3,5 étoiles, P

People or not people

People or not people de Lauren Weisberger

Éditions Pocket; publié en 2006; 491 pages

Deuxième roman de Lauren Weisberger paru initialement en 2005 sous le titre « Everyone Worth Knowing ».

people or not people

Beth a vingt-six ans, elle est accro au boulot comme beaucoup de gens à New York. Elle travaille quatre-vingts heures par semaine pour un patron odieux. Sa vie privée n’est guère mieux, elle vit seule avec son chien hypoallergénique et allergique, depuis que Cameron l’a plaqué pour un mannequin. Sa sortie de la semaine est le brunch du dimanche chez son oncle Will. N’en pouvant plus de cette vie et surtout de son travail, elle décide de tout plaquer et de se trouver un nouveau job. Tout le monde de son entourage a son opinion sur quel type d’emploi elle devrait chercher. Mais Beth en décide autrement, elle passe ses journées vautrée sur son canapé à dévorer des tablettes de chocolat et des romans à l’eau de rose. Après quelques mois de chômage, son oncle lui trouve un job dans une boîte de relations publiques organisant des soirées branchées à New York. Tout se passe à merveille, boulot la journée et soirée arrosée la nuit, enfin, jusqu’au jour où elle apprend ses bêtises de la veille en page people des journaux.

J‘ai passé un bon moment de détente avec ce roman qui faut le dire est très léger. Pour son deuxième roman, Lauren Weisberger nous plonge dans le milieu méconnu des vedettes de New York. On y découvre le monde des noctambules riches et célèbres. On comprend rapidement qu’ils ne sont pas si sympathiques qu’ils ne le laissent paraître avec leurs caprices et leurs exigences futiles. Le personnage de Beth est très attachant et bien rendu. Par contre, les autres personnages sont un peu trop clichés pour être réalistes surtout les parents de Beth et Sammy le videur du bar. L’humour est bien choisi, ce qui sauve le roman à mes yeux. Malheureusement par moment on a l’impression de lire un magasin mode avec du placement de produit abusif. La fin de l’histoire m’est apparu bâclée ce qui en fait un roman insignifiant.

La note : 3,5 étoiles

Lecture terminée le 28 avril 2013

La littérature dans ce roman :

  • « Il n’y avait plus personne sur le trottoir, à l’exception du videur qui m’avait retenue si longtemps au purgatoire. J’étais en train de concocte, quelques remarques narquoises au cas où il m’aurait adressé la parole, mais il s’est contenté de me sourire et de se replonger dans la lecture de son bouquin de poche tout écorné, qui dans ses grandes pattes avait l’air d’une pochette d’allumettes. Quelle misère qu’il soit si mignon – mais les cons sont toujours mignons. » Page 37
  • « Enfin, j’ai mis un point d’honneur à ignorer ostensiblement le videur décérébré – qui, soit dit en passant, lisait L’Amant de Lady Chatterley (un obsédé sexuel, en plus !) – et j’ai levé haut le bras pour héler un taxi. » Page 38
  • « – D’accord, ai-je soupiré, mais je ne pourrai pas rester jusqu’à la fin. J’ai club de lecture, ce soir.
    – Vraiment ? Voilà qui confine à une activité mondaine ! Que lis-tu ?
    J’ai réfléchi à toute berzingue et j’ai bafouillé le premier titre socialement acceptable qui me venait à l’esprit.
    – Moby Dick.
    Simon s’est retourné et m’a dévisagée.
    – Tu lis Moby Dick ? Tu es sérieuse ?
    Will, lui, s’est marré.
    – Tu parles ! Elle lit sinon Passion et souffrance en Pennsylvanie, ou quelque chose du même tonneau. Tu as du mal à te défaire de cette habitude, pas vrai, ma chérie ?
    – Tu ne comprends pas, Will. (Je me suis tournée vers Simon.) Je le lui ai expliqué je ne sais pas combien de fois, mais il refuse de comprendre.
    – Comprendre quoi, au juste? Comment mon adorable nièce, une fille très intelligente et diplômée de littérature, non seulement lit mais fait une fixation sur les romans de gare ? Tu as raison, ma chérie, ça me dépasse.
    J’ai fixé mes pieds, en feignant une insondable honte.
    – Gentleman et Mauvais Garçon vient tout juste de sortir… et était très attendu. Ce qui montre que je ne suis pas vraiment seule – c’est l’un des bouquina pour lequel il y a le plus de pré-commandes sur Amazon, et le délai de livraison est de trois semaines !» Pages 63 et 64
  • « Tout avait commencé de manière assez innocente lors d’un vol Poughkeepsie-Washington D.C., avec la découverte, dans la pochette de mon siège, d’un exemplaire de L’Envoûtée. J’avais treize ans, et assez de jugeote pour sentir qu’il valait mieux le lire en cachette de mes parents – ce que j’ai fait. Seulement voilà ça tellement plu qu’arrivée à l’hôtel, j’ai prétexté un mal de gorge pour sécher la manif en faveur du droit à l’avortement à laquelle nous devions tous assister, et pouvoir terminer le roman. J’ai vite appris à identifier un roman sentimental au premier coup d’œil, à les localiser en quelques secondes dans un drugstore, afin de les déloger du présentoir et les payer discrètement avec mon modeste argent de poche à la caisse de la pharmacie pendant que ma mère réglait ses achats aux caisses principales. J’en dévorais deux ou trois par semaine et comme j’étais vaguement consciente qu’ils s’apparentaient à un produit de contrebande, je les planquais dans un vide sanitaire, sous le plancher de mon placard. Je ne les lisais qu’après l’extinction des feux, et n’oubliais jamais de les ranger dans leur cachette avant de m’endormir.
    Au début, j’étais embarrassée par les évidentes suggestions érotiques des couvertures – et, bien entendu, par les descriptions explicites dans les scènes de sexe. Comme toute adolescente, je ne voulais pas que mes parents découvrent que je savais des choses sur le sujet, et je veillais à ne pas me faire prendre en pleine lecture. Mais à dix-sept ans, alors que j’étais en dernière année au lycée, j’ai fait mon coming-out. Un jour où j’avais accompagné mon père à la librairie, au moment du passage en caisse, j’ai glissé un exemplaire d’Un ténébreux garde du corps sur le comptoir, en murmurant avec détachement :
    – J’ai oublié mon porte-monnaie. Tu peux m’avancer l’argent ? Je te rembourse en rentrant à la maison.
    Mon père a soulevé le bouquin, avec autant de réticences qu’il l’aurait fait d’une charogne écrasée sur la route, et avec une expression tout aussi dégoûtée. Puis il a éclaté de rire.
    – Allons, Bettina, va remettre cette ânerie où tu l’as trouvée et choisis-toi un livre digne de ce nom. J’ai promis à ta mère d’être rentré dans vingt minutes – on n’a pas le temps de plaisanter.
    Mais j’ai insisté et il a fini par céder, ne serait-ce que pour pouvoir filer plus vite. Ce soir-là, à table, quand il a évoqué l’incident, il semblait totalement perplexe.
    – Tu ne lis pas ça pour de vrai, n’est-ce pas ? a-t-il demandé, en grimaçant comme s’il essayait de comprendre l’incompréhensible.
    – Ben, si, ai-je répondu simplement, d’une voix qui ne trahissait rien de mon embarras.
    Ma mère a lâché bruyamment sa fourchette dans l’assiette.
    – Non, ce n’est pas vrai ! (On aurait dit qu’elle espérait que son désir deviendrait réalité si elle l’affirmait avec suffisamment de force.) Tu ne peux-pas lire ça. C’est impossible.
    – Oh que si ! ai-je chantonné – une tentative timide pour alléger l’ambiance. Tout comme cinquante millions de gens, maman. Ces romans sont relaxants et intéressants. Ça parle de souffrance, d’extase et le dénouement est toujours heureux – que demander de plus ?
    Je connaissais les chiffres et ils étaient incontestablement impressionnants. Les deux mille romans sentimentaux publiés chaque année génèrent un chiffre d’affaires d’un milliard et demi de dollars. Deux cinquièmes des Américaines achètent au moins un roman sentimental par an, et le genre représente plus d’un tiers des ventes annuelles de la production de fiction. Un universitaire spécialiste de Shakespeare (professeur à Columbia de surcroît) venait de reconnaître être l’auteur de dizaines de romans sentimentaux. Pourquoi aurais-je dû avoir honte ?
    Ce que je m’étais bien gardée de dire à mes parents à l’époque – et que je n’ai pas d’avantage expliqué à Will et Simon ce soir-là – c’est combien ces romans me passionnaient. Ils m’apportaient une part d’évasion, naturellement, mais ma vie n’était pas malheureuse au point de vouloir me réfugier dans un monde imaginaire. Non c’était tout simplement stimulant de découvrir l’histoire d’un homme et d’une femme sublimes, qui triomphent de tous les obstacles à la force de leur amour. Les scènes érotiques constituaient un bonus, mais le plus important résidait dans ce dénouement toujours heureux qui délivrait une magistrale leçon d’optimisme, m’incitait à me plonger dans un nouveau roman sitôt le précédent refermé. C’était plus fort que moi. Ils étaient fiables, relaxants et distrayants, mais surtout et ça, je ne pouvais pas le nier, quelle que soit la quantité d’arguments que mes parents m’opposent en matière de féminisme ou de responsabilisation des femmes) ils dépeignaient le type d’histoire d’amour que je désirais vivre plus que tout au monde. J’étais conditionnée pour comparer chaque petit ami potentiel à l’Homme Idéal. Je voulais vivre un Conte de Fées et rencontrer le Prince Charmant. Termes qui – faut-il le préciser ? – auraient échoué à qualifier Cameron, ou la plupart des relations entre hommes et femmes à New York. Mais je n’avais pas perdu espoir – pas encore.
    Allais-je expliquer cela à mon oncle et à Simon ? Sûrement pas. Voilà pourquoi chaque fois que quelqu’un me demandait pourquoi je lisais ce genre de livres, je m’en tirais par une pirouette, en riant et en m’autodénigrant d’une remarque telle que « Les romans sérieux me tombent des mains. »
    – Bah, peu importe ! ai-je répondu en évitant de croiser leur regard. C’est une habitude sans conséquence que j’ai contractée gamine et dont j’ai du mal à me défaire.
    Will a jugé mon euphémisme particulièrement hystérique.
    -« Une habitude sans conséquence » ? a-t-il mugi. Et tu fais partie d’un club de lecture dont l’unique mission consiste à disséquer tes fictions d’élection pour mieux les apprécier ?
    À cela, il n’y avait pas grand-chose à opposer. Avant de rallier ce club, personne dans mon entourage n’avait jamais compris. Ni mes parents, ni mon oncle, ni mes camarades de lycée ou de fac. Penelope secouait simplement la tête chaque fois qu’elle tombait sur un de ces romans dans mon appart (ce qui n’était pas bien ardu puisqu’il y en avait plus de quatre cents entassés dans des placards, des boîtes de rangement sous le lit et aussi – pour ceux dont la couverture n’était que moyennement embarrassante – sur des étagères). Je savais bien qu’il existait des légions de lectrices de romans sentimentaux, mais ce n’était que deux ans auparavant que j’avais rencontré Courtney, dans un Barnes & Noble midtown, un soir en sortant du boulot. J’examinais les titres proposés sur le présentoir métallique quand j’ai entendu une voix féminine, dans mon dos, chuchoter :
    – Vous n’êtes pas toute seule, vous savez.
    J’ai fait volte-face et je me suis trouvée nez à nez avec une jolie nana, qui devait avoir mon âge. Elle avait un visage en forme de coeur et des lèvres naturellement roses. Avec ses anglaises blondes, elle me faisait penser à Nelly, dans La Petite Maison dans la prairie, et ses traits étaient si délicats qu’on aurait dit que son visage risquait de se fissurer à tout moment. J’ai précipitamment planqué mon exemplaire de Frissons dans la nuit sous un dictionnaire grec-anglais surdimensionné qui traînait à proximité.
    – Excusez-moi ? C’est à moi que vous parlez ?
    Elle a hoché la tête et s’est rapprochée.
    – Je disais juste que vous n’avez plus à vous sentir gênée. Vous n’êtes pas seule.
    – Qui a dit que j étais gênée ? me suis-je défendue.
    Elle a coulé un regard furtif en direction du bouquin qui dépassait de sous son bouclier, et a haussé un sourcil.
    – Je m’appelle Courtney, et moi aussi je suis accro aux romans sentimentaux. J’ai une licence, un vrai travail, et je n’ai plus peur de reconnaître que j’adore lire c’est satanés romans. Nous sommes tout un groupe de fille dans le même cas. Nous nous retrouvons deux fois par mois pour parler des titres qu’on a lus, boire quelques verres et nous convaincre que ce n’est pas un délit de lire ces romans. Disons que c’est entre le club de lecture et la thérapie de groupe. (Elle a extrait de sa besace un reçu bancaire tout froissé, a dévissé des dents le capuchon d’un Monblanc et a griffonné une adresse à SoHo, ainsi qu’une adresse mail.
    – Notre prochaine réunion a lieu ce lundi soir. Venez. Je vous ai indiqué mon mail, au cas où vous auriez des questions, mais il n’y a pas grand-chose à savoir. En ce moment, on lit ça… (Discrètement, elle m’a montré un exemplaire de Sur un coup de tête.)… et on adorerait que vous veniez. » Pages 64 à 69
  • « Toutes les autres filles étaient intelligentes, sympas, intéressantes chacune à leur façon, et toute adoraient les romans sentimentaux. » Page 69
  • « Les moqueries qu’elle avait alors endurées avaient changé le cours de sa vie partant du principe que jamais un homme réellement amoureux d’elle (sous-entendu comme le serait le héros d’un roman sentimental) ne se moquerait aussi impitoyablement de quelque chose qui lui donnait du plaisir, elle avait rompu. » Pages 69 et 70
  • « J’ai emboîté le pas à Will et à Simon pour traverser ce restaurant qui ne payait pas de mine mais était légendaire. Le moindre centimètre carré de mur était couvert de livres, et là où il n’y avait pas de livres, il y avait des portraits dédicacés et encadrés – un vrai panthéon de tous les écrivains publiés dans le courant du xxe siècle. » Page 70
  • « Nous avions été chez Elaine, ce soir-là et également pour fêter la sortie d’un livre, et j’avais demandé à Simon :
    – C’est bizarre qu’on nous photographie en train de dîner, non ?
    Simon avait gloussé.
    – Bien sûr que non, ma cocotte, c’est précisément ce pour quoi nous sommes là. Sans photos demain dans les journaux, ce dîner aurait-il vraiment eu lieu ? On ne peut pas acheter le genre de publicité dont cet auteur et son livre bénéficieront grâce à ce dîner. Ce photographe travaille pour le magazine New York, si je me souviens bien, et dès qu’il sera parti, un autre lui succédera. Enfin, c’est du moins ce que tout le monde espère. » Page 73
  • « Quand je me suis excusée, avec sincérité, pour mon rôle dans l’incident (qui se résumait à m’être trouvée là), la maladroite a fait volte-face et s’est mise à hurler, le visage défiguré par une grimace diabolique.
    – « EXUSEZ-MOI » ? ÇA NE SERAIT PEUT-ÊTRE PAS ARRIVÉ SI VOUS AVIEZ MARCHÉ DU BON CÔTÉ DU TROTTOIR !
    Sur quoi elle s’est éloignée en marmottant des insanités. En voilà une qui ça ne ferait pas de mal de se plonger quelques heures dans Gentleman et Mauvais Garçon, ne suis-je dit. » Pages 73 et 74
  • « Alex était l’artiste type d’East Village, vêtue de noir de la tête aux pieds, changeant de couleur de cheveux tous les quatre matins et arborant un piercing tantôt à la narine, tantôt au sourcil. Mais une artiste d’East Village qui vouait une passion au roman sentimental et qui manifestement, avait beaucoup à perdre (en termes de crédibilité, en quelque sorte) si jamais ses paires le découvraient. Nous étions donc convenues de dire à ses voisins, si jamais ils posaient des questions, que nous nous réunissions dans le cadre des Nymphomanes Anonymes.
    – Tu préfères leur dire que tu es nympho plutôt que lectrice de romans à l’eau de rose ? m’étais-je étonnée en apprenant la consigne. » Page 74
  • « Avec son pantalon en cuire de rockeuse et son vieux T-shirt défraîchi de CBGB, Alex avait l’air encore plus punk que d’habitude. Elle m’a tendu un rhum-Coca, et je me suis assise sur son lit pour la regarder appliquer six couche sinon plus de mascara en attendant les autres filles. Janie et Jill, les jumelles, sont arrivées peu après. Elles avaient une petite trentaine ; Jill était encore étudiante (elle passait un diplôme très spécialisé d’architecture) et Janie bossait dans une agence de pub. Elles étaient tombées raides dingues des Harlequin dès l’enfance, quand elles piquaient en douce ceux de leur mère pour les dévorer le soir sous les couvertures. Ont suivi Courtney, grâce à qui j’avais rallié ce club (elle était rédactrice à Teen People et loin de se contenter de lire tous les romans sentimentaux jamais écrits, elle se plaisait à en écrire elle-même) et Vika, une importation mi-suédoise, mi-française à l’accent adorable qui, à titre de couverture professionnelle, enseignait dans une maternelle privée de l’Upper East Side. » Page 74 et 75
  • « Alex est revenue de sa micro-cuisine avec un plateau de petits verres, tous remplis à ras bord.
    – Pourquoi parler de notre Mauvais Garçon quand nous avons ici même une vilaine fille rien qu’à nous ? a-t-elle lancé en distribuant les verres.
    C’est parti – et à tout berzingue. » Page 78
  • « Le Juste prix, Millington, un plein appartement de bouquins dépourvus d’enjeu littéraire et quatre sachets par jour de chips au piment me tenaient compagnie pendant que je surfais mollement sur des sites spécialisés dans la recherche d’emploi ; à l’occasion, j’imprimais une annonce, et de temps à autre – quoique plus rarement encore – j’y répondais. » Page 80
  • « Me souvenant des conseils de la demi-douzaine de manuels de dressage que l’éleveur m’avait donnés « juste au cas où », j’ai mi un point d’honneur à l’ignorer pendant que je me débarrassais de mon sac et de mon manteau. Sitôt que j’ai été assise sur le canapé, elle a bondi sur mes genoux, s’est dressée sur ses pattes arrières et s’est étirée vers mon visage pour une rituelle séance de léchage, du front au menton – avec même quelques tentatives infructueuses dirigées vers l’intérieur de ma bouche. » Page 81
  • « Il était indéniablement mignon, avec son look bècebège, et savait comment jouer de son charme dès qu’il voulait obtenir quelque chose, mais je me souviens surtout que c’était de ma part un choix de facilité nous avions les mêmes amis, la même propension à fumer une cigarette après l’autre, nous adorions l’un et l’autre nous plaindre, et nous possédions chacun un pantalon rose saumon. Notre relation aurait-elle pu inspirer un bon roman sentimental ? Non, je ne crois pas. » Page 84
  • « Ce soir-là, je me suis couchée tard et j’ai passé la journée du lendemain à atermoyer. J’ai joué avec les chiots de l’animalerie en bas de chez moi, j’ai fait un arrêt chez Dylan’s Candy Bar pour faire le plein de confiseries, et j’ai classé par ordre alphabétique tous les livres de poche en exposition sur mes étagères.. » Page 90
  • « J’ai assisté à une réunion où tout le monde, éparpillé avec décontraction aux quatre coints du loft, buvait du Coca Light et des eaux minérales aromatisées en discutant de l’organisation de la soirée pour le lancement du nouveau roman de Candace Bushnell, Skye pointait les éléments d’une liste tandis que chacun lui indiquait les dernières infos concernant le lieu, les invitations ou le menu, ou encore les sponsors, le placement des photographes ou les badges d’accès pour la presse. » Page 98
  • « Chaque noms suscitait un hochement de tête, un soupir, un sourire, un marmonnement, un mouvement réprobateur ou un roulement d’yeux. Je ne reconnaissais que. très peu de noms. Nicole Richie. Karenna Gore. Natalie Portman. Gisele Bundchen. Kate et Andy Spade. Bret Easton Ellis. Rande Gerber – le mari.de Cindy Crawford. » Page 98
  • « Elisa m’a immédiatement précisé que les gens plus ou moins cool faisaient une fixation sur les tables situées près de l’entrée, mais que les gens vraiment cool exigeaient celles du fond. L’équipe qui avait bossé sur la soirée de lancement du dernier roman de Candance Bushnell, la veille au soir, était constituée de Skye, Davide et Leo, et j’étais soulagée qu’Elisa et Davide soient le seul couple présent. » Page 110
  • « L’équipe avait été chargée par l’éditeur.de Candance Bushnell d’organiser une fête pour la sortie de son quatrième roman, et apparemment, c’avait été le bordel. N’ayant pas travaillé à l’organisation de cet événement dès le départ, la veille, j’avais assisté pour ma part à un dîner en l’honneur d’un nouveau client. » Page 113
  • « – Tu n’as rien loupé, tu sais, Penelope, a ajouté Elisa, comme pour la rassurer. (Ça crevait pourtant les yeux que Penelope n’avait pas la moindre idée du sujet qui les agitait.) C’est là tout le problème des lancements de livres, ceci dit. Les éditeurs sont en général tellement à côté de la plaque, ils sont infichus de savoir si leur soirée attirera les bonnes personnes, ou les mauvaises. » Page 113
  • « Son apparition m’a tellement sidérée que j’en ai carrément oublié que j’allais être malade. Avec son T-shirt blanc ultramoulant, son pantalon blanc et ses dents (les plus droites et les plus blanches jamais vues dans la bouche d’un sujet de Sa Majesté), il m’a paru encore plus bronzé que dans mes souvenirs. Il ressemblait à Enrique, le héros de La Vierge et le Nabab, et tout dans son apparence ne demandait qu’à figurer sur une couverture de roman sentimental. » Pages 130 et 131
  • « Ceci dit, ce pourrait être aussi cette ex-rédactrice de mode – comment s’appelle-t-elle, déjà ? Celle qui s’occupe comme elle peut en écrivant des critiques de livres au vitriol ? Je la verrai bien pondre ce genre de conneries. » Page 192
  • « – Il est mignon, n’est-ce pas ? ai-je dit.
    – Hum, ouais. Je dirais même qu’on ne peut pas imaginer plus parfaite incarnation dans la vrai vie d’un héros d’Harlequin, a soupiré Courtney. Je crois que je vais m’inspirer de lui pour le héros de mon prochain roman.
    – De Philip ? me suis-je étonnée.
    J’avais du mal à me représenter un héros de roman sentimental se mettre en pétard pour cause de mauvais traitement infligé à ses draps, mais peut-être le genre avait-il besoin d’être remis au goût du jour pour le nouveau millénaire ? Courtney a agité un exemplaire de Passion sauvage, où trônait en couverture un bel homme baraqué ceint d’un pagne. » Page 196
  • « Pour qui se serait donné la peine d’établir le parallèle, j’étais exactement dans le même état que Lucinda avant son premier tête-à-tête avec Marcello, le héros de La Tendre Caresse de Magnat. Pour la toute première fois de mon existence, je ressentais des fourmillements de nervosité et d’impatience – exactement comme les héroïnes de mes romans. » Page 208
  • « Avant de pousser la porte avec une énergie furieuse, je me suis tout de même retournée, et j’ai vu Sammy qui m’observait en secouant la tête. Ce n’est pas exactement ainsi que la scène se serait passée dans La Tendre Caresse du Magnat, ai-je songé avec un léger remords. Pour me remonter un peu le moral, j’ai rationalisé toute nouvelle relation – même dans un roman – devait, à ses débuts, surmonter des obstacles. » Page 216
  • « J’ai soulevé le bouquet et déverrouillé la porte dans un tel état de ravissement que j’ai à peine prêté attention à Millington, qui venait s’enrouler autour de mes chevilles. Les fleurs étaient un accessoire clé des romans sentimentaux, et le fait que celui-ci soit de premier ordre ajoutait au merveilleux de la surprise. Le bouquet se composait de trois douzaines de roses pourpres, rose vif et blanches, serrées dans un petit vase rond rempli de minuscules galets en verre scintillant, et il était entièrement dépourvu d’accessoires décoratifs – rubans, nœuds ou affreuses verdures de remplissage. » Page 219
  • « J’ai immédiatement éprouvé la sensation d’avoir – comme on dit dans mes chers romans – des papillons qui s’envolaient dans l’estomac. » Page 232
  • « Le stress avait commencé avec le choix du restaurant mes parents insistaient pour essayer un restaurant bio, célèbre pour ses nombreux livres de recettes, qui ne servait que des aliments crus ; ceux de Penelope voulaient absolument aller, comme chaque fois qu’ils venaient rendre visite à leur fille, au Ruth’s Chris Steak House. » Page 246
  • « J’ai trouvé Sammy plongé dans la lecture du Déclin de l’Empire Withing. » Page 296
  • « Une fois à la maison, je me suis roulée sous la couette avec un Harlequin flambant neuf. Jamais soirée n’avait été plus parfaite. » Page 302
  • « Bon, ma chérie, essaie de ne pas trop t’en faire pour moi – pauvre malheureux qui va se la couler douce au bord de la piscine, avec un daiquiri et un bon roman. » Page 305
  • « Ma mère a lâché son bouquin (La Technique du batik) et s’est précipitée à notre rencontre avant même que je coupe le contact. » Page 313
  • « Mes parents ne gobaient plus depuis bien longtemps les pitoyables excuses que Will forgeait de toutes pièces et se rappeler tous les contes à dormir debout qu’il avait pu inventer était devenu un passe-temps familial. » Page 316
  • « Quand j’étais au lycée, j’y allais tout seul, tu n’imagines pas à quel point c’était humiliant. Je m’asseyais toujours avec un livre ou un magazine et un café.
    Le Starlight avait été l’épicentre de notre vie sociale du temps du lycée. » Page 321
  • « Comme il n’avait pas l’air spécialement pressé de descendre de voiture, j’ai fini par me dire qu’il allait peut-être m’embrasser. Dans n’importe quel roman Harlequin, on n’aurait pas manqué de souligner l’électricité qui crépitait entre nous. » Page 323
  • « Mais il m’a fait taire en prenant mon visage entre ses mains – ce geste dont rêvent toutes les filles et qu’aucun garçon ne fait jamais. Si ma mémoire était bonne, c’était exactement la scène qui illustrait la couverture d’Au bord de l’abîme, et qui avait symbolisé pour moi le summum du romantisme. » Page 324
  • « – Il parle sans arrêt de sa capacité à tenir l’alcool mieux que n’importe quelle autre fille qu’il connaît.
    – Waou, un vrai Don Juan. Ce garçon pourrait écrire un traité de séduction. » Page 347
  • « – J’ai décidé de faire honneur au thème latino de la soirée, ai-je annoncé une fois que tout le monde a été installé. (Nous lisions Esclave d’un Latin Lover, et l’illustration de la couverture montrait un grand type en smoking qui enlaçait une femme en robe du soir sur le pont d’un yacht.) Il y a un pichet de sangria et un autre de margarita. » Page 351
  • « Quand Vika a sorti son exemplaire tout corné de sa sacoche, on était déjà assez bien parties.
    – Je lis le résumé que j’ai trouvé sur le site Internet. Vous êtes prêtes ? Je commence « Sitôt qu’il pose les yeux sur Rosalind, Cesar Montarez, le millionnaire espagnol, sait qu’il la veut. Jamais aucune femme n’a à ce point électrisé son désir. Mais Cesar n’a guère de respect pour les femmes vénales – maîtresses ou épouses décoratives. Rosalind est déterminée à ne devenir ni l’une ni l’autre, mais lorsque Cesar découvrira qu’elle a des dettes cachées, il comprendra qu’il peut l’acheter et… Rosalind n’aura d’autre choix que d’accepter son prix… » Waou. Çà a l’air chaud. Ça vous inspire quoi ? » Pages 352 et 353
  • « – Beth, on débarrasse le plancher. Allez, les filles, on y va, on laisse Beth et Philip euh… en tête à tête. Je suis sûre qu’elle nous racontera tout par le menu la prochaine fois. À ce propos, qu’a-t-on au programme ?
    Alex a brandi un exemplaire d’Un beau démon apprivoisé, incliné de telle sorte que nous seules étions en mesure de voir le titre.
    – J’ai sélectionné celui-Ià. » Page 354
  • « J’ai réussi à m’éclipser discrètement au bout d’une heure pour aller trainer au Grand Bazar, à quelques pâtés de maisons de l’hôtel, où je projetais de regarder bouche bée tout et tout le monde. J’ai franchi la porte Nuruosmaniye aux cris de « Miss, miss, j’ai ce que vous cherchez ! », et j’ai erré sans but dans cette caverne d’Ali Baba, en flânant entre les étals qui regorgeaient de perles, d’objets en argent, de tapis, d’épices, de hookahs, sous l’oeil des marchands qui passaient leur temps à siroter du thé et à fumer. » Page 377
  • « – On va boire un café ? Ça fait des heures qu’on est en Turquie et je n’ai toujours pas bu de café turc. Qu’en dis-tu ?
    – Avec plaisir. D’après mon guide, le meilleur endroit pour en boire se trouve à quelques salles d’ici.
    – Ton guide ?
    – Lonely Planet. Tu peux aller quelque part sans un Lonely Planet, toi ?
    – Quelle bête tu fais ! s’est-il exclamé en tirant sur l’extrémité de mon pashmina. On est au Four Seasons, on se fait balader en bagnole par des chauffeurs privés, on a des frais illimités et toi tu fais suivre ton Lonely Planet ? Incroyable.
    – Pourquoi incroyable ? J’ai peut-être envie de voir des trucs qui ne sont pas dans le circuit des spa-restaurant-bars réservés aux membres d’un club.
    Tout en secouant la tête, il a ouvert son sac à dos.
    – Voilà pourquoi c’est incroyable, a-t-il dit en sortant du sac un exemplaire du même bouquin. Allez, viens, trouvons cette échoppe. » Pages 378 et 379
  • « J’étais submergée de sensations – le poids de son corps, le parfum de son déodorant, les duvets sur mes bras et mes reins qui se dressaient chaque fois qu’il me passait la main dans le dos. Je vivais une scène érotique droit sortie d’un roman Harlequin – en mieux peut-être. » Pages 400 et 401
  • « D’autant qu’il m’avait appelée trois fois en sept jours, m’avait dit plusieurs fois qu’il avait passé un moment de rêve en Turquie avec moi, et qu’il lui tardait que les choses se calment un peu, afin qu’on puisse enfin sortir tous les deux, en amoureux. J’avais lu assez de romans sentimentaux pour savoir que la pire des attitudes serait d’insister, d’être en demande. » Page 419
  • « À compter de là, nous serions ensemble dans toutes les acceptions du mot – à la fois meilleurs amis, amants, âmes sœurs – et nous traverserions côte à côte les obstacles qui ne manqueraient pas de surgir. J’avais si souvent lu cette histoire dans mes romans, que j’avais peine à croire que j’allais enfin la vivre pour de vrai. » Page 424
  • « – Je voudrais te demander d’être patiente.
    Voilà typiquement le genre de phrase qui équivaut à un coup de freins avec grands crissements de pneus. Patiente ? Sans vouloir être catégorique, ce n’était pas le type de phrase qui préludait à une conversation où il était question d’engagement. Du moins pas dans un roman sentimental qui se respecte. » Page 425
  • « Ce n’étaient pas les mots que j’espérais entendre, c’était certain, mais comme toutes les héroïnes de mes romans, je me battrais pour avoir ce que je voulais. » Page 426
  • « À ce moment-là, un héros de romand sentimental aurait rétorqué, « Toi aussi tu es la chance de ma vie, voilà pourquoi je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que ça marche entre nous. » Mais Sammy n’a rien dit de tel. » Page 465
  • « Je me déplaçais sans aucun effort dans mes sandales D&G d’emprunt et je me sentais jolie et féminine avec ma jupe dont l’ourlet m’effleurait les genoux, et mon cardigan en cachemire très fin qui révélait juste ce qu’il fallait de décolleté. La scène était digne d’un roman Harlequin on ne s’était pas revus depuis des mois, mais on aurait cru qu’on s’était quittés la veille. » Page 481
  • « C’était la faute de ces maudits Harlequin – c’étaient eux le problème ! Je me suis aussi juré de renoncer à jamais à en lire. Ils ne savaient qu’entretenir des attentes déraisonnables. Franchement, est-ce que Dominick ou Enrique déclaraient « J’ai quelque chose à te dire » avant de demander sa main à la femme de leur vie ? » Page 482
  • « – Oh, Dieu du ciel, s’il te plaît, ne me dis pas que tu veux couvrir les mariages pour la section Style. S’il te plaît !
    – Pire, ai-je répondu, plus pour l’effet que par conviction. Je veux écrire un roman sentimental. En fait, j’ai déjà la trame, et je pense qu’elle tient la route. » Page 489
  • « Écrire un roman sentimental – c’était vraiment ce que j’avais en tête. Depuis le séjour en Turquie, et après avoir découvert l’univers du luxe en travaillant chez Kelly & Co., j’avais imaginé un-couple de personnage que tout opposait mais que les événements amèneraient à se rencontrer. » Page 490
  • « Mais j’ai regardé-par le hublot de la porte et j’ai vu Sammy, dans la salle, qui plaçait un énorme gâteau au centre de la table – un gâteau rectangulaire, recouvert de crème fouettée et de glaçage coloré, et en y regardant de plus près, j’ai reconnu une reproduction parfaite de la couverture d’Un grand brun cajun. Toute la tablée était en train de s’esclaffer et de demander où j’étais Passée. » Page 491 
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