4 étoiles, C

Comme deux gouttes d’eau

 Comme deux goutes d’eau de Tana French.

Éditions France Loisirs, publié en 2010; 630 pages

Deuxième roman de Tana French paru initialement en 2008 sous le titre « The Likeness ».

Comme deux gouttes d'eau

Cassie Maddox est appelée sur les lieux d’un meurtre par Frank, son ancien patron. À son arrivée, elle perçoit chez ses collègues une tension inhabituelle. Elle comprend le malaise lorsqu’elle découvre que la victime est son sosie. De plus, ses papiers d’identité sont au nom d’Alexandra Madison, or cette identité a été fabriquée pour Cassie dans le cadre d’une mission d’infiltration. Qui est donc cette Alexandra et qui lui en voulait au point de la tuer ? Afin de démasquer l’assassin, Frank imagine un dangereux scénario : prétendre qu’Alexandra a survécu et obliger Cassie à prendre sa place. Elle devra infiltrer le groupe d’amis de la victime qui cohabitent dans une grande maison. Pour elle commencera une mise en scène où le moindre faux pas peut lui être fatal. Mais que demander de mieux que d’être plongé dans la vie de la victime afin de découvrir l’assassin et son mobile.

Thriller intéressant et surprenant. L’histoire nous plonge tranquillement dans une intrigue psychologique, dans laquelle Cassie doit tout faire en son pouvoir pour ne pas se faire démasquer. Le contexte se révèle lentement, on découvre les tensions au sein du village et les raisons de l’amitié entre les colocataires. Les descriptions des protagonistes et leurs interactions sont très bien menées. On s’attache à ces jeunes tous en manque de quelque chose et qui forment une famille. La description de la vie dans cette communauté soudée est extrêmement adroite. La thématique du sosie était bien imaginé et intrigante, pourtant, on finit par décrocher. Ce roman aurait pu créer un meilleur effet dans une version plus épurée. L’enquête traîne en longueur, attire l’attention sur des personnages sans vraiment aller jusqu’au bout. Mais il est assez original pour nous pousser à tourner les pages jusqu’à la fin.

La note : 4 étoiles

Lecture terminée le 7 août 2013

La littérature dans ce roman :

  • « – Ce sont des étudiants, commençai-je. Sacs à dos bourrés de livres. Les sacs de Dunnes indiquent qu’ils viennent de faire des courses. Elle a davantage de moyen que lui. Sa veste lui a coûté cher. Luia, sur son jean, des taches qui ne doivent rien à la mode. »  Page 15
  • « Nous n’avons pas de profileur officiel, mais les gars de la criminelle, qui pour la plupart n’avaient pas fréquenté l’université et se montraient impressionnés par mon semi-diplôme de psychologie, me faisaient jouer ce rôle. Je ne m’en tirais pas trop mal. À mes moments perdus, je dévorais des manuels et des statistiques pour me mettre au niveau. »  Page 26
  • « J’ai assez de place pour un futon, un canapé et tous mes livres. »  Page 64
  • « – Bon Dieu, Frank ! Quel tartuffe tu fais ! »  Page 76
  • « – Qu’est-ce qui te fait penser qu’elle n’a rien à voir avec moi ? Cette fille est mon double. Elle arborait partout mon visage. Comment peux-tu être sûr que l’assassin ne s’est pas trompé de victime ? Réfléchis. Une étudiante passant son temps à lire Charlotte Brontë ou une enquêtrice qui a mis des dizaines d’individus à l’ombre : laquelle, selon toi, a le plus de chance d’avoir un meurtrier à ses trousses ? »  Page 84
  • « – Quelle horreur ! gémit Rafe.
    – Je t’avais prévenu, répond Justin.
    – C’est vrai ! opine Abby. Si je me souviens bien, il a dit que ça tenait à la fois du site archéologique et d’un décor à la Stephen King.
    – Je sais, mais je croyais qu’il exagérait, comme d’habitude. Je ne pensais pas qu’il minimisait ! »  Page 125
  • « – Arrêtez ! clame Lexie. Cet endroit est fantastique ! j’ai l’impression d’être un membre du club des Cinq.
    – Le club des Cinq explore une ruine préhistorique ! psalmodie Daniel.
    – Le club des Cinq découvre la planète moisie ! renchérit Rafe. C’est tout simplement épatant ! »  Page 126
  • « Chacun occupait son temps libre selon ses aptitudes, en faisait profiter les autres. Rafe jouait du piano, Daniel lisait Dante à haute voix, Abby restaurait la tapisserie d’un tabouret du XVIIIe siècle. »  Page 132
  • « Ils ressemblaient à des explorateur venus d’une autre planète qui, s’étant trompés d’époque, se seraient retrouvés à lire Edith Wharton et à regarder des rediffusions de La petite maison dans la prairie. »  Page 132
  • « – Elle n’avait pas d’agenda, dit Frank en levant les yeux au plafond. J’ai posé la question au club des Cinq. »  Page 142
  • « – Elle est du genre fouineur. Après l’installation du club des Cinq à Whitehorn House, elle a demandé à Lexie si sa cohabitation avec quatre personnes lui laissait un peu d’intimité. J’ai l’impression que sa question était à double sens, qu’elle espérait des ragots salaces, Lexie lui a rétorqué froidement qu’elle marchait seule dans la campagne tous les soirs, que cette intimité-là lui suffisait, merci, et qu’elle se mêlait uniquement aux gens dont elle appréciait la compagnie. Ensuite, elle a passé son chemin. Je ne suis pas certain que notre Brenda se soit rendu compte qu’elle venait de se faire envoyer sur les roses.
    – Parfait. Dans ce cas, on ne peut qu’éliminer le club des Cinq. »  Page 146
  • « – Donc, remarquai-je, à moins que nous n’ayons négligé un élément important, le club des Cinq semble hors de cause. »  Page 147
    « – Je sais, Frank. Et j’apprécie ton aide, Cassie. Mais pour l’heure je n’ai personne qui corresponde au profil que tu as tracé. Bien sûr, j’ai, dans la tranche d’âge, une foule de gens du coin, y compris des femmes. Certains ont un casier, d’autres sont futés et gardent la tête froide, mais rien n’indique que l’un d’eux ait eu le moindre rapport avec Lexie ou en ait même entendu parler. Parmi les nombreux étudiants qu’elle côtoyait, quelques-uns ont toutes les caractéristiques que tu as décrites. Sauf qu’ils n’ont jamais mis les pieds dans les environs de Glenskehy et seraient bien incapables d’y retrouver leur chemin au milieu de la nuit. Non, je n’ai personne. À part l’Homme invisible. »  Pages 147 et 148
  • « Au cours d’une conférence de presse, ils avaient évoqué de façon vague une agression à Glenskehy, déclaré qu’on avait hospitalisé la victime à Wicklow et mis en place une surveillance discrète. Mais personne n’était venu prendre de ses nouvelles, pas même le club des Cinq. »  Page 149
  • « Mais l’emplacement des caméras n’avait pas été choisi dans ce but. Seule certitude : tous deux affirmèrent que, la nuit du meurtre, personne n’était entré en voiture à Glenskehy ou n’en était sorti par une route directe entre 22 heures et 2 heures du matin. Dès lors, Sam envisagea à nouveau la culpabilité d’un membre du club des Cinq. »  Page 150
  • « Frank avait annoncé aux membres du club des Cinq le prochain retour de Lexie. Ils lui avaient envoyé ses affaires, accompagnées d’une carte postale – des Caramilk, un pyjama bleu clair, des vêtements pour le jour de sa sortie de l’hôpital, de la crème hydratante (cadeau, sans doute, d’Abby), deux romans féminins d’avant-garde, un baladeur et un choix de musique enregistrée, où des crooners démodés voisinaient avec Édith Piaf et une chanteuse portugaise de fado à la sublime voir de gorge. »  Pages 150 et 151
  • « – Demain après-midi. Tu auras une demi-journée pour te préparer. Je préviendrai le club des Cinq ce soir. Je veux qu’ils soient tous là pour t’accueillir avec chaleur. Tu te sens prête ? »  Page 154
  • « Là-bas, le club des Cinq se préparait à accueillir Lexie. »  Page 162
  • « Frank m’avait apporté une jolie petite valise aux bords renforcés dotée d’une solide serrure à combinaison. Elle contenait les objets personnels de Lexie, portefeuille, clés, téléphone, réplique parfaites des vrais, plus ceux que lui avait fait parvenir le club des Cinq, et un tube de vitamine C avec la mention : « Amoxicilline, trois comprimés par jour », destiné à être placé bien en évidence. »  Pages 162 et 163
  • « Il avait les bras chargés d’un matériel électronique noir, câbles et haut-parleur, digne de James Bond. »  Page 163
  • « Je croyais vivre un de ces rêves où l’on se retrouve dans un roman ou un film qu’on a aimé, parmi des personnages imaginaires qui, tout à coup, prennent corps et s’adressent à vous. Je n’étais pas une intruse, mais l’enfant prodigue renté au bercail. »  Page 171
  • « – Tu vois ? Des barbares. Elle a de vrais cheveux. Il croit qu’ils appartenaient à une morte parce que…
    – Parce que ta créature a été fabriquée vers 1890, à l’époque de Jack l’Éventreur. »  Page 174
  • « – Une soirée tranquille ? murmura Abby en me scrutant à travers la fumée de sa cigarette. Un bon livre et c’est tout ? »  Page 180
  • « Affreux papier peint à fleurs, dont les échancrures dévoilaient les couches précédentes aux rayures jadis dorées et roses, diluées à présent dans une teinte crème. Mobilier d’un autre âge, sans style : une antique table de jeu en bois de rose marqueté, des fauteuils au brocart fané, un long canapé inconfortable, une bibliothèque bourrées de volumes à la reliure de cuir et de livres de poche aux couleurs vives. »  Page 181
  • « Mes livres s’étalaient sur le tapis vert d’une table de bridge, à côté de mon fauteuil : épais ouvrages d’histoire, un exemplaire de Jane Eyre aux pages cornées ouvert à l’envers sur un bloc-notes, un roman de gare jauni : Larmes fatales, de Rip Corelli, sans rapport avec ma thèse, quoique… Sur la couverture s’exhibait une femme de rêve en jupe fendue, un revolver glissé dans sa jarretière. « Elle attire les hommes comme le miel les mouches, puis elle les exécute ! » »  Page 182
  • « Alanguie dans un fauteuil, les pieds sur un tabouret tapissé, sans doute celui qu’elle avait restauré, Abby tournait les pages de son livre en tortillant une de ses mèches autour de son index. »  Page 182
  • «Penché sur la table de jeu, Daniel, à la lueur d’une grande lampe, feuilletait son livre sans hâte, économisant ses gestes. »  Page 183
  • « Daniel sentit mon regard. Il se redressa et me sourit. Ce sourire, c’était la première fois que j’en découvrais la gravité, la douceur.
    Il se pencha de nouveau sur son livre. »  Page 183
  • « On sait que l’irrévocable est en marche, que, le matin, on se réveillera pour de bon dans la peau de quelqu’un d’autre. Je devais plonger dans ce vide, laisser ma personnalité derrière moi, comme les enfants des contes de fées qui abandonnent leur talisman avant de s’aventurer dans le château enchanté ou les adeptes des anciennes religions qui se dénudaient avant d’accomplir leurs rites d’initiation.
    Je trouvai, dans la bibliothèque, une vieille édition illustrée des contes de Grimm, l’emportai au lit avec moi. Ses amis du club des Cinq l’avaient offerte à Lexie l’année précédente pour son anniversaire. Une main, celle de Justin, j’en étais presque certaine, avait tracé au stylo à plume, d’une écriture penchée et fleurie : « 3/1/04. Bon anniversaire, PETITE fille ! (Quand te décideras-tu à grandir ?) Mille baisers. » Suivaient les quatre noms.
    Je m’assis dans mon lit, le livre sur les genoux. Mais je fus incapable de lire. »  Pages 184 et 185
  • « Installé à la table, déjà habillé, Daniel lisait un livre coincé contre le rebord de son assiette, tout en dégustant méthodiquement ses œufs au plat. »  Page 188
  • « Daniel me salua d’un signe de tête et retourna à son livre. »  Page 188
  • « Je m’assis à la table. Alors Justin beurra un autre toast. Daniel tourna une page de son livre, puis fit glisser vers moi une théière rouge. »  Page 188
  • « – Nous nous en sommes chargés, répondit Abby en remplissant son assiette et en nous rejoignant à table. Daniel a fait lire Beowulf à tes étudiants du mardi. Dans le texte saxon original. »  Page 189
  • « J’aurais dû, moi aussi, être à l’aise. Pourtant, quelque chose me gênait : je ne m’étais pas attendue à éprouver de l’affection pour le club des Cinq. »  Page 191
  • « Il marqua sa page, ferma son livre, le poussa de côté. »  Page 192
  • « Les premiers mois ne contenaient que des rendez-vous et des pense-bêtes, tracés d’une écriture nerveuse et ronde : Salade, fromage, sel d’ail ; 11h trav. dir. Salle 3017 ; note d’électricité ; demander à D livre d’Ovide ?? »  Page 196
  • « À la fois douillette et bizarre, sa chambre me rappela ces illustrations de contes pour enfants où un lutin au bonnet à clochettes concocte des tartes à la confiture.
    Justin, contrairement aux apparences, privilégiait une certaine austérité. Un petit monticule de livres, de photocopies et de pages griffonnées s’appuyait contre sa table de chevet. Il avait tapissé le dos de sa porte de photos plastifiées du club des Cinq, disposées de façon symétrique, apparemment dans un ordre chronologique. »  Page 200
  • « Des traces dans la poussière, des rectangles nus sur le parquet prouvaient qu’on s’était servi de ce bric-à-brac pour meubler les chambres des membres du club des Cinq lors de leur installation dans la maison. »  Page 201
  • « Les livres n’étaient pas alignés sur étagères mais empilés, les vêtements s’entassaient au bas de l’armoire. »  Page 202
  • « J’ouvris les livres un par un, retournai toutes les poches. Rien. »  Page 202
  • « Daniel posa un doigt sur son livre pour marquer la page et objecta :
    – Est-ce bien raisonnable ? »  Page 214
  • « – Ah, bien sûre… Désolé. Téléphone si tu souhaites que l’un d’entre nous vienne à ta rencontre.
    Il retourna à son livre. »  Page 216
  • « J’eus envie de lui raconter ce que j’aurais aimé lui révéler et que j’avais gardé pour elle : comment les étudiants de son groupe de travail s’étaient débrouillés avec Beowulf, le plat que les garçons avaient cuisiné pour le dîner, la beauté de la nuit en cet instant. »  Page 218
  • « – Nous étions tous hystériques, ajouta-t-il fébrilement. Des épaves. Sauf Daniel, bien sûr. Laisser transparaître ses sentiments lui aurait paru indécent. Il se contentait de rester le nez fourré dans un livre. Il n’en émergeait que pour nous citer une phrase en vieux norrois tirée d’une légende scandinave à la con, du genre : « Mon glaive ne faillira pas à l’heure du jugement. » Mais je suis persuadé qu’il n’a pas dormi de toute la semaine. »  Pages 221 et 222
  • « Rafe agita son verre, regarda les glaçons tournoyer sur les parois. Visiblement, il n’avait aucune envie de répondre. Mais, pour un flic, le silence est la plus vieille tactique. On nous l’apprend dans tous les manuels, et je regardai Rafe et attendis. »  Page 225
  • « Si quelqu’un n’avait pas décidé de me pousser à quitter l’université, je serais sans doute devenue une éternelle étudiante, comme les membres du club des Cinq. »  Page 236
  • « La thèse de Lexie se révéla beaucoup moins rébarbative que je ne le redoutais. Je m’étais attendue à de longs développements sur les sœurs Brontë, ou d’autres écrivains féminins du même acabit. Or la romancière sur laquelle elle travaillait au moment de sa mort était bien plus surprenante. Il s’agissait de Rip Corelli, l’auteur de Larmes fatales. Elle s’appelait en réalité Bernice Matlock. Bibliothécaire dans l’Ohio, elle avait égayé sa morne existence en rédigeant, à temps perdu, de torrides romans de gare. »  Page 239
  • « Cette communauté créée par le club des Cinq avait des racines profondes. Tous avaient, d’une façon ou d’une autre, souffert d’abandon. »  Page 241
  • « Le club des Cinq jouait beaucoup aux cartes, prolongeant les parties de piquet ou de poker tard dans la nuit. »  Page 247
  • « Après son départ, une fois dissipé le tapotement ténu de ses pieds nus dans l’escalier, j’abandonnai mon livre et écoutai les autres se préparer pour la nuit : l’eau coulant dans une salle de bains, Justin fredonnant au-dessous de moi le thème de Goldfinger, le craquement du plancher dans la chambre de Daniel, qui marchait de long en large. »  Page 259
  • « Je n’avais jamais réellement pensé que le club des Cinq avait glissé de la belladone dans la pâte adhésive du dentier de l’oncle Simon. »  Page 268
  • « – Une vraie collection, insistai-je. J’avais les quatre filles du docteur March. Il y avait aussi la mère, mais elle était tellement revêche que je n’en voulais pas. En fait, je ne voulais pas des autres non plus, mais ma tante…
    – Pourquoi n’as-tu pas, toi aussi, ces poupées de collection ? couina Justin à l’intention d’Abby. Tu pourrais te débarrasser de cette horreur. »  Page 279
  • « – Je n’arrêtais pas de lui répéter que je détestais les poupées. Mais elle n’a jamais pigé. Elle…
    Daniel leva les yeux de son livre.
    – Pas de passé, assena-t-il. »  Page 279
  • « Rafe me scrutait toujours. La tête penchée sur mon livre (Rip Corelli, Son époux sera le mien), je sentais son regard sur moi. »  Page 279
  • « – Donc, tu crois que nous n’avons pas affaire à une vendetta collective, mais à un individu poussé par un ressentiment personnel ?
    – Pas exactement. As-tu entendu parler de ce qui s’est passé quand le club des Cinq a essayé d’aller boire un verre au pub ? »  Page 293
  • « Si je devais obtenir des révélations d’un des membres du club des Cinq, mon favori était Justin. »  Page 300
  • « Sa table était jonchée de livres, de feuilles volantes et de photocopies soulignées au marqueur. »  Page 301
  • « – Souviens-toi que l’assassin la connaissait. Mais nous ignorons leur degré d’intimité De toute manière, ce n’est pas ce que je cherchais. Je me suis concentrée sur cette interdiction d’évoquer le passé en essayant de découvrir ce que les quatre gardent pour eux.
    – Et tu n’as eu droit qu’à une belle série de romans à l’eau de rose. Je te garantis que cette histoire de passé prohibé n’est qu’une foutaise. Nous savions déjà que nous avions affaire à une bande d’illuminés. Rien d’intéressant de ce côté-là. »  Page 310
  • « – Je nous achèterais des sommiers neuf, déclarai-je enfin. Les ressorts du mien traversent mon matelas, comme le petit pois de la princesse, et j’entends grincer celui de Justin chaque fois qu’il se retourne dans son lit. »  Page 339
  • « Daniel, qui lisait T. S. Eliot devant la cheminée tandis qu’Abby, Justin et Rafe jouaient au piquet, accepta volontiers de m’emmener à l’hôpital. »  Page 350
  • « Justin, toujours furieux, jurait dans sa barbe tandis que Daniel faisait mine de retourner à son livre. »  Page 351
  • « – Nous avions besoin d’esclaves, serina Daniel du ton abstrait qu’il employait quand on lui posait une question alors qu’il était plongé dans un livre. »  Page 366
  • « – Veux-tu que je t’accompagne pour te soutenir moralement ?
    Lorsque je refusai d’un signe de tête, il n’insista pas, et retourna à son livre. »  Page 389
  • « – Tu pars du principe qu’il n’y a aucun rapport. Réfléchis. Dès l’installation du club des Cinq, les actes de vandalisme deviennent moins fréquents puis s’interrompent. Pourquoi ? Parce qu’il s’est entiché des nouveaux venus ? Qu’il les voit faire des travaux et refuse d’abîmer le nouveau décor ? »  Pages 392 et 393
  • « – Tu veux passer en revue les scénarios possibles ? En voici un. Lorsque les cinq lui donnent la chasse, en décembre dernier, sa rancœur ne fait que s’accroître. Il ne va pas les affronter tous en même temps. Mais il les espionne. Il découvre qu’une des filles a l’habitude de se promener la nuit. Il la file un certain temps, puis la tue. C’est du moins ce qu’il croit. Quand il se rend compte qu’il a raté son coup, sa rage décuple. Il perd tout contrôle de lui-même et menace le club des Cinq d’incendier la baraque. À ton avis, si la promeneuse continue à se balader toute seuls sur les sentiers, comment va-t-il réagir ? »  Page 393
  • « – Bon. Il était une fois, à Glenskehy, à l’époque de la grande guerre…
    Le conte qu’il débita était un mélange subtil de ce qu’il avait entendu à Rathowen, de ce que j’avais appris dans l’historique de l’oncle Simon et d’un mélodrame de série B. »  Pages 397 et 398
  • « Mon cœur battait à se rompre. Je pensais aux autres, la tête penchée sur leurs livres, dans la bibliothèque, attendant mon retour. »  Page 402
  • « – Quel est le problème ? nous lança Daniel, qui, sortant à son tour de sa séance de travaux dirigés, s’avançait dans le couloir, les bras chargés de papiers et de livres. »  Page 421
  • « À la fin de notre travail, Rafe était tout miel, Abby et Justin assez détendus pour entamer un débat sur Henry James, et nous étions tous de meilleur humeur. »  Page 431
  • « – L’un d’eux meurt, et sa part revient aux quatre autres. L’un d’eux s’est peut-être dit qu’un quart valait mieux qu’un cinquième. Cela exclut Danny Boy. S’il avait voulu la baraque pour lui tout seul, il l’aurait gardée. Mais cela nous laisse les Trois Petits Cochons. »  Page 437
  • « C’était leur dernière séance. Ils n’avaient pas ouvert les livres que je leur avais demandé de lire et ne prirent même pas la peine de prétendre le contraire. »  Page 445
  • « À Whitethorn House, Rafe massacrait du Beethoven à grand coups de pédale. Justin essayait de lire en se bouchant les oreilles, Daniel et Abby devenaient de plus en plus nerveux. »  Page 446
  • « Quoi que Lexie ait représenté pour lui, il fallait que je m’y conforme. Vamp, Cendrillon, Mata Hari, à moi d’improviser en fonction de son attitude. »  Page 446
  • « – Bien sûr, l’idée était viciée au départ, rétorqua-t-il avec irritation. Elle reposait sur deux mythes : la possibilité de la permanence et la simplicité de la nature humaine. Or ces mythes n’existent que dans les livres. Dans la vraie vie, ce ne sont que des fantasmes. Notre histoire aurait dû s’arrêter ce soir-là, avec le cacao froid, « Et ils vécurent heureux. » Fin. »  Page 474
  • « – Non, répéta-t-il en sortant de sa poche son paquet de cigarettes et son briquet. Elle nous avait dit qu’elle n’avait pas de famille. Voilà pourquoi une imposture me paraissait invraisemblable. Que vous ne soyez pas Lexie impliquait l’existence d’un sosie, c’est-à-dire vous. Hypothèse absurde à première vue. J’aurais dû me souvenir de Conan Doyle : « Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité. » »  Page 476
  • « Daniel se figea dans l’attitude qu’il avait le soir, dans le salon, quand il se plongeait dans son livre, coupé du monde. »  Page 479
  • « Ce jour-là, nous avons croisé Justin à la bibliothèque. Sans son rhume carabiné, je ne l’aurais même pas remarqué. Il éternuait sans arrêt, faisait sursauter tout le monde. Rouge de confusion, d’une timidité maladive, il se cachait derrière son mouchoir. Abby l’a abordé comme si nous nous connaissions tous les trois depuis toujours. Elle lui a dit : « On va déjeuner. Tu viens ? » Abasourdi, il a bafouillé quelques mots incompréhensibles. Mais il nous a suivis au Buttery. Là, sa timidité a disparu. Métamorphosé, il s’exprimait avec volubilité, analysait avec une finesse étonnante les œuvre des auteurs que j’adulais. »  Page 490
  • « Soudain, la porte s’est ouverte avec fracas. Et Rafe a surgi : poings serrés, visiblement d’une humeur de chien. Abby m’a dit : « Regarde, c’est le roi Lear. ». »  Page 490
  • « – Lexie, j’aurais un service à te demander. J’envisage de parler d’Anne Finch aux étudiants de mon groupe du lundi, mais je suis un peu rouillé. Pourrais-tu m’aider, après le dîner, à rafraîchir mes connaissances ?
    Le nom d’Anne Finch, qui avait écrit un poème sur le point de vue d’un oiseau, apparaissait çà et là dans les notes de thèse de Lexie. Pour le reste, j’ignorais tout d’elle. »  Page 492
  • « – Je t’ai aidée à propos d’Ovide quand tu en as eu besoin, me rappela Daniel. Tu ne t’en souviens pas ? J’ai passé un temps fou à retrouver cette citation… C’était quoi, déjà ?
    Il ne m’aurait pas cette fois-ci.
    – Je n’ai pas les idées bien claires, aujourd’hui. Je n’arrête pas de… Enfin, c’est sans importance.
    Personne ne mangeait plus.
    – Tu n’arrêtes pas de quoi ? demanda Abby.
    – Laisse tomber, la coupe Rafe en s’adressant à Daniel. Dieu sait qu’Anne Finch me casse les pieds. Si elle barbe aussi Lexie… »  Page 493
  • « – Bien, conclut Daniel, à l’intention de Rafe et de moi, en posant son livre. On y va ? »  Page 495
  • « Un fois au fond du jardin, je me retournai. Chacun avait la tête baissée sur son livre, baignant dans le faisceau de sa lampe : réfugié en lui-même, intouchable. »  Page 495
  • « J’étais assise dans mon lit avec les contes de Grimm, relisant dix fois la même phrase sans en saisir un mot, quand on gratta discrètement à ma porte. »  Page 503
  • « – Tu as une minute ? s’enquit-il poliment.
    – Bien sûr, répondis-je sur le même ton, en abaissant mon livre. »  Page 503
  • « D’instinct, sans presque en avoir conscience, je plongeai mes doigts dans ma veste de pyjama, débranchai le micro d’un coup sec. Lorsque Daniel me fit face, mes mains reposaient innocemment sur le livre. »  Page 503
  • « Je gagnai le salon en compagnie d’Abby et feignis de lire, tout en concoctant de nouveaux mensonges crédibles à l’intention de Frank. »  Page 510
  • « Rafe entra tel un somnambule et ressortit avec un bol de café, Daniel but le sien après avoir coincé un livre contre son assiette. »  Page 510
  • « – Il faut y aller, dit enfin Daniel en refermant son livre. Lexie, j’aimerais discuter avec toi. Pourquoi ne partagerions-nous pas la même voiture ? »  Page 511
  • « – Tu insinues que tu les jetteras au panier si je te les sers sur un plateau ? Qu’ils soient irrecevables ne signifie pas qu’ils ne serviront à rien. Tu convoques les Trois Petits Cochons, tu leur passes la bande, tu les houspilles… Justin est déjà en train de craquer ; un bon enregistrement, et il s’effondrera. Des aveux ne représentent pas exactement ce que tu as commandé au Père Noël, mais, au point où nous en sommes, nous ne pouvons pas nous permettre de faire la fine bouche. »  Page 517
  • « – Elle a exhumé le bout de papier, dit Rafe en allumant une cigarette. Elle nous a rejoints en le brandissant « Qu’est-ce que c’est que ça ? » Au début, personne n’y a prêté grande attention. Nous étions tous dans la cuisine. Justin, Daniel et moi faisions la vaisselle. Nous discutions de Dieu sait quoi..
    – Stevenson, l’interrompit Justin d’un ton triste. Docteur Jekyll et Mister Hyde. La différence entre la raison et l’instinct. Toi, Lexie, tu te gaussais de nos élucubrations sur le puritanisme de la littérature victorienne. Tu clamais que Jekyll et Hyde devaient, de toute façon, être nuls au lit. »  Page 537
  • « – Et alors ? Papa gourou ne va pas être content ? Lexie, tu as raté une certaine nuit. Si tu te demandais pourquoi Abby prend tout ce que dit Daniel pour parole d’Évangile… »  Pages 560 et 561

 

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