3 étoiles, O

La onzième plaie

La onzième plaie d’Aurélien Molas.

Éditions Le Livre de Poche (Thriller) no 32466 ~ Publié en 2012 ~ 500 pages

Premier roman d’Aurélien Molas paru initialement en 2010.

Une crise sociale sans précédent a plongée la France dans le chaos et le désespoir. La police est débordée et chaque jour les émeutes se font de plus en plus nombreuses et violentes. Dans ce chaos, deux jeunes filles se suicident en se jetant sous une rame du métro parisien. Mais est-ce bien un suicide ? La policière Blandine Plothin doute des conclusions de l’enquête officielle et décide de mener sa propre enquête. Au Havre, une cargaison de DVD contenant du matériel pédopornographique est découverte dans la cale d’un bateau allemand. Cette perquisition laisse supposer, par la très bonne qualité des images, qu’il s’agit d’un trafic de grande envergure. Cette affaire va pousser les différents enquêteurs de l’unité spéciale chargée de la lutte contre la pédophilie à s’insérer dans ce milieu abject. L’enquête va se muer en une effroyable course contre la montre pour sauver des enfants de l’horreur. Mais ces deux affaires ont-elles un lien entre elles ?

Ce roman est très noir, violent et sordide. Un roman à ne pas mettre dans les mains de n’importe qui en raison du sujet traité. L’histoire nous plonge dans l’univers glauque et écœurant de la pédophilie. Elle nous montre aussi jusqu’où les systèmes peuvent être corrompus et ce à tous les niveaux. Le récit est mené avec intelligence sans jamais tomber dans la facilité ou la violence gratuite même si certaines scènes sont difficiles. L’enquête est particulière puisqu’elle est menée par plusieurs enquêteurs qui vont de temps à autre croiser le même chemin. Malgré les nombreux rebondissements, l’intrigue demeure cependant assez mince. L’écriture est nerveuse, les chapitres sont courts ce qui donne beaucoup de rythme au récit. Malheureusement, la brièveté des chapitres ainsi que les trop nombreux personnages, qui sont presque tous policiers ou enquêteurs, font qu’on n’a pas le temps d’apprivoiser à sa juste valeur le cadre de l’enquête et qu’on finit par confondre les personnages.

La note : 3 étoiles

Lecture terminée le 27 mars 2012

Lecture en tant que juré pour les Éditions Le livre de poche – Polar 2012 :

La littérature dans ce roman :

  • « Blandine se tourna en souriant vers le médecin-chef de l’institut médico-légal.
    – Bonsoir, Professeur. Je n’espérais pas vous voir si tard.
    – Mon métier ne connaît pas vraiment d’horaires, vous savez. « La tournée du boucher », comme l’écrivait Lieberman, est un cercle sans fin. » Page 85
  • « Depuis le vingt-neuvième étage de la tour Helsinki, appuyé contre l’immense baie vitrée de son appartement, Maxime Kolbe contemplait la ville. Sous la nuit d’encre, la cité irradiait, un pointillisme lumineux scarifié de lignes dures.
    Syphilitiques, fous, rois, pantins, ventriloques,
    Qu’est-ce que ça peut faire à la putain Paris,
    vos âmes et vos corps, vos poisons et vos loques ?
    Elle se secouera de vous hargneux pourris !
    Il répéta les vers de Rimbaud que son père lui avait si souvent récités » Page 99
  • « Il ramassa un bouquin qu’il tendit à son bras doit.
    – Je viens de finir de lire Le Bréviaire du chaos. Lecture ô combien instructive ! Je te le prête si tu veux. Tu pourras le feuilleter quand nous partagerons la même cellule. » page 101
  • « Elle dirigea le faisceau de sa lampe vers les étagères. Des livres de cours sur les rayons du haut. Des classeurs. Quelques romans.
    Elle enfila des gants de latex et saisit un volume, Trois essais sur la théorie sexuelle. Elle détailla les tranches des autres livres. Les correspondances de Freud et de Stefan Zweig. Le complexe de Médée. Des abrégés de psychanalyse. La bibliothèque d’une étudiante en psycho. » Page 122
  • « – La problématique posée par Amandine est celle de l’enfant comme objet de jouissance de notre société. Pour elle, cela résulterait en grande partie du la révolution sur la pensée occidentale que proposa Freud lorsqu’il publia ses Trois essais sur la théorie sexuelle.
    Blandine se souvint du livre sur l’étagère de la chambre de bonne. » Page 128
  • « Elle glissa sa main dans son manteau et serra la crosse de son arme pour se donner le courage de parcourir la centaine de mètres qui la séparait de la barre Balzac. » Page 132
  • « – Et avant d’arriver à Le Courneuve, elle était à quel collège ?
    – Je n’en sais rien. Je n’ai trouvé aucun document. Mais le plus étonnant, c’est que j’ai téléphoné aux arches de l’Éducation nationale et ils n’ont rien trouvé non plus. Sauf à partir de la quatrième au collège Georges-Politzer puis au lycée Jacques-Brel, aucune Amandine Clerc n’a été scolarisé en France à leur connaissance. » Page 206
  • « La cité était hors tension, soumise à un calme bien plus inquiétant. Ils traversèrent l’esplanade conduisant à la barre Balzac. Toujours le même merdier et la même détresse, partout la détresse. » Page 206
  • « Il se surprenait souvent à imaginer des enquêtes dignes de ce nom, des affaires insolubles, des pièges pour Cendrillon, qui lui auraient apporté la vitalité nécessaire pour apprécier chaque heure de chaque journée. » Pages 214 et 215
  • « Si tu as aimé les aventures des enfants perdus, tu seras comblé par la suite. Contacte-moi si tu es intéressé, je te dirai comment suivre le lapin blanc vers le pays des merveilles. » Page 232
  • « Ils traversèrent la salle de jeux et de lecture encombrée d’échiquiers, de backgammons et de livres jamais terminés, passèrent par la cantine où des membres du personnel posaient déjà les couverts du dîner, et arrivèrent au service gériatrique où une centenaire alitée, serrant un chapelet entre ses doigts, attendait le verdict du médecin. » Page 234
  • « Des sirènes de police accompagnèrent le tumulte et ce fut à cet instant qu’il vit, tout au bout de la rue Rousseau, des voitures en flammes, des magasins vandalisés, et une meute furieuse, une foule démentielle et grouillante décidée à transformer Paris en décor de Jugement dernier. » Page 240
  • « Une odeur de renfermé masquée par un mélange de vinaigre blanc et de savon noir. Le jour déclinant sur lignant de jeune la poussière sur les livres de la bibliothèque municipale. » page 413
  • « – Peu de gens connaissent leur existence. On ne trouve leurs traces que dans de vieux livres sur l’histoire du département. La plupart des entrées se sont éboulées en 1606 à la suite d’un tremblement de terre. » Page 414
  • « – C’est un très bel endroit. Georges Sand l’évoque dans…
    Carrière était déjà dehors. » Page 415
  • « Peu à peu, son corps se régénéra comme au sortir d’un rêve. Il vit le visage de Musil penché sur lui et derrière, dans la piscine luisante d’hémoglobine, la femme martyrisée dérivant comme une Ophélie sans grâce. » Page 435
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