5 étoiles, M

Mélanges de sangs

Mélanges de sangs de Roger Smith

Éditions Le Livre de Poche (Policier) no 32469 ~ Publié en 2012 ~ 357 pages

Premier roman de Roger Smith paru initialement en 2009 sous le titre « Mixed Blood ».

Jack Burn debout sur sa terrasse regarde le soleil se noyer dans l’océan. Sa femme l’appelle pour venir dîner avec leur petit garçon Matt. C’est alors que deux métis abrutis à la méthamphétamine font irruption dans la villa en braquant sur eux des fusils. L’instinct de survie et les réflexes acquis de Jack prennent le dessus. Pour protéger sa famille, il en poignarde un et égorge l’autre sous les yeux ahuris de son fils et de sa femme. Comment vont-ils se débarrasser des cadavres ? Jack ne veut pas prévenir la police pour ne pas attirer l’attention. Américains en fuite, ils se cachent en Afrique du Sud pour que Jack échappe à la justice. Il décide donc de déplacer les corps et de les abandonner sur un terrain vague en périphérie de la ville. Malheureusement, le flic Rudi Barnard découvre les corps. Il remonte ensuite jusqu’à Jack et décide de s’en prendre à lui et à sa famille.

Très bon roman policier et dépaysant à souhait. Ici pas d’agent du FBI ou de la CIA, c’est la justice cruelle de la rue dans un quartier délabré du Cap en Afrique du sud. Cette histoire très réaliste présente un dur reflet de cette société souffrant encore des contrecoups de l’Apartheid. La description des Flats est terrifiante, la criminalité y est un fléau et Cape Town est la ville la plus dangereuse du pays. Les conflits entre les gangs, la drogue, les meurtres, les viols, les enlèvements frappent au hasard et en permanence. Ce roman est un tourbillon d’événements tragiques dans lequel évoluent des personnages paumés. Ceux-ci sont très réalistes et sans nuance surtout le policier Rudi Barnard. Obèse et salaud absolu, monstrueux dans tous les sens du terme, ce dernier fait régner sa propre loi sur son territoire, menaces à l’appui. Cynique, violent et terrifiant, ce percutant roman noir ne nous donne pas envie de visiter l’Afrique du Sud. Il nous fait par contre passer un excellent moment de lecture.

La note : 5 étoiles

Lecture terminée le 29 mai 2012

Lecture en tant que juré pour les Éditions Le livre de poche – Polar 2012 :

La littérature dans ce roman :

  • « On aurait aussi été surpris par son appartement d’une seule pièce. Il était spartiate, d’une propreté maniaque et d’une simplicité quais monacale. Le lit était fait et une bible était soigneusement posée sur sa table de chevet. » Page 134
  • « Lombard devança son hôte dans un petit salon encombré d’un sofa pelucheux, de deux chaises avec des pieds à griffes et à boule et de piles de livres de théologie. » Page 166
  • « Un ordinateur portable fermé était posé à côté d’un carnet vide et d’un stylo-bille bon marché. Il glissa le portable dans son sac et le porta en bandoulière. Puis il s’approcha du lit et ouvrit la bible en afrikaner sur la table de chevet. Il remarqua l’inscription en lettres serrées : Pour Rudi. De la part de ton père pour tes dix ans. » Page 176
  • « Susan préparait le petit déjeuner. Des œufs au bacon. L’odeur seule lui donna envie de gerber. Matt, assis au bar, lisait un album de Dr Seuss en balançant les jambes. Burn le lui lisant le soir, à la maison. Bon Dieu, ça remontait à quand ? » Page 179
  • « Burn se retrouva assis dans la chambre de Matt, sur un des lits super posés à la couette bariolée. Un livre de Dr Seuss traînait sur la maquette. Le Chat chapeauté. Burn le ramassa et feuilleta; les nuits interminables pendant lesquelles il l’avait lu à son fils avaient imprimé chaque page dans sa mémoire. Il reposa le livre. » Page 231
  • « Il trouva une bible près du lit et l’ouvrit. Peut-être que la lecture de l’Ancien Testament le calmerait. Il s’offusqua de voir que la plupart des pages avaient été arrachées, sans doute par des mécréants de merde, pour se rouler des joints.
    Il fourra la bible dans le tiroir, sortit péniblement du lit et s’approcha de la fenêtre. » Page 236
  • « Il exprima ses condoléances avec une formule tout faite, puis il demanda à Leila Dollie si elle avait déjà rencontré Mme Hill. Bien sûr qu’elle avait rencontré Susan Hill, et à plusieurs reprises. Deux Susan ? C’était le genre de coïncidence qu’on n’aurait pas osé dans un roman à deux balles. » Pages 314 et 315
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