3,5 étoiles, T

Tu ne te souviendras pas

 Tu ne te souviendras pas de Sebastian Fitzek

Éditions Le Livre de Poche (Thriller) no 32546 ~ Publié en 2012 ~ 401 pages

Troisième roman de Sebastian Fitzek paru initialement en 2008 sous le titre « Das Kind ».

Robert Stern, avocat reconnu, vit seul dans sa grande maison. Il y a 10 ans, son couple a volé en éclats suite à la mort de leur bébé naissant. Contrairement à lui, sa femme a réussit à refaire sa vie. Un soir, Carina son ancienne maîtresse lui donne rendez-vous dans une friche industrielle désaffectée. Infirmière de profession, elle est accompagnée d’un jeune malade âgé de 10 ans, Simon. Celui-ci est convaincu d’avoir commis plusieurs meurtres, le premier remontant à 15 ans. Pour démontrer la justesse de sa conviction, il conduit Robert et Carina au cadavre d’un homme assassiné à coups de hache. Selon les analyses, l’homme serait décédé il y a effectivement 15 ans, donc 5 ans avant la naissance de Simon. De retour à la maison, Robert trouve un DVD dans sa boîte à lettres. Une voix masquée lui annonce que l’enfant qu’il croyait avoir perdu dix ans plus tôt est en réalité bien vivant, images à l’appui. Pour comprendre ce qui s’est passé et savoir où est son fils, Stern va devoir découvrir qui a commis les meurtres dont s’accuse Simon.

Roman intéressant par le sujet traité. Imbriqué dans l’enquête, l’auteur pose les bases d’une réflexion sur les possibilités de la réincarnation. Bien que cette réflexion soit présentée dès le début de l’histoire, celle-ci n’empêche par l’enquête d’être bien menée et solide. Le cheminement psychologie de Robert est très bien amené tout au long de l’histoire. Dès le début, on ressent sa douleur et son désarroi lors du visionnement du DVD, par la possibilité que son fils soit en vie et par les menaces envers les jumelles de son ex-femme. Les personnages sont très attachants, surtout Simon, ce petit garçon malade et sans famille. Pour ce qui est de l’enquête, la fin est surprenante. Par contre, j’aurais aimé avoir plus de développement sur certains évènements. J’ai l’impression que l’histoire de Simon fini en queue de poisson.

La note : 3,5 étoiles

Lecture terminée le 26 avril 2012

Lecture en tant que juré pour les Éditions Le livre de poche – Polar 2012 :

La littérature dans ce roman :

  • « À quatre ans, on l’a enlevé à sa mère, une marginale. On l’avait trouvé dans un appartement à l’abandon, à demi mort de faim dans la baignoire, à côté d’un rat crevé. On l’a alors placé dans un foyer où il n’est pas passé inaperçu, vu qu’il préférait consulter les dictionnaires à se bagarrer avec les gamins de son âge. » Page 19
  • « Pourtant, la vue du garage vide aurait dû le soulager. Pas un meuble. Pas un appareil électrique. Pas un livre. » Page 86
  • « – Veuillez m’excuser. Peut-on aussi entrer par ici dans le cimetière officiel ?
    – Ah, vous ne faites pas partie des proches d’Hannibal ? S’étonna Ahrendt.
    – Hélas non. Nous cherchons la dernière demeure de, euh, eh bien, d’être humains. » Page 137
  • « Vertigo, Fienchen, Mickey, Molly, Vanilla… Les noms inscrits sur les pierres tombales étaient aussi divers que l’aspect des tombes. Sur la plupart il y avait une croix blanche ou une plaque en granit portant une inscription sans enjolivure. » Page 138
  • « L’église était vide et Stern eut du mal à imaginer que des gens puissent trouver du réconfort dans cet environnement dépouillé. Il ôta son manteau trempé et le prit sur le bras. Il le regretta aussitôt. Il faisait froid à l’intérieur et il y avait des courants d’air où se mêlait une odeur de poussière et de vieux livres de cantiques. » Page 142
  • « – Maman ?
    Sophie se retourna brusquement vers la porte où se tenait Frida, pieds nus, une poupée à la main. Le T-shirt Snoopy aux couleurs passées lui descendait au-dessus des genoux.
    – Qu’y a-t-il, ma chérie ? Te devrais être au lit depuis longtemps.
    – Oui, J’y étais. Mais je voulais aussi montrer Cendrillon à Simon.
    – Alors, fais vite. » Page 183
  • « Deux ans plus tôt, le soir précédant son premier examen RMN, Simon avait découvert un dictionnaire en deux volumes dans le réfectoire du son foyer. Il avait extrait le tome I des étagères branlantes et l’avait emporté dans sa chambre. Fasciné par les informations sur l’Afrique, l’Arctique ou l’astronomie, il avait décidé, juste avant de s’endormir, d’apprendre dorénavant un mot nouveau par jour, en procédant par ordre alphabétique. De A à Z. » Page 225
  • « Cette maison n’était pas habitée. Il s’agissait d’une villa témoin, une construction ancienne, luxueusement rénovée et pas encore louée. Aménagée avec goût mais sans touche personnelle. Stern laissa errer son regard et remarqua alors certains détails. Le téléphone sans fil sur le bureau. Les dos des livres en cuir soigneusement alignés sur des rayonnages à demi vides. » Page 233
  • « Son premier article avait donné naissance à une série, la série à un manuscrit qui n’avait d’ailleurs jamais trouvé d’éditeur. Il n’avait plus vu d’utilité à la publication de ces sombres chapitres. Les enfants victimes n’en oublieraient pas pour autant les souffrances endurées. Et aucun criminel ne renoncerait, à cause de ce livre, à ses desseins morbides. » Page 346
  • « – Avec qui es-tu ? Tu travaille pour qui ?
    – Je travaille avec Lui.
    – Qui ? Qui est ton chef ?
    – Celui qui est le tien aussi. Dieu.
    – C’est pas possible, s’étonna Engler. C’est un retraité accro à la Bible qui s’est foutu de notre gueule pendant des années ! » Page 354
  • « Si l’on vous soumettait à une régression, par exemple, monsieur Borchert, il est possible que vous vous rappeliez ce documentaire sur le Moyen Âge et qu’à cause de cela vous vous prendriez pour une sorcière brûlée sur un bûcher. Et vous citeriez même des dates et des lieux exacts, car vous les auriez entendus de la bouche du commentateur.
    – Je n’ai pourtant pas vu d’image.
    – Si, vos propres images imaginaires, souvent bien plus fortes que les impressions réelles. Vous avez peut-être vécu cela à la lecture d’un livre. » Pages 362 et 363
  • « Une douzaine d’employés d’une agence d’événementiel avaient dû travailler toute la nuit pour étaler le sable fin dans le sous-sol de la villa. Puis on avait en toute hâte collé sur les murs et les fenêtres des motifs évoquant les mers du Sud et disposé dans les dunes une armée de faux palmiers et bananiers ainsi que des torches électriques. Même la cheminée remplie de bois flotté évoquait un feu de camp à la Robinson Crusoé. » Page 379
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s