4 étoiles, C

Celle qui n’était plus

Celle qui n’était plus de Pierre Louis Boileau et Thomas Narcejac.

Éditions Folio; publié en 1989; 185 pages

Premier roman deBoileau-Narcejac, paru initialement en 1952.

Celle qui n'etait plus

Fernand n’en peut plus de la vie étouffante que lui fait subir sa femme. Il se laisse influencer par sa maîtresse, Lucienne, et décide de l’assassiner pour toucher les primes d’assurance. Le plan est simple et Lucienne va l’aider. L’assassinat aura lieu à Nantes, où Fernand a un appartement de fonction. Ils vont la droguer avec un somnifère. Ils la plongeront dans une baignoire pour faire croire à une noyade. Fernand transportera le corps à la maison d’Enghien pour le déposer dans un lavoir sur sa propriété pour faire croire à un accident. Selon le plan, Fernand devrait ensuite découvrir le cadavre avec un témoin. Ainsi, il pourra toucher son assurance vie et partir vivre avec Lucienne à Antibes. Mais au moment de découvrir le corps, il n’est plus là. Commence alors pour Fernand un cauchemar insoutenable : il doit retrouver le corps à tout prix. Il est seul dans cette quête et Lucienne qui est restée à Nantes le menace de tout abandonner. Peu à peu, l’angoisse, doublée des remords et de la culpabilité, montent d’un cran lorsque certains indices laissent croire que la morte est revenue le hanter.

Véritable roman noir ayant comme thème principal l’utilisation d’un individu par la manipulation psychologique. L’histoire est remarquablement bien construite, l’atmosphère est sombre et mystérieux. Le suspens est présent dès le début et est latent tout au long du texte. L’angoisse et le désespoir de Fernand sont très bien décrits. On ressent sa solitude dans ce bourbier dans lequel il s’est fait attirer et on comprend son cheminement vers la folie. Le texte est plutôt narratif, les dialogues sont peu nombreux mais cela bonifie l’intrigue. Le personnage de Fernand est magnifiquement bien construit, il n’est pas vraiment méchant, il est plutôt faible et se laisse entraîner dans une histoire qui le dépasse totalement. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce premier roman de Boileau-Narcejac.

La note : 4 étoiles

Lecture terminée le 28 mai 2013

La littérature dans ce roman :

  • « Le coiffeur n’avait pas confiance dans les mouches artificielles. Il a fallu, pour le convaincre, confectionner une Hitchcock, avec une plume de perdrix. »  Page 47
  • « Un soir comme celui de sa première rencontre avec Mireille, sur le quai des Grands-Augustins, tout près de la place Saint-Michel. Il fouillait dans la boîte d’un bouquiniste. Elle était là, feuilletant un livre… »  Page 92
  • « Troubles de la mémoire… de la personnalité. Il avait appris cela, autrefois, en philo, dans le vieux bouquin de Malapert… Les personnalités alternantes, la schizophrénie… »  Pages 96 et 97
  • « – Eh bien, sers-toi, mon vieux !… Il est vrai que tu as peut-être déjeuné… C’est un as, le docteur Gleize. Il tire de ces clichés!…Et il interprète, ça !… Toi, tu ne vois que des trucs noirs et blancs ; lui il te déchiffre tous ces signes comme s’il lisait dans un bouquin. »  Page 107
  • « – Évidemment, dit pensivement Lucienne, le sosie pourrait être l’autre, la seconde. Mais Germain, pas plus que nous, n’aurait pu être dupe d’une substitution. Tu dis qu’il lui a parlé, qu’il l’a embrassée… Est-ce qu’une autre femme aurait la même voix, les mêmes intonations, la même démarche, les mêmes gestes ? Non ! C’est invraisemblable. Les sosies, ce sont des trucs de romans. »  Page 125
  • « – Mme Ravinel.
    – Oui, oui. J’entends bien.
    Il clopine jusqu’à la réception. Le chat saute sur la caisse, ferme à demi ses yeux verts en observant Ravinel. Le vieux ouvre un livre, chausse des lunettes à branche de métal.
    – Ravinel… Voilà ! C’est bien ici. »  Page 159
  • « – Savez-vous quand elle rentrera ?
    Le vieux referme son livre qui claque, glisse ses lunettes dans un étui verdâtre.
    – Celle-là… on ne sait jamais. On la croit dehors, elle est dedans. On la croit dedans, elle est dehors… Peux pas vous renseigner. »  Page 160
  • « La porte de la salle à manger est entrebâillée. Il aperçoit une chaise, un coin de table, un peu de tapisserie bleue. Une tapisserie semée de petits carrosses et de minuscules donjons. C’est Mireille qui a choisi ce dessin, rappelant les Contes de Perrault. »  Page 168
    « Ravinel repousse le tiroir. Il n’aura plus le temps d’écrire le livre qu’il méditait sur les mouches. Quelque chose vas se perdre, qui aurait pu… »  Page 173
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