4,5 étoiles, E

L’enfant perdu

L’enfant perdu de John Hart.

Éditions Le Livre de Poche (Thriller) no 32329 ~ Publié en 2012 ~ 603 pages

Troisième roman de John Hart paru initialement en 2009 sous le titre « The Last Child ».

Depuis la disparition d’Alyssa, la sœur jumelle de Johnny, la famille Merrimon s’est disloquée. Ils ne font que survivre. Le père a quitté sa famille suite aux nombreux reproches de sa femme. Celle-ci s’est réfugiée dans l’alcool et les médicaments, elle vit sous l’emprise de son ancien copain de lycée. Johnny, 13 ans, joue de malice pour que les services sociaux ne découvrent pas qu’il doit se débrouiller seul. C’est aussi lui qui s’occupe sa mère. La police n’a pas le moindre indice et l’enquête sur la disparition stagne. Convaincu qu’il retrouvera sa sœur, Johnny décide de mener sa propre enquête. Il sèche les cours et sa quête le mène à espionner les pédophiles et délinquants sexuels de sa ville. De son côté, l’inspecteur Hunt est obnubilé par l’affaire. Il n’arrive pas à oublier l’enquête. La disparition d’une fillette un an jour pour jour de la disparition d’Alyssa et plusieurs autres découvertes macabres vont relancer les recherches.

Très bon roman policier. Le début de l’histoire nous permet de bien apprivoiser les personnages et leur petite ville de la Caroline du Nord. Le décor est lourd, chargé de drames et de misère. Les personnages sont plus vrais les uns que les autres et tous attachants à leur manière. Ils introduisent une puissante charge émotive au récit. L’histoire est très sombre et provoque des sentiments de révolte envers certains personnages. L’enquête est particulièrement difficile et embrouillée. Elle nous entraîne sur plusieurs fausses pistes. On se laisse séduire par la quête désespérée de Johnny pour retrouver sa sœur et l’on partage ses espoirs et ses découragements. Par contre, sa progression dans l’enquête parait un peu trop facile pour un jeune adolescent. A la fin du roman les pièces du puzzle se mettent en place et tout s’éclaire. L’histoire est passionnante et merveilleusement bien orchestrée. En résumé, un bon polar qui se lit avec beaucoup de plaisir.

La note : 4,5 étoiles

Lecture terminée le 15 mars 2012

Lecture en tant que juré pour les Éditions Le livre de poche – Polar 2012 :

La littérature dans ce roman :

  • « Le Noir qui tenait une bible froissée, une bouteille de soda calée entre les cuisses, attirait aussi son attention. » Page 10
  • « Elle était allongée sur le côté, les cheveux dans la figure. Revue et livres s’amoncelaient sur la table de chevet. » Page 23
  • « En jetant un coup d’œil par-dessus le rebord de la fenêtre, Johnny l’aperçut. Vautré sur son lit, au milieu d’une foison de bandes dessinées, il lisait en se grattant. » page 131
  • « Il dit quelque chose qui mit son frère en rogne car ce dernier fit voler une bande dessinée avant de le flanquer à la porte en fermant à clé derrière lui. » Page 131
  • « Cette chambre ne ressemblait en rien à celle d’un garçon. Quasi vide. Ni jeux ni jouets, pas la moindre affiche. Un livre ouvert reposait à plat sur le lit. Il y en avait d’autres sur la commode – une longue rangée calée entre deux briques. » Page 164
  • « Il n’y avait rien de simple chez le garçon que Johnny était devenu. Cela sautait aux yeux : dans ses agissements, ses attitudes, cette chambre aux murs vides, y compris dans les livres qu’il possédait. Ce n’étaient pas des bouquins pour enfants. Il y était question d’histoire, de religions anciennes, de quêtes visionnaires, des rites de chasse des Indiens des Plaines. Il y avait un recueil de près de deux kilos sur les druides. Deux autres sur la religion des Cherokee. Ainsi que des ouvrages de la bibliothèque, marqués d’étiquettes blanches, carrées au dos. En examinant celui posé sur le lit, Hunt se rendit compte que Johnny l’avait emprunté quatorze fois de suite. Sans jamais le rapporter en retard. » Page 165
  • « Il lut le titre – Une histoire illustrée du comté de Raven – puis regarda la page où il était resté ouvert. À droite, une lithographie en noir et blanc représentait un vieil homme tiré à quatre épingles. Une barbe blanchâtre couvrait le devant de son col. Des yeux pareils à des éclats de silex. La légende indiquait : John Pandleton Merrimon, médecin et abolitionniste. 1858. » Pages 165 et 166
  • « Il ferma les yeux avant de glisser les deux lanières sur sa tête. Les plumes bruissèrent. La queue de serpent cliqueta contre sa peau. Il sortit alors la bible. Une bible noire, toute écornée. Son nom était gravé sur la couverture, en lettres dorées. » Page 169
  • « Quand il déchira la couverture de la Bible, l’éclat des flammes inonda d’or les lettres de son nom. Il sentit une bouffée de terreur superstitieuse, mais il posa la couverture du livre sur le feu et la regarda brûler. » Page 170
  • « Un ruban rouge ayant appartenu à Alyssa. Il l’attacha autour de son poignet, puis son regard passa des petits fagots à la bible qu’il tenait toujours. Il la souleva, la posa à terre, et les pages se dressèrent dans la chaleur comme si elle savait qu’elles aussi étaient destinées à brûler. » Page 170
  • « C’est là que tout avait commencé : impuissance et sang, des prières vaines et un livre à la tranche dorée qui parlait d’humilité et de soumission. » Page 171
  • « Il répéta les mots qu’il avait appris dans le livre, puis il écrasa des baies de genièvre entre ses mains et se macula la poitrine de jus. » Pages 171 et 172
  • « Enfin il jeta le reste de la bible de son enfance dans le brasier. En une fraction de seconde, il aurait pu tout reprendre, rattraper le livre avec des doigts avides et rentrer chez lui en restant le petit garçon fragile de sa mère. » Page 172
  • « – Tu veux que je t’achète des bonbons, une BD, quelques choses?
    – Des bonbons ?
    – Les enfants aiment ça, non ? » Page 288
  • « – On se calme, Pocahontas ! » Page 299
  • « – Tu te rappelles le bouquin qu’on a lu en cours d’anglais ? Sa Majesté des mouches ? À propos de ces garçons sur une île déserte qui deviennent sauvages sans la présence d’adultes pour leur dire comment faire autrement ? Ils fabriquent des lances, et de la peinture avec du sang. Ils vivent dans la jungle comme des primitifs, chassent le cochon, battent le tambour. Tu t’en souviens ?
    – Ouais. Et alors ?
    – Un jour, ils sont normaux, et le lendemain, les lois n’ont plus aucune importance. Ils en inventent des nouvelles, se créent des croyances. (Il marqua une pause, conscient de la véracité de ce qu’il était sur le point de dire.) Il y a des moments où je me sens comme eux.
    – Ces gosses essayaient de s’entre-tuer. Ils étaient fous, ces mecs !
    – Fous ?
    -Ouais.
    Johnny haussa les épaules.
    – J’ai bien aimé ce bouquin.
    – T’es con.
    – Peut-être bien. » Pages 302 et 303
  • « – Mon père veut pas que je traîne avec toi.
    – Pourquoi pas ?
    – Sa Majesté des mouches, mon vieux ! Il te considère comme dangereux. » Page 304
  • « Il découvrit un couteau de chasse par terre dans le placard de la chambre et un manuel sur le sexe sur une étagère. » Page 316
  • « Ensuite il alla dans sa chambre. Il commença par fourrer des habits dans son sac à dos, ainsi qu’une couverture. Il prit deux vestes dans son placard, une en jean, l’autre en coton. En se tournant vers le lit, il avisa son exemplaire d’Une histoire illustrée du comté de Raven, resté ouvert à la page consacrée à John Pendleton Merrimon, médecin et abolitionniste. Il effleura le portrait de son homonyme, puis il tourna la page. Le titre en gros caractères disait : Manteau de la liberté : premier esclave libéré du comté de Raven. Suivait l’histoire d’Isaac Freemantle, ainsi qu’une carte.
    Sur la carte figuraient la rivière et un sentier.
    Le sentier menait à un endroit précis.
    Johnny referma le livre brusquement et le rangea dans son sac. » Page 332
  • « Le feu démarrait à peine quand Jack trouva le fragment de la bible. En cuir noir, granité ; un morceau du dos, de cinq centimètres de long, carbonisé. On distinguait encore quelques lettres dorées. Jack le garda une longue minute dans sa main, et Johnny sut qu’il avait compris ce que c’était. Il regarda les doigts rabougris de son ami effleurer les lettres, puis il se redressa, lui prit le fragment et le jeta dans le feu. » Page 340
  • « – J’ai été sympa, je l’ai bouclée. À propos de ça. De ce qu’on dit dans le journal. Des choses que tu m’as cachées. Les serpents, les talismans, toutes ces conneries vaudoues. (Il secoua à nouveau la tête.) mais là, tu dépasses les bornes. Tu peux pas brûler la Bible, ça se fait pas. Même moi, je le sais.
    – C’est juste un livre.
    – Retire ce que tu viens de dire.
    – C’est juste un livre, répéta Johnny d’une voix plus forte, et ça ne marche pas. Ça ne change rien à rien. » Page 341
  • « – Viens ici, l’invita Johnny en fouillant dans le sac qu’il avait apporté de chez lui.
    Il en sortit le livre sur le comté de Raven qu’il garda fermé dans sa main. » Page 344
  • « Johnny alluma la torche et ouvrit le livre à la page concernant Isaac Freemantle. » Page 345
  • « Johnny continua à désigner le sentier jusqu’à la lisière du marécage. Deux mots étaient écrits à cet endroit : Hush Arbor.
    – C’est là qu’il allait. C’est là qu’on le trouvera.
    – Je pige pas, vieux.
    Johnny referma le livre.
    – Ça remonte à loin, d’accord. À l’époque des esclaves » Pages 345 et 346
  • « – Ils ne voulaient pas que les esclaves s’instruisent alors.
    – Ça les a pas empêchés. Les esclaves africains, les Indiens. Ils ont appris à lire, y compris la Bible, mais il fallait qu’ils fassent ça discrètement parce que, eux aussi étaient conscients du danger. Ils étaient plus futés que leurs propriétaires le croyaient. Ils savaient qu’ils seraient punis pour leur foi. Vendus. Peut-être même tués. Alors ils s’adonnaient à leur culte dans les bois, dans les marécages. Des endroits secrets. Cachés. Tu me suis ? » Page 346
  • « – Ils étaient trop intelligents pour construire vraiment des églises. Ils savaient bien que quelqu’un finirait par les trouver. Mais la forêt, c’est juste la forêt, et un marécage, ce n’est que de la boue, de l’eau, des serpents, de la merde. Alors c’est là qu’ils allaient. Ils chantaient leurs hymnes à Dieu, dansaient pieds nus, attestant ainsi de leur nouvelle foi.
    – Tout ça c’est marqué dans le livre ? » Page 347
  • « – Ils ont fini par se faire repérer. Trois esclaves furent lynchés dans le havre de silence en question, puis pendus aux arbres qui constituaient leur église. On allait pendre Isaac aussi, mais son propriétaire est intervenu. Un fusil dans une main, la Bible dans l’autre, il a tenu la foule en respect. On raconte qu’il a fait venir Dieu du ciel et menacé d’abattre le premier homme qui s’avançait. Personne n’a osé prendre le risque. C’est comme ça qu’il a saucé la vie de cet esclave. » Page 347
  • « – Comment tu sais tout ça ? Tu m’as dit que ce n’était pas dans le livre.
    – Mon arrière-arrière-grand-père s’appelait John Pendleton Merrimon. Comme moi.
    – Ouais. Et alors.
    – C’était le type avec le fusil et la bible. » Page 348
  • « Johnny fit une halte pour comparer le plan figurant dans son livre avec la carte routière du comté de Raven. » Page 365
  • « – Tu as une bible ?
    – Non. (Johnny se sentait gêné tout à coup.) Mais je connais quelques mots. » Page 412
  • « Johnny repensa aux interminables nuits passées à lire la Bible, aux heures où sa mère s’abîmait dans ses prières, à sa propre quête d’un sens. Il eut un blanc au début, et puis il formula les seuls mots dont il arrivait à se souvenir. » Pages 412 et 413
  • « Hunt actionna l’interrupteur et son regard se posa sur le lit. Faute d’y voir ce qu’il cherchait, il se dirigea vers la rangée de livres posés sur la commode. Il passa les titres en revue.
    – Il n’est pas là.
    – Quoi donc ?
    – Johnny avait un livre d’histoire sur le comté de Raven. À peu près de cette taille-là, ajouta-t-il en lui montrant la forme du livre. Il était sur le lit il y a quelques jours. Ça vous dit quelque chose ? »Pages 497 et 498
  • « Après avoir raccroché, il appela les renseignements pour obtenir le numéro de la bibliothèque du comté de Raven. L’opératrice le lui donna avant de le mettre en relation.
    – Bureau des prêts.
    Une voix d’homme. Hunt lui expliqua ce qu’il voulait ; il entendit le cliquetis des touches d’un clavier.
    – Ce livre est sorti.
    – Je sais. En avez-vous un autre exemplaire ?
    – Je vérifie. Oui, nous en avons un autre.
    – Gardez-le-moi au chaud, dit Hunt. Comment vous appelez-vous ? » Page 499
  • « Freemantle.
    Hunt connaissait ce nom pour l’avoir lu dans le livre de Johnny. » Page 500
  • « Hunt mit son gyrophare. Il dévala Main Street à cent à l’heure et se gara dans le parking de la bibliothèque en laissant tourner le moteur. Deux minutes plus tard, il était de retour, le livre à la main. » Page 500
  • « Hunt compara la carte du livre avec la carte routière qu’il avait sortie de la boîte à gants. » Page 501
  • « Il aperçut l’inspecteur Cross dans le jardin ; ainsi que sa femme et Gerald. Cross hurlait. Sa femme était à genoux, une bible à la main, abîmée dans la prière. » Page 574
Publicités

2 thoughts on “L’enfant perdu”

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s