4,5 étoiles, E

Un employé modèle

Un employé modèle de Paul Cleave

Éditions Le Livre de Poche (Thriller) no 32326 ~ Publié en 2012 ~ 477 pages

Premier roman de Paul Cleave paru initialement en 2006 sous le titre « The Cleaner ».

Joe Middleton, simple d’esprit, est venu au poste de police à plusieurs reprises pour s’accuser des meurtres sordides commis par Le boucher de Christchurch. Il y a quatre ans, il en sortait heureux. Favorisé par son handicape, on lui avait offert un emploi de technicien de surface. Il peut depuis se servir de sa proximité avec les enquêteurs pour savoir s’il doit s’inquiéter ou non de son éventuelle arrestation. En fait, Joe n’est pas totalement celui qu’il prétend être. Il est un homme très intelligent. Sous sa couverture, personne ne s’inquiète de sa présence dans les locaux de la police et il peut suivre le déroulement de l’enquête sur Le boucher de Christchurch. Tout se déroule à merveille jusqu’au jour où les enquêteurs lui attribuent un crime qu’il n’a pas commis. Joe décide de mener sa propre enquête pour découvrir qui a commis ce crime. Pour cela, il aura accès aux informations récoltées par la police. Mais se sortira-t-il indemne de cette enquête ?

Très bon roman noir avec une touche d’humour sarcastique. L’histoire est originale car on suit les péripéties d’un tueur en série qui se prend pour un enquêteur et qui nous explique les raisons de ses actes sauvages. Par contre, cœur sensible d’abstenir, les descriptions des agressions sont sanglantes et dérangeantes. L’intrigue est captivante et est menée de main de maître. Le personnage principal est loin d’être sympathique et l’auteur a su le rendre très antipathique par moment. Il est convaincu d’être beaucoup plus intelligent que tout le monde y comprit des enquêteurs. Sa relation amour-haine avec sa mère est hilarante. Sa mère est tyrannique et insupportable. Elle a deux obsessions : que son fils adoré continue à venir manger chez elle son fameux pain de viande et qu’il ne devienne pas gay. Bref, j’ai passé un très bon moment en lisant ce roman.

La note : 4,5 étoiles

Lecture terminée le 13 avril 2012

Lecture en tant que juré pour les Éditions Le livre de poche – Polar 2012 :

La littérature dans ce roman :

  • « Je possède un lit une place, une petite télé, un magnétoscope et quelques meubles de base vendu en kit avec des instructions de montage en six langues différentes. Aucun d’eux ne tient bien droit mais, puisque je ne reçois jamais de visite, personne ne s’en plaint. Des romans à l’eau de rose en livre de poche sont étalés sur mon canapé. Les couvertures montrent des types musclés et des femmes fragiles. » Page 26
  • « « Je peux laisser ma mallette sur la table, là, inspecteur Schroder ?
    – Vas-y. Qu’est-ce que tu trimbales là-dedans, d’ailleurs ? »
    Je hausse les épaules. « Oh ! Rien de spécial, inspecteur Schroder, des documents et des trucs.
    -C’est bien ce qu’il me semblait. »
    Connerie. Ce bâtard se figure que j’ai mon déjeuner là-dedans, et à la rigueur une BD pour gamins. » Page 45
  • « Mon personnage de « Joe-le-Lent » était en béton. Alors que je passais d’Hannibal Lecter à Forrest Gump en quelques secondes, j’ai compris que la police n’avait pas le moindre suspect. » Page 56
  • « Soigneusement, comme un archéologue ouvrirait un évangile qu’il vient juste d’exhumer, je soulève la couverture. » Pages 65 et 66
  • « Dans tous les livres que j’ai lus, le serial killer est toujours un policier. Ou le légiste, ou un quelconque expert scientifique. » page 88
  • « « Vous êtes sûr qu’elles ont toutes été tuées par la même personne, inspecteur Schroder ?
    «- Pourquoi cette question, Joe ? Tu deviens Sherlock Holmes ? » Page 119
  • « Je scrute ses yeux, cherchant le mal dont un roman suggérerait la présence, mais je n’en vois aucun. » Page 123
  • « Pendant un moment, il va vivre dans la peur. Tout comme son copain. Et c’est bien mérité – ils n’avaient qu’à pas se moquer de la Bible et de l’humanité avec leurs actes. » Page 160
  • « Je vais profiter de ce week-end pour me délasser, Essayer de me distraire. Passer un bon moment avec Joe. Peut-être regarder mes poissons pendant quelques heures. Peut-être rendre visite à maman. Peut-être lire un autre roman sentimental. » Page 171
  • « J’aime l’espionnage – j’ai l’impression d’être James Bond, me faufilant dans la maison de M. et M. Gay, explorant les box et les bureaux du commissariat. » Page 172
  • « J’aime collectionner tout ce qui a trait à la police. J’ai des dizaines de livres à la maison sur les flics de Nouvelle-Zélande et du reste du monde. » Page 215
  • « J’ai aussi un tas de livres sur les tueurs en série, dit-elle en gardant les yeux fixés sur les miens. » Page 218
  • « Les livres de poche sur le canapé sont des romans à l’eau de rose. Martin ne lisait jamais des choses comme ça. Il ne lisait que des bandes dessinées. Elle trouve ça d’abord bizarre, puis encourageant que Joe aime des livres avec un semblant d’histoire. En prenant les dossiers posés près des livres, le contenu d’une chemise se renverse. » Pages 246 et 247
  • « Une bibliothèque contenant plus de jouets que de livres est coincée contre un des murs. » Page 274
  • « – C’est quoi son nom ?
    – Son nom ? Mais qu’y a-t-il dans un nom ?
    – Tout », je dis, me demandant si elle essaie de citer Shakespeare. Je décide que je ne peux pas lui accorder cette intelligence et je le range dans la case « coupe de chance ». » Page 274
  • « Quand je demande à examiner son registre, il fait pivoter le livre et me dit de faire comme chez moi. » Page 346
  • « Je cherche dans les dates, je guette la chambre que Calhoun a utilisée. Bien sûr, elle ne sera pas à son nom, mais je cherche quand même. Mon doigt descend sur plein de gens appelés John Smith, et d’autres avec des noms comme Ernest Hemingway ou Albert Einstein. » Page 346
  • « Le crime le plus important dans l’agglomération de Christchurch — en dehors de la mode et de l’architecture vieille Angleterre, des sniffs de colle, du trop-plein de verdure, de la conduite dangereuse, du stationnement illicite, du manque de parkings, des piétons errants, des magasins trop chers, du brouillard d’hiver, du brouillard d’été, des mômes en skateboard sur les trottoirs, des mômes en vélo sur les trottoirs, des vieux types hurlant des passages de la Bible à tous les passants, des policiers stupides, des lois stupides, du trop-plein d’ivrognes, du manque de boutiques, des chiens qui aboient, de la musique trop forte, des flaques d’urine devant les magasins le matin, des flaques de vomi dans les caniveaux et du décor grisâtre entre autres choses –, c’est le cambriolage. » Page 377
  • « On dirait bien que ma vie a suivi l’intrigue d’un roman sentimental typique. Je me sens comme un Roméo, et Melissa est ma belle Juliette. » Page 463
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