#, 5 étoiles

658

658 de John Verdon

Éditions Grasset ~ Publié en 2011 ~ 415 pages 

Premier roman de John Verdon paru initialement en 2010 sous le titre « Think of a Number ».

David Gurney est un jeune retraité de la police de New York qui cherche à s’occuper. Lorsqu’il est déménagé avec sa femme, dans leur maison de campagne, il désirait oublier les années passées à traquer les tueurs en série. Il voulait enfin savourer la vie. C’est alors qu’il reçoit une lettre d’un vieux copain de classe qui lui demande de l’aider. Mark dit avoir reçu une lettre anonyme lui demandant de « Pensez à un nombre entre 1 et 1000 ». Il s’exécute et découvre aussitôt, dans une seconde enveloppe le nombre auquel il vient de penser. Rien d’alarmant à ce petit jeu, jusqu’au jour où il reçoit une deuxième lettre beaucoup plus menaçante et qui laisse entrevoir un lien de connaissance entre l’auteur et Mark. Il est littéralement pris de panique. D’abord réticent mais intrigué, David accepte de l’aider. Il va lui-même être emporté par la complexité de l’affaire dans laquelle les cadavres ne vont pas tarder à s’accumuler.

Ce roman est un thriller de grande qualité. L’enquête est complexe et nous tient en haleine du début à la fin. Le cheminement de l’histoire est captivant et les personnages sont très attachants. Les ficelles de la résolution des énigmes sont particulièrement astucieuses et s’assemblent avec une logique implacable. L’ex-enquêteur Gurney est un personnage très attrayant avec une personnalité complexe. Ses relations avec son entourage et, notamment avec sa femme, sont tourmentées. Il est hanté par son passé et même à la retraite se réfugie dans son travail pour fuir la réalité. Sa femme Madeleine est toujours présente pour lui. Elle ne lui reproche pas de trop s’investir dans son travail. Gurney l’admire pour sa capacité à s’ancrer dans la réalité du moment. Elle l’aide ainsi à conserver les pieds sur terre. Pour un premier roman on peut affirmer que John Verdon place la barre haute en réussissant un thriller brillant.

La note : 5 étoiles

Lecture terminée le 29 juin 2012

Lecture en tant que juré pour les Éditions Le livre de poche – Polar 2012 :

La littérature dans ce roman :

  • « — Tu savais qu’il était célèbre lui aussi ? demanda-t-elle.
    — Qui ça ?
    — Ton copain de classe.
    — Pas vraiment. Il a vaguement dit au téléphone qu’il avait écrit un livre. J’ai fait une rapide recherche. Je n’aurais jamais pensé qu’il était connu.
    — Deux livres, précisa Madeleine. Il dirige une sorte d’institut et a donné une série de conférences qui est passée sur PBS. J’ai imprimé des copies des jaquettes de ses livres depuis Internet. Si tu as envie de jeter un coup d’œil…
    — J’imagine qu’il me racontera tout ce qu’il y a à savoir sur lui-même et ses livres. Il n’a pas l’air timide. » Page 14
  • « Tandis qu’il observait son ancien condisciple, Gurney comprit tout à coup ce que Madeleine avait voulu dire en affirmant que Mellery ressemblait comme deux gouttes d’eau à la photo de la jaquette de son livre, « sinon plus ».
    La qualité la plus évidente de la photographie était une sorte de perfection informelle – l’illusion d’une simple photo d’amateur, sans les ombres disgracieuses ou la composition maladroite d’un vrai photographe amateur. Et c’était précisément cette impression de désinvolture savamment calculée – le désir égocentrique de paraître dénué d’ego – dont Mellery était un exemple vivant. Comme d’habitude, Madeleine avait vu juste. » Pages 23 et 24
  • « Au cours de son récit, Mellery se référa à lui-même, à Gurney et au protagoniste comme aux Trois Mousquetaires du campus Rose Hill, s’évertuant à rendre héroïque ce qui n’était que pédant. » Page 24
  • « Mellery finit par ouvrir sa serviette, d’où il retira deux minces livres de poche qu’il remit avec précaution à Gurney comme s’ils étaient fragiles. Il s’agissait des ouvrages décrits dans les tirages provenant du site web auxquels il avait jeté un œil un peu plus tôt. Le premier avait pour titre La Seule Chose qui compte et était sous-titré : « Changer de vie par le pouvoir de la conscience ». Le second s’intitulait En toute franchise ! et était sous-titré pour sa part : « La seule façon d’être heureux ».
    — Tu n’as probablement pas entendu parler de ces bouquins. Ils ont obtenu un certain succès, sans être à proprement parler des best-sellers, dit Mellery avec un sourire empreint d’une fausse modestie consommée. Je ne veux pas dire par là que tu doives les lire tout de suite, ajouta-t-il en souriant à nouveau, comme si c’était drôle. » Page 24
  • « — Tu n’as pas eu l’idée d’aller voir la police ? demanda Gurney.
    — Ça ne m’a pas semblé opportun. Je ne pensais pas qu’ils feraient quoi que ce soit. Qu’est-ce qu’ils pouvaient faire ? Il n’y avait pas de menace précise, rien à quoi on ne justification, aucun délit réel. Je n’avais pas le moindre élément concret à leur offrir. Deux vilains petits poèmes ? Un collégien à l’esprit tordu aurait très bien pu les rédiger, quelqu’un doté d’un curieux sens de l’humour. Et, comme la police ne lèverait pas le petit doigt ou, pire encore, traiterait tout ça comme une plaisanterie, pourquoi perdre mon temps à aller les voir ?
    Gurney hocha la tête, peu convaincu.
    — Et puis, continua Mellery, l’idée de voir la police locale se jeter là-dessus et lancer une enquête approfondie, questionner les gens, débarquer à l’institut, harceler anciens et nouveaux résidents – dont certains sont très fragiles –, tourner en rond, faire tout un raffut, fourrer leur nez dans des trucs qui ne les regardent pas, mettre la presse dans le bain accessoirement… Bon Dieu ! Je vois d’ici les manchettes – « Un écrivain spiritualiste victime de menaces de mort » – et les remous qui en résulteraient… » Page 29
  • « — Comment est-elle morte ?
    — Toute l’histoire se trouve dans mon premier livre, mais voici la version courte et brutale. Nous étions en vacances à la Péninsule Olympique, dans l’État de Washington. Un soir, à la tombée de la nuit, nous étions assis sur une plage déserte. Erin a décidé d’aller nager. D’ordinaire, elle partait à environ cinquante mètres puis allait et venait parallèlement au rivage, comme si elle faisait des longueurs dans une piscine. C’était une fana de gymnastique.
    Il s’interrompit, ferma les yeux.
    — C’est ce qu’elle a fait ce soir-là ?
    — Quoi ?
    — Tu dis que c’est ce qu’elle faisait d’ordinaire.
    — Euh, oui. Je pense que c’est ce qu’elle a fait. À vrai dire, je n’en suis pas certain parce que j’étais ivre. Erin est entrée dans l’eau ; je suis resté sur la plage avec mon thermos de martini.
    Un tic était apparu au coin de son œil gauche.
    — Erin s’est noyée. Les gens qui ont découvert son corps à vingt mètres du rivage m’ont trouvé également, sans connaissance sur la plage, ivre mort. . » Page : 32
  • « — Tout de suite. C’est un cliché, je sais, mais j’ai eu ce qu’on appelle « un éclair de lucidité ». C’est le moment le plus pénible et le plus révélateur qu’il m’ait été donné de vivre, avant ou depuis. Pour la première fois, j’ai compris de façon saisissante combien la voie dans laquelle je m’étais engagé était destructrice. Je ne voudrais pas me comparer à Paul tombant de son cheval sur le chemin de Damas, mais le fait est qu’à dater de ce jour, je n’ai pas eu envie de faire un pas supplémentaire dans cette direction. » Page 33
  • « Il m’a demandé de venir parler de ma « conversion » – le terme est de lui, pas de moi. L’exposé a été un succès. Il s’est transformé en une série de conférences que j’ai données dans une dizaine d’églises unitariennes et qui ont abouti à mon premier livre. » Page 33
  • « — Les allusions à la boisson indiquent qu’il s’agit d’une personne qui m’a connu dans ma mauvaise période. Si elle me garde rancune de quoi que ce soit – ce qui a l’air d’être le cas –, elle la nourrit depuis longtemps. Probablement quelqu’un qui a perdu ma trace, qui ne savait pas où j’étais, puis qui est tombé sur un de mes livres, a vu ma photo, a lu quelque chose sur moi et a décidé de… décidé quoi ? Je ne sais même pas à quoi riment ces lettres. » Page 35
  • « — Et qu’est-ce que tu attends de moi au juste ?
    — Je ne sais pas. J’espérais probablement une déduction à la Sherlock Holmes, mystère résolu, auteur des lettres identifié et rendu inoffensif. » Page 36
  • « Elle venait à peine de partir qu’il était assis devant son écran d’ordinateur, contemplant la photo de Peter Possum Piggert. Pour l’instant, il s’était contenté d’importer le fichier graphique et de le configurer en tant que nouveau projet – auquel il avait donné ce nom qui se voulait spirituel : Œdipe Proie.
    Dans la version par Sophocle du vieux mythe grec, Œdipe tue un homme qui se révèle être son père, épouse une femme qui se révèle être sa mère et avec qui il a deux filles, plongeant dans un abîme de malheurs tous les protagonistes. » Page 50
  • « En dépit de l’abomination de ses crimes, baignant dans le sang et l’horreur familiale, Piggert était demeuré un personnage taciturne et maître de lui tout au long des interrogatoires et des poursuites engagées à son encontre, gardant son Mr. Hyde bien dissimulé et faisant l’effet d’un mécanicien automobile bourru plutôt que d’un polygame incestueux et parricide. » Page 51
  • « — Quand tu parles de dangers pour les marins… comme quoi ?
    — Scylla était le nom donné à des récifs contre lesquels les bateaux se fracassaient avant de couler.
    Comme il ne poursuivait pas tout de suite, elle insista.
    — Et Charybde ?
    Il s’éclaircit la gorge. L’idée de Charybde avait quelque chose de particulièrement inquiétant.
    — Charybde était un tourbillon. Extrêmement puissant. Une fois qu’un homme était pris dedans, il ne pouvait plus en sortir. Le tourbillon l’aspirait et le mettait en pièces.
    Il se souvint avec une précision troublante d’une illustration qu’il avait vue voilà des lustres dans une édition de L’Odyssée, montrant un marin pris dans le violent remous, le visage tordu par la peur. » Page 60
  • « Sur cette réplique prononcée de façon hautement théâtrale, il tourna les talons et s’éloigna à grands pas, suivi à distance par le gangster de bande dessinée. » Page 68
  • « En sortant de la voiture, il lui sourit poliment – une créature mince avec des traits fins, évoquant une violette fragile et qui avait quelque chose de suranné. Elle aurait été comédienne, pensa Gurney, le rôle d’Emily Dickinson dans La Belle d’Amherst lui serait allé comme un gant. » Page 69
  • « — Pas ici, répondit Mellery. Notre approche repose sur la douceur, la bienveillance. Notre pronom favori est nous et non vous. Nous parlons de nos défauts, de nos craintes et de nos carences. Jamais nous ne montrons quelqu’un du doigt, pas plus que nous ne portons d’accusation contre lui. Nous pensons que les accusations ont plus de chance de consolider les murailles de la dénégation que de les renverser. Lorsque tu auras parcouru un de mes livres, tu comprendras mieux la philosophie de la chose. » Page 72
  • « — Il fait une fixation sur l’époque où je buvais, un acte que j’aurais commis sous l’empire de l’alcool, c’est donc forcément avant que j’aie créé l’institut.
    — Ou alors c’est quelqu’un qui fait partie de ta vie actuelle, qui aurait appris ton problème de boisson par tes livres et qui essaierait de te faire peur. » Page 72
  • « Il entra dans la maison par la porte de la cuisine. Madeleine était assise près du feu dans l’angle le plus éloigné de la pièce. L’assiette sur la table basse – avec son trognon de pomme, ses rafles et pépins de raisin, ses mouchetures de cheddar et ses miettes de pain – laissait supposer qu’un bon déjeuner venait d’être absorbé, ce qui raviva sa faim et lui mit encore un peu plus les nerfs en pelote. Elle leva les yeux de son livre, lui adressa un petit sourire. » Page 85
  • « Replongée dans son livre, Madeleine déclara :
    — La femme d’Ithaca a appelé.
    — La femme d’Ithaca ?
    Elle feignit de ne pas avoir entendu la question. » Page 86
  • « — Elle est forcément au courant de ton passé. Tout est dans tes livres. » Page 90
  • « — Je vois. Au fait, à qui appartient l’institut ?
    — Appartient ? En quel sens ?
    — Combien y a-t-il de sens ?
    — En esprit, à moi. Le programme est basé sur mes livres et mes cassettes.
    — En esprit ?
    — Sur le plan légal, tout est à Caddy… la propriété et les autres biens corporels. » Page 91
  • « Mes parents me privèrent d’argent de poche pendant un an pour leur rembourser la somme que j’avais volée. Cela changea la manière dont ils me considéraient. Le maître-chanteur concocta une version des événements à l’usage de l’école, version qui le présentait comme une sorte de Robin des Bois et moi comme un sale mouchard. » Page 105
  • « — Une dernière question avant que je parte. Je t’ai entendu dire à Justin de parler de « dichotomies internes ». Je me demandais de quoi il s’agissait.
    — Rien ne t’échappe, répondit Mellery avec un petit froncement de sourcils. « Dichotomie » se réfère à une division, une dualité à l’intérieur de quelque chose. Je m’en sers pour désigner les conflits en nous.
    — Tu veux dire, du genre Jekyll et Hyde ? » Page 111
  • « Il se demanda si celui-ci n’en savait pas plus qu’il ne voulait bien le dire. Avait-il conscience d’un acte de sa part remontant à un passé lointain qui pourrait être à l’origine de la campagne actuelle de menaces et d’insinuations ? Le Dr. Jekyll savait-il ce que Mr. Hyde avait fait ? » Page 113
  • « Gurney repensa à la photo de Mellery sur la couverture de son livre. Il se promit d’examiner les yeux de plus près en rentrant chez lui. » Page 114
  • « Comme toujours, la voix de Sonya avait semé la confusion dans ses pensées rationnelles, et son esprit ricochait d’un objet à l’autre comme une bille de flipper : le bureau trop confortable de Sonya, l’inquiétude de Madeleine, l’impossibilité pour quiconque de savoir à l’avance le nombre auquel penserait quelqu’un d’autre, le sang aussi rouge qu’une rose peinte, à tout de suite Monsieur 658, Charybdis, la mauvaise boîte postale, les craintes de Mellery à l’égard de la police, Peter Piggert, cet enfoiré de tueur en série, le jeune et charmant Justin, la riche et vieillissante Caddy, Dr. Jekyll et Mr. Hyde, et ainsi de suite, sans rime ni raison, en un tournoiement perpétuel. » Page 115
  • « Après un long silence pensif, il déclara avec une menace contenue, plus appropriée à une pièce de Harold Pinter qu’à un contrôle de routine :
    — Saviez-vous que ce n’est pas une zone de stationnement autorisée ? » Page 116
  • « — Je t’accorde qu’il y a probablement moins de doute sur le lieu du décès que sur un certain nombre d’autres trucs. Une sacrée maison de fous. Les habitants parlent de la victime comme si c’était l’autre con de la télé, là, Biquette Chopemoi…
    — Tu veux dire Deepak Chopra ?
    — Ouais, c’est ça, Dupaf, ou je sais pas quoi. Bon Dieu, fais pas chier ! » Page 128
  • « — Docteur, l’interrompit Kline comme un petit garçon interrogeant Merlin l’Enchanteur, est-il possible d’estimer l’intervalle exact entre le coup de feu et les lacérations ultérieures ? » Page 167
  • « — Pourquoi attendre si longtemps ? demanda le sergent Wigg, que Gurney trouvait plus intéressante chaque fois qu’elle ouvrait la bouche.
    Les yeux de Kline scintillaient devant l’éventail de possibilités.
    — Peut-être que Mellery a parlé d’un truc dans un de ses livres. L’assassin a découvert ainsi sa responsabilité dans un drame avec lequel il n’avait pas fait le rapprochement jusque-là. » Page 181
  • « — Parle-moi de ta journée, dit-elle.
    — Ma journée ? Tu veux dire ma réunion avec les as de l’équipe des homicides ?
    — Ça n’a pas l’air de t’avoir beaucoup impressionné…
    — Oh, détrompe-toi. Si quelqu’un se mettait en tête de faire un livre sur le fonctionnement d’une équipe dysfonctionnelle, commandée par le Capitaine des Enfers, il lui suffirait de mettre un magnétophone et de transcrire l’enregistrement tel quel. » Page 190
  • « Pour citer Sherlock Holmes : « Quand on a éliminé l’impossible, ce qui reste, aussi improbable, doit être vrai. » » Page 219
  • « Bien que la floraison remontât à plusieurs mois, en se faufilant dans le passage, Gurney fut le jouet d’une illusion qui lui fit humer un doux parfum. Du coup, il se rappela la remarque du roi Duncan sur le domaine de Macbeth où il va trouver la mort cette nuit-là : « Ce château occupe une agréable situation… » » Page 224
  • « Wellstone le conduisit dans une salle à manger aussi tarabiscotée que le salon, encombrée d’une pléthore de chaises en chêne décorées et de miroirs. De là, ils suivirent une allée dont les dalles luisantes, couleur crème, n’étaient pas sans rappeler la route de briques jaunes d’Oz. Elle menait à un pittoresque cottage couvert de lierre d’un vert étincelant en dépit de la saison.
    Wellstone déverrouilla la porte et l’ouvrit en grand avant de s’effacer. Au lieu d’entrer, Gurney explora l’intérieur du regard depuis le seuil. La première pièce était à mi-chemin entre un salon et un sanctuaire à la gloire du célèbre film, avec sa collection d’affiches, un chapeau de sorcière, une baguette magique, des figurines de l’Homme de fer-blanc et du Lion peureux, ainsi qu’un Toto en peluche. » Page 229
  • « — Mais vous m’avez dit que vous n’étiez pas là pour… Attendez une minute, vous venez de me dire que vous étiez venu pour une autre affaire. Ce n’est pas ça ?
    — Si, monsieur. Vous avez raison.
    — Alors pourquoi parlez-vous d’équipe scientifique ? Qu’est-ce… Oh, non, ne me dites pas que vous pensez que mon ornithologue chapardeur est votre Jack l’Éventreur ! » Page 229
  • « — Bonjour, madame Schmitt. Inspecteur Clamm. Vous vous souvenez de moi ?
    — Bonjour, répondit-elle en articulant bien comme si elle lisait ce mot dans un manuel d’apprentissage d’une langue étrangère. » Page 243
  • « — L’Éternel est mon berger, commença-t-elle, après quoi elle se mit à débiter le psaume 23 dans son intégralité. » Page 246
  • « Il était neuf heures et quart quand Gurney acheva son entretien téléphonique avec ce Mike Gowacki à la voix monocorde. Il trouva Madeleine au lit, adossée à sa pile d’oreillers, plongée dans Guerre et Paix. Il y avait trois ans qu’elle lisait cet ouvrage, en alternance, bizarrement, avec Walden de Thoreau. » Page 272
  • « Ils sombrèrent dans le silence pendant que Gurney lissait distraitement les plis de la couverture entre eux. Madeleine l’observait, les mains posées à plat sur son livre. » Page 272
  • « Jack Hardwick, de la Brigade criminelle, lui avait laissé le troisième message. Son dédain coutumier n’avait plus de mesure, apparemment.
    — Salut, Sherlock, il paraît que ton cinglé a deux marques de plus sur la crosse de son fusil. Tu devais être trop occupé pour avertir ton vieux pote. L’espace d’un instant de folie, j’ai été tenté de penser que M. Sherlock Gurney de mes deux ne pouvait s’abaisser à en informer l’humble Jack Hardwick. » Page 286
  • « — Tout le monde connaît-il au moins dans les grandes lignes la typologie du tueur en série de Holmes ?
    Le panel de murmures et de hochements de tête autour de la table tendait vers l’affirmatif. Seul Blatt se hasarda à poser une question :
    — Sherlock Holmes ?
    Gurney se demanda si c’était une blague stupide ou de la bêtise pure et simple.
    — Ronald M. Holmes – plus contemporain, et un être de chair et d’os, précisa Holdenfield sur un ton d’une affabilité outrancière dont Gurney ne sut que penser ; se pouvait-il qu’elle eût imité Mister Rogers s’adressant à un bambin de cinq ans ? » Page 310
  • « — On envoie donc des techniciens dans cette bicoque décorée comme un sanctuaire du Magicien d’Oz. Les gars passent les lieux au peigne fin – dedans, dehors, en mettant tout sens dessus dessous – et que trouvent-ils ? Nada. » Page 313
  • « — Ils sont tombés sur un mot écrit à l’extérieur de la porte de la salle de bains. Un seul mot. Ertruem.
    — Quoi ? aboya Rodriguez, moins empressé de dissimuler son incrédulité.
    — Ertruem, répéta lentement Hardwick d’un air entendu, comme si c’était la clé de l’énigme.
    — Ertruem ? Comme dans le film ? demanda Blatt.
    — Attendez une seconde, fit Rodriguez en clignant les yeux de frustration. Vous êtes en train de me dire qu’il a fallu, quoi, trois, quatre heures à votre équipe d’experts pour trouver un mot écrit bien en vue sur une porte ?
    — Pas bien en vue, objecta Hardwick. Le type a employé la même technique que pour les messages invisibles qu’il nous a laissés sur les lettres envoyées à Mark Mellery. cons de flics. Vous vous rappelez ?
    Le capitaine se borna à le dévisager sans rien dire.
    — J’ai vu ça dans le dossier, intervint Holdenfield. Des mots qu’il aurait tracés au verso de ces messages avec son propre sébum. C’est faisable ?
    — Sans aucun problème, répondit Hardwick. D’ailleurs, les empreintes digitales ne sont rien d’autre que du sébum. Il a détourné cette ressource à ses fins, voilà tout. Il s’est peut-être frotté les doigts sur le front pour les rendre un peu plus graisseux. En tout cas, ça a marché pour les lettres et de nouveau aux Lauriers.
    — C’est bien ertruem, comme dans le film, hein ? répéta Blatt.
    — Le film ? Quel film ? De quoi parlez-vous ? s’enquit Rodriguez en cillant de plus belle.
    — Shining, s’exclama Holdenfield, tout excitée. Une scène célèbre. Le petit garçon écrit le mot ertruem sur une porte dans la chambre de sa mère.
    — Ertruem, c’est « meurtre » à l’envers, annonça Blatt.
    — Seigneur ! C’est vraiment trop parfait ! s’écria Holdenfield.
    — De cet enthousiasme débridé, je conclus que nous aurons arrêté notre homme d’ici vingt-quatre heures ? lança Rodriguez qui semblait vouloir se surpasser dans le registre du sarcasme.
    Passant outre, Gurney s’adressa à la psychologue.
    — Je trouve intéressant qu’il fasse allusion à cet ertruem dans Shining.
    — Le terme idéal pour le film idéal, répondit-elle, les yeux brillants. » Page 314
  • « — Je pense que le meurtrier nous incite à penser qu’il avait un père semblable à Jack Nicholson dans Shining. J’ai le sentiment qu’il se dévoile pour notre bénéfice. » Page 315
  • « — Ce qui nous ramène à ma première question, lança Hardwick d’une voix forte mais râpeuse, que Sherlock Gurney ici présent qualifiait de capitale il y a quelques minutes. À savoir, qui figure sur cette liste de onze mille candidats au meurtre ? » Page 326
  • « — Ne perdez pas votre temps à essayer de me piéger, lieutenant. On croirait que vous testez une technique tout droit sortie d’un manuel de police. « Exprimer du scepticisme concernant le plan du criminel, mettre en doute sa crédibilité, le provoquer pour qu’il vous fournisse des détails supplémentaires. » Si vous voulez en savoir plus, inutile d’essayer de me piéger. » Page 376
  • « Pointant son arme à mi-chemin entre Nardo à terre et Gurney sur la chaise, il balaya calmement la pièce du regard sans fixer son attention sur quoi que ce soit en particulier. Difficile de dire s’il voyait ce qu’il avait devant les yeux ou s’il superposait à ce spectacle une scène issue d’un autre temps, d’un autre lieu. Puis il considéra la femme étendue sur le lit de la même manière et dit avec une sorte de conviction mièvre à la Peter Pan : « Tout va bien se passer. Tout sera comme cela aurait toujours dû être. » Puis il se mit à fredonner tout doucement quelques notes discordantes. » Page 379
  • « — La petite citation tirée de Shining, vous voulez dire ? » Page 381
  • « — Parfait ! s’extasia Dermott. Très bien. Vous avez vraiment du talent. Bon, vous restez planté là, les yeux injectés de sang, de la bave aux coins de la bouche, et vous beuglez à votre femme : « Qu’est-ce qu’il fout là, dans ce lit ? » Vous me désignez du doigt. Ma mère répond : « Calme-toi, Jim. Il nous montre son petit livre d’images, au canard et à moi. » Vous, vous dites : « Je ne vois pas de bouquin. » Ma mère répond : « Regarde, il est là, sur la table de nuit. » » Page 386
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