3,5 étoiles, C

Charlie

Charlie de Stephen King

Éditions France Loisirs, publié en 1985, 435 pages

Roman de Stephen King paru initialement en 1980 sous le titre « Firestarter ».

Lorsqu’Andie McGee était étudiant, il était plein d’avenir mais surtout fauché. Pour gagner de l’argent, il participa à des essais menés par les labos de recherche de l’université. C’est lors d’une de ces expériences qu’il rencontra Vicky. Mais cette expérimentation scientifique ultra-secrète du gouvernement sur les pouvoirs psychiques tourna mal. Andie et Vicky n’ont fait qu’un mauvais trip, mais d’autres ont eu des crises d’agressivité intenses et quelques-uns en sont mort. Les deux ont gardé des effets secondaires de cette expérience. Vicky peut désormais faire bouger des objets par la pensée et Andy a la faculté de dominer mentalement les gens en leur implantant des suggestions de pensées. Quelques années plus tard, issue de leur union naitra Charlie. Enfant affecté par l’expérience qu’a subi ses parents. Celle-ci détient un pouvoir aussi étrange que dévastateur : la pyrokinésie. Ceux qui ont supervisé l’expérimentation veulent mettre la main sur Charlie. Sa mère sera assassinée par les agents fédéraux, Charlie n’aura que son père pour la protéger. Une course poursuite s’engage, où les affrontements et les morts violentes jalonneront leur périple.

Très bonne intrigue alliant suspense, phénomènes surnaturels, manipulation d’enfants et critique des services secrets américains. Stephen King prouve encore une fois qu’il est excellent pour décrire les relations humaines et la société américaine avec ses dérives. Dans ce roman, il en profite pour dénoncer les exactions des autorités américaines, lorsqu’il s’agit de mettre à profit une arme révolutionnaire. L’histoire est riche en rebondissements et a un rythme palpitant. L’intrigue est travaillée de façon précise, King a pensé à chaque détail. Malheureusement, il y a quelques longueurs qui font décrocher le lecteur. Les personnages sont bien construits surtout les personnages de Charlie et de son père qui sont les plus attachants. Leur relation père-fille est très émouvante car l’attachement qui les unis est très profond. Entre courses-poursuite, déchainement de feu, détention et manipulation, c’est un bon moment de lecture, Stephen King a su tenir le lecteur en haleine jusqu’au dénouement de l’intrigue.

La note : 3,5 étoiles

Lecture terminée le 18 mai 2014

La littérature dans ce roman :

  • « Une semaine à peine le séparait de la dernière fois – quand l’homme suicidaire s’était pointé à la séance du mardi soir chez Confidence Associates et avait commencé à raconter avec un calme terrible comment Hemingway s’était fait sauter le caisson. »  Page 12
  • « La petite dormait à poings fermés. Ils avaient cavalé tout l’après-midi, depuis le moment où Andy était allé la chercher dans sa classe en bredouillant de vagues excuses à l’intention de la maîtresse…, la grand-mère très malade…, rentrer à la maison…, urgent Avec, derrière tout ça, l’énorme soulagement de ne pas avoir trouvé sa chaise vide en entrant dans la salle de classe, ses livres bien rangés dans le pupitre : non, monsieur McGee…, elle est partie avec vos amis, il y a deux heures de cela…, ils m’ont montré ce mot de vous…, je ne me trompe pas ? »  Page 17
  • « Durant sa première année à Harrisson, Andy avait eu un professeur d’anglais qui reniflait constamment sa cravate tout en dissertant sur William Dean Howell et la montée du réalisme en littérature. »  Page 19
  • « Trois ou quatre minutes plus tard, elle sortit, un livre et des cahiers sous le bras. Elle était vraiment très jolie. »  Page 24
  • « « Comment vous sentez-vous, Andy ? »
    McGee le regarda. C’était le type qui lui avait fiat l’injection – quand ? Une année auparavant ? Il passa la paume de sa main sur sa joue et entendit le crissement de sa barbe naissante.
    « Comme Rip Van Winkle » répondit-il »  Page 49
  • « « Je ne comprends toujours pas comment on pourrait partager une vision identique, enchaîna-t-il, à moins qu’ils n’aient découvert une drogue qui soit à la fois hallucinogène et télépathique. Je sais qu’on en a parlé ces dernières années…, le principe c’est que si les hallucinogènes aiguisent la perception… » Il haussa les épaules, puis sourit. « Carlos Castaneda, pourquoi n’es-tu pas là quand on a besoin de toi ? »  Pages 51 et 52
  • « Deux ou trois personnes quittaient la salle de classe, leurs bouquins sous le bras. »  Page 58
  • « Sur le flanc du véhicule on avait peint une représentation des Mille et Une Nuits : califes, jeunes filles au visage dissimulé sous un masque de tulle, ainsi que l’inévitable tapis volant. Ce dernier était indubitablement rouge, mais à la lueur des lampes à sodium, il prenait la teinte brune du sang séché. »  Page 61
  • « – Mal au crâne, répondit Andy. Migraine.
    – Trop de tension. Je comprends ça. T’as besoin de liquide ? Je peux te filer cinq dollars. J’aimerais te donner plus mais je vais en Californie et je dois faire gaffe. Comme les Joad dans Les Raisins de la colère. »  Pages 62 et 63
  • « Il ouvrit la porte, pénétra dans le hall spacieux. Une jeune femme aux cheveux roux était assise derrière un bureau, un livre d’analyses et de statistiques ouvert devant elle. L’une de ses mains marquait la page, l’autre glissée dans le tiroir de son bureau, effleurait un Smith & Wesson calibre 38. »  Page 76
  • « Albert souffrait d’hémorroïdes et avait déjà subi deux opérations. Il avait refusé la troisième parce qu’elle aurait pu se solder par le port d’un sac colostomique jusqu’à la fin de ses jours. Cap rapprochait ça du conte de fées où il était question d’une sirène qui voulait être femme, et paya cher ses jambes et ses pieds. »  Pages 82 et 83
  • « Elle n’a que sept ans. À cet âge-là, John Milton n’était peut-être qu’un petit garçon peinant pour écrire son nom lisiblement avec un morceau de charbon de bois. L’enfant a grandi. Il a écrit le Paradis perdu. »  Page 96
  • « Wanless était devenu aussi fou que le petit garçon de l’histoire de D. H. Lawrence, celui qui pouvait deviner les gagnants des courses de chevaux. »  Page 101
  • « Elle songea soudain à sa mère. Charlie avait alors cinq ans, presque six. Elle n’aimait pas penser à ça, mais les souvenirs étaient revenus et elle ne pouvait les repousser. Ça s’était passé juste avant que les méchants ne viennent et lui fassent du mal. (avant qu’ils la tuent, tu veux dire. Ils l’ont tuée.) bon d’accord, avant qu’ils la tuent et emmènent Charlie. Papa l’avait prise sur ses genoux pour lui raconter une histoire sauf qu’il n’avait pas les livres habituels qui parlaient de Pooh et de Tigger et de M. Crapaud et de Willie Wonka. Il avait plein de livres très épais et sans image. Elle avait plissé son nez et demandé celui de Pooh.
    « Non, Charlie, avait-il répondu. Je veux te lire d’autres histoires et il faut que tu écoutes. Tu es assez grande maintenant, je crois. Ta mère le pense aussi. Ça te fera certainement un peu peur, mais il le faut. Ce sont de vraies histories. »
    Elle se rappelait les titres des livres parce que ça lui avait vraiment fait peur. Il y en avait un appelé Lo ! par un monsieur Charles Fort. Un autre appelé Plus étrange que la science par monsieur Frank Edwards. Un autre encore appelé la Vérité de la nuit. Et puis un dernier : Pyrokinésie : compte rendu d’un cas, mais maman n’avait pas voulu qu’on lise celui-là. « Plus tard, avait-elle dit, quand elle sera beaucoup plus grande, Andy. » Et le livre avait disparu. Charlie en avait éprouvé du soulagement.
    Les récits étaient terrifiants. Le premier parlait d’un homme qui était mort brûlé dans un parc. Le second d’une femme qui s’était consumée dans le salon de sa maison-caravane. Rien dans la pièce n’avait pris feu excepté la femme et un morceau de la chaise sur laquelle elle était assise, en train de regarder la télé. Charlie n’avait pas compris certaines choses très compliquées mais elle se souvenait du policier qui disait : « Nous n’avons aucune explication. Il ne reste rien de la victime à part des dents et quelque morceaux d’os calcinés. Il aurait fallu au moins un fer à souder pour griller quelqu’un de cette façon. Nous ne comprenons pas pourquoi la caravane entière n’a pas explosé. »
    La troisième histoire concernait un grand garçon – onze ou douze ans – qui avait pris feu sur une plage. Son père l’avait plongé dans l’eau se brûlant gravement au passage, mais le garçon avait continué à se consumer jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. Il y avait aussi celle qui parlait d’une adolescente qui s’était enflammée alors qu’elle racontait ses péchés au prêtre dans le confessionnal. Charlie connaissait la confession parce que Deenie la lui avait expliquée. Elle lui avait raconté qu’il fallait avouer au curé tout ce qu’on avait fait de mal durant la semaine.

    Charlie avant parfaitement saisi le pourquoi de ces histoires. Après celle de la fillette dans le confessionnal, elle avait été si effrayée qu’elle s’était mise à pleurer à gros sanglots. »  Pages 104 à 106
  • « Ils n’ont absolument rien à voir avec la CIA, expliqua Andy. La Boîte est en réalité le DSI – Department of Scientific Intelligence. J’ai lu dans un article il y a environ trois ans qu’un petit malin l’avait surnommé la Boîte au début des années soixante d’après un bouquin de science-fiction. Écrit par un type nommé Van Vogt, je crois, mais ça n’a pas beaucoup d’importance. »  Page 128
  • « Les flammes avaient déjà traversé la pelouse et s’attaquaient au treillis, escaladant le lierre avec l’agilité d’un Roméo. »  Page 139
  • « Nous y penserons demain. Comme disait Scarlett, demain est un autre jour. »  Page 146
  • « Adulte également, il était venu, faisant l’amour à sa femme dans le grand lit qui jadis avait appartenu à Granther et à son épouse – cette petite bonne femme silencieuse et quelque peu sinistre, membre de la Confrérie des athées américains, qui pouvait vous expliquer, à la demande, les Trente Illogismes les plus importants de la Bible du roi Jacques ou, si vous le préfériez la Grotesque Erreur de la Théorie de l’Harmonie universelle, le tout avec l’irrévocable et sourde logique d’un prédicateur confirmé. »  Page 160
  • « Tandis que Charlie regardait les livres sur les rayons de la grande salle de séjour, Andy descendit dans le petit cellier situé trois marches au-dessous du garde-manger. »  Page 161
  • « Merveille des merveilles, elle avait découvert tous les contes de Winnie l’Ourson sur les rayons et se trouvait perdue à cet instant quelque part dans la forêt enchantée. »  Page 162
  • « Ils avaient passé, tous les trois, pas mal de temps ici. Une télé encastrée dans le mur, une table de Ping-Pong un énorme jeu de jacquet. D’autre jeux de société appuyés au mur, de grands livres rangés le long d’une table basse que Vicky avait fabriquée avec des planches de grange. Un mur tapissé de livres de poche et sur les autres murs, encadrés et enchevêtrés, des carrés de laine tricotés par Vicky ; elle plaisantait sur le fait qu’elle était très forte pour tricoter des carrés mais n’avait tout bonnement pas le courage d’en faire une couverture. Des livres de Charlie sur une étagère d’enfant, tous rangés selon l’ordre alphabétique qu’Andy lui avait enseigné un soir d’ennui où il neigeait, il y avait de cela deux hivers, et qui la fascinait toujours. »  Page 171
  • « Dix minutes plus tard il était sur l’autoroute et fonçait vers l’est avec un ticket de péage fourré dans l’exemplaire quelque peu défraîchi et annoté du Paradis perdu de Milton posé à côté de lui sur le siège. »  Page 180
  • « Sur leur droite, la jeune mère allaitait le bébé. Son mari lisait un livre de poche. »  Page 187
  • « L’exercice tonifiait son corps. Entre sa peau et ses vêtements se formait une couche de sueur et c’était bon de sentir la transpiration sur son front puis de l’essuyer. Il avait pratiquement oublié cette sensation tandis qu’il enseignait Yeats et Willians et corrigeait des copies. »  Pages 195 et 196
  • « Charlie avait découvert une collection complète de Bomba-l’enfant- de-la-jungle, au grenier, et, lentement mais sûrement, elle les lisait. »  Page 200
  • « Aucun des anciens assis autour du poêle de Jack Rowley dans le magasin général de Bradford Town n’avait beaucoup de sympathie pour les manières des gens du Vermont, avec leurs impôts sur le revenu et leurs grands airs à propos de la loi sur l’alcool et ce putain de Russe fourré dans sa piaule comme un tsar, à écrire des bouquins que personne ne comprenait. »  Page 201
  • « – Je vous l’ai déjà dit, Cap. Rien que votre parole que mon rôle dans cette affaire McGee ne se terminera pas avec le fusil mais ne fera que commencer. Je veux… » L’œil de Rainbird se fit plus sombre, pensif, maussade, introspectif… « Je veux la connaître intimement »
    Cap le considéra, horrifié.
    Rainbird comprit soudain et secoua la tête avec mépris, « Pas comme ça. Pas au sens biblique du terme. Mais je veux la connaître. Elle et moi allons être bons amis, Cap. Si elle détient autant de pouvoirs que les choses semblent le montrer, elle et moi allons devenir de grands amis. »  Page 218
  • « Elle lut quelques-uns des livres qu’on lui donna – ou tout au moins, les feuilleta – et alluma parfois la télé couleur de sa cambre mais pour l’éteindre presque aussitôt. »  Pages 234 et 235
  • « Rainbird pénétra dans la petite baraque en préfabriqué, prit sa carte dans le fichier et pointa. T. B. Norton, le surveillant, leva les yeux de son livre de poche. »  Pages 236 et 237
  • « Un mois plus tôt, juste avant la fête nationale, ils avaient commencé des tests sur des animaux. Andy protesta, faisant observer que pousser un animal était encore plus impossible que de pousser un humain stupide, mais ses protestations demeurèrent sans effet sur Pynchot et son équipe qui n’étaient motivés, à cet égard, que par des recherches scientifiques. C’est ainsi qu’une fois par semaine Andy se retrouva assis dans une pièce avec un chien, un chat ou un singe, se faisant l’effet d’un personnage de roman absurde. »  Page 247
  • « Malgré tout, il avait peur. Soudain lui revinrent en mémoire les histoires d’aventures de son enfance. Dans nombre de ces récits, on trouvait un accident dans une grotte, sans lampes ni bougies. Et il semblait que l’auteur s’étendît toujours sur la description de l’obscurité, qualifiée de « palpable », « absolue », « totale ». On retrouvait même ce vieux cliché d’« obscurité vivante », par exemple : « L’obscurité vivante engloutit Tom et ses amis. » Si l’on voulait impressionner ainsi le jeune Andy McGee, alors âgé de neuf ans, ce fut un échec. En ce qui le concernait, s’il avait envie de se trouver « englouti par l’obscurité vivante », il lui suffisait de s’enfermer dans son placard et de placer une couverture au bas de la porte. »  Page 250
  • « Charlie s’assit dans la salle de bains, porte fermée. Elle l’aurait verrouillée si elle avait pu. Avant que le factotum entre pour nettoyer, elle faisait des exercices simples découverts dans un livre. »  Pages 255 et 256
  • « Elle était une criminelle. Elle avait péché contre le premier des Dix Commandements et était certainement vouée à l’enfer. »  Page 256
  • « Alors que Chuckie avait trois ans, sa mère avait faire frire des pommes de terre et Chuckie s’était renversé l’huile bouillante dessus et avait failli en mourir. Après cela, les autres gamins l’appelaient parfois Chuckie le Steak ou Chuckie Frankenstein et Chuckie pleurait. »  Page 257
  • « Et au travers d’une autre fenêtre il vit Charlie et, de nouveau, il fut persuadé qu’il s’agissait d’un rêve concernant des pirates – un trésor enseveli, yo-ho-ho et tout le reste – car Charlie semblait parler avec Long John Silver. L’homme avait un perroquet perché sur l’épaule et un bandeau sur un œil. Il souriait à Charlie d’un air obséquieux, faussement amical, qui rendit Andy nerveux. Comme pour confirmer cette impression, le pirate borgne entoura de son bras les épaules de Charlie et se mit à crier d’une voix rauque : « On va les avoir, môme ! » »  Page 274
  • « C’était une chose que d’abuser une gosse de huit ans avec des contes de fées sur les oreilles des murs et sur la nécessité de chuchoter pour ne pas être entendu, mais c’en était une autre que de rouler son père avec les mêmes histoires, même s’il avait déjà avalé l’appât, l’hameçon et le bouchon. »  Page 290
  • « Et puis, environ une semaine plus tard, Rainbird changea abruptement de tactique. Il le fit sans raison précise, parce que sa propre intuition lui soufflait qu’il n’irait pas plus loin en argumentant. Il était temps de supplier, comme dans l’histoire d’Oncle Remus, Frère Lapin avait supplié Frère Renard de ne pas le jeter dans un fourré de ronces pour obtenir exactement la chose inverse. »  Page 291
  • « Pour lui, les trois semaines qui venaient de s’écouler depuis la panne avaient été une période de tension et d’efforts presque insupportables entrecoupée d’éclats de gaité teintés de culpabilité. Il se trouvait à même de comprendre aussi bien comment le KGB pouvait inspirer une telle terreur que l’exaltation qu’avait dû ressentir le Winston Smith de George Orwell au cours de sa brève, folle et furtive rébellion. »  Page 297
  • « La nuit, allongé sur son lit dans l’obscurité, il y avait repensé encore et encore : Big Brother regarde. Voilà ce qu’il faut te répéter, garder bien claire dans ton esprit. Ils te retiennent prisonnier dans le cerveau antérieur de Big Brother, et si tu veux vraiment aider Charlie, tu dois continuer à les tromper. »  Page 298
  • « Et s’il sombrait, c’était dans un sommeil fragile, traversé de rêves étrangles (où revenait souvent la silhouette de Long John Silver, le pirate borgne à la jambe de bois). »  Page 298
  • « Histoire de garder un œil sur lui au cas où ses facultés de domination mentale reviendraient et de s’en servir comme d’un atout majeur si des difficultés imprévues surgissaient entre Charlie et eux. À l’issue de quoi surviendrait sans aucun doute un accident, une overdose ou un « suicide ». Et, selon la terminologie d’Orwell, il deviendrait « non existant ». »  Page 301
  • « – Alors, vous comprenez ce que je veux dire. Au cours de la dernière réunion que j’ai eue avec lui, il a tenté de me prévenir. Il avait fait une comparaison – attendez – avec John Milton à l’âge de sept ans, s’appliquant pour gribouiller son nom en lettres lisibles, et le même devenu adulte, composant le Paradis perdu. Il parlait d’elle… de son potentiel de destruction. »  Page 321
  • « Big Brother. C’était le problème. Big Brother.
    Dans son appartement, Andy passa du living-room à la cuisine, s’obligeant à marcher lentement, un sourire vague plaqué sur le visage. »  Page 323
  • « Il ne voulait pas utiliser la poussée dans ses quartiers, car Big Brother écoutait et surveillait sans relâche. »  Page 323
  • « Pour l’amour du Christ, comment s’occuper de Big Brother ? »  Page 323
  • « Là, Andy ressentit la satisfaction malsaine qu’un homme de couleur, pensait-il, doit éprouver quand il vient de faire croire à un Blanc déplaisant qu’il a devant lui un bon nègre, un vrai oncle Tom. »  Page 327
  • « Andy était en nage. Cela les retiendrait-il ? Ou bien sentiraient-ils le coup fourré ? Aucune importance. Comme Willy Loman avait coutume de le bêler, la forêt brûlait. Bon Dieu, pourquoi pensait-il à Willy Loman ? Il devait fou. »  Page 329
  • « Évidemment, tous les manuels de science de quatrième vous diront que n’importe quoi peut brûler à condition d’être assez chaud. Mais c’est une chose de lire ce genre d’information, et une autre que de voir un mur flamber, avec de vraies flammes bleu et jaune. »  Page 337
  • « 3) Toutes les mesures télémétriques du métabolisme restent dans les limites des paramètres normaux. Rien de bizarre, ni de remarquable. C’est comme si elle était en train de lire un livre ou de faire ses devoirs au lieu de créer ce qui, d’après toi, correspond à plus de 16 000 degrés de chaleur centrés en un seul point. »  Page 338
  • « L’un des cadres en mal de dynamisme avait mentionné une envie irrépressible et morbide de pendre son pistolet d’ordonnance dans le placard et de jouer à la roulette russe. Dans son esprit, ce désir était lié à la nouvelle d’Edgar Allan Poe, William Wilson, qu’il avait lue à l’époque où il était encore au collège. Dans les deux cas, Andy avait pu arrêter l’écho avant qu’il ne se transforme en ricochet fatal. Pour le cadre, un homme tranquille aux cheveux blonds qui travaillait dans une banque, il avait suffi d’une seconde poussée suggérant qu’il n’avait jamais lu l’histoire de Poe. »  Page 343
  • « Il avait un visage qui respirait la bonté, la finesse et lui rappelait une illustration d’un de ses livres. Elle l’avait déjà vu quelque part, mais elle ne pouvait dire où. »  Page 354
  • « Quand son père poussait M. Merle, ça lui rappelait un livre qui le rendait malade. Papa disait que le ricochet venait de l’histoire, qui rebondissait dans sa tête comme une balle de tennis. Mais au lieu de s’arrêter, le souvenir devenait de plus en plus fort et M. Merle n’allait pas bien du tout. Papa avait même peur que ça le tue. Alors un soir, il l’avait retenu après le départ des autres. Il l’avait poussé pour lui faire croire qu’il n’avait jamais lu ce livre. »  Page 355
  • « « Salut, Charlie », dit-il.
    Elle était allongée sur le divan, et feuilletait un livre d’image. »  Page 362
  • « – Je n’ai pas bien dormi.
    – Ah ouais ? » Il le savait. Ce débile de Hockstetter en bavait presque parce qu’elle avait fait monter la température de quelques degrés dans son sommeil. « J’en suis désolé. C’est à cause de ton papa ?
    – Sans doute. » Elle ferma son livre et se leva. »  Page 362
  • « Le monde et l’organisation l’avaient projeté hors d’une société fermée, dans le désert, qui aurait pu être son seul salut… ou, à défaut, aurait pu faire de lui Joe l’Indien, brave et inoffensif suceur de méta, pompant de l’essence dans une station-service, ou encore vendant de fausses poupées hopi dans un stand merdeux ou bord de la route, entre Flagstaff et Phoenix. »  Page 374
  • « Ils avaient assassiné sa femme, poursuivi Charlie et lui-même à travers la moitié du pays, pour finir par les kidnapper et les retenir prisonniers. Mais ils voulaient qu’il signe une décharge pour ses effets personnels. Hilarant. Mieux que du Kafka. »  Page 377
  • « Elle était assise sur le divan. Rien d’autre. Pas de livre, pas de télé. On aurait dit une femme attendant le bus. »  Page 381
  • « « Et je me moque aussi de ce qu’elle peut faire. C’est une gamine de huit ans, pas Superwoman. Elle ne peut pas rester cachée longtemps. Je veux qu’on la retrouve et qu’on la tue. » »  Page 416
  • « « Le Lot Six les intéresse, c’est évident. Je dirais que pour le moment l’éclairage est ambré. » Elle se mit à jouer avec ses cheveux longs, épais, d’une belle couleur auburn foncé. « Ajournés pour une durée illimitée signifie jusqu’à ce que nous leur livrions la fille avec une étiquette au gros orteil droit.
    – Je vois, une petite Salomé, murmura l’homme de l’autre côté du bureau. Malheureusement, le plateau est encore vide. »  Page 417
  • « Il acheta des livres scolaires à Albany et entreprit de faire lui-même la classe à Charlie. Elle comprenait vite, mais Irv n’était pas très doué pour l’enseignement. Norma s’en tirait un peu mieux. Certains soirs, pourtant, alors qu’ils étaient assis tous deux à la table de la cuisine, penchés sur un livre d’histoire ou de géographie, Norma le regardait, et ses yeux posaient toujours la même question… celle à laquelle Irv ne pouvait répondre. »  Page 428
    « Le dernier jour d’avril, les agents de la Boîte convergèrent pour la seconde fois sur la ferme Manders. Ils vinrent à l’aube par les champs auréolés d’une brume printanière, pareils à de terrifiants envahisseurs de la Planète X dans leurs éclatantes combinaisons ignifugées. »  Page 434
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