3 étoiles, S

Storyteller

Storyteller de James Siegel.

Éditions Pocket no 13709, publié en 2013; 477 pages

Quatrième roman de James Siegel paru initialement en 2006 sous le titre « Deceit ».

Storyteller

Tom Valle habite à Littleton, petite ville perdue de la Californie. Il travaille pour une feuille de chou locale, mais ne couvre que les faits divers sans importances. C’est un véritable miracle qu’il puisse encore travailler dans le milieu de la presse. Ancien journaliste à succès de New York, il a vu sa carrière se brisée lorsqu’il fut découvert que ses articles étaient des histoires inventées de toutes pièces. Il a donc été banni de la profession et une réputation de menteur lui colle désormais à la peau. Présentement, tout tourne pour le mieux jusqu’au jour où il est appelé pour un banal accident de la route. Certains éléments et incohérences le troublent et lui font penser à une mise en scène. Usant de ses dons d’investigation, il va se lancer dans l’enquête. Il ne tardera pas à découvrir un complot aux nombreuses ramifications politiques, c’est le scoop du siècle. Mais qui sera prêt à croire son histoire, lui dont la voix a été discréditée par ses mensonges journalistiques ?

Thriller truffé de rebondissements et de situations plus invraisemblables les unes que les autres. De facture classique et exploitant le thème de la théorie du complot, ce roman propose aussi une réflexion sur l’utilisation de la vérité et du mensonge dans le journalisme et dans la politique. Le récit est bien conduit avec quelques retours en arrière dans la vie de Tom qui permettent de mieux cerner le personnage. On découvre qu’il est torturé et rongé par les remords. Il est particulièrement intéressant car il semble désireux de racheter les fautes de son lourd passé. Malheureusement, il est trop pathétique pour être tout à fait attachant et crédible. De plus, ce roman manque de fini et de profondeur certaines situations paraissent irréalistes et certains personnages simplistes et ridicules. L’écriture, nerveuse, s’organise en chapitres très courts ce qui en fait une lecture rapide. Un thriller classique qui manque de réalisme.

La note : 3 étoiles

Lecture terminée le 25 janvier 2014

La littérature dans ce roman :

  • « Je me fis la réflexion qu’on aurait dit des créatures de bande dessinée. Comme si un généticien peu porté sur l’esthétique avait croisé un agneau avec un chameau, puis contemplé le résultat et laissé échapper un « Oops ». Imaginez des pelotes de laine ambulantes, avec des franges de balai plantées négligemment sur la tête, couvrant leurs grands yeux mélancoliques. »  Page 53
  • « Je regardai en dessous des étagères, là où la plaque de plâtre rejoignait le sol. Une araignée marron fila se cacher sous un pot de peinture.
    Un pot rempli de capsule de bouteille.
    Un bâton de hockey fendu portant le logo à moitié effacé des San Jose Sharks.
    Une balle de baseball dont la couture était distendue.
    Quelques vieux livres. Une biographie du journaliste Edward R. Murrow. Une histoire de la guerre froide. Viêtnam de Stanley Karnow. Hiroshima de John Hersey.
    Tout cela avait probablement appartenu à Wren.
    De la poussière de plâtre recouvrait une photo de couverture où figurait un champignon atomique. En poussant de côté les livres, je découvris un trou dans le mur, large et irrégulier. »  Page 67
  • « Même si c’était un article sur la vente annuelle de livres à la bibliothèque de Littleton. Je n’avais pas intérêt à me tromper de date, d’accord ? »  Page 74
  • « Les natifs du coin aiment faire remarquer qu’il n’y a pas d’humidité dans le désert californien. C’est vrai. Mais ils oublient de préciser que la température en été dépasse les quarantes degrés – ce qui vous donne l’impression de respirer en plein sauna – et qu’il y a les Santa Ana. Ces vents sont meurtriers, mais pas de la façon dont vous pourriez l’imaginer. Ils ne vous emportent pas comme le loup qui souffle à la porte des petits cochons ; ils vous tuent en vous usant, en soufflant sans répit jusqu’à ce que vous deveniez fous. »  Page 95
  • « Je parlais comme avant, quand je débutais dans la profession et que la ferveur m’animait. Un étudiant en théologie expliquant sa foi. N’avais-je d’ailleurs pas travaillé pour ce qui était considéré comme la bible de l’industrie ? »  Page 149
  • « Je repoussai quelques livres pour pouvoir m’asseoir. Le canapé avait une légère odeur de poisson.
    Au bout d’un moment, je me mis à feuilleter quelques pages, attrapant tout ce qui se trouvait à portée de ma main. Pourquoi pas ? Je m’ennuyais. Ces livres reflétaient le même goût éclectique que dans mon sous-sol : il y avait de tout, d’une édition de poche de Lolita à une biographie d’Enrico Fermi. Les bouquins étaient remplis de marque-pages de fortune – une liste de courses, un ticket de cinéma, une lettre. »  Page 204
  • « – Peu importe, dis-je. On ne va de toute façon pas imaginer que des bonhommes de l’espace soient descendus à Littleton Flats.
    – À moins de croire aux contes de fées, dit-il. Ce n’est pas votre cas ?
    – Vous me demandez si je crois aux contes de fées ?
    – Oui.
    – Eh bien non.
    – Vous en avez lu depuis que vous êtes adulte ?
    – Pas que je me souvienne.
    – Vous devriez peut-être essayer. Même quand on cesse de croire aux lutins maléfiques, ils peuvent encore vous foutre les jetons. Surtout quand on cesse d’y croire, en fait. »  Page 211
  • « Celle qui avait trois ans lorsqu’elle avait survécu à l’inondation de l’Aurora était maintenant une femme d’âge mûr. Elle était divorcée et vivait seule. Wren avait remarqué que les étagères de son salon étaient remplies de livres sur les enlèvements par des extraterrestres. »  Page 213
  • « J’étais attachée sur une table en métal et ils m’examinaient avec des instruments à l’aspect terrifiant. Vous le savez peut-être, ou peut-être pas, mais c’est assez courant quand on se fait enlever par des extraterrestres. Vous avez déjà lu le bouquin de Whitley Schreiber ?
    Wren lui avoua que non.
    Elle lui expliqua que ce livre était considéré quasiment comme une bible par tous ceux qui avaient été victimes d’un enlèvement extraterrestre. Schreiber lui-même avait été kidnappé pas moins de trois fois.
    Wren dit qu’il ne manquerait pas de s’en procurer un exemplaire. »  Pages 216 et 217
  • « Vous croyez aux contes de fées ?
    Si c’était le cas, il me faudrait croire au reste de l’histoire de Bailey. Des extraterrestres bleus sans bouches. Des robots blancs sans visage. Des examens médicaux pratiqués dans les entrailles d’un vaisseau spatial.
    Un conte de fées digne des frères Grimm. S’ils avaient pris des champignons avant de se mettre à écrire. »  Page 220
  • « Sur scène, il était censé être l’heure du crépuscule, tant aimée de Shakespeare. Des choses magiques se produisent à la nuit tombante : les gens se transforment en ânes, des sortilèges sont jetés ou rompus, des amants se séparent ou se retrouvent. »  Page 226
  • « L’Amérique aimait Ike, mais elle commençait à en avoir un peu marre de Joe, le farouche pourfendeur de cocos qui avait juré sur une pile de bibles qu’’il y avait un rouge sous chaque lit. Ou au moins dans chaque département de l’administration américaine. »  Pages 248 et 249
  • « Les élèves de terminale présentèrent leur production de la pièce Oklahoma ! où le rôle principal était tenu par Marie Langham ; le journal du lycée qualifia sa prestation de « transcendante » et releva que le garçon qui jouait Curly était également receveur et ailier défensif dans l’équipe de football. »  Pages 250 et 251
  • « Il ne fallait surtout pas manquer de publier le moindre épisode des bandes dessinées Beetle Bailey, Li’l Abner et Peanuts. »  Page 256
  • « – Il se trouve que… ouais. Et c’était vraiment un truc cool. Robert Oppenheimer, Enrico Fermi, tous ces putains de génies qui bossaient là en plein milieu du désert. Little Boy, Fat Man, la course avec Hitler pour réussir le premier gros boum. Vous savez ce qu’Oppenheimer a dit quand ils ont enfin réussi, quand ils ont testé la bombe A et qu’elle a quasiment tout pulvérisé dans un noyau de trois kilomètres ?
    – Je crois que oui. Mais vas-y toujours.
    – « Je suis devenu la mort, le destructeur des mondes. » Une citation tirée du sanskrit. « Je suis devenu la mort ». C’est assez éloquent, non ? Et assez flippant aussi… »  Pages 272 et 273
  • « Qu’est-ce que tu dessines ? me demandait-elle, la jolie serveuse qui nous offrait toujours une portion supplémentaire de pancakes, à Jimmy et moi. Qui nous caressait parfois les cheveux et se penchait au-dessus de la table, appuyée sur ses deux coudes, pour que nous puissions sentir son parfum – le même que celui des fleurs séchées que ma mère pressait entre les pages des livres. »  Page 282
  • « – Un porte-parole de Saint Alban vient d’appeler. Même si on peut comprendre qu’ils ne tiennent pas à être associés avec un fanatique religieux éventuellement coupable de meurtre, il m’a juré sur une pile de bibles tout ce qu’il y a de plus presbytériennes que l’hôpital n’offrait pas de spécialisation en pédiatrie, en tout cas certainement pas durant les années que tu mentionnes. Nous sommes donc clairement face à un problème… »  Pages 285 et 286
  • « J’avais rencontré le médecin de l’armée parmi les ruines d’une autre ville détruite – celle-ci à cause d’une inondation et non des flammes, même si dans les deux cas il s’agissait de fléaux bibliques. »  Page 290
  • « Elle passa devant moi et le prit par le bras pour l’emmener à l’arrière du mobile home, comme s’il était aveugle. Comme s’il avait deux ans et qu’il fallait lui lire des histoires au lit au milieu de l’après-midi. »  Page 311
  • « – Quelqu’un l’a agressé, dis-je.
    Nous étions assis dans le salon principal : des tables, des fauteuils de bridge, deux distributeurs de boissons et friandises presque vides.
    – Sans blague, Sherlock, dit DeCola. Qui ça ? »  Page 339
  • « Racontez-moi une histoire, écrivit-il.
    – Une histoire ?
    Une histoire pour dormir.
    – Je ne connais pas d’histoires, Dennis.
    Envie dodo.
    – D’accord. Alors dormez.
    J’ai peur. Une histoire.
    – Écoutez, Dennis…
    Maman.
    – Votre maman est dans l’Iowa. Moi je suis Tom. Vous êtes à l’hôpital.
    Une histoire.
    – Je ne connais aucune histoire, Dennis.
    – Faites un effort, mon vieux, intervint le soldat, qui venait de se réveiller. Le pauvre homme a perdu la langue et il veut une histoire. Vous n’en connaissez aucune ?
    – Non.
    – Même pas Boucles d’Or ? Merde, tout le monde la connaît, celle-là. »  Page 348
  • « Certains d’entre eux venaient du Nouveau-Mexique, où ils avaient gardé un œil attentif sur les techniciens, les scientifiques et même les simples ouvriers qui travaillaient directement au contact de ce truc auquel on donnait le petit nom de Kryptonite – une allusion pas si drôle à l’élément capable de mettre à genoux Superman lui-même. Tout le monde savait qu’il fallait s’en méfier – mais à quel point ? »  Page 351
  • « Ces hommes méritaient des médailles.
    À partir de leur recherche on allait pouvoir écrire un manuel de survie postnucléaire. »  Page 356
  • « L’étagère de Benjamin était encore bien remplie.
    De vieux livres, principalement – des manuels scolaires et universitaires, des bandes dessinées, le genre de choses que les parents ont l’habitude de conserver précieusement dans une malle au grenier. »  Page 364
  • « Un à un, je me mis à prendre les livres poussiéreux sur l’ancienne étagère de Benjy. »  Page 367
  • « Je feuilletai un des manuels scolaires de Benjamin. Un voyage au fil de l’alphabet. À un moment donné, quelqu’un avait essayé de lui apprendre quelque chose. Il avait griffonné son prénom sur la couverture : Benjamin : 9 ans. »  Page 369
  • « J’ouvris le manuel scolaire. Benjamin : 9 ans,
    Chaque page était dédiée à une lettre : la page 1 à la lettre A, la page 2 à la lettre B, la page 3 à la lettre C, etc.
    Benjamin avait écrit chaque lettre dix fois en majuscule et dix fois en minuscule. Puis un mot commençant par la lettre en question. »  Page 371
  • « Vous croyez aux contes de fées ? Vous en avez lu depuis que vous êtes adulte ? Même quand on cesse de croire aux lutins maléfiques, ils peuvent encore vous foutre les jetons.
    Il y a toujours plusieurs niveaux de lecture dans les contes de fées. »  Pages 402 et 403
  • « J’étais même déjà tombé sur la réponse quand j’avais ouvert le manuel scolaire de Benjy.
    Karabolka. »  Page 414
  • « Une histoire à ne pas raconter aux enfants avant d’éteindre la lumière, sous peine de leur faire passer une nuit pleine de cauchemars.
    Une histoire qu’il peut être amusant de partager autour d’un feu de camp, au cœur d’une forêt obscure.
    Un conte particulièrement terrifiant.
    L’épilogue que le 499e bataillon avait attendu. »  Page 414
  • « Un appareil qui prenait cinquante clichés par seconde dans un ventre de métal aérodynamique. Filant au-dessus des radars, tel Icare en route vers le soleil.
    Un U-2.
    L’avion ultra secret. »  Page 421
  • « – Je vous dis la vérité.
    – Bien sûr, Pinocchio. »  Page 427
  • « Il y a toujours une part de vérité dans ce que vous racontent les gens. C’est la première règle dans les Manuel du parfait menteur. »  Page 428
  • « Le marine regarda dans ma direction, mais parut ne pas me voir. Comme si j’étais devenu transparent. Ce qui était le cas.
    Personne ne pouvait me voir.
    J’étais l’homme invisible. »  Page 430
  • « Il me fait singe de m’approcher.
    Je cours vers lui dans mon pyjama Batman, qui pour je ne sais quelle raison a changé de couleur – il est gris et terne. »  Page 433
  • « Il y avait dix pages photocopiées d’un livre chroniquant les débuts du programme nucléaire militaire américain.
    On trouvait également une biographie des Hiroshima Maidens – un groupe de jeunes survivants de la catastrophe nucléaire qui, défigurées, avaient écumé les routes avec leur spectacle de vaudeville. »  Page 438
  • « – Bien alors vous pouvez arrêter de regarder par-dessus votre épaule. Votre père. Il a parlé du passé. 1954. Il a vendu la mèche. Le barrage qui n’en était pas un. La petite explosion que les livres d’histoire oublient de mentionner. Mail il n’a rien donné à Wren ? Rien ?
  • « – Parce qu’il y a deux ans j’ai écrit un article sur un médecin qui m’aurait balancé des anagrammes. Un article que j’avais inventé. Mon réservoir de créativité devait être assez bas à ce stade-là : j’en étais déjà réduit à utiliser des clichés de roman policier. »  Page 451
  • « J’avais poussé un livre et découvert le trou dans le mur.
    Le livre avec de la poussière de plâtre sur sa jaquette.
    Hiroshima. »  Page 459
  • « J’écartai les livres.
    Je glissai me main dans le trou et doucement, lentement, délicatement, je sortis les feuilles de journal froissé. »  Page 460
  • « Le numéro était encore clairement lisible dans le coin droit.
    7513.
    Celui qui manquait dans les archives.
    Le numéro où figurait Qui est donc Eddie Bronson ? était le 7512.
    Le suivant, où l’on pouvait lire une critique du film Harry Potter à l’école des sorciers et un compte rendu de la dernière réunion de la section locale des Daughters of the American Revolution, était le 7514. »  Page 460
  • « À New York, quand j’en étais à emprunter les pires clichés des polars :
    Des anagrammes.
    Des rendez-vous clandestins au milieu des ruines de ville détruites.
    Des acteurs/arnaqueurs.
    Le jeu de l’Auto Tag.
    La totale. »  Page 466
    « Leur donner le temps d’entrer, de mettre en pratique ce qu’ils ont appris dans La lecture rapide pour les nuls et de comprendre l’essentiel. »  Page 473
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2 thoughts on “Storyteller”

  1. Je l’avais repéré à sa sortie en poche, et puis je l’ai oublié… Malgré ton avis en demi-teinte, j’ai quand même bien envie de lui donner une chance !

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