La femme du capitaine

La femme du capitaine de Beth Powning.

Éditions Perce-Neige, publié en 2014, 438 pages

Roman de Beth Powning paru initialement en 2010 sous le titre « The Sea Captain’s Wife ».

Au dix-neuvième siècle, dans le petit village côtier de Whelan’s Cove au Nouveau-Brunswick, Azuba observe sans relâche les navires marchands prendre le large dans la brume de la Baie de Fundy. Depuis qu’elle est enfant, elle rêve de mettre les voiles et de partir à la découverte du monde. Malheureusement pour elle, son mari, le capitaine Bradstock, est un homme solitaire et ne veut pas mettre sa femme et sa fille en danger sur son navire, Le Voyageur. Il veut les garder à l’abris du dur quotidien sur un navire : les longs mois en mer, les orages, les tempêtes, le rationnement ou même les mutineries ou les naufrages. Mais, il suffira d’une rumeur dans le village pour qu’il se résigne à amener Azuba et leur fille avec lui lors de son prochain départ. Un fois en mer, le voyage ne sera pas de tout repos et la femme du capitaine aura grandement le temps de songer à ses choix de vie.

Un merveilleux roman historique sur le milieu maritime. Cette lecture fait voyager le lecteur de la Baie de Fundy à Hong Kong en passant par le dangereux Cap Horne et la belle ville de San Francisco. Dans ce récit, les personnages sont attachants et très crédibles. Celui d’Azuba est très intéressant car il fait découvrir la vie quotidienne des femmes de marins qui partaient en mer pendant des mois, parfois même des années. En suivant sa vie et ses pensées on découvre une jeune femme forte et courageuse. De plus, les descriptions des paysages marins ainsi que le langage utilisé pour les dialogues font voyager littéralement le lecteur sur les navires à voiles de l’époque. Malgré quelques longueurs, un roman très bien écrit et dépaysant qui fait passer de belles heures de lecture.

La note : 4,5 étoiles

Lecture terminée le 21 février 2015

La littérature dans ce roman :

  • « Azuba et Nathaniel étaient allés lui rendre visite au presbytère peu après son arrivée au village. Il leur avait montré son studio, une grande pièce à l’arrière de la maison où se trouvaient un chevalet, des cahiers à dessin et une table, sous une fenêtre, encombrée de trésors ramenés de la côte – plumes, coquillages, crânes.
    Même vieux, pensa-t-elle, il aura cet air fervent et innocent.
    Le soleil entrait à flots par les fenêtres et illuminait les objets dans la pièce – la table recouverte d’un tapis sur laquelle étaient posés une lampe à huile et des livres à reliure de cuir ; un vaisselier en fer blanc laqué; un orgue à soufflerie manuelle. »  Page 24
  • « Je pense à toi qui lisais à voix haute à Carrie et qui m’enseignais à jouer au cribbage. Il nous reste encore la moitié du dernier roman de Dickens à lire. »  Pages 46 et 47
  • « La table vers laquelle elle se tourna débordait d’objets : des bouteilles pleines de pinceaux à poils de martre, des cahiers à croquis, des plateaux d’étain remplis d’outils d’artiste, des créatures préservées dans des bocaux. De os blanchis, des pinces de homard, des squelettes de poissons, des dents, des dollars des sables, des oursins. »  Page 47
  • « Simon était dans son bureau. Il avait quitté sa chaise, derrière son pupitre à cases et ses livres de théologie à dorures. »  Page 48
  • « Il déposa l’os sur une petite soucoupe blanche et ouvrit un carnet de dessins rempli de fleurs travées au crayon de plomb.
    – Cypripedium acaule, dit-il en feuilletant son carnet. Le sabot de la vierge.
    Elle toucha une page du bout du doigt pour l’empêcher de la tourner.
    – Celle-ci. Elle est tellement belle. »  Page 48
  • « Un soir, quelques jours plus tard, il s’était levé, était allé chercher un livre sur une étagère de la bibliothèque et l’avait jeté sur les genoux d’Azuba. Il l’avait ouvert et avait montré du doigt une gravure représentant le cap Horn dans un blizzard. Un navire sombrait, ses voiles en lambeaux, ses mâts parallèles aux flots. Une femme solitaire s’agrippait au bord du canot de sauvetage dans lequel elle était assise.
    – Le cap Horn, avait-il dit.
    – Je sais.
    Elle avait caché l’image de sa main et lui avait adressé un regard perplexe.
    – Je ne veux pas voir ça. J’ai vu ces images. Elles sont horribles.
    Il avait retrié sa main et avait tourné les pages du livre, s’arrêtant sur l’image d’un navire échoué sur des rochers. Des femmes et des enfants étaient amarrés aux mats. Sur la terre ferme, des personnes agenouillées pleuraient, les mains jointes ou recouvrant leur bouche. »  Page 55
  • « Au début juin, Carrie commença à dessiner dans un vieux livre de comptes. Pour y ajouter de la couleur, elle se servait des crayons que lui avait offerts le révérend Walton.
    En haut de la page, elle dessina leur maison. Un sentier tortueux bordé de fleurs traversait la page, et Carrie y plaça trois bonshommes-allumettes : Carrie, Nathaniel et Azuba. Elle coiffa Nathaniel d’un chapeau haut de forme et lui dessina une pipe d’où sortait un nuage de fumée noire.
    Le dessin recouvrait des lettres et des chiffres angulaires tracés à l’encre brune, réduisant à l’état de palimpsestes des données qui, jadis, étaient indispensables.
    Elle posa le livre sur les genoux d’Azuba e l’ouvrit.
    – Ça, c’est un chat. Ça, c’est le canari à Papa. Ça, c’est Papa et moi à la plage. Ça, c’est le cheval de Papa. Il m’emmène chez Mamie Cooper. Ça, c’est le jardin. Et ça, c’est le bateau à Papa avec un drapeau sur le mât. »  Page 63
  • « Mamie Cooper avait offert à Azuba son livre de remèdes. Enfant, Azuba passait quelques jours chez sa mamie tous les mois d’octobre à préparer avec elle les remèdes d’hiver. Une pincée d’alun, de la teinture de rhubarbe; du baume au gingembre à base de beurre contre l’érysipèle. Azuba alignait les petites bouteilles de verre en savourant les mots que prononçait sa mamie : chaire brulée, fièvre de lait. Azuba feuilletait maintenant le petit volume à reliure de cuire en admirant ses pages tachées, déchirées et recouvertes d’annotations de la plume de Mamie. Des notes, des rappels, des conseils, des recettes. Elle sentait sur elle le regard de sa grand-mère. Mal d’oreille. Mal de gorge putride. Mal de dents. Mal de mer. »  Page 89
  • « Elle parcourut des yeux la pièce sombre et mal aérée. Le monde de Nathaniel. C’était comme un salon miniature qui s’inclinait sans cesse : les cadres s’agitaient sur leurs crochets, un livre bougeait sur la table, la cage de bambou et une lampe munie d’un abat-jour se balançaient du plafond. »  Page 98
  • « À côté du secrétaire se dressaient des étagères qui contenaient la collection de livres du navire. Azuba parcourut les titres : des livres sur la navigation, des romans, des recueils de poésie. Ceux que Nathaniel appelait ses « livres de médecine ». Elle en sortit quelques-uns et les feuilleta, vit qu’il avait écrit des notes dans les marge. »  Page 99
  • « Azuba souleva le couvercle de son coffre. Elle avait apporté quatre robes pour un voyage dont elle ne connaissait pas la durée. Deux robes de laine, deux de coton. Des bas de laine, des capes, des jupons, des culottes fendues. Elle sortit ses peignes, sa brosse, une boite d’épingles à cheveux et sa bible et les tendit à Carrie, qui se chargea de tout ranger. »  Pages 100 et 101
  • « À cette heure-là, ses parents devaient être passés ensemble au salon. Son père devait lire des passages de la bible à voix haute pendant que sa mère faisait de la dentelle. »  Page 105
  • « Après douze jours en mer, quand elle fut enfin entièrement remise de son malaise, Azuba passait le temps en examinant le contenu de la bibliothèque de Nathaniel. Assise par terre à côté de son secrétaire, elle étudiait le livret qui accompagnait la trousse de pharmacie : A Companion to the Medical Chest, with Plain Rules for the Taking of Medicines. Elle ouvrait la boite et en sortait les instruments et les divers petits flacons numérotés afin que le capitaine puisse les repérer facilement. Elle comparait les recettes du livret avec celles que lui avait données Mamie.
    En consultant les manuels de navigation de Nathaniel, Azuba assimila toutes sortes de nouvelles connaissances : la navigation à l’estime, la navigation par les astres, les divers usages du sextant. Dans sa cabine, elle ouvrit la boite en bois de rose et comprit en examinant le chronomètre qu’il serait impossible de calculer leur longitude sans cet instrument. Elle apprit les aires de vent. À table, Nathaniel et M. Dennis avaient de longues discussions sur ce qu’ils appelaient « le livre de Maury », alors elle repéra le volume dans la bibliothèque. L’auteur, le lieutenant américain Matthew Maury, s’était intéressé à déchiffrer les caprices de la mer. Les coudes appuyés sur le tapis de table, Azuba se renseigna sur l’origine des vents. Elle apprit que l’air se déplace des cellules de haute pression vers celles de basse pression, que la rotation de la Terre et le changement des saisons ont une incidence sur la direction des vents. Que les courants océaniques sont aussi réguliers qu’une route. Que les déserts et les nappes de glace ont un effet sur les vents et la pluie. Elle constata que Nathaniel et M. Dennis étaient à la fois critiques et admirateurs du Lieutenant Maury. Mais comme ses écrits permettaient aux capitaines de prendre des décisions basées sur la science, on ne pouvait pas les ignorer. La mer, écrivait Maury, n’était pas un espace sauvage et aléatoire. De nouvelles certitudes s’imposaient.
    Après s’être assurée qu’elle n’avait pas laissé de cheveux noirs, des gouttes de thé ou une plume entre ses pages, elle remit le volume à sa place. À table, elle ne dit rien quand les hommes discutaient des conclusions de Maury même si, bien souvent, elle aurait pu fournir des éléments de réponse. »  Pages 110 et 111
  • « Un froid régnait dans le salon. Azuba faisait porter à Carrie une camisole de laine et un gilet épais. Les jours de grande turbulence, elle sentait monter en elle une pointe de regret qui se serait transformée en désespoir si elle avait pris le temps de s’y attarder. En de telle occasion, elle se concentrait sur Londres et lisait à voix haute des passages de son guide de voyage, le Harper’s Guidebook for Travellers. Carrie l’écoutait, et ses poupées de papier devenaient la Reine d’Angleterre, le Prince de Galles et la Princesse Alexandra.
    – Carrie, c’est là que nous allons, disait Azuba en déposant le guide et en reprenant son tricot. Nous allons à Londres ! »  Page 112
  • « Azuba écrivit à ses parents :
    Ne vous inquiétez pas pour nous. Je lis ma bible, et Carrie et moi envoyons nos prières au ciel en pensant à vous. »  Pages 116 et 117
  • « Elle était montée sur une chaise pour accrocher la feutrine devant les portes des chambres d’amis, avait décidé qu’il fallait abattre Dolly; avait dressé chaque jour la liste des tâches à confier à Hannah, versé les salaires, tenu son livre de comptes. »  Page 138
  • « C’est la dernière lettre que je vous enverrai avant d’arriver à Anvers, à moins que nous croisions un navire en mer. Je compte documenter la suite de notre voyage, et je promets de vous envoyer une copie de mon livre de bord. »  Page 144
  • « Nathaniel allait devoir jouer le rôle de sagefemme et de médecin. Il n’y aurait pas de chloroforme, pas de mains fortes et habiles d’une femme. Rien pour l’aider sauf des connaissances livresques. Ou la chance. »  Page 162
  • « Elle aurait souhaité pouvoir leur confier qu’elle étudiait les manuels de navigation de Nathaniel, qu’elle tentait de résoudre des équations, qu’elle écoutait les commandements livrés par son mari et observait ce que faisaient ses hommes pour y répondre, et qu’à l’arrière du livre à reliure de cuir de Mamie elle avait fait un croquis du Voyageur sur lequel elle avait inscrit les noms des voiles, des vergues et des cordages après avoir retourné la pointe de sa plume. »  Pages 169 et 170
  • « Elle allait devoir se passer de la compagnie d’autres femmes pendant des mois. J’aurai besoin de quoi me nourrir l’esprit et l’âme – des livres, des plantes, des projets. »  Page 171
  • « Elle fit du troc avec les autres femmes de capitaine : une pelote de laine bleue contre une bobine de soie à coudre rouge; des conserves en échange de livres; du fil contre des journaux; du gâteau au fruits contre une pièce d’étoffe. »  Page 171
  • « Elle se mit à parler moins fort.
    – Je suis en train de m’initier à la navigation. Toute seule, avec les livres de mon mari. Je lis ses livres de médecine aussi. »  Page 174
  • «  – Prends ton abécédaire, chuchota Azuba.
    Carrie s’était rendue à la lettre O en brodant au fil bleu. »  Page 180
  • « Ce soir-là, Nathaniel lisait le Mariner’s Chronicle et Azuba, chaussons aux pieds, s’était enroulée dans un châle de laine noir avant de s’installer sur le canapé. La petite pièce était plus accueillante depuis qu’elle y avait installé son rosier en pot et son géranium rosat qui dégageait une odeur agréable.
    Azuba examina attentivement le dépliant qui accompagnait la trousse à pharmacie, un texte intitulé Plain Rules for the Taking of Medicines. Puis, elle ouvrit le volume que lui avait offert Mamie Cooper.
    Pour guérir un mal d’oreille : tabac et huile d’ognon rôti, une goutte dans l’oreille.
    Elle de mit à feuilleter li livre à reliure de cuir.
    Comment peindre une ruche
    Recette de bière à la mélasse
    Comment prévenir les infestations de pucerons sur les navets et les choux
    Comment réparer un poêle fissuré
    Comment fabriquer un filet maillant
    Sa grand-mère se dressa devant elle, une petite dame têtue et pleine d’entrain qui la mettait au défi de suivre son exemple.
    – Azuba, écoute ceci.
    Azuba marqua sa page à l’aide d’un bout de papier avant de refermer son livre et prit son tricot.
    Nathaniel se mit à lire à haute voix : Le capitaine cria « Voilà la côte ! Mon Dieu, nous sommes perdus! » Sa femme courut chercher le bébé et l’enveloppa dans un châle chaud avant d’en mettre un sur ses propres épaules. Le capitaine alla à la porte et prit le bébé dans ses bras en disant « Nous sommes perdus, dans deux ou trois minutes, ce sera fini. » Il fit ses adieux à sa femme et entama une prière qu’il interrompit quand la mer déferla sur eux. Le pont céda et ils furent plongés sous les flots. La femme du capitaine se trouva dans l’eau assez longtemps pour nager sur une dizaine de mètres vers l’avant du bateau. Lorsqu’elle remonta à la surface, ses vêtements s’emmêlèrent dans l’épave ; elle les libéra d’un coup ferme et se mit à chercher son mari et son enfant.
    Azuba déposa son tricot et regarda son mari. Ces histoires étaient tellement fascinantes pour lui qu’il semblait en oublier son auditoire tant sa lecture l’absorbait. Contrairement à ce qu’il aurait fait par le passé, il n’essayait pas de la dissuader à prendre la mer avec lui en lui lisant ces récits édifiants.
    Elle vit son mari debout sur le toit du rouf, sans l’enfant. Elle comprit qu’il était blessé. Affolé, il lui fit signe de monter sur le rocher contre lequel le navire s’était échoué. Le second et plusieurs hommes de l’équipage s’y trouvaient et l’enjoignaient en craint de se joindre à eux. Elle courut alors jusqu’au rocher en se frayant un passage parmi les décombres de l’épave. Une fois sur le rivage, ils se réfugièrent dans une masure où ils étendirent le capitaine à côté de son épouse. Avant de rendre son dernier souffle, celui-ci demanda si le petit était sain et sauf.
    Ils restèrent assis en silence. Nathaniel prit sa pipe et en tira quelques bouffées en tournant quelques pages.
    – Celle-ci maintenant. Ça s’est passé dans l’Atlantique Nord. Le navire avait quitté le port de Boston avec un chargement de charbon dans sa cale.
    – Nathaniel ?
    Il leva les yeux, tira sur sa pipe et fixa des yeux la flamme de la lampe à huile. Calmement, il calculait.
    – Pourquoi tu lis ces récits-là, Nathaniel ? Pourquoi tu me les lis à haute voix ?
    – Si ça ne te plait pas de les entendre, je peux les lire pour moi-même.
    – Ce n’est pas ce que je voulais dire. J’aime beaucoup t’entendre me lire des histoires. C’est juste que celles-là sont un peu angoissantes. Elles me font penser à nos familles qui doivent s’inquiéter à notre sujet.
    – Ah bon.
    Il la regarda, souleva un sourcil.
    – Je suppose qu’elles m’intriguent, c’est tout. La mer, c’est mon métier, c’est ma vie. Des éventualités comme celles-là me font réfléchir. J’apprends beaucoup de choses en les lisant. C’est bien de voir combien de gens survivent aux épreuves qu’ils subissent. J’aimerais penser que j’aurais la même présence d’esprit qu’eux, que je serais aussi courageux. »  Page 187 à 190
  • « Azuba remarqua que M. Dennis était devenu méfiant : il plissait les yeux et se contentait de grogner pour signaler son consentement. Épaules tendues, il partait exécuter les ordres de son capitaine. Azuba ne dit rien, mais selon ce qu’elle avait lu en secret dans les livres de Nathaniel, et selon les comptes rendus qu’il lui avait lus à haute voix, selon aussi les réponses qu’il lui avait données à toutes les questions qu’elle avait posées en le voyant tracer leur parcours, et selon ce que lui disaient ses propres observations, elle savait qu’ils se ruaient dans des vents qui soufflaient à quarante nœuds tel un aveugle parti à la course. »  Pages 206 et 207
  • « Nathaniel rangeait ses effets personnels, ses papiers et ses instruments de navigation dans le secrétaire à cylindre qui occupait la majeure partie du mur à l’avant du salon : compas, sextant, encrier, stylo, règle; ses pipes et son tabac; pistolets, munitions, coup-de-poing américain et matraque en cas de mutinerie ou de piraterie. Enfin un carnet de bord personnel, au contenu plus intime que celui qui se trouvait dans la cabine de l’équipage. »  Page 209
  • « Quand il le pouvait, Nathaniel s’installait à son pupitre après le repas du soir pour examiner les cartes marines des vents et des courants de la région et étudier les Explications et instruction nautiques accompagnant la Carte des vents et des courants de Maury, examinant les nouvelles routes et la science sur laquelle elles étaient fondées. »  Pages 209
  • « – Allons se coller dans le lit, dit Azuba. On mangera des craquelins.
    Elles se rendirent au garde-manger et en sortirent la dernière boite de craquelins. Ensuite, elles allèrent au salon chercher des oreillers et des livres. »  Page 213
  • « Elles ouvrirent un livre, Les Mélodies de ma mère l’Oye. Une odeur émanait du papier qui rappelait à Azuba la boutique où elle l’avait trouvé à Londres. C’était avant le cap Horn, avant les iles Chincha. Avant Andrew.
    Sur la page se trouvait le dessin d’un arbre avec des poissons dans son feuillage. Azuba chanta :
    Michaud est monté dans un peuplier,
    Michaud est monté dans un peuplier.
    La branche a cassé, Michaud est tombé.
    Où donc est Michaud ?
    Michaud est su’le dos.
    Ah ! relève, relève, relève,
    Ah ! relève, relève, Michaud.
    Carrie posa son doigt sur un poisson dans l’arbre.
    – Maman, pourquoi il a lâché la corde ? Pourquoi il est tombé ?
    Azuba souleva le doigt de Carrie et tourna la page.
    – Ses mitaines étaient glissantes. Il n’a pas fait exprès. Il a fermé sa main sur la corde mais sa main a glissé.
    – Qui va le dire à sa maman ?
    – Papa lui a écrit une lettre. Il lui a dit que c’était un bon…
    Sa voix lui fit défaut, elle resta silencieuse un instant…
    – Il lui a raconté ce qui s’était passé. Nous donnerons la lettre au prochain navire que nous croiserons, ou bien nous la mettrons à la poste quand nous arriverons à Anvers.
    Carrie traça les lettres de la comptine suivante. »  Pages 213 et 214
  • « Elle prit le livre dans ses mains et se remit à lire à voix haute.
    Carrie suça son pouce et fixa la page sans la voir. »  Page 214
  • « Le lendemain, la tempête redoubla d’ardeur. Le feu dons le poêle s’était éteint, et il faisait si froid dans le salon qu’un nuage de buée sortait de la bouche quand on l’ouvrait. Azuba traversa la pièce en chancelant et s’assura que tous les objets étaient assujettis – les boites à ouvrage, les livres, le papier à dessiner de Carrie. »  Page 215
  • « – La fois où… le dentier à matante est tombé dans le poêle puis qu’on a dû fouiller dans le seau à cendre pour le retrouver. La fois où… le plateau de porcelaine est passé par la fenêtre en même temps que l’eau de vaisselle puis qu’on l’a retrouvé intact dans les œillets de poète… »  Page 215
  • « Elle s’assied en tailleur, un gros livre sur les genoux en guise de tablette, et se mit à écrire. »  Page 230
  • « Azuba et Mme Lattimer s’installèrent avec leur broderie tandis que Carrie s’assit avec un livre et que Lisette se chargea de coucher le bébé dans une des chambres. »  Page 293
  • « – Des pirates les ont livrés à l’Alabama. Puis là, sous leurs yeux, ils ont mis le feu à leur bateau. Tu te souviens comme il était beau. Un vrai péché. Mme Davis a été gardée prisonnière dans les cales du navire sudiste pendant deux semaines sans savoir ce qui était advenu de son mari. Elle l’a finalement retrouvé quand les moins que rien les ont largués au large de l’Espagne.
    Carrie était penchée sur son livre, mais elle avait cessé de tourner les pages. »  Page 295
  • « Ils allèrent au jardin zoologique, où Azuba resta un long moment à admirer la serre tropicale, et où ils virent par hasard un gardien jeter des lapins vivants dans la cage à serpents. Nathaniel lut dans leur guide de voyage que le zoo possédait la plus importante collection de singes bleus de toute l’Europe. »  Page 296
  • « Quand Simon était là, Whelan’s Cove prenait vie; ce n’était plus qu’un rêve ou une image tirée d’un livre. »  Page 314
  • « Simon avait sous le bras deux guides de voyage – le Harper’s Handbook et le Baedeker – mais il affichait une mine soucieuse. »  Page 317
  • « – Bonjour Monsieur Walton. Tu nous emmènes quelque part aujourd’hui ?
    Il baissa les yeux vers les livres qu’il portait.
    – À moins que vous n’ayez prévu autres chose… »  Page 317
  • « Il lisait à voix haute des passages d’un vieux journal ou de David Copperfield. »  Page 348
  • « Angoissée, Azuba posa son livre. »  Page 385
  • « Nathaniel lisait le journal, assis sur le divan. Son désœuvrement, le silence de Carrie remplissaient la pièce. Le bébé, en revanche, babillait, riait, découvrait avec plaisir les livres, la nourriture, sa boule de ficelle. »  Page 387
  • « Le matin, avant de se lever, elle s’était mise à se représenter sa vie depuis sa naissance jusqu’au temps présent. Elle avait l’impression de feuilleter un grand livre illustré où les images se succédaient, lui montrant les constantes de sa vie. »  Page 392
  • « Azuba glissa une languette de cuir bleu dans son livre pour marquer la page avant de refermer le livre qu’elle posa sur une table. »  Page 397
  • « Elle repensa à toutes les discussions qu’avaient eues Nathaniel et M. Dennis à bord du Voyageur sur les écrits de Maury. »  Page 397
  • « Comment aurait-elle pu être heureuse de son sort quand dans son esprit défilait ce que l’avenir réservait à Nathaniel ? Les bureaux poussiéreux, les livres de comptes, la scierie, l’atelier d’assemblage. »  Page 403
  • « Elles aimaient feuilleter ensemble le Godey’s Lady’s Book pour admirer les somptueuses robes à crinoline et les jupons à cerceaux qui s’y trouvaient. »  Page 412
  • « Nathaniel avait décidé de devenir arboriculteur fruitier. Il acheta une grande parcelle de terre derrière la maison avec une déclivité qui servirait d’abri aux arbres qu’il prévoyait planter. Il commanda un manuel d’horticulture, The American Fruit Book : Containing Direction for Raising, Propagating and Managing Fruit Trees, Shrubs, and Plants. Il lut attentivement les chapitres sur le greffage, le bourgeonnement, l’élagage, la gestion des sols, la lutte contre les insectes et les animaux nuisibles, l’irrigation, la mise en marché.
    À son pupitre, le soir, il ne lisait plus son journal de bord. »  Pages 420 et 421
  • « Carrie s’adressait à tout le monde maintenant et était redevenue en apparence la jeune fille qu’elle avait été jadis – brillante, capable, sérieuse. Mais elle regardait sa mère d’un regard sérieux, le même regard qu’elle posait sur les images dans ses livres, la nourriture dans son assiette, une mouche posée sur son doigt – toujours méfiante, semblait-il, à l’affut d’un quelconque danger ou d’une éventuelle trahison. »  Page 427
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