4 étoiles, C

Comme ton ombre

Comme ton ombre d’Elizabeth Haynes.

Les éditions Le livre de poche no 32583 ~ Publié en 2012 ~ 476 pages 

Premier roman d’Elizabeth Haynes paru initialement en 2011 sous le titre « Into the Darkest Corner ».

Comme ton ombre

En 2003, Catherine était une jeune femme insouciante et rayonnante. Extravertie, elle aimait sortir avec ses amies et coucher avec ses conquêtes. Puis un beau jour, elle rencontre Lee, un homme charmant, parfait et qui suscite l’envie des copines. Filant le parfait amour, ils font vie commune. En 2007, elle est une femme fragile et meurtrie. Elle a tout perdu : ses amis, son amour propre et sa santé. Elle vit constamment dans la paranoïa. Avant d’aller travailler, elle inspecte systématiquement six fois toutes les portes et fenêtres de son appartement afin de s’assurer qu’elles sont bien verrouillées. À son retour, c’est le même manège. De plus, elle inspecte toutes les pièces de celui-ci afin de s’assurer que rien n’a bougé. Ces inspections suivent un schéma préétabli que rien ne doit déranger. Elle fait les courses que les jours pairs et pratique un sport les jours impairs, selon la température. Elle souffre de TOC qui l’handicape lourdement. Que c’est-il passé dans sa vie pour qu’elle en arriver là ?

Ce thriller psychologique nous emmène dans l’univers angoissant et terrifiant des femmes battues. On est plongé dans la manipulation des paroles douces et des caresses en contrepartie des gestes violents et des trahisons. Dès les premières pages on est piégé car on s’attache à Cathy. On compatie avec cette femme qui se bat pour s’en sortir. Bien que l’on se doute de l’issue finale, l’auteur nous tient en haleine habilement par les va-et-vient entre les deux époques. C’est bouleversant, difficile parfois, mais c’est juste. L’angoisse monte au fur et à mesure de la lecture. Sans verser dans la victimisation de Cathy, cette histoire est celle d’une survivante qui réapprend à vivre et à faire confiance. Un petit bémol, les passages répétés sur les TOC de l’héroïne finissent par être ennuyeux. Un roman réussi malgré quelques longueurs et les passages répétitifs.

La note : 4 étoiles

Lecture terminée le 28 juillet 2012

Lecture en tant que juré pour les Éditions Le livre de poche – Polar 2012 :

La littérature dans ce roman :

  • « – Vous n’êtes pas folle, a-t-il objecté en souriant. Et il n’y a aucune raison pour que votre employeur sache quoi que ce soit. De toute façon, même si vous décidez de ne pas consulter, ce ne sont pas les traitements qui manquent. Je peux vous recommander des livres. Vous pourriez essayer les techniques de relaxation, ce genre de chose ne figurera pas dans votre dossier. » Page 67
  • « Après, il y avait trois chapitres d’un livre intitulé Désaccoutumance : techniques pour se libérer des TOC, soulignés à certains endroits. » Page 81
  • « En rentrant à la maison aujourd’hui, je me suis retrouvé devant la bibliothèque éclairée. Les portes ont coulissé automatiquement comme pour une invitation. J’ai beau éviter les lieux publics, quelque chose m’a poussée à entrer. Il n’y avait quasiment personne. Des étudiants derrière des tables, deux personnes qui consultaient Internet et deux bibliothécaires qui marquaient des livres en chuchotant bruyamment.
    J’ai gagné les rayonnages consacrés à la psychologie, où j’ai cherché des titres d’ouvrages sur les obsessions et les compulsions. J’ai effleuré du doigt la tranche d’un livre que Stuart m’avait conseillé.
    La salle était plongée dans le silence. J’ai pris un volume sur l’anxiété et je l’’ai feuilleté, en regardant les en-têtes de chapitre. Rien de bien réjouissant. Il y a eu un bruit derrière moi, j’ai jeté un regard par-dessus mon épaule. De ma place entre les étagères, je ne voyais personne, pas âme qui vive.
    J’ai rangé l’ouvrage et je suis revenue sur mes pas. Deux étudiants travaillaient toujours, penchés sur de longues tables – livre ouverts, bloc-notes, surligneurs.
    Au comptoir, il ne restait qu’une bibliothécaire, une femme aux cheveux courts, des pendants d’une longueur improbable aux oreilles. Elle enregistrait une pile de bouquins qu’un homme venait de lui rapporter. » Pages 84 et 85
  • « Je me suis installée sur le canapé pour la voire et me suis plongée dans un livre que j’avais commencé : l’un des ouvrages sur les TOC conseillés par Stuart. On y recommandait d’identifier toutes les compulsions, tous les rituels, puis de les classer par ordre d’importance. » Pages 218 et 219
  • « – Il a fait beau tous les jours. Les gosses se sont tellement amusés que j’ai pu lire quatre livres de poche, les doigts de pieds en éventail, près de la piscine. » Page 223
  • « Essoufflé, il a posé son sac à dos, une main sur les bretelles comme s’il avait peur que le bagage s’échappe.
    – C’est d’un lourd ! s’est-il exclamé.
    – Qu’est-ce qu’il y a dedans ?
    – Des tas de bouquins. Je ne sais pas ce qui m’a pris de les rapporter. Ils se trouvaient dans le garage de Rachel. » Page 315
  • « – Ça me rappelle un passage de Harry Potter, vous savez, celui où les héros affrontent ce qu’ils redoutent le plus en le transformant, par magie, en quelque chose d’amusant.
    – Absolument. Ou Hamlet.
    – Hamlet ?
    – « Rien n’est en soi bon ou mauvais, c’est la pensée qui le rend tel. » » Page 362
  • « À côté, il y avait une librairie de livres d’occasion. J’y ai feuilleté des romans, des récits de voyages, m’attardant même devant des ouvrages de développement personnel. » Page 376
  • « Une fois mes yeux accoutumés à l’obscurité, je les ai collés à la vitre pour inspecter le salon dont la décoration correspondait à mes souvenirs – reproductions de tableaux, canapé défoncé recouvert de jetés satinés, livres, magazines empilés au petit bonheur. » Page 445
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