3,5 étoiles, R

Le retour de Jack l’Éventreur

Le retour de Jack l’Éventreur de J. B. Livingstone.

Éditions du Rocher, publié en 1989; 231 pages

Douzième roman de la série « Les dossiers de Scotland Yard » de J. B. Livingstone paru initialement en 1989.

Le retour de Jack L'Éventreur

Un homicide est commis dans le quartier de Whitechapel, plus de cinquante ans après les horribles meurtres non résolus de 1888. Ce qui est perturbant, c’est qu’il est en tout point identique au premier meurtre attribué à Jack L’Éventreur. Le superintendant Scott Marlow est chargé du dossier. Vu la complexité et la nature de l’enquête, il demande à l’ex-inspecteur-chef Higgins de sortir de sa retraite pour l’aider. Quelques semaines plus tard un deuxième meurtre est commis et encore un fois le modus operandi est identique à celui de Jack l’Éventreur. Les similitudes des meurtres sont-ils le fruit du hasard ou sont-ils le résultat d’un imitateur ? Pour commencer leur enquête, Higgins et Marlow établissent une liste des personnes présentes dans le quartier lors des deux meurtres. À leur grande surprise, les huit suspects identifiés apparaissent comme d’inquiétantes réincarnations de ceux de 1888. Mais, cette fois-ci arriveront-ils à identifier le tueur ?

Ce roman est basé sur le cas le plus mystérieux de l’histoire criminelle anglaise : L’affaire Jack L’Éventreur. À partir de 1888, un tueur en série a assassiné une dizaine de femmes de petite vertu dans le quartier de Whitechapel à Londres sans jamais être formellement identifié. Dès le début du roman, on est immergé dans l’ambiance glauque de Whitechapel par la magie de l’écriture de Livingstone. Les personnages d’Higgins et de Marlow sont réalistes, bien que peu approfondis. Mais ce duo finit par devenir ennuyeux avec leurs manies. Malheureusement, ce roman n’est en fait qu’un résumé du cas de 1888 sans vraiment de réel intrigue. La conclusion est basée sur des indices négligeables auxquels on n’attache pas d’importance, heureusement qu’à la fin on nous explique le raisonnement. Si vous vous qualifiez de ripperologue, ce roman n’est pas d’intérêt pour vous. Par contre, si du cas de Jack l’Éventreur vous ne connaissez que le nom, ce roman est une très bonne introduction à l’affaire.

La note : 3,5 étoiles

Lecture terminée le 11 décembre 2013

La littérature dans ce roman :

  • « Vérifiant qu’il n’avait pas été suivi et que personne ne l’observait, Higgins fit pivoter un panneau de bibliothèque où figuraient des éditions reliées des œuvres de William Shakespeare. »  Page 14
  • « – La nature humaine est compliquée et dissimulatrice, mademoiselle. Connaissez-vous les vers délicieux de la poétesse Harriett J. B. Harrenlittlewoodrof : « Quand le mouton se transforme en tigre, il est plus cruel que le chacal »?
    Annabella n’avait même pas lu Shakespeare. »  Page 45
  • « – C’est insensé, Higgins ! Nous croulons sous des centaines de lettres écrites par des déments ! Ils ont tous vu Jack L’Éventreur, de Liverpool à Glasgow en passant par Canterbury ! Quant aux appels téléphoniques, je préfère ne pas en parler. Le standard est saturé en permanence. Il y a même un membre de la Chambre des lords à qui j’ai été obligé d’accorder rendez-vous et qui m’a déclaré, avec le plus grand sérieux, que Jack l’Éventreur était un vampire n’agissant qu’à la pleine lune. Pour preuve de ses dires, il m’a montré un grimoire rempli de formules de sorcellerie ! »  Page 54
  • « Il alluma néanmoins une ampoule électrique dont la clarté fut suffisante pour qu’Higgins examinât les lieux : un étal de boucher, des quartiers de viande accrochés à des esses, un volume du Talmud, des couteaux de tailles diverses. »  Page 60
  • « Watson B. Petticott, relation obligée du Premier ministre et des personnages les plus influents du Royaume0Uni, ressemblait à Sherlock Holmes. »  Page 64
  • « Rarement capharnaüm avait atteint ce point de chaos. Des piles de livres de médecine, effondrées les unes sur les autres, s’entremêlaient avec des dossiers. »  Page 74
  • « L’ex-inspecteur-chef passa une bonne heure dans une librairie de Coptic Streer spécialisée dans les religions anciennes. Il consulta plusieurs gros ouvrages consacrés à la foi hébraïque et aux rites juifs. »  Page 79
  • « – En ce qui concerne les femmes de mauvaise vie… quelle est votre opinion ?
    – Celle du Talmud, bien entendu : il faut mettre à mort les prostituées comme le boucher abat ses bêtes pour le sacrifice. »  Page 80
  • « Au-dessus des bouteilles trônait un sous-verre montrant un paysage portugais surmonté d’un texte d’Albert Thibaudet à la gloire du vin : « Cet or du commerce, il me semblait le connaître, devenu liquide, ambré, savant et chat comme la période de Chateaubriand, dans le porto somptueux des universités britanniques, qui a la densité de ces gazons, la vieillesse de ces collèges de la Renaissance et en qui l’on boit à la fois la tradition anglaise et, puisqu’il est d’outre-mer, la tradition communale. » Higgins jugea la péroraison un peu alambiquée mais loua le ciel de n’être point tombé chez un amateur de thé. »  Page 85
  • « En se dirigeant vers le lounge, la partie aristocratique du pub séparée du public bar où l’on vidait force pintes de Whitebread Pale Ale, plate et tiède, Higgins songea à Samuel Pepys, le fameux écrivain anglais du XVIIe siècle dont le Journal, où il décrivait de manière étonnante la peste et l’incendie de Londres, avait été rédigé en caractère secrets qui n’avaient été déchiffrés qu’au XIXe siècle. Pepys venait souvent à l’Angel Pub, en compagnie d’une accorte servante qu’il honorait de ses faveurs empressées. Sur ce point aussi, il était demeuré très secret, en raison de ses hautes fonctions, secrétaire de l’Amirauté et président de la Royal Society. Mais lui, au moins, n’avait pas été soupçonné d’être Jack l’Éventreur ! »  Page 122
  • « N’était-ce pas sous le porche de Saint Paul que, dans le Pygmalion de Bernard Shaw, Eliza Doolittle avait rencontré le professeur Higgins ? »  Page 135
  • « Cinq minutes plus tard, un autre domestique s’inclina devant l’ex-inspecteur-chef et le guida jusqu’à une vaste pièce où le duc, debout devant une bibliothèque en acajou, consultait un annuaire de la noblesse. »  Page 153
  • « – Là-bas l’eau, ici la terre, dit le duc, rêveur.
    – « La terre mère des créatures », cita Higgins, « est aussi leur tombe. Leur sépulcre est sa matrice même. »
    – Vous aimez Shakespeare… vous avez raison. Dînons, voulez-vous ? »  Page 154
  • « – Mon couteau… vous m’avez rapporté mon couteau ?
    – C’est bien lui, approuva l’ex-inspecteur-chef. Si je vous le rends, à quel usage le destinerez-vous ?
    – Mais… à égorger les bêtes pour le sacrifice !
    – Le Talmud ne donne-t-il pas d’autre prescription ? Ne demande-t-il pas de mettre à mort les prostituées ?
    – Rendez-moi mon couteau, implora le rabbin. Avec lui, je me sentirai moins menacé.
    Higgins se fit sévère.
    – Je vous interdis bien de vous en servir ailleurs que dans votre boucherie.
    Le rabbin baissa la tête, comme un gamin pris en faute.
    – C’est juré, inspecteur. Juré sur le Talmud. »  Page 180
    « À l’issue de cette enquête, Higgins ne jouissait pourtant d’aucun soulagement. Il éprouvait l’insupportable sensation de ne pas avoir atteint la vérité. « Quand les nuages se montrent, avait écrit Shakespeare, les hommes sages mettent leur manteau. Quand les feuilles tombent, c’est que l’hiver approche. Quand le soleil se couche, qui ne s’attend à la nuit ? ». »  Page 225
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