • « Elle n’était pas venue ici depuis longtemps. La bibliothèque était en cours de rénovation ; le personnel et les livres avaient été déplacés pour la durée des travaux. » Page 391
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s