3 étoiles, S

Sorry

Sorry de Zoran Drvenkar.

Les éditions Le livre de poche no 32578 ~ Publié en 2012 ~ 497 pages 

Premier roman de Zoran Drvenkar paru initialement en 2010.

Sorry

À Berlin, quatre amis démunis décident de créer une agence du nom de Sorry pour pouvoir survivre. La fonction de l’agence est de fournir aux entreprises un service d’excuse. Les dirigeants qui éprouvent trop de honte ou de gêne pour présenter eux-mêmes leurs excuses peuvent mandater un membre de l’agence qui fera les démarches à leur place. Le concept inédit rencontre un franc succès et l’entreprise se révèle rapidement profitable. En quelques semaines, ils deviennent les spécialistes de l’excuse. Jusqu’au jour où un certain Lars Meybach leur présente une mise en scène plutôt macabre et leur demande de s’excuser auprès d’un cadavre. Voilà les quatre associés entraînés dans un jeu de massacre impitoyable. Le tueur les tient et les fait chanter. Ils vont alors se retrouver plongés en plein cauchemar, sans autre possibilité que de découvrir par eux-mêmes l’identité de l’assassin.

Ce thriller se démarque par son originalité, l’idée de l’agence d’excuse est en soi très inusité. La forme du récit est aussi très originale. Dans sa narration, l’auteur utilise la technique des points de vue multiples. À chaque chapitre, le personnage principal change ainsi que l’époque à laquelle se déroule l’histoire. En plus, la forme du texte alterne aussi à chaque chapitre entre une écriture au Je, au Tu ou au Il. Dû au style d’écriture, il faut un temps d’adaptation pour comprendre où on va et identifier les différents personnages. Cette démarche stylistique complique inutilement le texte et a pour effet de brouiller le lecteur et la trame de l’intrigue. Après cette mise en place complexe, l’histoire se révèle intéressante. Le rythme des événements augmente au fur et à mesure que l’histoire avance et la tension monte aussi rapidement. Les quatre personnages sont extrêmement crédibles et on ne peut s’empêcher de sympathiser avec eux. Une lecture difficile car l’auteur a voulu épater la galerie en utilisant trop de styles d’écriture différents.

La note : 3 étoiles

Lecture terminée le 26 août 2012

Lecture en tant que juré pour les Éditions Le livre de poche – Polar 2012 :

La littérature dans ce roman :

  • « Vous vous asseyez au salon. De ta place, tu vois le balcon. Une table, pas de chaises. À côté de la table, une sculpture. Un jeune garçon à la tête inclinée et aux mains jointes en prière. Tu as déjà vu des sculptures de ce genre en magasin de bricolage. Certaines tiennent un livre, d’autres ont des ailes dans le dos. » Page 14
  • « Si tu pouvais examiner la chambre de Tamara, tu remarquerais que son occupante est de passage. Deux valises ouvertes d’où s’échappent des vêtements, deux rangées de livres sur les murs, pas de tableaux, pas d’affiches, pas même les babioles d’usage sur le rebord de la fenêtre. » Pages 38 et 39
  • « Elle grimpe sur son lit en mezzanine, attrape les écouteurs et le roman historique qui gît ouvert à côté de l’oreiller. Sept pages plus tard, le plafonnier se met à s’allumer et s’éteindre. Tamara ôte ses écouteurs et regarde en bas. » Page 39
  • « En se moment, Wolf est à moins de dix mètres de Fauke et de Tamara. Il a une pile de livres dans les bras et – jamais il ne l’admettrait – il serait ravi d’avoir un peu de compagnie. » Page 53
  • « En revanche, brader des livres devant l’université, voilà qui lui plaît. » Page 54
  • « Les livres, il se les procure essentiellement chez Hugendubel ou Wohltat. Aujourd’hui, c’est au supermarché Woolworth qu’il s’approvisionne. » Page 54
  • « Wolf est une de ces figures d’écrivains qui ne se risquent à écrire qu’avec prudence. Il prétend qu’il amasse de l’expérience, mais, en réalité, cela lui permet de cacher qu’il ne sait pas très bien quoi raconter. Son premier grand roman attend encore. Nouvelles et poèmes sont les ponts qu’il emprunte pour se rapprocher de ce rêve.
    Depuis son lever, Wolf a en tête un dialogue formidable. Quand il aura acheté cette pile de livres, il ira s’installer dans un café pour mettre les mots en forme. » Pages 54 et 55
  • « On se croirait en famille, pense Wolf, et il pose son sac de livres par terre. » Page 63
  • « L’amour est parfois cruel. Il ne vous lâche pas, il réclame son dû nuit et jour. Sur ce sujet, Gerd Lewin pourrait écrire un livre entier. » Page 75
  • « « S’ils ne savent pas ce que ça signifie, expliqua-t-il à Tamara, alors dis-leur que le pardon ne connaît pas de limites, ça sonne bien. »
    Beaucoup prennent cette phrase pour une citation de la Bible. » Page 89
  • « Il y a des livres sur le sujet, l’emprise du bourreau sur la victime. » Page 203
  • « Il t’a fallu des années avant de te demander sérieusement comment cela avait pu arriver. Livres. Statistiques. Tu as tout appris. » Page 206
  • « Il sait qu’en la circonstance seule l’attente paiera. L’action juste naît de la patience, la patience est attente. Celui qui n’attend pas manque de patience et passe à côté de l’action juste. Il ne se rappelle plus d’où lui vient cette citation. Il a dû la lire dans un calendrier, il y a longtemps que les livres ne l’intéressent plus. » Page 223
  • « Il était devenu un personnage de conte de fées, qui s’était plongé lui-même dans un sommeil de plusieurs années. Jusqu’au jour où elle l’avait réveillé en lui téléphonant. » Page 224
  • « Je ne le connais que depuis deux ans, mais je lis en lui comme dans un livre ouvert. » Page 240
  • « Tamara voit le ciel bleu radieux se refléter sur la laque noire du cercueil. Elle croit que, en se penchant suffisamment pour regarder ce dernier, il en irait comme dans un conte de fées. » Page 281
  • « Elle établit sa base sur le canapé et enchaîna les romans comme si le monde extérieur s’était réduit à de l’encre d’imprimerie et du papier blanc. » Pages 286 et 287
  • « Ce jour-là, Marco M. était assis sur un tabouret de bar devant le magasin de bandes dessinées. » Page 291
  • « Quand ils étaient enfants, il n’avait pas pu le protéger de Karl et de Fanni, alors ce n’était que justice d’essayer à présent de la protéger contre lui-même. Ils convinrent qu’il s’agissait d’une maladie. Sundance se mit à lire des livres sur le sujet, il voulait comprendre le psychisme de son ami. » Page 321
  • « Une des armoires contient des cartons remplis de ses vieilles affaires. Livres, bandes dessinées, cassette. » Page 345
  • « Tamara ne sait pas ce qu’elle espérait. Elle se rend à la cave et en remonte des cartons. Elle débarrasse les étagères et commence à stocker les livres de Frauke dans les cartons. » Page 351
  • « Quand il arrive au rez-de-chaussée, il n’est pas surpris en constatant que Tamara est debout depuis longtemps. Elle est couchée sur le canapé. Livre à la main, théière et tasse sur une petite table. » Page 397
  • « La chaise est disposée de telle manière que Kris a vue sur la porte d’entrée. C’est comme dans un polar. Le type rentre chez lui et son assassin est là, dans un fauteuil. » Page 425
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