2,5 étoiles, B

Bonbons assortis

 

Bonbons assortis de Michel Tremblay.

Éditions Leméac / Actes Sud; publié en 2002; 179 pages

Récit de Michel Tremblay paru initialement en 2002..

bonbons assortis

Michel Tremblay vient d’une famille catholique de condition sociale peu avantageuse. Ils vivaient à dix dans un appartement de sept pièces sur la rue Fabre à Montréal. En plus de ses parents et ses frères, il y avait avec eux sa grand-mère Tremblay et la famille de sa tante Robertine. Michel raconte huit anecdotes, toutes tirées de son quotidien dans les années 1940 alors qu’il avait environ 5 ans. Il décrit surtout ce que c’était d’être enfant dans ce milieu. La mère de Michel, comme la majorité des femmes de cette époque, règne dans son foyer. Elle met tout en œuvre pour transmettre à ses enfants le désir de vivre dans la dignité. Elle organise leur quotidien et les évènements importants pour son petit monde pour qu’ils soient tous heureux. Il y a les préparatifs des fêtes de Noël et de la première communion de Michel ou tâche plus ardue, trouver un cadeau de mariage pour la petite voisine. Mais, le crêpage de chignons est inévitable dans ce microcosme surpeuplé. Quand la tension monte, tous doivent mettre de l’eau dans leur vin pour atténuer les conséquences.

Dans ce récit Michel Tremblay nous présente les membres de sa grande famille. Il se plaît à montrer leur générosité et leurs travers qui sont amplifiés par l’exiguïté du logement habité par dix personnes. Il raconte quelques scènes de sa petite enfance, toutes emplies de délicatesse, d’humour et de sensibilité. C’est avec talent que Michel Tremblay décrit le bonheur familial, qui faisait l’envie des voisins. De quelques traits, il peint les portraits des siens. Par contre, ceux-ci sont beaucoup trop superficiels pour qu’on puisse vraiment s’attacher aux membres de sa famille. La personne la mieux décrite est sans contredit sa mère adorée, au coeur tendre mais à la rigueur de fer. Celui qui est le moins décrit est son père. Ce qui est dommage car lorsqu’il est présent, on a l’impression que c’est un type gentil et solide. Malheureusement, ces petites histoires sont trop décousues, sans lien entre elles pour arriver à nous captiver.

La note :2,5 étoiles

Lecture terminée le 27 juillet 2013

La littérature dans ce roman :

 

  • « – Le mot pet est pas vulgaire, madame Tremblay, c’est celui qui le fait qui l’est, pis laissez-moi vous dire que vous êtes pas mal spécialiste dans le sujet !
    Sans ajouter un mot, ma grand-mère se drapa dans sa dignité et quitta la salle à manger pour aller se réfugier dans sa minuscule chambre où l’attendait le dernier Henry Bordeaux ou le nouveau Hervé Bazin, ses consolations à tout, surtout aux vérités qu’elle refusait de voir parce qu’elles ne faisaient pas son affaire. »  Page 33
  • « T’as pas été leur dire ça ! T’as pas été leur dire ça ! Mais t’as pas de tête su’es épaules, mon pauvre enfant ! Comprends-tu au moins ce que t’as faite ? J’pourrai pus jamais regarder c’te monde-là en face ! Pis eux autres non plus ! On pourra même pus se saluer sur le parvis de l’église ! Chaque fois qu’on va se voir, y va y avoir un plat de pinottes qui va flotter entre nous autres ! Lise voudra pus voir ta cousine Hélène ! Madame Allard voudra pus prêter de livres à ta grand-mère Tremblay ! Pis quand je passe devant chez eux pour me rendre au restaurant de Marie-Sylvia, comme ça m’arrive quasiment tou’es jours, l’été, madame Allard va-tu me tendre mon beau plat de pinottes avec de la moutarde dedans pour rire de moi ? Pis de notre pauvreté ! Non, c’est vrai, c’est pas elle qui va l’avoir, y va être chez Lise… Mais entéka ! On est trop pauvre pour acheter des cadeaux de noces, c’est vrai, mais c’tait pas nécessaire d’aller leur en faire la démonstration ! »  Pages 44 et 45
  • « La fameuse légende de la foudre qui traverse la maison d’un bout à l’autre pendant un orage en laissant derrière elle une trace noire sur le plancher et une odeur de roussi, annonciatrice de malheurs et de cataclysmes, a accompagné toute ma petit enfance. C’est ma grand-mère Tremblay qui la racontait, les yeux ronds, la voix rauque, le geste menaçant, comme à la fin du Petit Chaperon rouge quand le grand méchant loup prend la parole pour régler son cas à la petite niaiseuse. »  Page 51
  • « « L’hiver y fait trop frette, pis l’été y fait trop chaud. Moé, j’me contenterais du mois de mai ou ben du mois de septembre à l’année ! Y paraît qu’au Paradis terrestre, là, c’était le mois de septembre à l’année ! Y avait tout le temps des fruits, pis tout le temps des légumes ! Y pouvait en manger du frais à l’année, les chanceux ! Tiens, ça veut même dire, Nana, que quand t’es venue au monde, un 2 septembre, y faisait la même température qu’au Paradis terrestre ! »
    Ma mère avait posé ses deux mains sur ses hanches comme lorsque j’avais fait un mauvais coup et que le ciel allait me tomber sur la tête.
    « Madame Tremblay ! Franchement vous lisez trop pour croire des niaiseries pareilles ! Qui c’est qui est allé tchéker ça ? Hein ? Y avait-tu ne météorologue au Paradis terrestre ? C’es-tu dans la Bible, coudonc ? Dieu inventa le mois de septembre et vit que c’était bon ? Vous êtes trop intelligente pour croire ça ! »  Pages 56 et 57
  • « Le Père Noël rit beaucoup, vraiment beaucoup, et je fronce un peu les sourcils : ce rire un peu niaiseux ne m’est pas tout à fait inconnu, on dirait…
    « Vous êtes pas après boire de la bière, là, toujours ? Vous risez comme quand mon mononcle boivent trop !
    – Pantoute ! chus sobre comme Job avant qu’y parde sa job. Coudonc, c’tait-tu Job qui était sobre ? En tout cas, chus sobre comme celui qui était sobre dans la Bible ! Pis je travaille comme un démon. »  Page 92
  • « « Y en a pas de cheminée, ici, on chauffe au charbon… y a même pas de foyer. Pis les tuyaux se promènent en dessous du plafond dans toute la maison pour apporter de la chaleur partout, y pourrait se perdre… Par où c’est qu’y passe, donc, le père Noël, pour venir porter les jouets ? »
    À l’épaisseur du silence qui était alors tombé dans la salle à manger, j’ai compris que je venais de soulever là une important question : on aurait pu le couper en portions et en laisser une au père Noël.
    Quelques personnes préventes avaient balbutié des débuts d’explications, toutes plus farfelues les unes que les autres et qui n’allaient jamais très loin, et c’est Jacques, en fin de compte, comme c’était souvent le cas, qui avait mis fin au malaise en disant qu’il se renseignerait, le lendemain, qu’il fouillerait dans des livres, qu’il poserait des questions au collège Sainte-Marie, où il achevait ses études classiques, pour trouver la réponse, qu’il la trouverait sûrement… »  Pages 105 et 106
  • « « J’ai trouvé ça après-midi dans la biographie du père Noël publiée en France, l’année passée… Imagine-toi donc que pour les maisons de ville comme ici où y a pas de cheminée pour qu’y se glisse jusque dans le salon, le père Noël aurait en sa possession… tiens-toi ben, mon p’tit gars… Y aurait en sa possession une brique magique qui le fait rapetisser pis grandir comme y veut ! »  Page 108
  • « – Comment ça marche ?
    – J’peux pas te dire, comment ça marche, tu comprends, c’est de la magie, ça doit être un secret bien gardé, mais j’peux te dire comment y s’en sert, par exemple… Le biographe dit que…
    – C’est quoi, ça, un bilographe ?
    – C’est un monsieur qui écrit la vie de quelqu’un après sa mort.
    – LE PÈRE NOËL EST MORT ?
    – Non, non, non, aie pas peur, y est pas mort, mais y ont déjà publié sa biographie parce que le monde la demandait… Y ont pas attendu qu’y soit mort, lui…
    – Tu vas-tu me le montrer, le livre ?
    Jacques fronça les sourcils, lança un drôle de regard vers maman qui vint aussitôt à sa rescousse.
    « Tu sais pas encore lire, hein, Michel ?
    – Tu le sais ben, moman, je rentre à l’école juste l’année prochaine…
    Mon frère enchaîna aussitôt :
    « Ah oui, c’est vrai. Ben, je peux te l’apporter tu-suite demain, si tu veux… Tu pourras le consulter…
    – Vas-tu me le lire ?
    – Ben… Euh… Pas toute, y a des bouts ben plates… Mais j’t’en lirai un chapitre ou deux, si tu veux… Mais tu l’aimeras pas beaucoup, ce livre-là, Michel, parce qu’y a pas d’images dedans… »  Pages 109 et 110
  • « – Michel va brailler tant qu’on le fera pas…
    – Du chantage, en plus ! T’oses faire chanter ta propre mère ! Comme dans les mauvais romans français ! T’as pas de cœur, Bernard Tremblay ? »  Page 118
  • « Ma mère lui gardait une assiette au chaud ou mettait son steak de côté en nous défendant même de le regarder.
    « C’est pour Jacques. Pauvre lui, y travaille toute la journée au collège, y compte ensuite l’argent de toutes les caisses de Dupuis et Frères, pis y passe ses soirée le nez dans ses livres de devoirs ! Y peut ben être pâle ! » »  Page 130
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