2,5 étoiles, F

Le fléau, tome 2

Le fléau, tome 2 de Stephen King

Éditions J’ai Lu no 3312~ Publié en 1992 ~ 505 pages

Deuxième tome de la version augmentée de ce roman de Stephen King paru initialement en 1978 sous le titre « The Stand ».

À la fin du premier tome, les personnages étaient en plein chaos suite aux ravages de la super-grippe. Ils ne savaient où aller. Ils devaient faire face à l’abolition de la civilisation et au retour de la loi de la jungle. Certains d’entre eux rêvent d’une vielle dame noire, qui les appelle vers le Nebraska. D’autres rêvent d’un homme noir qui lui les appelle vers Vegas. Alors va commencer la migration des survivants vers ces deux individus. Stu, Frannie et Nick seront conduit vers mère Abigaël, sorte d’ange gardien du bien. Ce n’est que lorsqu’ils l’auront rejoint qu’ils comprendront que l’horreur n’est pas terminée. Sous la direction de celle-ci, ils devront gagner Boulder au Colorado pour s’installer. Une fois sur place, ils devront prendre les choses en main afin d’organiser leurs vies comme avant. Le groupe de Vegas s’organise beaucoup plus rapidement sous les ordres et la discipline extrêmes de l’homme noir. À leur propre rythme, les deux villes prendront forme.

Contrairement au premier tome, celui-ci est long et sans action. La migration est la partie la plus intéressante du récit. Tout au long des déplacements, nous pouvons découvrir les doutes, les peurs ou même la désinvolture des personnages. L’exode de chacun vers un lieu commun, dans ce monde post-apocalyptique, est très bien décrit. Par contre, l’organisation de la ville, surtout celle de Boulder, est lente et décourageante. L’augmentation de la population avec l’arrivée quotidienne de nouveaux venus, les réunions et les pourparlers pour organiser la ville deviennent redondants. Le deuxième camp est aussi développé mais plus succinctement, et on voit parallèlement se construire une lutte déterminante. Malheureusement avec un si grand nombre de pages, il est difficile de ne pas avoir de longueurs. C’est à mon avis le principal défaut de ce tome.

La note : 2,5 étoiles

Lecture terminée le 4 mai 2012

Le Fléau – Tome 1 – Tome 3

La littérature dans ce roman :

  • « Il préféra se plonger dans son atlas routier. S’ils continuaient à rouler, peut-être feraient-ils comme une boule de neige qui grossit en dévalant une pente. Avec un peu de chance, ils rencontreraient quelques personnes avant d’arriver au Nebraska. En suite » Page 27
  • « Ils campèrent un kilomètre plus loin, sous un château d’eau perché sur d’immenses jambes d’acier, comme un Martien de H. G. Wells. » Page 29
  • « La fille jouait les héroïnes de romans-feuilletons. En étouffant un sanglot, elle se précipita dans les bras de Nick et se colla contre lui comme une sangsue. » Page 35
  • « Les années soixante, ça c’était la grande époque. Les hippies. Flower people. Andy Warhol avec ses lunettes roses et sa saloperie de brillantine. Norman Spinrad, Norman Mailer, Norman Thomas, Norman Rockwell, et ce bon vieux Norman Bates du motel Bates, ha ha ha. Dylan se casse le cou. Barry McGuire croasse The Eve of Destruction. Diana Ross donne la chair de poule à tous les petits Blancs. Et tous ces groupes formidables, pensait Larry dans son brouillard. Ceux de maintenant, vous pouvez bien vous les foutre au cul. Pour le rock, plus rien d’intéressant depuis les années soixante. Ça, c’était de la musique. Airplane avec Grace Slick pour la voix, Norman Mailer à la guitare, et ce bon vieux Norman Bates à la batterie. Les Beatles. Les Who. Morts… » Page 43
  • « Et elle vit Joe, debout devant la véranda grillagée où l’homme dormait. Son slip blanc était d’une blancheur éclatante dans le noir; en fait, le garçon avait la peau si noire qu’on aurait presque cru que son slip tenait tout seul dans le vide, ou qu’il était porté par l’homme invisible de H. G. Wells. » Page 58
  • « Une allée de ciment menait au petit escalier de la véranda. Des deux côtés, le gazon vert cru était haut. A droite, près de la véranda, l’herbe humide de rosée avait été foulée. Lorsque la rosée s’évaporerait, le gazon se redresserait sans doute. Mais, pour le moment, on y voyait clairement des traces de pas. Larry était un homme de la ville. Il n’avait rien d’un homme des bois, d’un James Fenimore Cooper. Mais il aurait fallu être aveugle, pensa-t-il, pour ne pas voir que deux personnes s’étaient trouvées là: une grande et une petite. » Page 62
  • « Amoureux transi ou pas, amateur ou non de chocolat Payday, Larry commençait à éprouver beaucoup de respect pour ce Harold, commençait presque à l’aimer. Il s’en était fait une image. Probablement dans les trente-cinq ans, fermier peut-être, grand, mince, bronzé, pas trop fort sur les livres, mais plein de ressources. » Page 89
  • « John Freemanne faisait semblant de ne pas entendre ces choses et, rendu chez lui, il citait la Bible – ” Heureux les humbles de coeur ” et ” Tu récolteras ce que tu as semé “. Et sa citation favorite, prononcée non pas dans l’humilité du cœur mais dans la folle espérance de celui qui attend ” Les petits hériteront de la terre. “ » Page 113
  • « Le Seigneur Dieu me l’a dit en rêve. Je ne voulais pas l’écouter. Je suis une vieille femme, et tout ce que je veux, c’est mourir sur ce petit bout de terre. La terre de ma famille depuis cent douze ans. Mais il est dit que ce n’est pas là que je mourrai, pas plus que Moïse n’est allé en Canaan avec les enfants d’Israël. » Page 151
  • « – Ces rêves me faisaient peur, tellement peur que je n’en ai jamais parlé à personne. Je me sentais comme Job devait se sentir quand Dieu lui parla dans la tempête. J’ai même voulu croire qu’il ne s’agissait que de rêves, pauvre vieille femme qui fuit son Dieu comme Jonas. Mais le gros poisson nous a avalés quand même vous voyez ! Et si Dieu dit à Abby, tu dois leur dire alors je dois leur dire. » Page 151
  • « – Il n’est pas Satan, dit-elle, mais lui et Satan se connaissent et ils tiennent conseil ensemble depuis longtemps. La Bible ne dit pas ce qui est arrivé à Noé et à sa famille après le déluge. Mais je ne serais pas surprise qu’il y ait eu une terrible bataille pour les âmes de ces quelques personnes – pour leurs âmes, leurs corps, leurs pensées. Et je ne serais pas surprise si c’est exactement ce qui nous attend. » Page 154
  • « Car si Mark avait attrapé maintenant cette saloperie, aucun d’eux n’était à l’abri. Le microbe traînait peut-être encore quelque part. Peut-être une nouvelle mutation. Pour mieux te manger, mon enfant. » Page 171
  • « – Pourquoi nous ? questionna Glen d’une voix hargneuse. Pourquoi pas vous ? Nous n’avons même pas de manuel de médecine, nom de Dieu ! » Page 186
  • « – Ils sont partis à Kunkle. Il y avait sans doute un médecin là-bas, autrefois.
    – Ils vont essayer de trouver des livres, ajouta Perion. Et des… des instruments. » Page 186
  • « Perion se retourna vers Mark pour lui éponger le front, doucement, amoureusement. Frannie se souvint d’une planche en couleurs dans la bible familiale, une image où l’on voyait trois femmes en train d’embaumer le corps de Jésus avec des huiles et des aromates. » Page 188
  • « Stu et Glen revinrent à quatre heures moins le quart avec un grand sac noir rempli d’instruments et de gros livres. » Page 190
  • « Il était quatre heures dix. Stu était à genoux sur une alaise de caoutchouc qu’ils avaient étendue sous l’arbre. La sueur coulait à flots sur son visage. Frannie tenait un livre devant lui, passant d’une planche en couleurs à la suivante, puis revenant à la première quand Stu relevait ses yeux brillants et lui faisait signe. A côté de lui, affreusement blanc, Glen Bateman tenait une bobine de fil blanc. Entre les deux hommes, il y avait une boîte pleine d’instruments en acier inoxydable. La boîte était tachée de sang. » Page 190
  • « – Une explication qui en vaut une autre, a dit Glen, et nous l’avons tous regardé. Si vous regardez les choses d’un point de vue théologique, on dirait bien que nous sommes pris entre l’arbre et l’écorce dans une lutte à finir entre le ciel et l’enfer, vous ne croyez pas ? S’il reste encore des jésuites après la super-grippe, ils s’arrachent sûrement les cheveux.
    Mark a éclaté de rire. Je n’ai pas bien compris mais je n’ai rien dit.
    – Eh bien, moi, je pense que tout cela est parfaitement ridicule, a dit Harold. Bientôt, vous allez vous prendre pour Edgar Cayce et croire à la transmigration des âmes. » Page 195
  • « Avez-vous lu l’étude publiée en 1958 par James D. L. Staunton sur les accidents d’avions et de chemins de fer ? Elle a d’abord paru dans une revue de sociologie, mais la presse à sensation en reparle de temps en temps quand les journalistes ont du mal à pisser de la copie.
    Nous avons tous secoué la tête.
    Vous devriez la lire. James Staunton avait ce que mes étudiants d’il y a vingt ans auraient appelé ” une tête bien faite ” – un sociologue tout à fait bien, très tranquille, qui s’intéressait à l’occulte, son violon d’Ingres si on veut. Il a d’abord écrit une série d’articles, puis il a sauté la barrière pour étudier le sujet par lui-même. » Page 196
  • « Choses dont je veux me souvenir : Récession, crise du pétrole, un prototype Ford qui faisait moins de quatre litres aux cent sur route. Une voiture formidable. C’est tout. J’arrête. Si je continue à écrire autant, ce journal sera aussi long qu’Autant en emporte le vent le jour où le cow-boy solitaire sortira de son ranch (de préférence, pas sur son cheval blanc). Oh oui, encore une chose dont je veux me souvenir. Edgar Cayce. Mais je ne l’oublierai pas. On dit qu’il voyait l’avenir dans ses rêves. » Pages 199 et 200
  • « Harold s’efforce souvent de paraître blasé, glacé – comme un jeune écrivain qui chercherait ce petit bistrot sur la rive gauche où il pourrait passer la journée à parler de Jean-Paul Sartre et à boire un infect tord-boyaux – mais sous la surface, bien caché, Harold est un adolescent qui n’est vraiment pas très mûr. » Page 217
  • « Dans ma tête je ne voyais plus qu’une image idiote de Donald le canard. Donald le canard qui pataugeait dans les ruines de la civilisation occidentale en caquetant, furieux: Qu’est-ce qu’il y a de drôle, hein ? Qu’est-ce qu’il y a de drôle ? Qu’est-ce qu’il y a de si drôle ? Je me suis pris la figure entre les mains et j’ai ri et j’ai sangloté et j’ai ri encore, tellement que Harold a dû penser que j’étais devenue absolument cinglée. » Page 217
  • « Nous entrons dans la canicule pensa-t-il. La canicule, du 25 juillet au 28 août, disent les vieux dictionnaires. La canicule, ainsi nommée car les chiens enragés étaient particulièrement nombreux à cette période de l’année, dit la légende. » Page 228
  • « Il ouvrit le sac de Frannie et fouilla dedans en s’éclairant avec une minuscule lampe électrique. Frannie murmura dans son sommeil, se retourna. Harold retenait sa respiration. Il trouva finalement ce qu’il cherchait tout au fond, sous trois chemises propres et un atlas routier aux pages cornées. Un petit carnet de notes. » Page 228
  • « Harold referma le carnet et se glissa dans son sac de couchage. Il était redevenu le garçon qu’il avait été autrefois, celui qui avait peu d’amis (il avait été un beau bébé jusque vers l’âge de trois ans, avant de devenir ce petit gros qui faisait rire tout le monde) et tant d’ennemis, le garçon dont ses parents ne s’occupaient pas beaucoup – ils ne pensaient qu’à Amy, la petite Amy qui s’avançait rayonnante sur le chemin de la vie -, le garçon qui avait cherché sa consolation dans les livres, le garçon qui s’était réfugié dans ses rêves parce qu’on ne voulait jamais de lui pour jouer au base-ball… qui devenait Tarzan, tard la nuit sous ses couvertures, la lampe braquée sur la page imprimée, les yeux agrandis, insensible à l’odeur de ses pets; et ce garçon se blottissait maintenant au fond de son sac de couchage pour lire le journal de Frannie à la lumière de sa lampe électrique. » Pages 228 et 229
  • « Il fallut plus de deux heures pour que tous les réservoirs sautent. Quand ce fut fini, la nuit n’était pas noire. C’était une nuit fiévreuse, zébrée de flammes jaunes et orange. Du côté est, tout l’horizon était en flammes. Et il se souvint d’une bande dessinée qu’il avait vue quand il était enfant, une adaptation de La Guerre des mondes de H. G. Wells. Maintenant des années plus tard le petit garçon qui avait feuilleté l’album n’était plus là, mais La Poubelle l’avait remplacé, et La Poubelle possédait le terrible et merveilleux secret du rayon de la mort des Martiens. » Page 238
  • « Il composait dans sa tête un psaume à la louange de l’homme noir. Et il s’était dit qu’il devrait se procurer un gros livre (un Livre) pour noter ce qu’il pensait de lui. Un Livre que les gens liraient plus tard. Les gens qui sentaient la même chose que La Poubelle. » Page 292
  • « Elle s’approcha de lui et vit sa bible ouverte sur ses genoux.
    – Vous allez vous faire mal aux yeux.
    – Pas du tout. La lumière des étoiles est la meilleure pour ce genre de bouquin. Peut-être la seule d’ailleurs. Qu’est-ce que vous pensez de ça ? ” N’est-ce pas un service de soldat que fait le mortel sur terre et ses jours ne sont-ils pas des jours de mercenaire ? Tel un esclave aspirant après l’ombre, et tel un mercenaire attendant son salaire, ainsi ai-je hérité de mois de déception, et des nuits de peine me sont échues. “
    – Super, dit Lucy sans trop d’enthousiasme. Vraiment Joli.
    – Non, ce n’est pas joli. Il n’y a rien de très joli dans le Livre de Job, Lucy, dit le juge en refermant sa bible. ” Des nuits de peine me sont échues. ” C’est le portrait de votre ami, Lucy, le portrait de Larry Underwood. » Page 301
  • « Il avait commencé à se constituer une petite bibliothèque chose qu’il avait toujours voulu faire au cours de ses années d’errance. Il lisait beaucoup à l’époque (depuis quelque temps, il n’avait que rarement le loisir de s’asseoir pour entreprendre une longue conversation avec un livre), et certains de ceux qui s’alignaient sur les étagères encore pratiquement vides étaient de vieux amis, la plupart empruntés dans des bibliothèques publiques pour la somme de deux cents par jour ; ces dernières années, il n’était jamais resté suffisamment longtemps au même endroit pour pouvoir obtenir une carte de lecteur. Les autres volumes étaient des livres qu’il n’avait pas encore lus, mais que ses lectures précédentes lui avaient donné envie de connaître. Et, tandis qu’il était assis dans le petit bureau devant sa feuille de papier et ses deux crayons-feutres, un de ces livres était juste à côté de lui sur la table – Les Confessions de Nat Turner, de William Styron. Il avait marqué l’endroit où il avait interrompu sa lecture avec un billet de dix dollars trouvé dans la rue. Il y avait beaucoup d’argent dans les rues, des billets que le vent balayait dans les caniveaux, et il était encore surpris et amusé de voir combien de gens – dont lui – s’arrêtaient pour les ramasser. Pourquoi ? Les livres ne coûtaient plus rien à présent. » Pages 348 et 349
  • « Le monde, pensait-il, non pas selon Garp, mais selon la super-grippe. » Page 356
  • « – J’avais l’impression de devenir fou. Je pensais toujours que quelque chose allait nous arriver que nous allions nous faire attaquer par une bande de motards, manquer d’eau, n’importe quoi. Ma mère avait un livre qu’elle avait reçu de sa grand-mère, je crois. Dans les pas de Jésus, c’était le titre. Une collection de petites histoires à propos de gens qui se trouvaient dans des situations épouvantables. Des problèmes de morale, la plupart du temps. Et le type qui avait écrit ce livre disait que pour résoudre les problèmes, il suffisait de se demander: ” Que ferait Jésus ? ” Et tout s’arrangeait aussitôt. Vous savez ce que je pense ? Que c’est une question Zen. Pas une question en réalité, mais une manière de faire le vide dans votre tête, comme ces types qui murmurent Om… Om… en se regardant le bout du nez. » Page 367
  • « Il changea de position sur sa chaise. Un livre était posé sur ses genoux, un grand livre relié en similicuir. Chaque fois qu’il sortait de chez lui, il le cachait sous une pierre de la cheminée. Si quelqu’un avait trouvé ce livre sa carrière à Boulder aurait été terminée. Un mot s’étalait en lettres d’or sur la couverture du livre : REGISTRE. C’était le journal qu’il avait commencé à tenir après avoir lu celui de Fran. » Page 372
  • « Il referma le registre, rentra dans la maison cacha le livre dans son trou, replaça soigneusement la grosse pierre. » Page 375
  • « Les coups de foudre, ça existe peut-être dans les livres, mais dans la vie réelle… » Page 395
  • « Comme les gens qui se convertissent à la religion ou qui lisent…
    Elle s’arrêta tout à coup et un éclair de frayeur sembla traverser ses yeux.
    – Qui lisent quoi ?
    – Quelque chose qui change leur vie. Das Kapital. Mein Kampf. Ou des lettres d’amour qui ne leur sont pas adressées. » Page 396
  • « Son bébé était vivant, bien à l’abri et ce qu’elle tenait dans ses mains n’était qu’un livre. De toute façon aucun moyen de savoir si quelqu’un l’avait lu, et même s’il y avait eu un moyen, impossible de savoir si cette personne qui l’avait lu était Harold Lauder.
    Elle ouvrit le livre et commença à le feuilleter lentement, instantanés de son passé récent, comme des photos noir et blanc d’amateur. Instantanés de la mémoire. » Page 402
  • « Fran: Tout ce que tu dis est vrai, Nick. Je ne peux pas dire le contraire. Je sais qu’il est mauvais. Qu’il pourrait même être la créature de Satan, comme dit mère Abigaël. Mais nous tirons sur le même levier que lui pour l’arrêter. Tu te souviens du bouquin d’Orwell Les Animaux ? ” Ils regardèrent les porcs puis les hommes, et ne purent voir la différence. ” Je crois que ce que j’aimerais vraiment t’entendre dire – même si c’est Ralph qui le lit – c’est que si nous devons tirer ce levier pour l’arrêter… si nous le faisons… eh bien, que nous serons capables de le lâcher ensuite. Est-ce que tu peux dire ça ? » Page 416
  • « Il était encore très tôt. Mère Abigaël ne dormait pas. Elle essayait de prier. Elle se leva dans le noir, s’agenouilla dans sa robe de nuit de coton blanc et posa le front sur sa bible ouverte aux Actes des apôtres. La conversion de Saul sur le chemin de Damas. La lumière l’avait aveuglé et les écailles qui recouvraient ses yeux étaient tombées. Les Actes, dernier livre de la Bible, où la doctrine s’appuyait sur des miracles. Et qu’étaient les miracles sinon la divine main de Dieu à l’oeuvre sur terre ? » Page 419
  • « Elle leva la tête et regarda autour d’elle, comme si elle était ivre. Sa bible était tombée par terre. » Page 422
  • « – Non, certainement pas ! s’exclama Stu. Mais nous ne pouvons pas la laisser comme ça se promener toute seule. Elle s’est mis dans la tête qu’elle a offensé Dieu. Et si elle se disait maintenant qu’elle doit aller faire pénitence dans la solitude du désert comme un prophète de l’Ancien Testament ? » Page 424
  • « Fran ne savait pas que mère Abigaël était partie. Elle était restée enfermée toute la matinée à la bibliothèque, en train de feuilleter des ouvrages de jardinage. Elle n’était pas la seule étudiante, d’ailleurs. Deux ou trois autres personnes consultaient des livres sur l’agriculture. Un jeune homme à lunettes d’environ vingt-cinq ans était plongé dans un livre intitulé Sept moyens de faire vous-même votre électricité. Une jolie petite blonde d’environ quatorze ans était absorbée dans la lecture de Six cents recettes faciles. » Page 427
  • « Elle jeta un coup d’oeil autour d’elle. Le sous-sol avait été aménagé en salle de jeu. Un projet dont son père avait toujours parlé mais qu’il n’avait jamais entrepris, pensa-t-elle avec un petit pincement de tristesse. Pin noueux sur les murs. Haut-parleurs quadraphoniques encastrés. Faux plafond insonorisé. Un grand coffre rempli de puzzles et de livres. » Page 431
  • « Il s’assit dans son fauteuil favori et ferma les yeux. Quand les battements de son cœur eurent un peu ralenti, il s’avança vers la cheminée, retira la pierre et prit son REGISTRE. Sa présence le rassura. Un registre, c’est un livre où vous tenez vos comptes tant de prêté, tant de rendu, intérêt et principal. Lé livre où vous finissez par régler tous vos comptes. » Page 444
  • « Il remit le journal à sa place et reposa la pierre. Il était calme. il avait vidé ce qu’il avait en lui. sa terreur et sa fureur habitaient désormais les pages du journal, sa détermination était plus forte que jamais. Et c’était bien ainsi. Parfois, écrire le rendait encore plus nerveux. Il savait alors qu’il n’écrivait pas la vérité, ou qu’il n’écrivait pas avec l’effort nécessaire pour affûter le bord émoussé de la vérité afin de lui donner une arête tranchante – d’en faire une lame capable de faire jaillir le sang. Mais, ce soir, il pouvait ranger son livre, l’esprit serein. La rage, la peur, la frustration avaient trouvé leur exacte transcription dans le livre, le livre qui resterait caché sous sa pierre pendant qu’il dormirait. » Pages 444 et 445
  • « Il s’allongea, résigné à passer une nuit blanche, cherchant une nouvelle cachette. Sous une lame de parquet ? Au fond d’un placard ? Peut-être ce vieux truc: le laisser bien en évidence sur une étagère, un volume parmi d’autres, coincé entre La Femme totale d’un côté et un volume du Reader’s Digest de l’autre ? Non – c’était quand même trop risqué. » Page 447
  • « Stu rentra à neuf heures et quart. Fran était pelotonnée sur le double lit. Elle était vêtue d’une de ses chemises – elle lui arrivait presque jusqu’aux genoux – et lisait un livre, Cinquante plantes utiles. » Page 447
  • « Stu lisait un roman de cow-boys et d’Indiens. Quand il vit Glen, pâle, les yeux hagards, il jeta son livre par terre. » Page 455
  • « A côté du verre, un cendrier avec cinq pipes quelques livres: Le Zen et la Motocyclette, Tout du cru, Macho Pistolet – tous ouverts. Et un sachet de crackers Kraft au fromage. » Page 457
  • « Il jeta un coup d’œil à Glen, mais détourna aussitôt les yeux. Même un vieux sociologue chauve qui lit trois livres d’un seul coup n’aime pas trop qu’on le voie faire de l’eau avec ses yeux. » Page 457
  • « Au verso de son message, la vieille femme avait griffonné deux références bibliques: Proverbes 11: 1-3 et Proverbes 21: 28-31. Le juge Farris avait consulté les textes avec la minutie d’un avocat qui prépare sa plaidoirie et, au début du débat, il s’était levé pour lire les deux citations de sa voix fêlée et apocalyptique de vieil homme. Il commença par la citation du onzième chapitre des Proverbes: La balance fausse est en horreur à Yahvé, mais le poids juste lui est agréable. Si l’orgueil vint viendra aussi l’ignominie; mais la sagesse est avec les humbles. La perfection des hommes droits les guide, mais les détours des perfides les ruinent. La citation du vingt et unième chapitre était de la même veine: Le témoin menteur périra, mais l’homme qui écoute pourra parler toujours. Le méchant prend un air effronté, mais l’homme droit ordonne ses voies. Il n’y a ni sagesse, ni prudence, ni conseil en face de Yahvé. On équipe le cheval pour le jour du combat, mais de Yahvé dépend la victoire.
    Le débat qui avait suivi la déclamation du juge (déclamation, c’était bien le mot juste) avait porté sur de multiples sujets – certains plutôt comiques. Quelqu’un avait fait observer d’une voix lugubre que, si l’on additionnait les numéros des chapitres, on obtenait trente et un, soit le nombre des chapitres de l’Apocalypse. Le juge Farris s’était levé une nouvelle fois pour préciser que l’Apocalypse ne comptait que vingt-deux chapitres, du moins dans sa version de la Bible, et qu’en tout état de cause vingt et un plus onze faisaient trente-deux, et non trente et un. » Pages 476 et 477
  • « …Il n’y avait plus beaucoup de clients une fois que les gens qui travaillaient de huit à onze à la Dixie Paper étaient rentrés chez eux… Il y avait des tas de nuits où pas une seule voiture s’arrêtait entre minuit et trois heures. Alors, j’étais là, en train de lire un livre ou une revue. Et plus d’une fois j’étais à moitié endormi. Tu comprends ?
    – Oui.
    Elle pouvait se l’imaginer, l’homme qui était devenu le sien, quand le moment était venu, quand les événements l’avaient décidé. Cet homme aux larges épaules endormi dans une chaise de plastique de chez Woolco, un livre ouvert sur les genoux. Elle le voyait dormir dans une île de lumière blanche, une île entourée de toutes parts par la grande mer de la nuit du Texas. Elle aimait se l’imaginer ainsi, comme elle aimait le voir dans toutes les images qu’elle se faisait de lui.
    – Eh bien, un soir, il était à peu près deux heures et quart, j’étais assis, les pieds posés sur le bureau de Hap, et je lisais un roman de cow-boys, un roman de Louis L’Amour, ou peut-être de Elmore Leonard. » Page 481
  • « – Les années ont passé, comme on dit dans les livres et chaque fois que je pensais à cette nuit-là-ça m’arrivait de temps en temps – j’étais de plus en plus sûr que ce n’était pas lui finalement. Simplement quelqu’un qui lui ressemblait un peu. » Page 484
  • « – Les esprits ne sont peut-être jamais de bonne humeur, répondit la jument en lui lançant un regard sévère. Ou vous risquez de recevoir un message de votre subconscient que vous n’êtes absolument pas prête à assimiler. La littérature spécialisée parle de très nombreux cas d’expériences d’écriture automatique dégénéré. Les gens sont devenus fous. » Pages 500 et 501
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