2,5 étoiles, T

Les trois soeurs

Les trois sœurs d’Anton Tchekhov.

La Bibliothèque électronique du Québec; 179 pages

Pièce de théâtre d’Anton Tchekhov parue initialement en 1900 sous le titre Три сестры, Tri sestry.

Les trois soeurs BeQ

La famille Prozorov est composée de trois sœurs, Macha, Olga et Irina et de leur frère Andreï. Ils partagent une maison de campagne dans un village éloigné de Russie. Leur vie est dominée par le deuil du père et l’ennui. Les seuls divertissements permis sont les visites d’officiers venus de la garnison voisine. L’anniversaire d’Irina marque la fin du deuil familiale et une grande fête est organisée pour marquer ces événements. Il y aura pour l’occasion de la musique, on sera gai, on dira des bêtises et parfois des paroles profondes. On discutera du rêve qui habite les trois sœurs : retourner à Moscou, la ville de leur enfance et de tous les espoirs. L’avenir est plein de certitudes heureuses pour les Prozorov. Mais, qu’adviendra-t-il de ces beaux rêves ? La vie répondra-t-elle à leurs attentes ?

Lecture peu intéressante que cette pièce de théâtre. Tchekhov aborde le thème du passage du temps qui détruit les rêves. Pour ce faire, il alterne maladroitement entre des conversations absurdes et de grands débats philosophiques. Dans ce récit, il n’y a pas de héro, très peu d’action et aucune intrigue. Par contre, la torpeur à laquelle était en proie la Russie de la fin du XIXe siècle est très bien dépeinte. Les personnages sont très bien construits, ils sont extrêmement humains. De façon lucide, ils voient leur vie peu à peu s’étioler avec le désespoir de n’avoir rien construit. Pour présenter un récit qui se déroule sur plusieurs années, Tchekhov n’a pas utilisé le bon moteur. Il est très difficile de montrer l’œuvre du temps sur la déchéance de chacun et l’anéantissement des rêves sous forme d’une pièce de théâtre. Cette histoire aurait gagné à être présentée sous forme de roman afin de bien sentir ce passage du temps. Je me suis fort ennuyée durant ma lecture presque autant que les protagonistes de l’histoire.

La note : 2,5 étoiles

Lecture terminée le 2 juin 2013

La littérature dans ce roman :

  • « Macha, qui rêve sur son livre, sifflote doucement une chanson. »  Page 7
  • « TCHÉBOUTYKINE, en riant.
    C’est vrai, je n’ai jamais rien fichu. Depuis que j’ai quitté l’Université, je n’ai pas remué le petit doigt, pas lu un seul livre, rien que des journaux. (Il tire un autre journal de sa poche.) Voilà… Je sais d’après les journaux qu’un certain Dobrolioubov a existé, mais qu’a-t-il écrit ? Aucune idée… Dieu le sait… (On entend frapper au plafond de l’étage inférieur.) Voilà… On m’appelle en bas, quelqu’un m’attend… Je reviens tout de suite… »  Page 14
  • «  KOULYGUINE, s’approchant d’Irina.
    Ma chère sœur, permets-moi de te féliciter, et de te présenter mes vœux sincères et cordiaux de santé et de tout ce que peut désirer une jeune fille de ton âge. Et aussi, de t’offrir ce petit livre. (Il lui tend un livre.) C’est l’histoire de notre lycée depuis cinquante ans. Un livre sans importance, que j’ai écrit par désœuvrement, mais lis-le tout de même. Bonjour tout le monde ! (À Verchinine : ) Koulyguine, professeur au lycée. (À Irina : ) Tu y trouveras la liste de tous ceux qui ont terminé leurs études dans notre lycée, depuis cinquante ans. Feci quod potui, faciant meliora potentes…
    Il embrasse Macha.
    IRINA
     Mais tu m’as donné le même à Pâques !
    KOULYGUINE, en riant.
    Pas possible ? Dans ce cas, rends-le moi, ou non, bien mieux, donne-le au colonel. Tenez, mon colonel. Vous le lirez, quand vous n’aurez rien à faire. »  Pages 38 et 39
  • « ANDRÉ entre, un livre à la main. »  Page 54
  • « NATACHA
    Mais moi j’avais quelque chose… Ah ! oui : Feraponte, du Conseil municipal, il te demande.
    ANDRÉ, bâillant.
    Appelle-le. (Natacha sort. André lit à la lueur de la bougie qu’elle a oubliée. Entre Feraponte ; il est vêtu d’un vieux manteau élimé, au col relevé ; il porte un bandeau sur les oreilles.) Bonjour, ami. Quoi de neuf ?
    FERAPONTE
    Le président vous envoie un livre, et puis des papiers. Voici.
    Il tend à André un livre et des papiers. »  Page 57
  • « ANDRÉ
    Non, rien. (Il regarde le livre.) Demain, vendredi, nous n’avons pas de séance, mais je viendrai tout de même… ça m’occupera. Je m’ennuie à la maison. (Un temps.) Cher vieux, comme la vie change drôlement, comme elle nous trompe ! Aujourd’hui, par ennui, par désœuvrement, j’ai pris ce livre, de vieux cours universitaires, et j’ai eu envie de rire… Mon Dieu, je suis le secrétaire du Conseil du Zemstvo, de ce conseil dont Protopopov est président, et le mieux que je puisse espérer, c’est d’en devenir membre. Moi, membre du Conseil du Zemstvo, moi qui rêve toutes les nuits que je suis professeur de l’Université de Moscou, savant célèbre dont s’enorgueillit la Russie. »  Pages 58 et 59
  • « ANDRÉ
    Des bêtises. (Il lit le livre.) Tu es allé à Moscou, toi ? »  Page 60
  • « MACHA
    Comme dit Gogol : « Il est ennuyeux de vivre en ce monde, messieurs. »
    TOUZENBACH
    Et moi je dirai : « Il est difficile de discuter avec vous, messieurs. » Ça suffit, assez…
    TCHÉBOUTYKINE, lisant le journal.
    Balzac s’est marié à Berditchev. (Irina chantonne doucement.) Ça, il faut le noter. (Il note dans son carnet.) Balzac s’est marié à Berditchev.
    Il reprend sa lecture.
    IRINA, faisant une réussite, rêveuse.
    Balzac s’est marié à Berditchev. »  Page 74
  • « SOLIONY récite.
    « Je suis étrange, qui ne l’est pas ? Ne te fâche pas, Aleco. »
    TOUZENBACH
    Aleco n’a rien à voir là-dedans. »  Page 84
  • « SOLIONY
    Buvons ! (Ils boivent.) Je n’ai jamais rien eu contre vous, baron, mais j’ai le caractère de Lermontov. (Baissant la voix : ) On dit que je lui ressemble même un peu, physiquement… »  Page 85
  • « SOLIONY récite.
    « Ne te fâche pas, Aleco… Oublie, oublie tes rêveries »…
    Pendant la conversation, André entre sans bruit, portant un livre ; il s’assied près d’une bougie. »  Page 85
  • « Au club, avant-hier, on bavardait ; quelqu’un a nommé Shakespeare, Voltaire. Je n’ai rien lu d’eux, rien du tout, mais j’ai fait semblant de les connaître ; et les autres en ont fait autant. Oh misère ! »  Page 111
  • « MACHA
    Ah ! c’est toi qui es bête, Olia. Je l’aime, tel est donc mon destin… Tel est mon sort… Et lui, il m’aime aussi. Ça fait peur, oui ? Ce n’est pas bien ? (Elle prend la main d’Irina et l’attire vers elle.) Oh ! ma chérie… Comment allons-nous vivre, que va-t-on devenir ? Quand on lit un roman, tout paraît si simple, connu d’avance, mais lorsqu’on aime soi-même, on s’aperçoit que personne ne sait rien, que chacun doit décider pour soi… Mes chéries, mes petites sœurs… Je me suis confessée, et maintenant je ne dirai plus rien. Je serai comme le fou de Gogol… Silence… Silence… »  Page 129
  • « Soliony se prend pour Lermontov ; c’est qu’il écrit des vers ! »  Page 150
    « Vous vous rappelez ces vers ? « Et lui, le révolté, il cherche la tempête, comme si dans la tempête, régnait la paix »..
     TCHÉBOUTYKINE
    Oui. « Il n’eut pas le temps de dire oh ! que l’ours lui sautait sur le dos. ». »  Page 155
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