3,5 étoiles, J

La jeune fille à la perle

 

La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier.

Éditions Folio no 3648, publié en 2002; 313 pages

Deuxième roman de Tracy Chevalier paru initialement en 1999 sous le titre « Girl with a Pearl Earring ».

La jeune fille à la perle

En 1664, Griet habite à Delft avec ses parents. Son père, faïencier, est devenu aveugle suite à un accident de travail. Pour des raisons financières, la jeune Griet est envoyée comme servante chez les Vermeer. Elle est engagée pour s’occuper des six enfants de la famille et surtout pour faire le ménage dans l’atelier du peintre. Les débuts de Griet sont difficiles, elle s’attire sitôt arrivé l’animosité de la plupart des membres de la famille. Sa beauté, ainsi que son sens artistique évident, feront naître l’intérêt du peintre envers elle. Il lui fera découvrir petit à petit les rudiments de son art. Griet sera envoûtée par la personnalité et le travail de Vermeer. Une relation intime naitra entre eux et Vermeer décidera de faire son portrait. Elle deviendra rapidement la seule personne à pouvoir entrer dans l’atelier de l’artiste. Leur proximité va entraîner de nombreuses tensions au sein de la maison des Vermeer.

Tracy Chevalier a imaginé la vie du modèle de Vermeer qui lui a permis de créer son célèbre tableau « La jeune fille à la perle ». L’idée est sans contredit originale. Ce roman nous plonge au cœur de la vie des hollandais du XVIIème siècle. Les descriptions de la vie quotidienne et des conditions de travail ont de quoi faire frémir. On en apprend aussi beaucoup sur Vermeer, ses techniques et son œuvre. L’écriture est très agréable, tout en manquant de dynamisme. Certaines parties du roman sont un peu ennuyeuses car trop détaillées et elles ralentissent le récit. Le personnage de Griet est attachant et on se demande comment va évoluer sa relation avec Vermeer. Par contre, il est difficile de se sentir impliqué dans cette histoire, il manque un petit quelque chose pour nous attacher aux différents personnages et leur histoire. Malheureusement, on passe dans leur vie sans vraiment les découvrir. La fin manque de profondeur et est un peu précipité.

La note : 3,5 étoiles

Lecture terminée le 7 novembre 2013

La littérature dans ce roman :

  • « J’étais à la cuisine en train de hacher des légumes quand j’entendis des voix provenant de l’entrée, la voix d’une femme, aussi étincelante que cuivre bien astiqué, et celle d’un homme, aussi dense et sombre que le bois de la table sur laquelle je travaillais. C’était là des voix comme nous n’en entendions pas souvent chez nous. Des voix rappelant de somptueux tapis, des livres, des perles, des fourrures. »  Page 13
  • « Aux quelques affaires que je devais emporter, ma mère ajouta une coiffe, un col et un tablier de rechange afin que je puisse chaque jour laver l’un, porter l’autre, et paraître ainsi toujours impeccable. Elle me donna aussi un peigne en écaille en forme de coquille ayant appartenu à ma grand-mère, parure trop raffinée toutefois pour une servante. Elle ajouta à cela un livre de prières afin que je puisse m’évader du catholicisme ambiant si j’en éprouvais le besoin. »  Pages 19 et 20
  • « J’avais déjà vu des tableaux, jamais toutefois je n’en avais vu autant dans une pièce. J’en comptai onze. Le plus grand représentait deux hommes presque nus luttant corps à corps. Ne reconnaissant pas un récit de la Bible, j’en vins à me demander s’il ne s’agissait pas là de quelque légende catholique. »  Page 31
  • « Contre le mur le plus éloigné, derrière la chaise et le chevalet, on apercevait un petit bahut sur lequel étaient disposés des pinceaux et un de ces couteaux à la lame en forme de diamant, prévue pour nettoyer les palettes. À côté du buffet, un bureau disparaissait sous les papiers, les livres et les gravures. »  Page 53
  • « À l’autre bout, en face de la table et des fenêtres, une porte ouvrait sur une remise encombrée de tableaux, de toiles, de chaises, de coffres, d’assiettes, de bassins, d’un portemanteau et d’une étagère pleine de livres. »  Page 56
  • « De retour à l’Oude Langendijck, je fus soulagée de trouver la maison ouverte. Je m’y glissai et passai l’après-midi cachée dans la cour avec mon livre de prières. »  Page 97
  • « Le lendemain matin, j’ouvris tous les volets de l’atelier et regardai autour de moi, en quête de quelque chose à faire, d’un meuble que je pourrais toucher sans offenser mon maître, d’un objet que je pourrais déplacer sans qu’il le remarquât. Tout était à sa place : la table, les chaises, le bureau encombré de livres et de papiers. »  Page 122
  • « J’allai jeter un coup d’œil sur les enfants qui jouaient dans le débarras. Vautrés par terre, ils étaient occupés à trier des coquillages, mettant du sable partout. Les bahuts, les livres, les assiettes et les coussins ne les intéressaient pas. »  Page 174
  • « Je ne lui dis rien en la voyant ainsi vautrée par terre à côté de Maertge, me contentant, ce soir-là, de vérifier que mes affaires étaient bien là. Tout y était, mon carreau en faïence brisé, mon peigne en écaille, mon livre de prières, mes mouchoirs brodés, mes cols, mes chemisiers, mes tabliers et mes coiffes. Je les comptai et les repliai. »  Page 174
  • « J’arrivais à peu près à lire des ouvrages aussi familiers que mon livre de prières, mais je n’aurais pas pu déchiffrer l’écriture d’une dame. »  Page 181
  • « « Même si je ne suis jamais entrée dans une église catholique, commençai-je lentement, je crois que si j’y voyais un tableau, il ressemblerait aux vôtres, bien qu’il n’y ait pas de scènes de la Bible, de la Vierge à l’Enfant ou de la Crucifixion. » »  Page 193
  • « — Racontez-moi ce que vous avez entendu à mon sujet.
    — Oh ! Mademoiselle veut qu’on le lui raconte une fois de plus ? » Il éleva la voix. « Devrais-je tourner cela en un joli conte pour faire la joie de quelques autres ? »  Page 214
  • « « Lisez », ordonna-t-il.
    Après avoir déplié la feuille de papier, je me penchai dessus, tout inquiète qu’il puisse s’apercevoir que je feignais seulement de déchiffrer cette écriture inconnue.
    En fait, la feuille était blanche. Je levai la tête pour le lui dire mais m’arrêtai. Avec lui, mieux valait souvent ne rien dire.
    Je me penchai à nouveau sur la lettre.
    « Prenez plutôt ça », dit-il en me tendant un livre.
    Relié de cuir, celui-ci avait le dos craquelé. Je l’ouvris au hasard, étudiai une page. Je ne reconnus aucun des mots.
    Il me demanda de m’asseoir, puis de me remettre debout, tenant le livre, les yeux tournés vers lui. Il reprit le livre, le remplaça par un pichet blanc au couvercle d’étain et me dit de faire semblant de verser un verre de vin. Il me pria ensuite de rester là à regarder par la fenêtre. Tout cela sans jamais se défaire de son air perplexe, comme s’il avait oublié la fin d’une histoire qu’on lui avait racontée.
    « Les vêtements, c’est ça le problème », murmura-t-il.
    Je compris tout de suite. Il me faisait prendre des poses de dame alors que j’étais habillée en servante. Je pensai à la veste jaune, au corselet jaune et noir, et me demandai lequel des deux il me demanderait de passer. Au lieu de me séduire, cette perspective me mettait mal à l’aise, non seulement parce qu’il me serait impossible de cacher à Catharina que je portais ses vêtements, mais accomplir des gestes aussi peu familiers que tenir des livres, des lettres ou me servir un verre de vin, m’embarrassait. Malgré toute mon envie de sentir la douce fourrure de la cape autour de mon cou, ce n’était pas ma façon habituelle de me vêtir. »  Pages 241 et 242
  • « Seules Maertge et Maria Thins répondaient à mes salutations. Maria Thins se contentait d’un bref signe de tête quand elle me voyait, quant à Maertge, elle s’esquivait du marché à la viande pour venir me trouver. Ce fut elle qui me rapporta mes trésors, mon carreau de faïence brisé, mon livre de prières, mes cols et mes coiffes. »  Page 301
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