4 étoiles, O

Orgueil et Préjugés

Orgueil et Préjugés de Jane Austen.

Éditions 10/18 (Domaine étranger), publié en 2006, 379 pages

Deuxième roman écrit par Jane Austen et paru initialement en 1813 sous le titre « Pride and Prejudice ».

Orgueil et Préjugés

Longbourn, comté de Hertfordshire. Les Bennet ont cinq filles et souhaitent les marier le plus rapidement possible. Ils veulent ainsi assurer l’avenir de celles-ci qui est compromis par des dispositions testamentaires. Les sœurs Bennet n’auront rien à la mort de leur père, c’est le cousin Collin qui héritera de tout. Une pointe d’espoir émerge pour les Bennet lorsqu’ils apprennent qu’un riche propriétaire a loué une demeure avoisinant leur propriété. L’arrivée de Mr. Bingley avec son entourage créera une vraie attraction pour toute la haute société de Longbourn. Jane et Elizabeth, les deux ainées se liront d’amitié avec les invités de ce beau monsieur Bingley. Dans ce groupe, il y a entre autre Mr. Darcy, homme ironique et orgueilleux qui exaspère Élisabeth. Ils vont amorcer une étrange relation où les préjugés les induiront en erreur.

Ce roman dépeint avec brio les us et coutumes de la société anglaise du début du XIX siècle. À cette époque, les règles régissant la vie mondaine britannique étaient très strictes. Un faux pas et les sanctions encourues pouvaient aller jusqu’à l’exclusion définitive de la bonne société. Dans ce récit, l’auteur a su mettre en scène des personnages très attachants et intéressants. Ils sont aussi dotés de forte personnalité pour notre grand plaisir. Elle nous donne abondamment de détails psychologiques si bien qu’on peut les voir prendre vie et suivre leur évolution. Les dialogues sont les moments les plus intéressants de la lecture avec ce mélange de modestie et de politesse démesuré de l’époque. Le style est élégant, plaisant et grave à la fois. La lecture du texte est fluide et les descriptions subtiles ce qui fait ressortir la finesse et l’ironie de l’auteur. Jane Austen transporte le lecteur au-delà d’une simple histoire d’amour, elle critique l’aristocratie anglaise de l’époque. Les premières pages sont fort amusantes. Malheureusement, la suite est quelque peu statique et ennuyeuse dû en majeur partie à l’attitude superficielle des personnages dont la richesse, l’apparence et la beauté sont de premières importances. Mais on finit par se laisser prendre par l’histoire et par passé un bon moment de lecture.

La note : 4 étoiles

Lecture terminée le 9 avril 2014

La littérature dans ce roman :

  • « – Quel est le sens de cette énergique exclamation ? s’écria son mari. Vise-t-elle les formes protocolaires de la présentation ? Si oui, je ne suis pas tout à fait de votre avis. Qu’en dites-vous, Mary, vous qui êtes une jeune personne réfléchie, toujours plongée dans vos gros livres ? »  Page 25
  • « Elles revinrent donc toutes de très bonne humeur à Longbourn, le petit village dont les Bennet étaient les principaux habitants. Mr. Bennet était encore debout ; avec un livre il ne sentait jamais le temps passer et, pour une fois, il était assez curieux d’entendre le compte rendu d’une soirée qui, à l’avance, avait fait naître tant de magnifiques espérances. »  Page 31
  • « En entrant dans le salon, elle trouva toute la société en train de jouer à la mouche et fut immédiatement priée de se joindre à la partie. Comme elle soupçonnait qu’on jouait gros jeu, elle déclina l’invitation et, donnant comme excuse son rôle de garde-malade, dit qu’elle prendrait volontiers un livre pendant les quelques instants où elle pouvait rester en bas. Mr. Hurst la regarda, stupéfait.
    – Préféreriez-vous la lecture aux cartes ? demanda-t-il. Quel goût singulier !
    – Miss Elizabeth Bennet dédaigne les cartes, répondit miss Bingley, et la lecture est son unique passion.
    – Je ne mérite ni cette louange ni ce reproche, répliqua Elizabeth. Je ne suis point aussi fervente de la lecture que vous l’affirmez, et je prends plaisir à beaucoup d’autres choses. »  Pages 53 et 54
  • « Elizabeth remercia cordialement, puis se dirigea vers une table où elle voyait quelques livres. Bingley aussitôt lui offrit d’aller en chercher d’autres.
    – Pour votre agrément, comme pour ma réputation, je souhaiterais avoir une bibliothèque mieux garnie, mais voilà, je suis très paresseux, et, bien que je possède peu de livres, je ne les ai même pas tous lus.
    – Je suis surprise, dit miss Bingley, que mon père ait laissé si peu de livres. Mais vous, Mr. Darcy, quelle merveilleuse bibliothèque vous avez à Pemberley !
    – Rien d’étonnant à cela, répondit-il, car elle est l’œuvre de plusieurs générations.
    – Et vous-même travaillez encore à l’enrichir. Vous êtes toujours en train d’acheter des livres.
    – Je ne comprends pas qu’on puisse négliger une bibliothèque de famille. »  Page 54
  • « Elizabeth, intéressée par la conversation, se laissa distraire de sa lecture. Elle posa bientôt son livre et, s’approchant de la table, prit place entre Mr. Bingley et sa sœur aînée pour suivre la partie. »  Page 55
  • « Darcy prit un livre, miss Bingley en fit autant ; Mrs. Hurst, occupée surtout à jouer avec ses bracelets et ses bagues, plaçait un mot de temps à autre dans la conversation de son frère et de miss Bennet.
    Miss Bingley était moins absorbée par sa lecture que par celle de Mr. Darcy et ne cessait de lui poser des questions ou d’aller voir à quelle page il en était ; mais ses tentatives de conversation restaient infructueuse; il se contentait de lui répondre brièvement sans interrompre sa lecture. À la fin, lasse de s’intéresser à un livre qu’elle avait pris uniquement parce que c’était le second volume de l’ouvrage choisi par Darcy, elle dit en étouffant un bâillement :
    – Quelle agréable manière de passer une soirée ! Nul plaisir, vraiment, ne vaut la lecture ; on ne s’en lasse jamais tandis qu’on se lasse du reste. Lorsque j’aurai une maison à moi, je serai bien malheureuse si je n’ai pas une très belle bibliothèque.
    Personne n’ayant répondu, elle bâilla encore une fois, mit son livre de côté et jeta les yeux autour d’elle en quête d’une autre distraction. »  Pages 69 et 70
  • « Miss Bingley ne répondit point et, se levant, se mit à se promener à travers le salon. Elle avait une silhouette élégante et marchait avec grâce, mais Darcy dont elle cherchait à attirer l’attention restait inexorablement plongé dans son livre. »  Page 71
  • « Elizabeth, bien que surprise, consentit, et le but secret de miss Bingley fut atteint : Mr. Darcy leva les yeux. Cette sollicitude nouvelle de miss Bingley à l’égard d’Elizabeth le surprenait autant que celle-ci, et, machinalement, il ferma son livre. »  Page 71
  • « Ferme dans sa résolution, c’est à peine s’il adressa la parole à Elizabeth durant toute la journée du samedi et, dans un tête-à-tête d’une demi-heure avec elle, il resta consciencieusement plongé dans son livre sans même lui jeter un regard. »  Page 75
  • « Elles trouvèrent Mary plongée dans ses grandes études et, comme d’habitude, prête à leur lire les derniers extraits de ses lectures accompagnés de réflexions philosophiques peu originales. »  Page 75
  • « Après le thé il lui demanda s’il voulait bien faire la lecture à ces dames. Mr. Collins consentit avec empressement. Un livre lui fut présenté, mais à la vue du titre il eut un léger recul et s’excusa, protestant qu’il ne lisait jamais de romans. Kitty le regarda avec ahurissement et Lydia s’exclama de surprise. D’autres livres furent apportés parmi lesquels il choisit, après quelques hésitations, les sermons de Fordyce. Lydia se mit à bâiller lorsqu’il ouvrit le volume et il n’avait pas lu trois pages d’une voix emphatique et monotone qu’elle l’interrompt en d’écriant :
    – Maman, savez-vous que l’oncle Philips parle de renvoyer Richard et que le colonel Forster serait prêt à le prendre à son service ? J’irai demain à Meryton pour en savoir davantage et demander quand le lieutenant Denny reviendra de Londres.
    Lydia fut priée par ses deux aînées de se taire, mais Mr. Collins, froissé, referma son livre en disant :
    – J’ai souvent remarqué que les jeunes filles ne savent pas s’intéresser aux œuvres sérieuses. Cela me confond, je l’avoue, car rien ne peut leur faire plus de bien qu’une lecture instructive, mais je n’ennuierait pas plus longtemps ma jeune cousine.
    Et, malgré l’insistance de Mrs. Bennet et de ses filles pour qu’il reprît sa lecture, Mr. Collins, tout en protestant qu’il ne gardait nullement rancune à Lydia, se tourna vers Mr. Bennet et lui proposa une partie de trictrac. »  Pages 83 et 84
  • « – Il paraît, miss Elizabeth, que George Wickham a fait votre conquête ? Votre sœur vient de me poser sur lui toutes sortes de questions et j’ai constaté que ce jeune homme avait négligé de vous dire, entre autres choses intéressantes, qu’il était le fils du vieux Wickham, l’intendant de feu Mr. Darcy. Permettez-moi de vous donner un conseil amical : ne recevez pas comme parole d’Évangile tout ce qu’il vous racontera. »  Page 107
  • « Mr. Bennet avait levé les yeux de son livre à l’entrée de sa femme et la fixait avec une indifférence tranquille que l’émotion de celle-ci n’arriva pas à troubler. »  Page 122
  • « Il aimait la campagne, les livres, et ces goûts furent la source de ses principales jouissances. La seule chose dont il fût redevable à sa femme était l’amusement que lui procuraient son ignorance et sa sottise. »  Page 233
  • « Dans la salle à manger, ils furent bientôt rejoints par Mary et Kitty que leurs occupations avaient empêchées de paraître plus tôt. L’une avait été retenue par ses livres, l’autre par sa toilette. »  Pages 276 et 277
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2 réflexions au sujet de “Orgueil et Préjugés”

  1. Je suis contente qu’il t’ai plus plu qu’à moi… 🙂 J’ai lu celui-ci et Raison et sentiments et je peux dire que je n’accroche pas à Jane Austen. Je pense que je n’aurais pas pu vivre à cette époque !

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