4,5 étoiles, C

Le Cercle des poètes disparus

Le Cercle des poètes disparus de Nancy H. Kleinbaum

Éditions Le Livre de Poche; publié en 1990; 128 pages

Roman de Nancy Horowitz Kleinbaum paru initialement en 1990 sous le titre « Dead Poets Society ». Ce roman est l’adaptation du film du même titre.

Le Cercle des poètes disparus

Au collège de Welton un nouveau professeur de lettres fait son entrée. Lui-même gradué de cette institution austère, il veut partager son enthousiasme et sa passion pour la vie et la poésie. Il bouleversa les règles établies en prônant le refus du conformisme, l’épanouissement des personnalités et le goût de la liberté. Il va être le premier à donner le droit à ses étudiants de penser par eux-mêmes. Rapidement, les élèves vont apprendre à le connaître et vont se rendre compte que Keating est bien plus qu’un simple professeur. Il les aidera à se découvrir eux-mêmes et à tracer leur propre voie. Les étudiants découvriront que Keating, lors de ses études, faisait partie du « Cercle des poètes disparus ». Les membres de cette organisation secrète avaient comme objectif de « sucer toute la moelle de la vie ». Un petit groupe va redonner vie au Cercle non sans déstabiliser le cours de leur existence.

Ce roman dépeint avec brio l’atmosphère oppressante et euphorique à la fois qui régnait dans le film. C’est en plus un très beau roman sur la poésie et la richesse d’esprit. Les personnages sont réalistes, criant de vérité et attachants. Chacun d’eux est intéressant. Ils ont tous leur propre histoire dans ce milieu strict du début des années 60. Le droit de libre pensée et l’anticonformisme enseignés par Keating sont dépeint avec doigté et finesse. L’impact sur les jeunes et sur leur famille est consternant ou révoltant selon les familles. On ressent très bien que la quête d’identité de ces adolescents est amplifiée par les enseignements de Keating. Seul petit bémol, les trop nombreuses explications de la poésie et la quantité d’extraits de poèmes qui alourdissent le texte. Par contre, cette histoire est très émouvante et est une vraie leçon de vie sur la prise en main de notre destinée.

La note : 4,5 étoiles

Lecture terminée le 11 avril 2013

Lecture de mon Baby Challenge 2013Contemporain

Baby challenge contemporain

La littérature dans ce roman :

  • « — Monsieur Anderson, au vu de vos résultats, obtenus à Balincrest : football, étude de la Bible, annuaire du collège. Y a-t-il un vœu particulier que vous souhaiteriez exprimer ? » Page 11
  • « En pénétrant dans le grand vestibule du dortoir, ils furent happés par un tohu-bohu d’élèves qui allaient en tous sens, les bras chargés de valises et de sacs, de traversins et de couvertures, de livres et de disques. » Page 12
  • « Au premier rang, un professeur au large front dégarni et au nez chaussé de lunettes rondes distribuait d’imposants livres de classe. » Page 18
  • « — En plus des exercices que vous trouverez dans ce manuel, vous choisirez chacun trois expériences parmi la liste que voici et vous me remettrez un rapport toutes les cinq semaines. Les vingt premiers exercices correspondant au chapitre premier sont à remettre… demain.
    Le nez dans son livre de chimie, Charlie Dalton écarquilla les yeux. » Page 18
  • « Peut-être par indifférence, Todd fut le seul à ne pas manifester d’émotion particulière devant la taille imposante du manuel et les consignes qui l’accompagnaient. » Page 18
  • « Lorsque la cloche retentit, les élèves fermèrent prestement livres et cahiers et gagnèrent pour la plupart la classe de Mr. McAllister.
    Mr. McAllister, un quinquagénaire corpulent au visage de bouledogue qui parlait le latin avec une voix de rogomme, ne perdit pas de temps en préambule. Il distribua les manuels et déclencha les hostilités sans crier gare. » Pages 18 et 19
  • « Les manuels attendaient tranquillement les élèves sur le coin supérieur droit de leur pupitre. » Page 19
  • « Ployant sous la somme de travail qui s’amoncelait sur leurs frêles épaules, les garçons entrèrent dans la classe de littérature en traînant des pieds. Ils se délestèrent pesamment de leurs livres et s’écroulèrent à leurs pupitres. » Page 20
  • « — Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! déclama-t-il d’une voix puissante. Qui sait d’où ce vers est tiré ? Allons, personne ?
    Son regard perçant allait de l’un à l’autre des garçons. Aucune main ne se leva.
    — Eh bien apprenez, troupeau ignare, que ce vers a été écrit par un certain Walt Whitman en l’honneur d’Abraham Lincoln. Dans cette classe, vous pourrez m’appeler monsieur Keating ou, si vous êtes un tantinet plus hardis, « Ô Capitaine, mon Capitaine ! » Page 21
  • « Prenez votre manuel, messieurs, et suivez-moi dans la salle d’honneur. » Page 21
  • « Les garçons se lancèrent l’un l’autre des regards déconcertés puis ramassèrent leurs livres et prirent le chemin de la salle d’honneur de Welton. » Page 21
  • « — Ouvrez votre livre à la page 542, Pitts, et lisez la première strophe du poème.
    Pitts tourna les pages de son livre.
    — « Aux Vierges, pour qu’elles profitent du temps présent » ? demanda-t-il.
    — Celui-là même, répondit Keating tandis que des gloussements se faisaient entendre.
    Pitts s’éclaircit la voix :
    « Cueillez dès maintenant les roses de la vie
    Car le temps jamais ne suspend son vol
    Et cette fleur qui s’épanouit aujourd’hui
    Demain sera flétrie. » » Page 22
  • « Quelques instants plus tard, ils sortaient dans la cour de l’école, leurs livres sous le bras. » Page 23
  • « Neil prit son paquet de livres sous le bras et quitta le vestiaire. Machinalement, Todd le suivit des yeux puis son regard sembla se perdre dans le vide. Il laça ses chaussures, ramassa ses livres et prit la direction du dortoir. » Page 25
  • « Une fois dans sa chambre, la porte vite refermée, il posa ses livres sur sa table et poussa un long soupir avant de s’asseoir. Ses doigts jouèrent un moment sur la tranche de ses livres de classe.
    — Je ne viendrai jamais à bout de tout ce travail, dit-il. Il ouvrit son manuel de géographie, prit un cahier et resta en arrêt devant la première page blanche. En grosses lettres capitales, il inscrivit sur toute la largeur : PROFITE DU JOUR PRÉSENT.
    — Profiter du jour présent ? C’est bien joli, mais comment ? Avec un nouveau soupir de lassitude, il arracha la page, en fit une boule de papier entre ses mains et la jeta dans la corbeille. Puis, résigné, il se replongea dans son livre de géographie. » Pages 25 et 26
  • « — Virginia ? Viens dire bonjour ! appela Mrs. Danburry.
    Une jeune fille d’une quinzaine d’années, d’une beauté un peu fade, se leva de derrière un divan, dans un coin de la pièce. Des livres et des cahiers remplis d’une écriture appliquée étaient éparpillés par terre autour d’elle. » Page 27
  • « — Salut, lança Chet qui visiblement s’en souciait comme d’une réédition de L’Être et le Néant. » Page 29
  • « — Ginny, tu vas participer à la pièce de Henley Hall ?
    Elle se tourna vers Knox pour expliquer.
    — Cette année, ils montent Le Songe d’une nuit d’été. » Page 29
  • « — Les filles préfèrent les demeurés, c’est bien connu, dit Meeks. Oublie-la. Sors ton livre de trigo et fais-moi plutôt le problème douze ; ça te calmera les nerfs. » Page 30
  • « — Messieurs, dit-il lorsque la cloche eut sonné le début du cours, ouvrez votre recueil de textes à la page vingt et un de l’introduction. Mr. Perry, veuillez lire à voix haute et intelligible le premier paragraphe de la préface intitulée « Comprendre la poésie ».
    Il y eut un bruit de pages qu’on tourne puis tous écoutèrent la lecture de Neil.
    — « Comprendre la poésie », par le professeur J. Evans Pritchard, docteur ès lettres. « Pour bien comprendre la poésie, il faut d’abord se familiariser avec la métrique, le rythme et les figures de style. Il faut ensuite se poser deux questions. Premièrement, le thème du poème a-t-il été traité avec art ? Deuxièmement : quelle est l’importance et l’intérêt de ce thème ? La première question évalue la perfection formelle du poème ; la seconde son intérêt. Quand on aura répondu à ces deux questions, il deviendra relativement aisé de déterminer la qualité globale du poème. Si on note la perfection du poème sur la ligne horizontale d’un graphique et son importance sur la verticale, l’aire ainsi obtenue par le poème nous donne la mesure de sa valeur. Ainsi, un sonnet de Byron pourra obtenir une note élevée sur la verticale, mais une note médiocre sur l’horizontale. Un sonnet de Shakespeare, en revanche, se verra décerner une note très haute aussi bien sur la verticale que sur l’horizontale, couvrant alors une large surface qui démontrera la haute qualité de l’œuvre en question… »
    Pendant que Neil lisait, Mr. Keating, une craie à la main, s’était approché sans bruit du tableau noir où, illustrant le propos de Mr. Pritchard, il s’était mis à tracer un graphique en joignant abscisses et ordonnées pour montrer comment le poème de Shakespeare recouvrait largement le sonnet de Byron. Dans la classe, plusieurs élèves recopiaient avec soin dans leur cahier le diagramme. Neil termina sa lecture :
    « … En lisant les poèmes de ce recueil, mettez en pratique cette méthode. Mieux vous saurez l’évaluer de la sorte, et mieux vous saurez comprendre et donc apprécier la poésie. » Pages 31 et 32
  • « — De l’excrément ! répéta Keating avec plus d’énergie. De l’ordure ! De la foutaise ! De la chienlit ! Voilà ce que je pense de l’essai de monsieur Pritchard ! Messieurs, je vous demande d’arracher cette page de vos livres ! » Page 32
  • « Plus hardi, Charlie finit par arracher la page de son recueil.
    — Merci, monsieur Dalton, fit Keating. Allons, vous autres, un peu de courage. Vous ne rôtirez pas en enfer pour si peu ! Et pendant que vous y êtes, déchirez-moi toute l’introduction ! À la poubelle, le professeur J. E. Pritchard !
    Enfin libérés par l’exemple de Charlie, les élèves s’en donnèrent à cœur joie, arrachant à qui mieux mieux les premières pages de leur manuel et les faisant voler au-dessus de leur tête. » Pages 32 et 33
  • « — Je vois dans l’œil de monsieur Pitts que la littérature du XIXe siècle, c’est peut-être bien joli, mais ça n’est d’aucune utilité pour la médecine ou le commerce. Il pense que nous devrions nous borner à étudier notre Pritchard, ânonner les règles de la métrique et garder notre énergie pour d’autres ambitions plus terre-à-terre. » Page 34
  • « — On écrit et on lit de la poésie non pas parce que c’est joli, mais parce qu’on fait partie de l’humanité. On écrit et on lit de la poésie parce que les hommes sont des êtres de passion. La médecine, le droit, le commerce, sont de nobles activités, toutes nécessaires à nous maintenir en vie. Mais la poésie, l’amour, la beauté, l’aventure ? Voilà notre raison de vivre. Pour citer Whitman :
    O moi ! Ô vie ! Toutes ces questions
    Qui m’assaillent
    Ces cortèges sans fin d’incroyants
    Ces villes peuplées de sots
    Qu’y a-t-il de bon dans tout cela, ô moi ? ô vie ? Réponse
    Que tu es ici – que la vie existe, et l’identité,
    Que le prodigieux spectacle continue,
    Et que, peut-être, tu y contribues par ta rime. » Page 34
  • « — Indiscutablement. Vous prenez un gros risque en les encourageant à devenir des artistes. Quand ils comprendront qu’ils ne sont ni Rembrandt, ni Shakespeare, ni Mozart, alors ils vous en voudront. » Page 35
  • « — Pas un cynique, mon cher, reprit le professeur de latin. Un réaliste ! Montrez-moi un cœur affranchi du vain fardeau des rêves et je vous montrerai un homme heureux !
    — L’homme n’est jamais aussi libre que lorsqu’il rêve, lui répliqua Keating ; cela fut, est et restera la vérité. McAllister fronça les sourcils sous l’effet d’un intense effort de mémoire.
    — C’est du Tennyson ?
    — Non… du Keating. » Page 35
  • « Les autres essayèrent de s’emparer du livre, mais Neil fut plus prompt. » Page 36
  • « — Il y a une photo de groupe dans le bouquin ?
    — Non, aucune, répondit Neil. Ce Cercle des Poètes n’est mentionné nulle part ailleurs. » Page 36
  • « À l’approche du doyen, Neil passa l’annuaire sous la table à Cameron qui, avalant une bouchée de travers, s’empressa de le refiler à Todd qui le regarda un moment sans comprendre avant de dissimuler le livre. » Page 36
  • « Après le dernier cours de la journée, la bande gagnait tranquillement le dortoir lorsqu’ils aperçurent Mr. Keating qui traversait le campus d’un bon pas, vêtu d’un pardessus sombre et d’une écharpe, un paquet de livres sous le bras. » Page 37
  • « — Le Cercle des Poètes Disparus était une société dont les membres se fixaient pour objectif de sucer toute la moelle de la vie. C’est par cette expression de Thoreau que nous ouvrions la séance. Nous étions une poignée à nous réunir dans la vieille grotte indienne et, chacun à notre tour, nous lisions Shelley, Thoreau, Whitman – ou nos propres vers – et, dans l’enchantement du moment, ces poètes exerçaient leur magie sur nous. » Page 37
  • « Neil tourna la page de son livre, voyant approcher le maître d’études qui examinait les deux garçons d’un œil soupçonneux. » Page 40
  • « Neil était déjà parti. Todd plongea le nez dans son livre d’histoire et se remit à griffonner des notes sur son cahier. » Page 40
  • « Comme il étendait la serviette humide sur le dossier de sa chaise, il remarqua sur sa table un livre qu’il était sûr de ne pas y avoir posé.
    Un moment en arrêt, Neil s’empara du livre avec curiosité et en contempla un moment les coins mangés et la reliure fatiguée. Anthologie de la poésie, indiquaient sur la couverture des lettres gravées dont l’or était presque entièrement effacé. Neil la souleva avec précaution et, sur la première page, écrit à la plume à l’encre noire, il découvrit le nom de « J. Keating ». Sous la signature, Neil décrypta à voix haute : « Cercle des Poètes Disparus ; à lire au début de chaque séance. » Il s’allongea sur son lit et se mit à feuilleter le vieux volume pendant que dans le couloir le remue-ménage s’estompait progressivement. » Page 41
  • « — Les séances seront présidées par moi-même ou par un des initiés ici présents, poursuivit Neil. Todd Anderson, qui est dispensé de lecture, tiendra les minutes de chaque réunion. Comme le veut la tradition, je vais lire à présent le manifeste écrit par un de nos distingués membres, Henry David Thoreau.
    Neil ouvrit le livre que lui avait remis Keating et commença à lire. — « Je m’en allai dans les bois parce que je voulais vivre sans hâte. Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie ! »
    — Bien dit ! l’interrompit Charlie.
    — « Mettre en déroute tout ce qui n’était pas la vie, pour ne pas découvrir, à l’heure de ma mort, que je n’avais pas vécu. » » Page 43
  • « — Novice Overstreet, à vous l’honneur, dit Neil. Il lui tendit le recueil que Knox feuilleta un moment avant de lire :
    — « Celui qui avance avec confiance dans la direction de ses rêves connaîtra un succès inattendu dans la vie ordinaire(2). » Page 43
  • « Charlie se saisit du livre.
    — Knox, on dirait que tu prends ça pour une vulgaire plaisanterie, lui reprocha-t-il avant de s’éclaircir bruyamment la voix.
    Il y a le sublime amour d’une jolie fille
    Et l’amour d’un homme mûr et juste
    Et l’amour d’un enfant sans crainte
    Tous ont existé de tout temps
    Mais le plus merveilleux des amours,
    L’Amour de tous les amours,
    Plus grand encore que l’amour pour la Mère,
    C’est l’amour infini, tendre et passionné,
    D’un ivrogne pour un autre.
    — Auteur anonyme, conclut Charlie en riant. Pitts reçut le livre entre les mains.
    « Ci-gît ma femme ; ne la dérangez pas. Elle repose en paix… Et moi aussi ! » Les garçons s’esclaffèrent.
    — John Dryden, 1631-1700. J’ignorais que ces types avaient le sens de l’humour !
    Pitts tendit le recueil à Todd qui le contempla avec effroi. Neil s’aperçut de son trouble et s’empara rapidement du volume. Charlie le lui subtilisa.
    M’enseigner l’art de l’amour ?
    Il te faudra montrer plus d’esprit :
    Car en la matière je suis érudit
    Et le Dieu de l’Amour, l’improbable Cupidon,
    Tirerait sans doute profit de mes leçons. » Page 44
  • « — Allez, les gars, soyons sérieux, fit Neil. Ce fut au tour de Cameron.
    Nous sommes les faiseurs de musique
    Et les rêveurs de rêves
  • Errant le long des brisants solitaires
    Assis au bord des ruisseaux désolés
    Pauvres hères retirés du monde
    Et sur qui brillera lune pâle :
    Et pourtant nous secouons et ébranlons
    Le monde, à l’infini, semble-t-il
    De chants sublimes et immortels
    Nous élevons les grandes cités du monde
    Et d’un récit fabuleux
    Nous forgeons la gloire d’un empire :
    Un seul homme, fort de son rêve,
    Ira sans peine reconquérir une couronne ;
    Et trois, armés d’un rythme nouveau,
    Peuvent provoquer la chute d’un empire.
    Car c’est nous, au fil des siècles,
    Dans le passé enfoui de la terre
    Qui avons bâti Ninive de nos soupirs
    Et Babel de notre seule allégresse.
    — Amen, murmura une voix.
    — Chut ! firent les autres.
    — Poème d’Arthur O’Shaughnessy, 1844-1881.
    Après un court silence, Meeks prit le livre et tourna quelques pages au hasard.
    — Hé, écoutez celui-là !
    Dans la nuit qui m’enveloppe
    Noire comme l’Enfer d’un pôle à l’autre
  • Je remercie les dieux, quels qu’ils soient,
    De mon âme indomptable.
    — C’était de W.E. Henley, 1849-1903. » Pages 44 et 45
  • Ce fut au tour de Knox de chercher un poème à lire. Il feuilleta un long moment puis poussa un gémissement de bonheur, comme si Chris venait de se matérialiser dans la grotte.
    « Combien je t’aime ? Je t’aime au plus profond de… » Charlie lui arracha le livre des mains.
    — On se calme, Knox !
    Les autres éclatèrent de rire. L’anthologie tomba dans les mains de Neil. Les garçons se rapprochèrent autour du feu qui perdait de sa vigueur.
    Venez mes amis
    Il n’est pas trop tard pour partir en quête
    D’un monde nouveau
    Car j’ai toujours le propos
    De voguer au-delà du soleil couchant
    Et si nous avons perdu cette force
    Qui autrefois remuait la terre et le ciel,
    Ce que nous sommes, nous le sommes ;
    Des cœurs héroïques et d’une même trempe
    Affaiblis par le temps et le destin,
    Mais forts par la volonté
    De chercher, lutter, trouver, et ne rien céder.
    — Extrait du poème Ulysse, de Tennyson, conclut-il. » Page 45
  • « Pitts ouvrit le livre au hasard. Avec deux morceaux de bois, il se mit à battre la mesure.
    J’avais une religion
    J’avais une vision
    Et je vis le Congo
    Serpentin de moire
    Traversant la forêt
    Dans un éclair noir
    Tandis que Pitts lisait, l’imagination de ses auditeurs se laissant emporter par le rythme obsédant du poème. » Page 45
  • « Le livre à la main, Pitts mena la troupe à l’extérieur de la grotte, et la folle sarabande s’enfonça dans la nuit en chantonnant :
    — Et je vis le Congo
    Serpentin de moire
    Traversant la forêt
    Dans un éclair noir. » Page 46
  • « Un éclat de rire secoua la classe. Keating ferma son livre, monta sur l’estrade et souleva une mappemonde qui couvrait en partie le tableau. Une citation écrite à la craie apparut alors, Keating lut à haute voix :
    Croyances et écoles tombées en désuétude
    Quels qu’en soient les risques
    Je permets à la Nature de s’exprimer sans frein
    Avec sa puissance originelle.
    — Encore l’oncle Walt. Ah, mais comme il est difficile d’échapper à ces croyances et à ces écoles, conditionnés comme nous le sommes par nos parents, par nos traditions, par le rouleau compresseur du progrès. Comment dès lors exprimer nos vraies natures, comme nous y invite le père Whitman ? » Page 47
  • « Vous devez vous efforcer de trouver votre voie, messieurs, et plus vous tardez, moins vous avez de chances de parvenir à vos fins. Pour citer Thoreau : « La majorité des hommes mène une vie de calme désespoir. » Page 47
  • « — Messieurs, en plus de vos dissertations sur la notion de romantisme chez Wordsworth, vous allez m’écrire un poème – quelque chose de votre cru – que vous lirez à voix haute devant la classe. Messieurs, à lundi ! » Page 48
  • « Ses livres jetés dans la sacoche fixée sur sa roue arrière, Knox enfourcha sa bicyclette. » Page 49
  • Il tendit un tract à Todd.
    — Le Songe d’une nuit d’été, de William Shakespeare, lut ce dernier. Qu’est-ce que c’est ?
    — Une pièce de théâtre, imbécile.
    — Je sais bien. Mais quel rapport avec toi ?
    — Ils vont la monter à Henley Hall. Tu vois : « auditions ouvertes à tous ».
    — Et alors ?
    — Alors je vais devenir acteur ! cria Neil en bondissant sur son lit. » Page 50
  • « Neil s’assit sur son lit et se mit à lire la pièce de Shakespeare qu’il venait d’emprunter à la bibliothèque. » Page 51
  • « Neil posa son livre et fixa son camarade de classe. » Page 51
  • « — C’est bon, fit-il. Je viendrai.
    — Bien, sourit Neil avant de se plonger dans Shakespeare. » Page 51
  • « — Asseyez-vous, messieurs. Certains fanatiques peuvent bien affirmer que tel ou tel sport est par essence supérieur à tel autre. Pour moi, l’essentiel, dans le sport, c’est le dépassement de soi auquel il nous oblige sans cesse. C’est ainsi que Platon, pourtant si doué naturellement, a pu dire : « C’est la compétition qui a fait de moi un poète et un orateur. » Je vais remettre à chacun d’entre vous un de ces bouts de papier et vous irez vous aligner sur un rang. » Page 54
  • « Le premier des garçons fit un pas en avant et lut à voix haute :
    — « Oh, se battre contre vents et marées, affronter l’ennemi avec un cœur d’airain ! »
    — C’est un cœur de carton, ça ! Faites-moi résonner l’airain !
    — OH, SE BATTRE CONTRE VENTS ET MARÉES, AFFRONTER L’ENNEMI AVEC UN CŒUR D’AIRAIN ! » Page 54
  • « Knox déclama :
    — « Être seul au milieu de tous et éprouver les confins de la résistance ! » » Page 55
  • « Ce fut ensuite au tour de Meeks.
    — « Contempler l’adversité sans ciller, et la torture, et le cachot, et la vindicte populaire ! »
    — « Être enfin un dieu ! » hurla Charlie avant de balancer toute son énergie dans le globe de cuir. » Page 55
  • « — Ça y est ! entendit-il Neil crier dans le couloir. J’ai le rôle ! Je vais jouer Puck !
    La porte s’ouvrit en grand. Neil entra, rayonnant de joie.
    — Todd, j’ai été pris ! Je suis Puck ! » Page 55
  • « Keating gagna le tableau noir en trois enjambées. En lettres capitales, il écrivit et lut :
    JE HURLE MON YAWP BARBARE SUR TOUS LES TOITS DU MONDE. Walt Whitman. » Page 57
  • « — Anderson, vous voyez la photo de Whitman au-dessus du tableau ? À quoi vous fait-il penser ? Vite, sans réfléchir.
    — À un fou. » Page 58
  • « Neil ôta l’abat-jour et découvrit un pied de lampe en forme de statuette peinte. Elle représentait une sorte de génie comme en décrivent les contes arabes, vêtu d’un pantalon bouffant et la tête coiffée d’un turban. Avec son rictus menaçant et son bouc noir, il faisait plutôt songer à un mauvais génie. » Page 59
  • « — Dépêche-toi, Neil. On a besoin de Puck pour répéter ce passage.
    Neil dévala l’allée centrale en direction de la scène, saisit au passage un bâton surmonté d’une tête de bouffon que lui tendait l’accessoiriste et commença impromptu :
    — Rien que trois ? Allons, encore un
    Quatre feront deux couples
    La voici qui vient, maussade
    Cupidon est un mauvais garnement
    De rendre ainsi folles de pauvres femmes.
    Puck posa un genou en terre pour mieux observer Hermia, jouée par Ginny Danburry, qui rampait sur les planches, en proie à la folie, les yeux rougis. » Page 62
  • « — C’est bien, Neil. On a vraiment l’impression que ton Puck est conscient de tirer les ficelles de l’intrigue. Souviens-toi qu’il s’amuse beaucoup de ses manigances.
    Neil hocha la tête et répéta ses derniers vers avec plus d’insolence.
    — Cupidon est un mauvais garnement
    De rendre ainsi folles de pauvres femmes. » Page 62
  • « Ginny rampa sur scène.
    — Jamais si lasse, jamais aussi malheureuse
    Transie par la rosée et déchirée par les ronces,
    Je ne puis me traîner ni aller plus loin… » Page 62
  • « — Quand j’étais enfant, continua Todd, je croyais que les parents aimaient d’instinct leurs enfants. C’est ce qu’on m’enseignait à l’école, c’est ce que je lisais dans mes livres ; j’ai fini par le croire. Mais mes parents, eux, semblent réserver leur amour à mon frère aîné. » Page 64
  • « Cette expérience fort instructive avait pour but d’illustrer la force du conformisme et la difficulté de défendre vos convictions face aux autres. Et dans le cas où certains d’entre vous, je le lis dans leurs yeux, s’imaginent qu’ils auraient continué leur petit bonhomme de chemin sans sourciller, qu’ils se demandent pourquoi ils se sont mis à battre des mains ainsi. Messieurs, nous portons tous en nous ce désir d’être accepté ; mais tâchez d’encourager ce que vous portez d’unique ou de différent, même si vous devez pour cela vous faire taxer d’excentricité. Je cite Frost : “Deux routes se sont offertes à moi ; j’ai choisi la moins fréquentée et cela a fait toute la différence.” » Page 66
  • « — « Je m’en allai dans les bois parce que je voulais vivre sans hâte… Vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie… »
    Les yeux de Neil quittèrent soudain la page pour se tourner vers l’ouverture de la grotte. » Page 67
  • « — Enfin quoi, est-ce qu’on fait semblant ici ou est-ce qu’on défend vraiment les idéaux du Cercle ? Parce que si on se réunit seulement pour lire des poèmes à tour de rôle, alors je ne vois pas bien l’intérêt. » Page 71
  • « — C’est bon ! Laisse-moi réfléchir ! Il se tut un moment, puis récita :
    À la sainte union des âmes
    Je n’admets point d’obstacle : amour n’est pas amour
    S’il varie en voyant varier l’autre flamme
    Non plus que, délaissé, s’il délaisse à son tou
    Gloria roucoula de plaisir.
    — N’arrête pas, surtout !
    Charlie continua et les gémissements de Gloria résonnèrent dans la grotte.
    Oh non ! C’est une marque à jamais établie
    Témoin de la tempête, il n’est point ébranlé
    C’est l’astre où toute barque errante se rallie :
    On en prend la hauteur, ignorant son effet. » Page 76
  • « — Messieurs, commença-t-il, nous allons aborder aujourd’hui une spécialité qu’il vous faudra maîtriser si vous voulez réussir à l’université : je veux parler de l’analyse de livres que vous n’avez pas lus.
    La classe éclata de rire.
    — L’université, continua Keating, va probablement mettre à rude épreuve votre amour pour la poésie. Des heures d’analyses fastidieuses et de dissections stériles en viendront certainement à bout. L’université va en outre vous exposer à toutes sortes de littératures – dans leur grande majorité, des chefs-d’œuvre incontournables que vous devrez ingurgiter et absorber ; mais pour une bonne part aussi, des rebuts nauséeux qu’il vous faudra fuir comme la peste.
    Keating posa un pied sur sa chaise et un coude sur sa cuisse.
    — Imaginons que vous ayez choisi de suivre un cours sur le roman moderne. Pendant toute l’année vous avez lu et étudié des chefs-d’œuvre comme Le Père Goriot de Balzac ou Pères et Fils de Tourgueniev ; mais voilà que le jour de l’examen final, vous découvrez avec stupeur que le sujet de la dissertation est le thème de l’amour paternel dans La Jeune Ambitieuse, un roman – le terme est généreux – dont l’auteur n’est autre que votre distingué professeur. » Page 82
  • « — Vous retournez votre Jeune Ambitieuse, passez-moi l’expression, et vous apprenez en lisant la quatrième de couverture que c’est l’histoire d’un certain Frank, vendeur de matériel agricole, qui se saigne aux quatre veines pour offrir à sa fille Christine une entrée dans le grand monde qu’elle désire par-dessus tout. Vous en savez assez : commencez par récuser la nécessité de résumer l’action tout en en distillant suffisamment pour faire croire à votre professeur que vous avez lu son livre.
    « Enchaînez par une phrase pompeuse et passepartout du genre : “On notera avec intérêt qu’il est possible d’établir un parallèle éclairant entre la vision de l’amour paternel de l’auteur et les théories freudiennes : Christine est Électre, son père est Œdipe”.
    « Enfin, ajoutez une pincée d’hermétisme et d’érudition. Par exemple : “On notera avec intérêt qu’il est possible d’établir un parallèle entre ce roman et l’œuvre du célèbre philosophe hindou Avesh Rahesh Non. Rahesh Non a décrit sans complaisance ces enfants qui abandonnent leurs parents au profit de ce qu’il nomme “l’hydre à trois têtes”, une trilogie formée par l’ambition, l’argent et la réussite sociale”. Développez les théories de Rahesh Non sur la façon dont se nourrit le monstre et sur la manière de le décapiter. Concluez en louant le talent d’écrivain de votre professeur et en le remerciant de vous avoir introduit à une œuvre aussi essentielle.
    Meeks leva la main.
    — Capitaine… Et si on ne connaît pas Rahesh Non ?
    — Rahesh Non n’a jamais existé, monsieur Meeks. Inventez-le, donnez-lui un état civil, une biographie. Aucun professeur d’université n’admettra ignorer un auteur d’une telle envergure, et vous vous verrez probablement décerner une note semblable à la mienne.
    Keating saisit une copie sur son bureau et lut à haute voix :
    — « Vos références à Rahesh Non sont pertinentes et pénétrantes. Suis heureux de constater que je ne suis pas le seul à apprécier ce grand penseur indien. Note : 20/20. » Il laissa tomber la feuille sur le bureau.
    — Messieurs, disserter sur des livres insipides que vous n’aurez pas lus sera certainement au programme de vos examens, aussi je vous recommande de vous y entraîner. » Pages 83 et 84
  • « — Les grandes universités sont des Sodome et Gomorrhe qui grouillent de ces créatures appétissantes qui font si cruellement défaut ici. » Page 84
  • « Sanglés dans leurs manteaux à capuche, le cou ceint d’une écharpe, Todd et Neil montaient le long d’un sentier qui serpentait entre les bâtiments du collège. Les hurlements du vent étouffaient presque la voix de Neil qui répétait ses répliques du Songe d’une nuit d’été.
    — Ici, manant, l’épée à la main et en garde. Où es-tu ?
    Neil eut un trou de mémoire.
    — « Je suis à toi, dans l’instant », lui souffla Todd qui tenait le texte entre ses doigts bleuis par le froid.
    — « Suis-moi donc sur un terrain plus égal ! » clama Neil avec fougue. Oh que j’aime ça ! » Page 85
  • « — « Être ou ne pas être, telle est la question ! » Pour la première fois de ma vie, je me sens pleinement exister ! Tu devrais essayer, Todd. » Page 85
  • « — Et il y a des tas de filles, ajouta Neil avec un clin d’œil. Celle qui joue Hermia est fantastique ! » Page 85
  • « Charlie ignora cette mise en garde et poursuivit son investigation. Par terre, près de la porte, il y avait une petite valise bleue. Quelques livres, certains en piteux état, reposaient sur le lit. » Page 88
  • « Resté seul dans la grotte, Knox relisait son poème. Il le glissa dans un livre, souffla la bougie et courut à la poursuite de ses camarades. » Page 92
  • « Les élèves formaient une grappe animée autour du bureau de leur professeur qui les faisait rire à gorge déployée en leur lisant des extraits des Aventures de M. Pickwick. La cloche sonna.
    — C’est tout pour aujourd’hui, messieurs, dit Keating en refermant le livre d’un mouvement sec du poignet. » Page 94
  • « Il prit ses livres sous le bras et prétendit ne pas vouloir se mettre en retard pour le cours suivant. » Page 94
  • « À la nuit tombée, les garçons piétinaient dans le grand vestibule du dortoir, attendant de se rendre en compagnie de Mr. Keating à Henley Hall où devait se jouer Le Songe d’une nuit d’été. » Page 95
  • « — Eh bien ! esprit, où errez-vous ainsi ? commença Neil, en entrant dans la peau de son personnage.
    — Par les collines, par les vallées, à travers les buissons, les ronces, par les parcs, par les haies…, lui répondit une fée.
    — Tu dis vrai : je suis ce rôdeur de nuit. J’amuse Obéron, et je le fais sourire quand je trompe un cheval gras et nourri de fèves en hennissant comme une pouliche coquette. Parfois, je me tapis dans la tasse d’une commère sous la forme exacte d’une pomme cuite ; et lorsqu’elle boit, je me heurte contre ses lèvres, et je répands la bière sur son sein flétri. La matrone la plus sage, contant le conte le plus grave, me prend parfois pour un escabeau à trois pieds ; alors je glisse sous son derrière, elle tombe, assise comme un tailleur, et est prise d’une quinte de toux ; et alors l’assemblée de se tenir les côtes et de pouffer de joie et d’éternuer, et de jurer que jamais on n’a passé de plus gais moments. » Page 97
  • « Les vers coulaient de sa bouche avec, aisance, ses mimiques donnaient corps aux mots. Tour à tour bouffon et railleur, il était Puck. » Page 98
  • « Lysandre et Hermia firent leur entrée. Vêtue d’un costume de feuilles et de brindilles entrelacées, Ginny Danburry était époustouflante en Hermia.
    « Le même gazon nous servira d’oreiller à tous deux.
    Un cœur, un lit ; deux âmes, une seule foi.
    — Non, mon bon Lysandre, pour l’amour de moi Mon cher, couchez-vous plus loin. »
    Charlie feuilleta fébrilement le programme, cherchant le nom de l’artiste qui interprétait Hermia. » Page 98
  • « — « Mais, doux ami, au nom de la courtoisie
    Serrez-moi de moins près ;
    L’humaine modestie exige entre nous la séparation
    Qui sied à un galant vertueux et à une vierge… » » Page 98
  • « Sur scène, Lysandre et Ginny achevaient leur scène.
    « Voici mon lit.
    Que le sommeil t’accorde tout son repos !
    — Qu’il en garde la moitié pour en presser tes yeux. » Page 98
  • « Ils s’allongèrent par terre et s’endormirent. Un interlude musical annonça la réapparition de Puck. » Page 99
  • « Charlie, quant à lui, ne quittait pas des yeux Hermia. » Page 99
  • « Ombres que nous sommes, si nous avons déplu
    Figurez-vous seulement, et tout sera pardonné
    Que vous n’avez fait qu’un somme
    Pendant que ces visions vous apparaissaient.
    Ce thème faible et vain,
    Qui ne contient pas plus qu’un songe,
    Gentils spectateurs, ne le condamnez pas ;
    Nous ferons mieux, si vous pardonnez.
    Oui, foi d’honnête Puck,
    Si nous avons la chance imméritée
    D’échapper aujourd’hui au sifflet du serpent
    Nous ferons mieux avant longtemps
    Ou tenez Puck pour un menteur.
    Bonsoir donc à vous tous.
    Donnez-moi vos mains,
    Si nous sommes amis,
    Et Robin prouvera sa reconnaissance. » Page 99
  • « Il remarqua que Lysandre avait un bras passé autour de la taille de la jeune fille.
  • — Félicitations, Ginny ! fit Lysandre en l’embrassant. » Page 100
  • « — Je m’en allai dans les bois parce que je voulais vivre sans hâte. Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie ! Mettre en déroute tout ce qui n’était pas la vie. Pour ne pas découvrir, à l’heure de ma mort, que je n’avais pas vécu.
    Il marqua une pause.
    — De E. E. Cummings :
    Plongez à la poursuite de vos rêves
    Où un slogan pourrait vous submerger
    (Les arbres sont leurs racines
    Et le vent est le vent)
    Suivez votre cœur
    Si les eaux prennent feu
    (Et vivez d’amour
    Même si les étoiles avancent à reculons)
    Honorez le passé
    Mais accueillez l’avenir à bras ouverts
    (Et dansez pour chasser la mort
    De ce mariage)
    Qu’importe le monde
    Ses bons et ses méchants
    (Car Dieu aime les filles,
    Les lendemains et la terre)
    Keating se tut et tendit le livre à l’assemblée. » Pages 104 et 105
  • « — Et maintenant, annonça-t-il, Le Général Booth entre au Paradis, de Vachel Lindsay. Quand je m’arrête, vous demandez : « Êtes-vous lavé dans le sang de l’agneau ? » Compris ?
    — Compris, Capitaine !
    Keating se mit à réciter :
    — Booth menait fièrement la marche de son tambour…
    Les autres répondirent en chantonnant :
    — Êtes-vous lavé dans le sang de l’agneau ? » Page 106
  • « Les Saints lui sourirent gravement et dirent : “Il est venu…”
    — Êtes-vous lavé dans le sang de l’agneau ? » répondirent les autres en chœur.
    Le Christ s’approcha lentement
    Vêtu d’une toge, une couronne sur la tête
    Pour Booth le soldat
    Et la foule mit un genou en terre
    Il vit Jésus-Christ. Ils étaient face à face,
    Et il s’agenouilla en pleurs dans ce lieu saint.
    — Êtes-vous lavé dans le sang de l’agneau ? » répéta le chœur. » Page 107
  • « Il s’assit au pupitre de Neil et ouvrit à la première page son vieux volume de poésie. Le murmure de sa voix résonna doucement dans la pièce.
    — Pour ne pas découvrir, à l’heure de ma mort, que je n’avais pas vécu… » Page 110
  • « Keating s’écarta de la fenêtre. Sur l’étagère au-dessus de son bureau, il attrapa ses livres de poésie – Byron, Whitman, Wordsworth. Puis, se ravisant, il les abandonna à leur sort et boucla sa valise. » Page 117
  • « — Je vais reprendre cette classe en main jusqu’aux examens, dit-il en promenant son regard à la ronde. Nous trouverons un professeur titulaire pendant les vacances. Bien. Qui peut me dire où vous en êtes dans le Pritchard ?
    Nolan leva le nez, attendant une réponse qui ne vint pas.
    — Monsieur Anderson ?
    — Dans le… le Pritchard…, répéta Todd, d’une voix à peine audible. Il feuilleta nerveusement son livre. » Page 118
  • « — Prenez vos affaires, monsieur Keating, répondit le doyen avec un geste d’impatience. Messieurs, ouvrez vos livres à la page vingt et un de l’introduction. Monsieur Cameron, veuillez lire, je vous prie, l’excellent avant-propos du professeur Pritchard sur l’appréhension de la poésie.
    — Monsieur Nolan, cette page a été arrachée.
    — Alors empruntez le livre d’un de vos camarades, répliqua le doyen. » Page 118
  • « — « Comprendre la poésie », par le docteur ès lettres J. Evans Pritchard. « Pour bien comprendre la poésie, il faut d’abord se familiariser avec la métrique, le rythme et les figures de style. Il faut ensuite se poser deux questions. Premièrement, le thème est-il traité avec art… »
    Keating s’affairait devant son armoire, dans un coin de la pièce. L’ironie du hasard, qui avait voulu que Mr. Nolan choisît de lire précisément le texte de Pritchard, lui arracha l’ombre d’un sourire. » Page 119 
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3 réflexions au sujet de “Le Cercle des poètes disparus”

  1. Il faudrait que je me retrouve ce roman, je l’avais adoré, tout comme le film. Est ce que je roman n’est pas une novélisation d’ailleurs ? En tout cas, c’est une histoire fantastique!

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