4 étoiles, B, C

Les contes interdits, tome 05 – Le joueur de flûte d’Hamelin

Les contes interdits, tome 05 – Le joueur de flûte d’Hamelin de Sylvain Johnson

Éditions AdA, 2018, 240 Pages

Cinquième tome de la série « Les contes interdits » écrit par Sylvain Johnson et publié initialement en 2018.

Denis Lebeau vient d’être libéré du pénitencier après avoir purgé une peine de 20 ans. Il a été accusé et jugé coupable, à tort selon ses dires, de meurtre. Pour recommencer sa vie incognito, sans la terrible étiquette de meurtrier, il décide de s’installer dans le Maine aux États-Unis. Il va débarquer dans le petit village côtier de Parc de l’Océan. Mais rien ne se passe comme il le souhaitait. Dès son arrivée, il se brouille avec le shérif, un homme sinistre et alcoolique, et celui-ci découvre son terrible secret. Denis apprend que ce village cache de grands secrets : des disparitions de jeune femme régulièrement depuis 20 ans, la légende de la très belle Marie Dupuis, des cérémonies païennes sur la plage… Le plus troublant est que la police n’est pas en mesure d’élucider le dossier des disparitions. À court de moyen et découragé, le shérif décide de demander l’aide de Denis dans ce dossier. N’est-il pas en tant que meurtrier le mieux placer pour comprendre et démasquer celui qui kidnappe les jeunes femmes ?

Une surprenante réécriture sinistre et moderne du Joueur de flûte de Hamelin. Le but de cette série est d’utilisé le canevas du conte des frères Grimm pour le revisiter dans le genre de l’horreur. Cette adaptation est fidèle au conte original bien que l’histoire se passe de nos jours et qu’elle contienne une grande violence. L’auteur a su incorporer dans le texte une bonne dose de mystère tel que la vie de Denis avant son arrivée au village, de la sorcellerie et la légende de Marie Dupuis qui tiennent le lecteur en haleine. Les flash-backs réguliers permettent de comprendre petit-à-petit Denis mais aussi l’histoire du village de Parc de l’Océan. Ce style permet de tranquillement lever le voile sur ces mystères au grand plaisir du lecteur. Malgré quelques longueurs, l’écriture de Johnson est très dynamique. Il a su créer avec le personnage de Denis un individu attachant malgré son lourd passé criminel ce qui est un exploit en soi. Un petit bémol, pour une meilleure compréhension, il aurait fallu donner plus d’informations sur l’étrange bête qui vit dans l’océan. Une bonne lecture d’horreur divertissante pour public averti.

La note : 4 étoiles

Lecture terminée le 8 juillet 2018

La littérature dans ce roman:

  • « Des taches lumineuses flottaient devant son regard comme autant de fées virevoltant dans un pré enchanté. Sauf qu’elle n’était pas dans un conte pour enfants, mais dans l’horrible réalité des adultes. »  Page 8
  • « Le directeur de la prison était venu en personne pour lui souhaiter bonne chance, sans lui serrer la main tendue. Denis avait été relâché dans un monde qu’il ne connaissait plus que par la télévision, les films et les livres. »  Page 15
  • « Mike, c’était le nom du policier, retira son chapeau en dévoilant un visage plissé, des joues de bouledogue et un regard de faucon aussi perçant qu’un poignard. Sa ressemblance avec le vieil homme (Jud Crandall) dans le film « Cimetière vivant », une adaptation du roman Simetierre de Stephen King, était frappante. Denis ne pouvait détacher son regard du visage familier, troublant en raison de leur présence dans le Maine, lieu de prédilection des histoires du maître de l’horreur américain.
    Le shérif plissa le front de contrariété, avant de lui parler avec lassitude.
    – Je ne veux rien entendre au sujet de ce film, vous avez compris?
    Il n’était donc pas le premier à noter la ressemblance. »  Page 23
  • « Elle avait appris, dès son jeune âge, que tout écart de conduite, toute transgression des lois primordiales de la religion catholique, incluant les précieux commandements bibliques, devaient être purifiés dans la douleur. »  Page 129
  • « Son père lui avait imposé la lecture de la Bible; l’enfant devait mémoriser les psaumes et les réciter avant les repas. La peur de Dieu faisait frémir la gamine, la crainte du Malin rôdant dans la ville ou parcourant la campagne pour s’y nourrir du vice lui donnait des cauchemars. »  Page 130
  • « La petite gamine qu’on avait depuis peu retirée de l’école primaire se mit à redoubler d’intensité dans l’étude de la Bible. »  Page 130
  • « Le reste de l’histoire n’était qu’un cliché d’écrivain en manque d’inspiration. L’enfant et la mère qui tentent de cacher le corps de l’homme dans les bois, laissant une longue traînée de sang sur la neige, s’exténuant dans une tâche trop pénible pour elles. »  Page 132
  • « Les sons humains, s’élevant de la colline formaient une mélodie obscène, peuplée de rires gras, de cris, d’exclamations résultant de querelles, de gémissements sexuels et de pleurs. C’était une scène digne de Sodome et Gomorrhe, de la grande Babylone baignée dans le vice et la déchéance. »  Page 151
  • « Aucune des brutes ne parlait; on aurait dit une armée de zombies prenant la direction du comptoir d’un boucher dégoulinant de sang frais et d’entrailles fumantes. Ne manquaient que Rick et ses coups de feu. »  Page 155
  • « Marie avait fait une terrible découverte dans ses moments de folie. Le mythe honteux véhiculé par les films, les livres et la télévision s’avérait une horrible fausseté. Il n’existait aucun endroit sécuritaire où l’esprit des victimes pouvait se retirer. Aucun refuge loin de la souffrance, de l’humiliation, aucune possibilité de se détacher d’une enveloppe corporelle en plein traumatisme. »  Page 167
  • « Outre l’odeur amplifiée, il émanait une énergie négative presque tangible de cette pièce, comme dans ces endroits maudits où des drames horribles se sont déroulés. Un peu comme le touriste qui explore les camps de concentration nazis, sensible aux millions d’âmes qui hurlent leurs tourments pour une éternité d’errance entre les murs de ces tombeaux érigés à la gloire d’un malade mental. C’était comme découvrir que le salon dans lequel vous faites de la lecture a été le lieu d’un massacre à la Lizzie Borden. »  Page 182
  • « Durant ses années de prison, Denis avait beaucoup lu, en particulier sur la psychologie relative aux criminels, aux tueurs en série notoires. Ce sujet semblait vraiment passionner le public avide de récits macabres, voulant expliquer l’inexplicable nature démoniaque de ces êtres ignobles. Selon le FBI et ses profileurs, les tueurs en série finissaient toujours par commettre une erreur fatidique qui permettait au policier de les capturer. Selon les mêmes experts, la raison en était simple : tous les grands malades meurtriers recherchaient une forme de reconnaissance sociale pour leur œuvre, pour leurs crimes, leurs institutions de folie. »  Page 200
  • « En prison, Denis avait orchestré l’assassinat d’un nouveau venu, considéré comme l’un des plus prolifiques tueurs en série de la province. L’autre paradait en se prenant pour « Hannibal Lecter », recevant l’adoration d’un groupe de détenus facilement influençables. »  Page 206

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