4 étoiles, S

La servante écarlate

La servante écarlate de Margaret Atwood

Éditions Robert Laffont – Pavillons poche, 2015, 521 pages

Roman écrit par Margaret Atwood et publié initialement en 1985 sous le titre anglais « The Handmaid’s Tale ».

Dans un futur proche, les États-Unis d’Amérique ont éclaté dû à une crise politique et environnementale. À la suite des retombés de la pollution seul un petit groupe de femmes sont encore fertiles. Defred vit dans le nouvel état de Gilead qui a été fondé par des fanatiques religieux. La vie dans cette nation est très stricte: aucune liberté, aucune éducation, rationnement en nourriture, déportation de certaines femmes… Cette société est dirigée par les hommes et les femmes sont utilisées et catégorisées par aptitudes. Les règlements y sont très rigides, extrêmement codifiés et sont basés sur certains principes bibliques. La sélection des extraits de la Bible a évidemment été fait en fonctions des besoins des dirigeants et pour opprimer le peuple, particulièrement les femmes. L’adaptation de Defred à cette nouvelle société n’est pas facile, elle qui a connu la vie trépidante de la société d’avant. De plus, elle ne sait pas où se trouve son mari ni sa fille, cependant, elle sait que sa mère, trop vieille, a été déportée. On lui a attribué le rôle de Servante. Elle est dépêchée dans la famille d’un Commandant pour leur permettre d’avoir un enfant, car le rôle de la Servante est d’enfanter en lieu et place de la femme stérile du Commandant.

Une dystopie qui donne froid dans le dos, surtout si on est une femme. L’auteur nous présente dans ce roman les dérives possibles de la société nord-américaine actuelle. Elle a su créer une histoire plus que probable dans cet univers où un petit groupe d’hommes se servant de la religion, de l’ignorance et de la peur s’octroie tous les pouvoirs. Loin de dépeindre que cette facette du pouvoir, elle y présente aussi les failles et la résistance qui se met en place dans les castes assujetties. Ce roman bien que simple dans son style d’écriture et dans sa forme est cependant très complexe dans sa construction. De grands sujets y sont abordés tel que l’intégrisme religieux, la place de la femme et les impacts environnementales de la dérive de la surconsommation. Le déroulement très lent de l’histoire permet au lecteur d’analyser les fondements de cette société plutôt que d’être éboulis par le texte lui-même. L’auteur a créer avec le personnage de Defred, un protagoniste à qui le lecteur (surtout la lectrice) peut s’identifier. Ses réactions pourraient être celles de n’importe quel individu pris dans ce tourbillon de peur et d’ignorance. Le seul bémol est le fait que l’on découvre cet univers que par petites brides. La compréhension de ce monde avec sa hiérarchie et ses codes est donc difficile à acquérir et à maîtriser. Un roman qui nous donne à réfléchir car la situation géopolitique décrite n’est pas impossible. Une lecture troublante qui fait espérer que ce roman soit une dystopie plutôt qu’un roman d’anticipation.

La note : 4 étoiles

Lecture terminée le 3 septembre 2018

La littérature dans ce roman:

  • « Si je tourne la tête pour que les ailes blanches qui m’encadrent le visage dirigent mon regard vers lui, je le vois quand je descends l’escalier, rond, convexe, en trumeau, pareil à un œil de poisson, et moi dedans, ombre déformée, parodie de quelque chose, personnage de conte de fées en cape rouge, descendant vers un moment d’insouciance qui est identique au danger. »  Page 22
  • « Elle avait probablement envie de ma gifler. Elles peuvent nous frapper, il y a des précédents dans les Écritures. »  Page 35
  • « Sur le chemin de la rivière se trouve l’ancienne maison des étudiants, utilisée maintenant à d’autres fins, avec ses tourelles de conte de fées, peintes en blanc, or et bleu. »  Page 59
  • « Je devais remettre un devoir le lendemain. De quoi s’agissait-il? Psychologie, anglais, économie. Nous étudiions de tels sujets, dans ce temps-là. Sur le plancher de la chambre il y avait des livres ouverts la face contre terre, en désordre, à profusion. »  Page 70
  • « C’est cela : elle avait dit que nous allions donner à manger aux canards.
    Mais il y avait là des femmes qui brûlaient des livres, c’était en réalité pour celle qu’elle était venue. Pour voir ses amies ; elle m’avait menti, le samedi était censé être mon jour. »  Page 71
  • « Il y avait quelques hommes aussi, parmi les femmes, et les livres étaient des revues. Ils avaient dû verser de l’essence parce que les flammes jaillissaient haut, puis ils ont commencé à y jeter les revues empilées dans des cartons, pas trop à la fois. »  Page 71
  • « La femme m’a tendu une des revues. Sa couverture représentait une jolie femme, entièrement dévêtue, suspendue au plafond par une chaîne enroulée autour de ses mains. Je la regardais avec intérêts. Cela ne me faisait pas peur. Je croyais qu’elle se balançait, comme Tarzan à une liane, à la télé.
    Ne la laisse pas voir, à dit ma mère. Tiens, jette-la dedans, vite.
    J’ai lancé la revue dans les flammes. »  Pages 71 et 72
  • « Insouciance : j’étais insouciante, dans ces chambres; je pouvais décrocher le téléphone, et des mets apparaîtraient sur un plateau, des plats que j’aurais choisis. Des aliments qui m’étaient déconseillés, dans doute, et des boissons aussi. Il y avait des bibles dans les tiroirs des commodes, placées là par quelque société charitable, que, probablement, personne ne lisait. »  Pages 90 et 91
  • « Inutile d’essayer de travailler, Moira ne le permet pas, elle est comme un chat qui se coule sur la page que l’on essaie de lire. »  Page 98
  • « Autour des années quatre-vingt, on avait inventé des ballons pour cochons, pour les porcs qui étaient engraissés à l’étable. Ces ballons pour cochons étaient de gros ballons colorés; ils les faisaient rouler avec le groin; les éleveurs disaient que cela améliorait leur tonus musculaire, que les cochons éteint curieux, qu’ils aimaient avec une occupation.
    J’avais lu cela dans une Introduction à la Psychologie, et aussi le chapitre sur les rats en cage qui se donnaient des décharges électriques pour s’occuper. Et celui sur les pigeons, dressés à donner du bec sur un bouton, ce qui faisait apparaître un grain de blé. Ils étaient divisés en trois groupes : le premier obtenait un grain par coup de bec, le second un grain tous les deux coups, le troisième, un grain au hasard. Quand l’opérateur les a privés de grain, le premier groupe a renoncé assez vite, le second un peu plus tard. Le troisième groupe n’a jamais abandonné. Ils picoraient jusqu’à en mourir, plutôt que renoncer. Qui sait ce qui les stimulait ? »  Page 120
  • « Il introduit la clef, ouvre le coffret, en extrait la Bible, un exemplaire ordinaire, à couverture noire et pages dorées sur tranche. La Bible est conservée sous clef, à la manière dont les gens gardaient autre fois le thé sous clef, pour que les domestiques n’en volent pas. C’est un engin incendiaire, qui sait ce que nous en ferions, si jamais nous mettions la main dessus. Nous pouvons en subir la lecture à haute voix, la sienne, mais nous ne pouvons pas lire. »  Page 149
  • « Le Commandant s’assied et croise les jambes, sous notre regard. Les signets sont en place. Il ouvre le livre. Il s’éclaircit un peu la gorge, comme gêné. »  Page 149
  • « Le Commandant soupire, tire une paire de lunettes à monture en or de la poche intérieure de sa veste, les chausse. Maintenant il ressemble à un cordonnier dans un vieux livre de contes de fées. »  Page 150
  • « Le Commandant marque une pause, les yeux baissés, à examiner la page. Il prend son temps, comme inconscient de notre présence. »  Page 151
  • « Le Commandant, comme à contrecœur, commence à lire. Il ne le fait pas très bien. Peut-être que cela l’ennuie, tout simplement. C’est l’histoire habituelle, les histoires de toujours. Dieu à Adam, Dieu à Noé; Croissez et multipliez, emplissez la terre. Puis vient la vieille rengaine chancie de Rachel et Léa, qu’on nous serinait au Centre. Donne-moi des fils, ou je meurs. Est-ce Suis-je moi à la place de Dieu, lui qui n’a pas permis à ton sein de porter son fruit ma servante Bilhah. Va vers elle et qu’elle enfante sur mes genoux; d’elle, j’aurai moi aussi un fils. Etc. On nous en faisait la lecture à tous les petits déjeuners, quand nous étions assises dans la cafétéria du lycée à manger du porridge avec de la crème et du sucre roux. »  Page 152
  • « « Et Léa dit : Dieu n’a donné mes gages parce que j’ai donné ma servante à mon époux », dit le Commandant. Il laisse le livre se refermer. Celui-ci fait un bruit d’épuisement, comme une porte capitonnée qui se ferme tout seule, au loin : une bouffée d’air. Ce bruit évoque la douceur des minces pages de papier pelure, le toucher qu’elles avaient sous les doigts. »  Page 154
  • « Je ne verrais pas le tapis, qui est blanc, ni les rideaux à ramages, ni la coiffeuse juponnée avec sa parure brosse et miroir à dos d’argent; seulement le baldaquin qui réussit à évoquer à la fois, par l’inconsistance de son tissu et la lourdeur de sa panse pendante, aussi bien l’éther que la matière.
    Ou la voile d’un navire. Des voiles ventrues, dirait-on dans les poèmes. »  Page 159
  • « Sur le couvercle de mon pupitre il y a des initiales gravées dans le bois, et des dates. Les initiales sont parfois en deux groupes, réunis par le verbe aime : J. H. aime B. P. 1954. O. R. aime L. T. Elles ne font penser aux inscriptions dont parlaient mes livres, gravées sur les parois de pierre de cavernes, ou dessinées avec un mélange de suie et de graisse animale. »  Pages 190 et 191
  • « À l’intérieur du pupitre, on pouvait ranger des choses : livres, cahiers. »  Page 191
  • « Nous avançons en rangs vers la porte, sous le crachin, les Gardiens font le salut militaire. Le grand fourgon Urgo, celui avec les machines et les médecins mobiles, est garé plus loin dans l’allée circulaire. Je me demande ce qu’ils peuvent faire là-dedans, à attendre. Jouer aux cartes, très probablement, ou lire; quelque occupation masculine. »  Page 192
  • « Jadis, ils droguaient les femmes, provoquaient le travail, les ouvraient au scalpel, les recousaient. Fini, cela. Même plus d’anesthésiques. Tante Élisabeth disait que cela valait mieux pour l’enfant, mais aussi : Je multiplierai les peines de ta grossesse, tu enfanteras tes fils dans la douleur. »  Page 193
  • « Tous les Commandants n’ont pas de Servante. Certaines de leurs épouses ont des enfants. À chacun selon ses capacités, dit le slogan. À chacun selon ses besoins. Nous récitions cela, à trois repises, après le dessert. C’est tiré de la Bible, de moins l’affirmaient-ils. Saint-Paul, encore, dans les Actes des Apôtres. »  Page 198
  • « Mais tout autour des murs il y a des rayonnages. Ils sont bourrés de livres. Des livres et des livres et encore des livres, bien en vue, pas de serrure, pas de caisses. Rien d’étonnant que nous n’ayons pas le droit de venir ici. C’est une oasis de l’interdit. J’essaie de ne pas regarder avec trop d’insistance. »  Page 231
  • « D’après ce qu’ils disaient, l’homme s’était montré cruel et brutal. Sa maîtresse – ma mère m’avait expliqué maîtresse, elle était contre les mystifications, j’avais un livre avec des images en relief des organes sexuels dès l’âge de quatre ans -, sa maîtresse avait jadis été très belle. »  Page 244
  • « Le Commandant se montrait patient quand j’hésitais ou lui demandais l’orthographe exact d’un mot. Nous pouvons le chercher dans le dictionnaire, disait-il, il disait nous. »  Page 260
  • « J’ajoute : « Mais je suppose que c’est une espèce de croyance. Comme les moulins à prières tibétains »
    « Qu’est-ce que c’est » demande-t-elle.
    « Je n’en ai vu que dans des livres. C’est le vent qui les faisait tourner. Ils ont tous disparu, maintenant. » »  Page 281
  • « Je travaillais dans une bibliothèque, pas la grande avec la Mort et la Victoire, une plus petite.
    Mon travail consistait à transférer des livres sur des disques d’ordinateur, pour économiser l’espace de rangement et les coûts de remplacement, disait-on. Nous nous appelions des disqueurs. Nous appelions la bibliothèque discothèque, c’était une plaisanterie entre nous. Une fois transférés, les livres étaient censés aller à l’effilocheuse, mais quelquefois je les rapportais à la maison. J’aimais leur toucher, leur aspect. »  Page 288
  • « Cela fait bizarre, maintenant, de penser à avoir un job. Job. C’est un drôle de mot. C’est un job d’homme. Fias ton petit job, disait-on aux enfants, quand on leur apprenait à être propres. Ou, parlant d’un chien : il a fait un vilain job sur le tapis. Il fallait alors le frapper avec un journal roulé, disait ma mère. Je me souviens du temps où il y avait des journaux, mais je n’ai jamais eu de chien, seulement des chats.
    Le Livre de Job.
    Toutes ces femmes qui avaient un job; difficile à imaginer à présent, mais des milliers, des millions de femmes avaient un job. »  Page 289
  • « S’il y a du grabuge, les livres risquent d’être perdus, il y aura de la casse… »  Page 296
  • « À ce moment-là, elle travaillait pour un collectif féminin, au service des publications. Elles éditaient des livres sur la contraception, le viol, des sujets de ce genre, mais il faut reconnaître qu’ils étaient moins demandés maintenant qu’ils ne l’avaient été. »  Page 298
  • « Est-ce que cela le remplit de dégoût, ou est-ce que cela lui fait désirer davantage de ma personne, me désirer davantage? Parce qu’il n’a aucune idée de ce qui se passe réellement là-dedans, parmi les livres. Des actes de perversion, c’est tout ce qu’il sait. Le Commandant et moi, à nous enduire l’un l’autre d’encre, puis à nous débarbouiller avec la langue, ou à faire l’amour sur des piles d’imprimés interdits. Eh bien, il n’est pas tellement loin du compte. »  Page 305
  • « Quant au Commandant, il est décontracté à l’excès, ce soir. Sans veste, les coudes sur la table. Il ne lui manque qu’un cure-dents au coin de la bouche pour être une publicité pour la démocratie rurale comme sur une gravure. Marquée des souillures de mouche, dans un vieux livre brûlé. »  Page 308
  • « « Qu’aimeriez-vous lire ce soir ? » demande-t-il. Cela fait maintenant partie de la routine. Jusqu’à présent j’a parcouru un numéro de Mademoiselle, un vieux Esquire des années quatre-vingt, un Ms., revue dont je me souviens vaguement car elle traînait dans les divers appartements de ma mère quand j’étais petite, et un Reader’s Digest. Il a même des romans. J’ai lu un Raymond Chandler, et j’en suis maintenant à la moitié des Temps difficiles, de Charles Dickens. Je lis vite, avec voracité, presque en diagonale, pour essayer de m’en fourrer autant que je peux dans la tête avant la prochaine famine. »  Page 309
  • « C’est moi qui craque la première : « Eh bien, peut-être pourriez-vous m’expliquer quelque chose qui m’intrigue depuis longtemps. »
    Il manifeste de l’intérêt. « De quoi s’agit-il? »
    Je fonce vers le danger, mais je ne peux pas m’arrêter. « C’est une phrase que j’ai retenue de quelque part. (Mieux vaut ne pas dire où.) Je crois que c’est du latin, et je me disais que peut-être… » Je sais qu’il a un dictionnaire latin. Il a des dictionnaires de différentes sortes, sur l’étagère du haut, à gauche de la cheminée. »  Page 311
  • « Il se lève, va à la bibliothèque, tire un livre de son trésor, mais ce n’est pas le dictionnaire. C’est un vieux livre, un manuel scolaire, aux coins cornés et taché d’encre. Avant de me le montrer, il le feuillette, rêveur, plongé dans ses souvenir. Puis : « Voici », dit-il, en le posant ouvert sur le bureau, devant moi.
    Ce que je vois d’abord c’est une image : la Vénus de Milo, une reproduction en noir et blanc. On lui a maladroitement dessiné une moustache, un soutien-gorge noir et la toison sous les aisselles. Sur la page opposée, il y a le Colisée de Rome, une légende en anglais, et en dessous une conjugaison : sum es est, sumus estis sunt. « Voila », dit-il en me désignant un endroit, et dans la marge je vois, tracé de la même encre que celle qui a dessiné les poils de la Vénus : Nolite te salopardes exterminorum. »  Pages 313 et 314
  • « Mais on n’est pas pendu uniquement parce qu’on est juif. On est pendu si on et un Juif tapageur qui refuse de choisir. Ou si on fait semblant de se convertir. Cela aussi on l’a vu à la télé :  les rafles nocturnes, des trésors secrets d’objets juifs extirpés de sous des lits, Torahs, taleths, étoiles de David. »  Page 334
  • « J’ai du mal à accorder foi à ces chuchotements, ces révélations; et pourtant sur le moment, j’y crois toujours. Mais après coup, ils me semblent improbables, voire puérils, comme quelque chose que l’on ferait pour s’amuser, comme un club de filles, comme des secrets d’écolières. Ou comme les romans d’espionnage que je lisais, le week-end, au lieu de terminer mes devoirs, ou comme les émissions de la nuit à la télévision. »  Page 337
  • « Nous faisons la queue pour être filtrées au poste de contrôle, nos éternels deux par deux en rangs comme une école privée de filles qui, sortie en promenade, se serait attardée trop longtemps. Des années et des années de trop, si bien que tout a grandi démesurément, jambes, corps, robes, tout. Comme enchantées. Un conte de fées, j’aimerais le croire. Mais au lieu de cela, nous nous faisons contrôler, deux par deux, et continuons de marcher. »  Page 355
  • « Sont-elles assez âgées pour se souvenir du temps d’avant, d’avoir joué au base-ball, en jeans et tennis, d’être montées à bicyclette? D’avoir lu des livres, toutes seules? »  Page 365
  • « Sainte-Horreur, dit-elle. Elle me sourit largement. Tu ressembles à la Putain de Babylone. »  Page 404
  • « Je dois être rentrée à la maison avant minuit, autrement je serai transformée en citrouille, où était-ce là le sort du carrosse ? »  Page 424
  • « Je n’ai guère besoin de présenter le professeur Piexoto, car nous le connaissons tous fort bien, sinon personnellement, en tout cas par ses nombreuses publications. Ces dernières comprennent : « Les Lois Somptuaires à Travers les Âges : Analyse de Documents », et l’étude bien connue : « L’Iran et Gilead : Deux Mon théocraties De La Fin Du Vingtième Siècle, Vues À Travers Des Journaux Intimes ». Comme vous le savez également, il est coéditeur, avec le professeur Knotly Wade, qui enseigne lui aussi à Cambridge, et a joué un rôle essentiel dans la transcription, l’annotation et la publication de ce texte. »  Page 489
  • « Je me propose, comme l’indique le titre de ma petite causerie, d’examiner certains des problèmes liés au supposé manuscrit que vous connaissez maintenant tous sous le titre Le Conte de la Servante écarlate. Je dis « supposé », parce que ce que nous avons devant nous n’est pas la pièce sous sa forme originelle. À proprement parler, ce n’était nullement un manuscrit au moment de sa dé ouverte, et cela ne portait pas de titre. L’épigraphe « Le Conte de la Servante » lui a été donnée par le professeur Wade, en partie en hommage au grand Geoffrey Chaucer. »  Page 490
  • « Les besoins de ce que je pourrais appeler des services de natalité était déjà reconnu dans la période prégileadienne, durant laquelle il lui était répondu de façon inadéquate par l’insémination artificielle, les « Cliniques de Fertilité » et l’utilisation des mères porteuses qui étaient louées pour l’occasion. Gilead proscrivit les deux premières méthodes comme étant contraires à la religion, mais légitima et renforça la troisième, considérés comme ayant des précédents bibliques : la polygamie séquentielle courante dans la période prégileadeinne fut remplacée par la forme plus ancienne de polygamie simultanée pratiquée au début de l’Époque de l’Ancien Testament et dans l’ex-État d’Utha au XIXe siècle. »  Pages 498 et 499
  • « Notre auteur, donc, était une personne parmi beaucoup d’autres, et il convient de la voir dans le contexte général du moment historique dont elle a fait partie. Mais que savons-nous d’autre sur son compte, en dehors de son âge, de certaines caractéristiques physiques qui pourraient s’applique à n’importe qui, et de son lieu de résidence? Pas grand-chose. Il s’emble s’agir d’une personne cultivée, dans la mesure où l’on eut considéré qu’un diplômé de l’une quelconque des Universités de l’Amérique du Nord et l’époque fût une personne cultivée. (Rire, quelques murmures.) Mais, comme on dit, ils couraient les rues, donc cet élément ne nous aide pas. Elle ne juge pas utile de nous dévoiler son nom originel, et d’Ailleurs tout document officiel où il aurait figuré aurait été détruit lors de son entrée dans le Centre de Rééducation Rachel et Léa. »  Pages 499 et 500
  • « Judd, quant à lui, semble s’être moins intéressé aux emballages, et s’être davantage préoccupé de tactique. C’est lui qui a suggéré de faire d’Um pamphlet obscur de la C.I.A. sur la déstabilisation des gouvernements étrangers le manuel stratégique des Fils de Jacob; et c’est également lui qui a dressé la première liste noire des « Américains » éminents de l’époque. »  Page 503
  • « Pourtant, ni Judd ni Waterford n’étaient mariés à une femme connue de prées ou de loin sous le nom de « Pam », ou de « Serena Joy »; ce dernier nom semble être une invention quelque peu espiègle de notre auteur. »  Page 506
  • « L’ensemble des éléments de preuve nous fait pencher pour Waterford. Nous savons par exemple que ses jours s’achevèrent, probablement peu après les événements décrits par notre auteur, lors de l’une des premières purges; il fut accusé de tendances libérales, d’être en possession d’une collection substantielle et interdite de matériaux hérétiques pictoriaux et littéraires, et d’héberger un élément subversif. »  Page 507
  • « Si elle a bien atteint l’Angleterre, pourquoi n’a-t-elle pas publié son récit, comme beaucoup l’ont fait à leur arrivée dans le monde extérieur? »  Page 509

3 réflexions au sujet de “La servante écarlate”

    1. Oui et non, le style du roman est complexe je l’avoue mais je parlais plus du style de l’écriture, les phrases sont simple, les dialogues aussi sont simple. Il n’y a pas d’envolé lyrique du genre un phrase de 10 lignes étant un paragraphe… 😀

      1. ah, on n’a pas la même définition de simple! Même si je comprends qu’une envolée lyrique n’est pas simple. J’avais l’impression d’une certaine lourdeur de mémoire.

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