3 étoiles, P

Le poison dans l’eau

Le poison dans l’eau de Chrystine Brouillet.

Éditions Denoël (Sueurs froides), publié en 1987; 145 pages

Premier tome de la Série policière Maud Graham de Chrystine Brouillet paru initialement en 1987.

Le poison dans l'eau

Que s’est-il réellement passé dans le cas Julie-Anne de Beaumont ? Ce dossier a été classé sous la rubrique « Accidents ». L’enquête a démontré qu’il y a eu mort par noyade. Un an après les évènements, Maud Graham reçois de la sœur de la victime, une correspondance incriminante : des lettres échangées entre Mathieu, le mari de Julie-Anne et sa demi-sœur Emma. Dans cet échange, les deux se disputent la responsabilité du meurtre de Julie-Anne. Emma s’accuse du meurtre et il lui répond qu’il sait bien qu’elle fabule puisque c’est lui qui a tué sa femme. Durant son enquête, Graham découvre une famille peu commune où la haine prend le dessus sur l’amour. Qui a réellement tué Julie-Anne ? Et comment ?

Polar psychologique au rythme tranquille mais soutenu. Le début du récit est lent, l’auteur prend le temps de nous mettre en situation et nous présenter les personnages. Elle nous introduit à la famille Lambert qui semble être une bonne famille. Plus on avance dans le récit, plus on découvre leurs secrètes familiaux qui nous tiennent en haleine. L’univers malsain et sordide de cette famille est très bien amené. Le texte passe sans cesse d’un point du vue de l’un à l’autre, nous révélant ainsi différentes facettes des protagonistes. L’auteur parvient à dépeindre des personnages forts et crédibles. Comme il s’agit d’un dossier classé, l’intrigue n’est pas basée sur une course poursuite mais sur la psychologie. L’inspecteur doit démêler les motivations possibles de chacun des membres de la famille. C’est dans ce tome que Maud Graham fait sa première apparition. Sa présence est cependant discrète. On n’a droit qu’à quelques détails de sa personnalité et de sa vie. C’est un bon petit roman qui est quand même dense au niveau de l’histoire.

La note : 3 étoiles

Lecture terminée le 27 janvier 2014

La littérature dans ce roman :

  • « Pour ses quinze ans, elle ne reçut pas les escarpins en cuir vernis rouge dont elle rêvait mais un livre d’histoire ancienne qui traitait des coutumes égyptiennes, crétoises, grecques, romaines, mésopotamiennes. » Page 25
  •  « Il lut Madame Bovary parce que l’héroïne de Flaubert se prénommait Emma et il souhaita un avenir différent à sa demi-sœur ; qu’elle n’épouse pas un pauvre imbécile. » Page 42
  •  « Elle aurait perdu au bluff : son visage était un livre ouvert, on pouvait presque y distinguer les trèfles des carreaux. » Page 59
  •  « Il la rassurait, lui expliquait que les vampires existent vraiment mais qu’ils ne ressemblent guère au comte Dracula. » Page 73
  •  « La pelouse était un peu jaunie à cet endroit, et, à bien y penser, ce n’était pas de la pelouse mais un foin maigre tissé de vieux pissenlits. Il restait quelques têtes d’étoiles grises et ternes. Celles que les enfants aiment souffler et qui ornaient l’édition du Larousse des années 20. Flore avait cru longtemps que le dictionnaire était un livre de botanique. Puis elle l’avait ouvert et avait constaté qu’il y avait des fleurs mais aussi des automobiles, des animaux, des clous, des insectes, des potiches, des cadrans solaires, des squelettes, des hommes et des femmes dont on cachait le sexe, des châteaux forts, des ponts-levis, des radios, des plumes, des igloos, des statues pudiques, des violons, des pyramides, des bicyclettes et des cirques vides, sans lion, sans dompteur, sans trapèze, sans spectateur. » Page 85
  •  « Glenfiddish, whisky. Très populaires ces alcools dans les romans noirs américains même si on ne précise jamais s’il s’agit de bourbon ou de whisky. » Page 101
  •  « Ce n’est pas si important ; l’essentiel étant que le détective privé ouvre le tiroir gauche de son bureau encombré de paperasses et qu’il y trouve la bouteille de Chivas. On boit souvent du Chivas dans les romans mais il paraît que la qualité de l’alcool a baissé. Le privé enlève le bouchon, avale une bonne rasade à même la bouteille, en grimaçant ou non, selon qu’il est seul ou avec sa secrétaire. » Pages 101 et 102
  •  « Emma fait entrer l’inspectrice en la félicitant de sa chance : si elle avait appelé deux heures plus tard, elle aurait trouvé le nid vide. C’est ainsi qu’on dit dans les romans policiers quand les criminels se sont échappés ? » Page 103
  •  « Il y a un grand canapé beige, une télévision encastrée dans le mur, un énorme Lazy-Boy en cuir brun, deux chaises en chêne ; une bibliothèque où il y a quelques livres mais surtout des médailles et des trophées ; le père d’Emma joue au golf ; Graham enlève son imper pour bien faire comprendre à Emma qu’elle aussi pratique l’ironie mais elle attend que la jeune femme l’invite à s’asseoir. » Page 103
  •  « Graham se souvient d’une phrase de Guitry : « Être privé de quoi que ce soit quel supplice, être privé de tout, quel débarras ! » L’inspectrice adore Guitry mais, jeune, ils étaient plutôt privés de tout chez elle, et elle ne trouvait pas que c’était un tel soulagement. » Page 108
    « Graham roule lentement en rentrant chez elle ; elle essaie de se souvenir du titre d’un roman qu’elle avait étudié au couvent. L’histoire d’une famille qui se haïssait. Elle devrait dire « les membres d’une famille » se haïssaient mais parler « d’une » famille accentue l’effet de violence sourde et de pourriture. Graham se demande si l’auteur a tout inventé ou s’il s’est inspiré de personnages réels. » Page 125
  • « Plus maintenant ; Julie-Anne est morte et Mathieu a jeté les fleurs qu’elle s’entêtait à faire sécher. Les fleurs, les vêtements, les livres de Julie-Anne. » Page 126
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