3 étoiles, A

Axiomatique

Axiomatique de Greg Egan.

Éditions Le Livre de Poche (Science-fiction), publié en 2006, 394 pages

Recueil de nouvelles de Greg Egan paru initialement en 1995 sous le titre « Axiomatic ».

Recueil de 18 nouvelles de science-fiction du genre « hard science-fiction » donc l’aspect scientifique est mis en avant plan. Plusieurs thèmes sont abordés dans cette sélection de textes tel des drogues qui brouillent la réalité, des animaux génétiquement améliorés, l’élaboration de chimères, des personnes qui accueillent dans leur ventre le cerveau d’une autre personne le temps de reconstruire leur corps, l’invention de virus sélectifs et des implants cérébraux altérant la personnalité…

Cette lecture, c’est dix-huit pistes de réflexions sur la nature humaine et sur l’utilisation de la technologie. Comme la majorité des recueils de nouvelles, la qualité des textes est inégale et certaines histoires sont plus intéressantes que d’autres. Le point fort de ce recueil c’est la crédibilité des textes, car ils sont basés sur des préoccupations actuelles. Le niveau de complexité scientifique est très variable d’une histoire à l’autre. Certaines nouvelles sont donc plus difficiles d’accès pour les novices de la hard science-fiction ou pour ceux qui n’ont pas une formation en science. Par contre, il ne faut pas se laisser décourager par la lecture de la première nouvelle « L’Assassin infini » car elle est la plus difficile d’accès. Malheureusement, les textes manquent de profondeur au niveau émotif des personnages, ce que fait que le lecteur est moins investi dans l’univers proposé. Il faut faire une mention spéciale au texte « Le coffre-fort » qui est l’histoire la plus surprenante et la plus accrocheuse du recueil. Un bon moment de lecture de science-fiction.

La note : 3 étoiles

Lecture terminée le 28 août 2014

La littérature dans ce roman :

  • « Les rêves au S ne sont ni surréalistes ni euphoriques. Ils ne ressemblent pas non plus à des voyages en simulateur : des fantaisies vides, des contes de fées absurdes pleins de richesses illimitées et d’indescriptible béatitude. »  Page 9
  • « L’Académie Nobel, plutôt conservatrice, avait fait preuve d’une rare audace en lui attribuant le Prix Nobel de la Paix avec trois ans d’avance sur les efforts qui le lui vaudraient. Je ne me rappelais pas bien les détails, et appelai donc à l’écran le Livre de l’année. Les troupes seraient reparties le 3 août, avec des pertes peu importantes. Dûment réconforté, je repris le cours de ma vie. »  Page 42
  • « De sorte que quand Pria m’annonça solennellement qu’une guerre à grande échelle avait éclaté au Cachemire et que les gens étaient massacrés par milliers, je lui répondis : « C’est ça. Et Maura a eu le Nobel en récompense d’un génocide. »
    Il haussa les épaules. « As-tu déjà entendu parler de Henry Kissinger ? » Je dus admettre que non. »  Page 42
  • « Cook leur avait assuré qu’ils n’avaient pas à s’inquiéter de l’éducation du jeune génie. Il pouvait organiser une inscription prioritaire dans la meilleure université pour bébés de Californie où, parmi les prodiges MGD Nobel & Nobel, Eugène pourrait faire de la gymnastique d’éveil pour premier âge, au son de Kant sur un air de Beethoven, et apprendre la Théorie du Champ Unifié de façon subliminale pendant ses siestes de l’après-midi. »  Page 62
  • « Il entra dans le Livre des Records pour avoir implanté et accouché les premiers quintuplés fivettes de troisième génération. Mais son projet de super-bébé, ainsi que ceux d’autres eugénistes dans le monde, semblait maudit : les mécènes se retiraient sans raison apparente, les appareils ne fonctionnaient pas, les laboratoires prenaient feu. »  Page 65
  • « L’étage était sens dessus dessous. Des vêtements éparpillés dans la chambre. Des livres, des CD, des papiers, des tiroirs retournés, étalés sur le sol du bureau.  Des textes médicaux. Dans un coin, des piles de CD périodiques se détachaient du fouillis par leurs pochettes toutes semblables : The New England Journal of Medicine, Nature, Clinical Biochemistry et Laboratory Embryology. »  Page 67
  • « L’odeur m’a pris à la gorge, mais c’est sa force, sa concentration qui m’a accablé car, en elle-même, elle n’était pas particulièrement fétide. À l’étage, en voyant les livres de médecine, j’avais pensé à des cobayes, des rats et des souris, mais ce n’était pas une puanteur de rongeurs en cage qui pénétrait mes narines. »  Page 68
  • « Ils ont diffusé les spéculations de Muriel Beatty Ŕ toujours à partir de mes enregistrements. Avant de passer la parole à un duo d’experts grand public qui ont débattu sur les points de détail du processus de chimérisation, pendant qu’un journaliste faisait de son mieux pour glisser des références douteuses à tout et à n’importe quoi, de la mythologie grecque à L’île du docteur Moreau. »  Page 75
  • « Par curiosité, j’ai visionné certains des appels. Les premiers ne m’en ont pas appris beaucoup plus que le résumé. Puis un homme a présenté un livre ouvert à l’objectif de la caméra. La lueur d’une ampoule électrique, reflétée par le papier glacé, en rendait certaines parties presque invisibles. Le tout était un peu flou, mais ce que je parvenais à distinguer m’a intrigué.
    Un léopard à tête de femme était accroupi près du bord d’une surface plane et surélevée. Un jeune homme mince, nu jusqu’à la taille, était debout à ses côtés. Il se tenait appuyé contre la surface, joue contre joue avec la chimère Ŕ elle pressait une patte avant contre l’abdomen de l’homme, en un geste d’embrassade maladroit. Lui regardait droit devant, impassible, la bouche figée dans une expression compassée qui lui donnait un air de détachement un peu efféminé. Ses yeux à elle étaient presque fermés et plus je la fixais, moins son expression me paraissait facile à définir : peut-être était-ce un contentement placide et rêveur, peut-être était-ce une extase érotique. Les deux personnages avaient des cheveux auburn. »  Pages 79 et 80
  • « J’ai aussitôt appelé une Britannica en ligne et ai prononcé « Lindhquistisme ».
    Andréas Lindhquist, 1961-2030, était un artiste suisse, spécialisé dans les « performances » en public. »  Pages 80 et 81
  • « J’ai tout d’abord été stupéfait de n’avoir jamais entendu parler de ce dingue, ne serait-ce qu’une fois. À elle seule, son extravagance avait dû lui valoir une certaine notoriété. Mais il y a des millions d’excentriques dans le monde et des milliers d’entre eux sont des gens très riches. De plus, je n’avais que cinq ans en 2030 à la mort de Lindhquist d’une crise cardiaque. Il laissa sa fortune à son fils alors âgé de neuf ans. Quant à ses disciples, Britannica en signalait une douzaine, dispersés dans toute l’Europe de l’Est Ŕ c’est là qu’il semblait avoir suscité le plus de respect. Tous paraissaient avoir complètement abandonné ses pires excès. Ils se contentaient de rédiger des volumes entiers de théories esthétiques justifiant l’utilisation de contreplaqué peint et de mimes portant des masques stylisés. En fait, la plupart se limitaient à proposer les bouquins, sans s’encombrer eux-mêmes de tout ça. »  Pages 82 et 83
  • « Pour d’obscures histoires de copyright, on trouve peu d’œuvres d’art visuel dans les bases de données accessibles au public. J’ai donc profité de ma pause-déjeuner pour sortir acheter un livre sur les peintres symbolistes contenant une reproduction en couleurs de La Caresse. »  Page 83
  • « Le moindre changement dans les conditions d’observation suffisait à imposer une réinterprétation complète. S’il s’agissait là de l’effet que Khnopff avait eu l’intention de produire, c’était une incontestable réussite. Je ne pouvais cependant m’empêcher de trouver le phénomène extrêmement frustrant. Ce qu’en disait le livre ne m’aida pas beaucoup : il louait « la composition parfaitement équilibrée du tableau et sa délicieuse ambiguïté thématique » et suggérait que la tête du léopard avait été « basée, de façon perverse, sur la sœur de l’artiste, dont la beauté l’obsédait nuit et jour ». »  Page 83
  • « Quelqu’un vient juste d’essayer de nous tuer tous les trois, et vous continuez à vous comporter comme si rien de spécial n’était arrivé. Comme un personnage de bande dessinée. Qu’est-ce qu’on ressent ? »  Page 91
  • « Elle avait stérilisé l’aiguille dans la flamme, puis avait enlevé la couche de suie avec un mouchoir et de la salive. Nous avions pressé les minuscules plaies collantes l’une contre l’autre, récité un serment ridicule tiré d’un roman pour enfants de série Z, et Paula avait soufflé la bougie. »  Page 104
  • « Nous allions survivre toutes les deux, ou toutes les deux nous allions mourir. Les jours qui suivirent, cette réflexion se mit à m’obséder. C’était comme du vaudou, comme une malédiction de conte de fées… ou l’accomplissement des paroles qu’elle avait prononcées, la nuit où nous étions devenues « sœurs de sang ». »  Page 115
  • « Chaque étagère portait une étiquette : PSYCHÉDÉLIQUES, MÉDITATION ET GUÉRISON, MOTIVATION ET SUCCÈS, LANGAGE ET SAVOIR-FAIRE. Les implants ne mesuraient pas plus d’un millimètre de largeur, mais ils étaient présentés dans des emballages de la taille d’un livre à l’ancienne mode. »  Page 129
  • « J’ai rapidement appris à lire vite – si je ne finissais pas un livre le jour où je l’avais commencé, je savais que je ne pourrais peut-être plus mettre la main dessus pendant des semaines, voire des mois. J’ai dévoré des centaines d’histoires pleines de héros et d’héroïnes qui avaient des amis, des frères et des sœurs, et même des animaux familiers qui restaient avec eux, jour après jour. Chaque livre me faisait un peu plus mal, mais je ne pouvais m’empêcher de lire. Je ne pouvais abandonner l’espoir que le prochain volume que j’ouvrirais commencerait par ces mots : « Un beau matin, un petit garçon s’éveilla, et se demanda quel était son nom. »
    Un jour, j’ai vu mon père consulter un plan de la ville et, en dépit de ma timidité, je lui ai demandé ce que c’était. J’avais vu des globes terrestres et des cartes du pays à l’école, mais pas de plans de ce genre. Il me montra notre maison, mon école, son lieu de travail, à la fois dans les pages qui détaillaient les quartiers, et sur la carte récapitulative qui occupait les pages de garde.
    À cette époque, tous les guides des rues étaient produits par la même maison d’édition. Chaque famille en avait un. »  Pages 157 et 158
  • « Je savais que je ne pourrais jamais avoir une carrière scientifique. Quant à comprendre la nature de ma situation, il me paraissait clair que la réponse ne se trouvait pas dans un quelconque manuel de neurobiologie. »  Page 160
  • « Et en ce qui concerne ce que moi je sais d’eux… Je vois parfois de l’amour et du respect dans le regard de leur famille ou de leurs collègues, il y a quelques fois des manifestations physiques de réalisations que je peux admirer (l’un d’entre eux a écrit un roman plein d’humour noir sur son expérience au Vietnam, que j’ai lu et apprécié ; un autre construit des télescopes en amateur : il en a réalisé un magnifique, de type Newtonien, avec un réflecteur de trente centimètres de diamètre, qui m’a permis d’observer la comète de Halley) mais ils sont bien trop nombreux. »  Page 161
  • « J’achète un plan de la ville – de la marque qui m’est familière depuis que je suis petit, celle qui comporte une carte récapitulative sur les pages de garde – ainsi qu’une boîte de cinq feutres. »  Pages 170 et 171
  • « Je fais mes excuses à Laura (son nom est sur ses livres d’école). Elle ne pleure plus mais on dirait qu’elle l’a fait pendant des heures. »  Page 172
  • « Nous détenons votre femme, déclara le ¨jeune homme¨. Transférez un demi-million de dollars/Sur ce compte/Si vous ne voulez pas qu’elle/Souffre ». Je ne pouvais m’empêcher de l’entendre comme ça ; le rythme peu naturel du discours, l’articulation claire de chaque mot, évoquaient un artiste hyperbranché lisant de la mauvaise poésie. L’œuvre s’intitule « Demande de rançon »… »  Page 196
  • « Ils traitaient de Platon, de Descartes et de Marx, ils parlaient aussi de Saint Augustin et, lorsqu’ils se sentaient tout particulièrement modernes et aventureux, de Sartre, mais s’ils avaient entendu parler de Gödel, de Turing, de Hamsun ou de Kim, ils refusaient de l’admettre. Ma frustration était telle que dans une dissertation sur Descartes, je suggérai que la notion de conscience humaine considérée comme un « logiciel » pouvant fonctionner aussi bien dans un cerveau organique que dans un cristal optique, remontait en fait au dualisme Cartésien : à la place de « logiciel », il fallait comprendre « âme ». »  Page 223
  • « Est-ce que tu sais combien d’échantillons nous traitons chaque jour ? Je ne peux pas épiloguer sur tous les prélèvements qui ne donnent pas des résultats en parfaite concordance avec le manuel. »  Page 244
  • « Je regarde vers le haut, une seule fois, vers le ciel vide et stupide, et je refuse de réceptionner le flot de souvenirs liés dans ma mémoire à ce même bleu incroyable. Tout cela est fini, envolé. Pas de réminiscences proustiennes pour moi, ni de va- et-vient temporels à la Billy Pilgrim. »  Page 259
  • « Mais j’ai lu quelque part qu’un scientifique plein d’astuce a découvert que des chiens dont on a enlevé le cerveau peuvent encore exécuter les mouvements nécessaires à la copulation. De toute évidence, la moelle épinière suffit. Eh bien, en fin de compte, la mienne a fait son travail, et le terminal a fait clignoter un BIEN JOUÉ ! sarcastique. J’aurais dû l’écrabouiller d’un bon coup de poing. J’aurais dû découper la Boîte noire à la hache et courir autour de la pièce en hurlant des poèmes sans queue ni tête. »  Page 276
  • « Une fois en congé, j’ai occupé mes journées à regarder la télévision et à lire des livres de puériculture. »  Page 277
  • « Je fixe le plan en essayant de le graver dans ma mémoire. Ce n’est pas que je n’y aurai plus accès, une fois à l’intérieur, mais c’est toujours plus rapide de savoir directement ce qu’il en est. Quand je ferme les yeux pour voir où j’en suis de ma mémorisation, le motif dans ma tête ressemble surtout à un de ces labyrinthes qu’on trouve dans les livres de jeux. »  Pages 286 et 287
  • « En termes de masse, j’étais enceinte de cinq mois. En termes de poids, de sept. Pendant deux ans. Si Kafka avait été une femme… »  Page 323
  • « Sur le chemin du traiteur, il passa comme toujours devant la fameuse librairie. Un nouveau poster criard attira son attention : un jeune homme nu langoureusement allongé sur un lit dans une pose post-coïtale, le sexe à peine recouvert par un coin de drap. Le titre du livre s’étalait sur le haut de l’affiche, imitant une brillante enseigne au néon rouge : Sexe sans risque pour nuit torride. »  Page 333
  • « En 1981, Matthew Shawcross avait acheté une minuscule station de télévision par câble dans la Bible Belt, assez décrépite et qui avait jusqu’alors partagé son temps d’antenne entre de vieux clips rayés en noir et blanc des chanteurs de gospel des années cinquante, et des attractions locales, comme des montreurs de serpents (protégés par leur foi, et par l’ablation opportune des glandes à venin de leurs protégés) ou des enfants épileptiques (encouragés par les prières de leurs parents, et par une suppression soigneusement calculée de leurs médicaments pour que l’esprit saint les anime). »  Pages 333 et 334
  • « À une époque où le mot miracle faisait partie du vocabulaire de la médecine et de la science, voilà qu’arrivait un fléau sortant en droite ligne de l’Ancien Testament, qui détruisait les méchants et épargnait les justes (à quelques hémophiles et transfusés près), établissant pour Shawcross la preuve indubitable que les pécheurs pouvaient être punis dans cette vie comme dans la suivante. »  Page 334
  • « Il ne fallait pas se demander pourquoi tout le monde se moquait de la vérité, quand tous les films, tous les livres, tous les magazines, toutes les chansons de rock encourageaient encore et toujours la promiscuité et la perversion, les présentant comme normales et bonnes. »  Page 335
  • « Il avait besoin d’être guidé ! Il alluma la lampe de chevet et prit sa Bible sur la table de nuit. Les yeux clos, il ouvrit le livre au hasard. Il reconnut le passage au premier coup d’œil. C’était la moindre des choses ; il l’avait lu et relu cent fois, le connaissait presque par cœur. La destruction de Sodome et de Gomorrhe. »  Page 336
  • « Le virus de Shawcross allait être un chef-d’œuvre de mécanisme biologique (comme William Paley n’aurait jamais pu en imaginer Ŕ et qu’un évolutionniste impie n’oserait pas attribuer à « l’architecte aveugle » du hasard). »  Page 339
  • « Je n’avais jamais pu me convaincre tout à fait qu’une œuvre littéraire, une poésie ou une pièce de théâtre, m’ouvrait une fenêtre sur l’âme de l’auteur, même quand j’y avais trouvé un important degré de résonance personnelle. »  Page 353
  • « Quand une image ou une métaphore sonnait juste à mes oreilles, cela prouvait seulement que je partageais avec l’auteur un ensemble de définitions, une liste d’associations de mots résultant de notre culture. Après tout, beaucoup d’éditeurs utilisaient couramment des programmes informatiques (des algorithmes hautement spécialisés mais pas si sophistiqués que cela, dépourvus en tout cas de la moindre parcelle de conscience d’eux-mêmes) pour produire de la littérature, aussi bien que de la critique littéraire, parfaitement indiscernable d’un écrit d’origine humaine. Et pas uniquement des âneries préformatées ; à plusieurs reprises, j’avais été profondément affecté par des œuvres dont je n’avais que plus tard découvert qu’elles avaient été produites par un logiciel non conscient. Cela ne prouvait pas que la littérature humaine ne communiquait rien de la vie interne de son auteur, mais laissait assez clairement une bonne place pour le doute. »  Page 354
  • « Se voir mourir les uns les autres, observer la décrépitude progressive de leurs corps, devait avoir convaincu les humains de l’ère pré-Ndoli de leur humanité commune ; en tout cas, la littérature regorgeait de références au pouvoir égalisateur de la mort. »  Pages 354 et 355
  • « Je l’amenai à une représentation d’En attendant Godot par des perroquets génétiquement améliorés. »  Page 355
  • « Même à la manière ridicule et rudimentaire d’un romancier prétendant « exposer » un personnage, je n’aurais pas pu expliquer Sian. »  Page 357
  • « Je fis une copie du fichier pour Sian. Elle l’examina attentivement avant de dire : « Les limaces sont hermaphrodites, non ? Elles restent suspendues en plein air sur un fil de bave. Je suis sûre qu’il y a même quelque chose dans Shakespeare sur le spectacle somptueux des limaces en train de copuler. Imagine un peu ça : toi et moi, faisant l’amour comme des limaces. »
    Je me roulai par terre de rire.
    Et m’arrêtai soudain. « Où ça, dans Shakespeare ? Je ne pensais même pas que tu avais lu Shakespeare. » »  Pages 361 et 362
  • « Puis un mélange enivrant de nostalgie et de déjà vu m’assaille à la vision de la flèche de la cathédrale surplombant toute cette misère. En dépit de tout, une partie de moi-même se sent comme un vrai Fils Prodigue, de retour à la maison pour la première fois – pas simplement de passage pour la cinquantième. »  Page 382
  • « Pourquoi devrait-elle offrir une vue si imparfaite et confuse de la place de l’humanité dans l’univers ?
    Des erreurs factuelles ? Il avait fallu choisir des métaphores cohérentes avec la vision du monde de l’époque ; Dieu aurait-il dû laisser l’auteur de la Genèse perplexe devant les détails du Big Bang et de la nucléosynthèse primordiale ? Contradiction ? Des tests de la foi Ŕ et de l’humilité. Comment puis-je être arrogant au point de comparer mes misérables capacités de raisonnement au Verbe du Tout-Puissant ? Dieu transcende tout, y compris la logique.
    Surtout la logique.
    Ça ne va pas. Des naissances virginales ? Des miracles avec des petits pains et des poissons ? La résurrection ? De simples fables poétiques, qui ne doivent pas être prises littéralement ? Si c’est le cas, néanmoins, que reste-t-il à part quelques homélies bien intentionnées et beaucoup d’effets théâtraux pompeux ? Si Dieu s’est vraiment fait homme, a souffert, est mort puis a ressuscité pour me sauver, alors je Lui dois tout Ŕ mais si c’est simplement une belle histoire, alors je peux aimer mon prochain avec ou sans doses régulières de pain et de vin. »  Page 383
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