4,5 étoiles, B

Beignets de tomates vertes

Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg

Éditions J’ai Lu; Publié en 2009; 474 pages

Roman de Fannie Flagg paru initialement en 1988 sous le titre « Fried Green Tomatoes at the Whistle Stop Cafe ».

Beignets de tomates vertes

Evelyn Couch est en pleine crise de la quarantaine et ne sait plus très bien où elle en est. Tous les dimanches, elle doit accompagner son mari à la maison de retraite Rose Terrace pour visiter sa belle-mère. Par ennui, elle leur fausse compagnie et se réfugie dans le salon des visiteurs. C’est là quelle rencontre une charmante octogénaire, Ninny Threadgoode. Un rituel s’établi entre les deux femmes : à chaque semaine, Ninny lui raconte un pan de sa vie. Elle se remémore ainsi les moments marquants de sa vie qu’elle a passée en compagnie de Ruth Jamison et d’Idgie Threadgoode à Whistle Stop en Alabama. Elle lui parle de la crise économique de 1929 où l’argent se faisait rare et de la ségrégation la plus idiote qui existait à cette époque. Mais surtout, elle lui raconte les histoires incroyables du café populaire le « Whistle Stop Café ». Ces rencontres entre Evelyn et Ninny redonneront-elles un nouveau souffle à la vie d’Evelyn ?

Dans ce roman Fannie Flagg nous présente le Sud des États-Unis des années 1920 à 1960 avec son lot de difficultés. Elle met bien en lumière la dureté de la vie et les contrecoups du krach boursier. Le point fort du roman est la découverte de la solidarité des gens dans la misère et leurs efforts pour rendre leur vie agréable. C’est aussi un livre qui dénonce les travers de cette époque : le Ku Klux Klan, la haine raciale et ses inégalités. Par contre, elle ne fait qu’effleurer le sujet de l’orientation sexuelle bien que l’histoire aurait permis une exploitation plus approfondit de ce sujet. Les personnages sont convaincants mais surtout attachants particulièrement ceux d’Idgie et de Ruth. Cette lecture fut un pur moment de bonheur et qui a permis d’adoucir la perception que j’avais de cette époque dans le Sud des États-Unis.

La note : 4,5 étoiles

Lecture terminée le 23 mars 2013

Lecture de mon Baby Challenge 2013Contemporain

Baby challenge contemporain

La littérature dans ce roman :

  • « C’est bizarre, les cheveux, vous ne trouvez pas ? La plupart des gens sont fous avec leurs cheveux. Après tout, ça vient de loin, cette obsession. Regardez la Bible : Samson, la reine de Saba et cette fille qui a lavé avec sa chevelure les pieds de Jésus… » Page 42
  • « Evelyn avait du mal à concevoir qu’une Barbara Walters puisse tout abandonner pour un Ed Couch, mais elle n’en essaya pas moins de se conformer au petit livre de La Femme Parfaite. » Page 52
  • « — Bien sûr. Oh! C’est pire qu’une balançoire… un coup en haut, un coup en bas… et puis, vous n’allez pas me dire que vous avez envie d’être maigre! Regardez donc tous ces pauvres bougres ici, ils n’ont que la peau sur les os. Allez donc visiter le pavillon des cancéreux à l’hôpital baptiste, et vous verrez comme ça leur ferait plaisir à tous ces malheureux d’avoir quelques kilos en trop. Aussi arrêtez un peu de vous tracasser pour votre poids et remerciez plutôt le Ciel d’être en bonne santé ! Ce dont vous avez besoin, c’est de lire chaque jour votre bible, surtout le psaume 90. Cela vous aidera comme cela m’a aidée. » Page 80
  • « La Société dramatique de Whistle Stop a donné vendredi soir sa représentation annuelle, et j’ai envie de dire : « Bravo, les filles ! » La pièce s’appelait Hamlet ; c’est un Anglais qui l’a écrite, un certain William Shakespeare, qui n’est plus un étranger à Whistle Stop, car c’est également lui l’auteur de la pièce jouée l’an passé.
    C’est Earl Adcock Jr. qui interprétait le rôle d’Hamlet, et Mary Bess, la nièce du Dr. Hadley, est venue expressément de la ville pour jouer le rôle de sa petite chérie. Au cas où vous auriez manqué l’unique représentation, je vous avise qu’elle se tue à la fin. Je dois avouer que j’ai eu le plus grand mal à comprendre ce que Mary Bess disait. A mon avis, elle est encore trop jeune non seulement pour faire du théâtre mais encore pour voyager.
    Le révérend Scroggins et Vesta Adcock, présidente de la Société dramatique de Whistle Stop et maman d’Earl Jr., incarnaient le père et la mère d’Hamlet. » Pages 83 et 84
  • « — Oui, ma chère, et on ne peut pas être plus noir que ça ! Et ensuite est arrivé Willie Boy, couleur noix de pecan et les yeux verts de sa maman. A l’état civil, son prénom était Wonderful Counselor, comme dans la Bible mais on l’appelait Willie Boy.
    — Woderful Conselor? Je ne me souviens pas de ça. Vous êtes certaine que c’est dans la Bible?
    — Bien sur que oui. Onzell nous a montré le verset : « Et il porteras le nom de Conseiller Extraordinaire. »Onzell etait très croyante. Elle disait que dès qu’elle sentait venir le cafard, elle n’avait qu’a penser au doux Jésus pour sentir son moral gonfler comme c’est biscuits à la crème de lait qu’elle enfournait. Après Willie Boy, elle a mis au monde une fille, Naughty Bird, qui était aussi noire que son père, avec ces drôles de cheveux comme de l’étoupe, mais elle n’avait pas les gencives bleus…
    — Ne me dites pas que ce prénom là venait de la Bible! » Pages 85 et 86
  • « La section féminine de l’E.B.E.B. (Études Bibliques de l’Église Baptiste) de Whistle Stop s’est réunie la semaine dernière, au domicile de Mrs. Vesta Adcock, pour s’entretenir de la manière d’étudier la Bible et de rendre sa compréhension plus facile. Le sujet du jour était : « L’Arche de Noé », et la question : « Pourquoi Noé a-t-il embarqué deux serpents avec lui sur son bateau alors qu’il avait là une belle occasion de s’en débarrasser une bonne fois pour toutes?» Si quelqu’un a une explication, qu’il en fasse part à Vesta. » Page 91
  • « — Alors, dans ce cas, je mourrais pour toi. Qu’est-ce que tu dis de ça? Ne crois-tu pas qu’on puisse mourir par amour ?
    — Non.
    — Pourtant Jésus est bien mort pour ça, non ? C’est écrit dans la Bible ! » Pages 101 et 102
  • « C’est qu’il se prend pour un don Juan, le bougre ! » Page 153
  • « Le lendemain, Smokey trouva deux gars qu’il connaissait et ils enterrèrent le môme au cimetière des vagabonds, dans les environs de Chicago. Elmo Williams sortit le petit bouquin à la couverture rouge qui ne le quittait jamais, un recueil de cantiques de l’Armée du Salut, et il lut d’une voix que le vent froid emportait :
    Réjouissons-nous pour le compagnon disparu
    Car sa misère ici-bas est félicitée là-haut
    Et son âme s’en est allée à bride abattue
    Galoper parmi les prairies du Très-Haut. » Page : 158
  • « C’est pas dans ma nature de me vanter, mais c’est vrai que mon Cleo en avait dans le crâne. Je l’appelais mon dictionnaire. Si jamais j’hésitais sur l’orthographe d’un mot, quand j’écrivais une lettre, je lui demandais : « Hé, Daddy, comment tu écris ce mot-là ?” Et il me le disait. » Page 162
  • « Stump lui en voulut de tant d’exactitude, qui le dispensait de pousser son cri de la caille. L’idée lui en était venue après la lecture du Crime mystérieux des hirondelles qui parlaient. Et puis il avait passé la nuit à imiter le cri en question, jusqu’à ce qu’Idgie le menace de lui envoyer une décharge de plombs dans les fesses s’il continuait à se prendre pour une caille. » Page 190
  • « Comme il est dit dans la Bible: « Il y a beaucoup de maisons dans la maison de Dieu, et je suis prête à y aller”…
    «Mais tout ce que je demande, mon Dieu, c’est qu’il n’y ait pas de linoléum dans la mienne. » Page 202
  • « M’ma, qui était en train d’écosser des petits pois à ce moment-là, lui a simplement désigné la lettre sur la table, sans un mot. Idgie l’a ouverte, mais le plus drôle, c’est que ce n’était pas une lettre du tout, c’était juste une page arrachée de la Bible, le Livre de Ruth, chapitre 1, 16-20:
    Et Ruth dit: Tu auras beau me supplier de ne pas te suivre ou de m’en retourner d’où je viens, j’irai partout où tu iras, j’habiterai où tu habiteras, ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu. » Page 211
  • « Elle prit d’autres mesures de salubrité publique : les auteurs de tags et autres graffiti seraient plongés dans un bain d’encre indélébile ; les enfants de parents célèbres n’auraient plus le droit de nous conter leur enfance pas comme les autres dans de prétendus romans ; tous les bons et honnêtes travailleurs auraient droit à un voyage à Hawaii, ainsi qu’à un canot automobile. » Page 263
  • « — Oh, c’est général, ma bonne. La fin du monde est proche. Je ne suis pas certaine qu’on puisse voir l’an 2000. Les bons prédicateurs, ceux qui ne vous hurlent pas dans les oreilles, eh bien, ils disent tous qu’on n’en a plus pour longtemps. C’est écrit dans la Bible. Bien entendu, ils n’en sont pas certains. Seul Dieu sait vraiment ce qui nous pend au nez. » Page 273
  • « Je lui ai dit : “Ma chérie, vous regardez trop la télé, et il ne faut plus que vous pensiez des choses pareilles ! Et puis ce n’est pas à nous de juger les autres. C’est écrit dans la Bible, qu’il y a un jour prévu pour ça, un jour où Jésus redescendra sur Terre pour juger les vivants et les morts.” » Page 280
  • « Comme elle raccrochait, elle se demanda si elle n’irait pas jurer sur la Bible devant le révérend Scroggins que plus jamais elle ne mentirait à Ruth. » Page 283
  • Elle était de nouveau prisonnière et, pour la première fois de sa vie, au milieu d’une foule de Noirs.
    La seule tache pâle était celle de son visage, seule page blanche d’un livre en couleurs, seule fleur anémiée de tout le jardin. » Page 334
  • « — On était en pleine crise et il y avait ce bonhomme qu’on appelait Railroad Bill qui volait dans les trains transportant des denrées destinées aux réserves gouvernementales pour les donner aux gens de couleur qui souffraient de la famine. Il balançait tout ce qu’il pouvait sur la voie et disparaissait avant que les surveillants puissent lui tomber dessus. Ça a duré des années, et Railroad Bill était devenu un personnage de légende pour tous les Noirs du pays. C’était leur Robin des Bois; » Page 359
  • « — Votre nom, je vous prie, demanda le juge.
    — Révérend Herbert Scroggins.
    — Profession ?
    — Pasteur de l’Église Baptiste de Whistle Stop.
    — Placez votre main droite sur la Bible.
    Le révérend Scroggins informa le juge qu’il avait apporté sa bible personnelle, sur laquelle il posa sa main en jurant de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité. » Pages 369 et 370
  • « — Ma foi, monsieur, en tant que chrétien, je ne saurais vous dire si elle a menti ou pas. Je crois plutôt qu’elle s’est trompée de date. (Il ouvrit sa bible à une page qu’il avait marquée d’un signet.) J’ai pris l’habitude, voyez-vous, de mentionner dans ma bible les dates exactes des activités de notre paroisse et, en la consultant l’autre soir, j’ai constaté que le soir du 13 décembre a eu lieu notre réunion annuelle pour le renouveau de la foi, et sœur Threadgoode était là, ainsi que son homme à tout faire, George Peavey, qui tenait le stand des rafraîchissements — comme il le faisait chaque année depuis vingt ans. » Page 371
  • « Le juge, l’Honorable Curtis Smoote, savait pertinemment qu’il n’y avait jamais eu de réunion pour le renouveau de la foi au mois de décembre. Et de son siège, il avait également vu que ce n’était pas une bible qu’avait le révérend à l’intérieur de sa liseuse en cuir. » Page : 372 
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