5 étoiles, I

L’incroyable histoire de Halcyon Crane

L’incroyable histoire de Halcyon Crane de Wendy Webb.

Les éditions Le livre de poche no 32640 ~ Publié en 2012 ~ 379 pages 

Premier roman de Wendy Webb paru initialement en 2010 sous le titre « The Tale of Halcyon Crane ».

L'incroyable histoire de Halcyon Crane

Hallie avait 5 ans quand sa mère est décédée. Elle fut élevée par son père qui souffre maintenant d’Alzheimer. Sa vie relativement paisible est bouleversée à la réception d’une lettre d’un notaire lui faisant part du décès récent de sa mère. De plus y est jointe une lettre de celle-ci à son attention. Madlyn Crane vivait sur l’île du Grand-Manitou dans les Grands Lacs. Elle croyait sa fille et son mari morts lors d’une sortie en bateau. Elle a appris par hasard qu’ils étaient bien vivants un peu avant sa mort. Hallie décide alors de se rendre à Grand-Manitou afin de découvrir pourquoi son père l’a séparé de sa mère. Petit à petit, lors de son séjour, les secrets de famille lui seront révélés par Iris la gouvernante des Crane depuis des générations. Ces secrets sont tous plus étranges les uns que les autres. De plus, des phénomènes insolites se produisent. Hallie saura-t-elle éclaircir le passé mystérieux de sa famille ?

Ce roman mi-policier, mi-fantastique est un récit envoûtant qui mêle histoires familiales et surnaturelles. Il est écrit dans la tradition des romans gothiques. Très vite, on est happé par l’atmosphère mystérieuse de l’île désertée par les touristes pour la période hivernale. Elle offre un cadre inquiétant et lugubre avec ses pluies et ses tempêtes. La maison familiale des Crane est elle aussi très importante dans la mise en place de l’ambiance. Cette maison ne semble pas être faite pour apporter la sérénité mais idéale pour y voir l’apparition de spectre. Les personnages sont tous très crédibles. Certains sont attachants, d’autres comme Iris donnent la chaire de poule. Le personnage d’Hallie est le plus réussit, on se prend rapidement d’affection pour elle. De découvrir les secrets de la famille Crane en même temps qu’Hallie ajoute à la profondeur du récit. Les talents de conteuse de l’auteure sont indéniables et nous plongent dans un monde fantastique.

La note : 5 étoiles

Lecture terminée le 22 juillet 2012

Lecture en tant que juré pour les Éditions Le livre de poche – Polar 2012 :

La littérature dans ce roman :

  • « L’histoire de cette famille ne se limite pas à la chronique banale des naissances et des décès, des noces et des succès, même si elle en compte également. Non, les destinées de mes aïeuls rappellent plutôt les contes de fées, ceux de Grimm, malheureusement, avec leur cortège de sorcières, de spectres et de malédictions, toujours accompagné d’avanies douloureuses, parfois sanglantes. » Pages 11 et 12
  • « « Je ne peux pas croire que Madlyn Crane soit ta mère, a-t-il murmuré. Je veux dire pourquoi elle…
    – Tu dis ça comme si tu la connaissais.
    – Eh bien je ne la connais pas. Mais j’en ai entendu parler. Toi aussi d’ailleurs. Il y a l’un de ses livres sur ma table basse. Tu l’as vu dix mille fois. »
    Une image s’est présentée à moi : Richard et moi, assis devant une tasse de thé dans notre appartement, et feuilletant un ouvrage de photographies londoniennes.
    « Où est ton ordinateur ? » a-t-il demandé J’ai montré l’escalier. Quelques instants plus tard il revenait avec le portable. Assis à côté de moi, il saisissait le nom de Madlyn Crane sur le moteur de recherche. Les occurrences s’affichaient les unes après les autres. Time, Travel & Leisure, National Geographic, Vanity Fair, Vogue : ils avaient tous publié ses œuvres. Madlyn Crane était célèbre. » Page 32
  • « J’avais déjà vu des photos de l’île et lu un guide qui lui était consacré, mais je n’étais pas préparée au spectacle qui m’attendait : l’alignement d’immenses demeures victoriennes aux porches d’entrée monumentaux et aux toits à tourelles, le long d’une haute falaise qui plongeait sur un rivage rocheux. » Page 43
  • « J’avais lu dans le guide que l’île du Grand-Manitou, comme celle de Mackinac, prohibait les véhicules à moteur, à l’exception d’une ambulance et d’un ou deux camions de pompiers en cas d’urgence. » Page 45
  • « Un canapé moelleux et une causeuse invitaient le visiteur à s’y blottir pour y lire tranquillement. Au fond d’un couloir, j’ai aperçu un bureau rempli de rayonnages et de livres qui montaient jusqu’au plafond. » Page 50
  • « Éparpillé un peu partout, des revues et des livres. C’était vraisemblablement l’endroit où Madlyn passait l’essentiel de son temps. Je pouvais presque sentir sa présence, bien vivante. » Pages 91 et 92
  • « J’imaginais une petite fille, cette même petite fille en blanc que j’avais cru revoir, jouant avec des chevaux miniatures. Cette fois je la vis plongée dans un livre illustré, étalée sur le ventre, ses pieds se balançant nonchalamment. » Page 93
  • « La monumentale cuisinière montait la garde, veillée par une collection de casseroles et de récipients en cuivre. Une longue table en bois à peine dégrossi, bordée de chaises, occupait une partie de la pièce, près de la porte de service et des fenêtres. À l’autre extrémité, un petit fauteuil : l’endroit rêvé pour potasser un recueil de recettes et chercher une bonne idée pour le dîner. » Pages 93 et 49
  • « Dans le canapé, Will lisait.
    « Combien de temps ai-je dormi ?
    – Pas très longtemps. Une demi-heure, peut-être. »
    Il a refermé le livre, l’a posé sur ses genoux et m’a souri. » Pages 95 et 96
  • « J’avais occupé des appartements nettement moins grands que cette pièce, et jamais aussi beaux. Une pile de bouquins attendait sur la table de nuit : deux best-sellers récents, un essai sur un Livre perdu de la Bible qu’on avait enfin retrouvé et un dictionnaire de mots croisés. Je lai ai ouvert un à un en souriant. Ce qu’elle lisait au lit : voilà, depuis mon arrivée, ce que j’avais appris de plus consistant au sujet de ma mère. » Page 140
  • « La chambre à coucher donnait sur un petit bureau aux murs tapissés de livres. » Page 141
  • « Le ciel était tapissé d’étoiles et pourtant nous baignions dans une obscurité profonde. Des vagues de brume flottaient çà et là comme des spectres folâtrant entre les arbres. Je surveillais nerveusement le chemin, de part et d’autre du véhicule. Je me sentais épiée par des regards invisibles, cachés dans la forêt. Peut-être dans le creux des troncs. Les premiers îliens n’étaient pas si fous d’imaginer que ces arbres avaient quelque chose d’ensorcelé.
    « Je me suis rarement senti un lien de parenté aussi proche avec Ichabod Crane… » ». Page 145
  • « La forêt s’ouvrit soudain sur une majestueuse bâtisse à l’architecture médiévale. Très différente des maisons en bois, de style Cape Cod, qui parsemaient l’autre côté de l’île. Celle-ci respirait la solidité, la virilité, la monarchie, comme surgie d’une forêt profonde au cœur d’un conte de Grimm. » Page 148
  • « « D’après Winnie l’Ourson, nous pouvons avancer sans nous tromper que nous allons avoir du très mauvais temps… »
    – Oui, c’est un jour de Grand Vent… dredi, répliqua-t-il, l’œil malicieux, en me conduisant vers une banquette près de la fenêtre. » Page 156
  • « Après avoir allumé une flambée dans la cheminée de la chambre, j’ai passé la matinée pelotonnée sur la banquette avec un bon livre. » Page 166
  • « J’ai interrompu le récit.
    « Vous en avez d’autres, des histoires de sorcières, Iris ? On dirait franchement un contre de Grimm.
    – C’est pourtant l’histoire de votre famille. »
    Elle me regarda droit dans les yeux.
    « Vous feriez bien d’écouter, mon enfant. » » Page 179
  • « – Elles n’étaient pas seulement … dissipées, reprit Iris. Elles étaient aussi étranges. Comme si elles n’avaient jamais été séparées. Elles n’allaient nulle part toutes seules et parlaient de la même voix monocorde. Quand vous en appeliez une, elles arrivaient toutes les trois, avec sur le visage la même expression. Je sais que cela sonne comme un contre fantastique, mais on aurait dit que ces trois petites filles se partageaient une seule âme. C’était impossible, bien sûr. » Page 181
  • « J’ai allumé la lampe de chevet et inspecté la pièce du regard. Tout était normal. Sur la chaise pendait toujours le pull-over que j’avais posé quand j’avais mis mon pyjama. Sur la table de nuit, le livre entamé avant de m’endormir était bien là. Pas de créature monstrueuse cachée sous le sommier, ni de spectres flottants à l’affût dans les coins. » Page 196
  • « Les heures passaient. Je traînais dans la maison en asseyant de m’occuper. Un DVD, un livre. À chaque fois je revenais à la fenêtre de la cuisine. Regarder au-dehors, c’était encore ce qui ma paraissait le moins absurde. » Page 218
  • « C’était bien pire que quelques vagues manifestations fantomatiques, susceptibles d’animé une conversation entre amis. Je me sentais projetée dans un cauchemar. J’étais d’un coup devenue la pauvre andouille qui rencontre par hasard les enfants du maïs, la voyageuse naïve dans la voiture tombe en panne dans une ville peuplée de vampires. » Page 239
  • « Je ne dis pas qu’elle a tout inventé mais cette histoire est si ancienne. Iris alors n’était qu’une enfant. Une vieille sorcière, des envoûtements, des incantations. L’invocation d’enfants défunts… Il faut bien avouer, Hallie, que ça ressemble à un contre. Quelque chose sorti tout droit d’une imagination enfantine. » Page 240
  • « J’avais décidé de ne rien dire à Will de ce dernier récit. La narration d’Iris m’avait captivée mais après son départ, ce jour-là, j’avais tenté de faire la part de la vérité et de l’affabulation. Un petit garçon mutique qui parvient à communiquer avec me monde animal : bel exemple de littérature enfantine. » Page 249
  • « À genoux sur le plancher, j’ai ouvert le carton qui portait le nom de mon père. Il contenait ses affaires, soigneusement empilées : des vêtements, des livres, des cravates, d’autres effets personnels – et, ce qui m’intéressait le plus, deux albums de photos. » Page 252
  • « Une poupée Raggedy Ann dormait à côté d’une autre peluche, un chien blanc qui, tel le Lapin de velours, avait pris vie grâce à tout l’amour que je lui avais prodigué pendant mon enfance. » Page 252
  • « J’ai retiré du carton d’autres livres : La petit sirène (la version de Hans Christian Andersen), Les patin d’argent et une collection complète de La petite maison dans la prairie, aux reliures encore raides, apparemment jamais ouverte. » Page 253
  • « J’ai plissé les yeux pour essayer de mieux voir et d’un seul coup la photo a semblé s’étendre et s’ouvrir : elle m’entraînait dans son univers en noir et blanc. Je pouvais voir Charles rassembler ses livres. » Page 254
  • « La scène s’estompa et je vis des enfants dans la salle de classe qui se moquaient de Charles. « Les bestiaux du Joueur de flûte sont revenus ! » Charles, imperturbable, courait gaiement rejoindre la troupe hétéroclite qui lui servait d’escorte. » Page 255
  • « J’absorbais chaque image, hypnotisée par ces visions en noir et blanc où mon grand-père apparaissait petit garçon, tel un jeune Docteur Dolittle. » Page 255
  • « Mais je suis tombée sur un cliché de la scène du crime, et tout a changé. C’était la chambre d’enfant du troisième étage, celle dans laquelle j’avais trouvé les cartons de photos. Le cliché confirmait le rapport de police : la pièce était sens dessus dessous, lampes renversées, édredons tombés des lits, livres éparpillés. » Page 278
  • « « Pendant le déjeuner je vous raconterai l’histoire de votre mère », m’annonça-t-elle, plus bourrue que jamais.
    Très bien. Je pris un livre et me suis repliée dans la véranda. » Page 309
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