4,5 étoiles, H, M

Hercule Poirot – Le Meurtre de Roger Ackroyd

Hercule Poirot – Le Meurtre de Roger Ackroyd d’Agatha Christie

Éditions Hachette (Agatha Christie), 2004, 333 pages

Roman de la série « Hercule Poirot » écrit par Agatha Christie et publié initialement en 1926 sous le titre anglais « The Murder of Roger Ackroyd ».

Dans le petit village paisible de King’s Abbot, trois décès ont eu lieu en peu de temps. Il y a eu monsieur et madame Ferrars à quelques mois d’intervalle et maintenant Roger Ackroyd. Les ragots vont bon train. On dit que Mme Ferrars aurait assassiné son mari pour vivre son amour avec Roger Ackroyd et prise de remord se serait suicidée. Mais qui a tué Roger Ackroyd que l’on a retrouvé poignardé dans son bureau fermé à clé ? Heureusement pour la famille Ackroyd et la petite communauté, Hercule Poirot réside maintenant dans le village. Flora, la nièce de la victime, lui demande d’enquêter pour blanchir son amoureux, Ralph Paton le fils adoptif d’Ackroyd, de tout soupçon. Bien qu’il soit à la retraite, il décide de s’occuper de l’affaire. En l’absence d’Hasting pour le seconder, il va s’allier les services de son voisin le Dr Sheppard qui est le médecin du village et un ami d’Ackroyd. Il devient par le fait même le confident et l’allié de Poirot dans l’enquête. Sa sœur Caroline s’amuse quant à elle à tenir au courant le détective de toutes les rumeurs du village.

Un excellent roman policier de style « énigme en chambre close ». Agatha Christie a su créer, avec cette enquête, une histoire passionnante et captivante. L’intrigue est complexe, comme il se doit d’une énigme de chambre close, mais elle est très bien présentée et surtout bien ficelée. Le déroulement de l’enquête est somme toute classique, mais tout de même très agréable à découvrir. La révélation de l’identité du coupable et du subterfuge utilisé par ce dernier est assez surprenante. De plus, ce roman permet au lecteur une immersion dans les us et coutumes britanniques du début du XXème siècle. La plume d’Agatha Christie est toujours aussi efficace et très élégante. Dans ses textes et surtout dans celui-ci, il n’y a pas de place pour la vulgarité, les règles de la bienséance sont respectées même s’il y a eu meurtres. Les personnages aussi sont fort intéressants et très réalistes. Ils sont tous différents les uns des autres. L’auteur nous permet de découvrir leur personnalité ainsi que les soupçons qui planent sur eux dans l’enquête de Poirot. Les personnages du Dr Sheppard et de sa sœur Caroline sont divertissants grâce à l’humour qu’ils apportent avec leurs interactions et leurs dialogues. Ce roman de la Reine du crime est une très bonne lecture malgré quelques longueurs. Un classique à lire absolument.

La note : 4,5 étoiles

Lecture terminée le 29 octobre 2018

La littérature dans ce roman:

  • « Kipling nous dit que la devise de la gente mangouste pourrait se résumer en cette courte phrase : « Pars et va à la découverte! »
    Si jamais Caroline veut se faire faire des armes parlantes, je lui conseillerai d’adopter l’effigie d’une mangouste. »  Page 16
  • « Elle changea même de sujet et me demanda s’il était exact que certains poisons trompassent les recherches.
    « Ah! répondis-je, vous avez lu des histoires de détectives! »
    Elle avoua en avoir lu.
    « Dans toute histoire de détective, dis-je, il y a généralement un poison rare, qui vient, si possible, de l’Amérique du Sud et dont personne n’a jamais entendu parler. La mort est instantanée et la science est impuissante à comprendre.
    – Existe-t-il vraiment des poisons de cette sorte ?
    Je secouai la tête…
    « Je crois que non, sauf le curare. » »  Pages 28 et 29
  • « Je n’avais jamais cru Miss Russell capable de s’intéresser à des histoires de détectives.
    Je l’évoquai, avec amusement, sortant de sa chambre pour tancer une servante indocile, puis y retournant vivement pour se plonger dans Le Mystère de la septième mort, ou toute autre œuvre de ce genre! »  Page 29
  • « « Pourquoi avez-vous remarqué Ralph Paton ? Parce qu’il est beau ?
    – Pas seulement à cause de cela, encore qu’il ait un physique particulièrement agréable pour un Anglais; en style de roman, il serait qualifié de dieu grec. Non, il y avait, dans l’attitude du jeune homme, quelque chose que je ne comprenais pas. » »  Page 39
  • « Flora me rejoignit près de la vitrine et exprima des doutes sur l’authenticité du soulier du roi Charles.
    « D’ailleurs, continua-t-elle, il me semble ridicule de s’extasier parce qu’une personne a porté ou employé un objet. La plume avec laquelle George Eliot a écrit Le Moulin sur la Floss, par exemple, n’est, après tout, qu’une plume. Si vous admirez Eliot, mieux vaut acheter son livre et le lire.
    – Je suppose, Miss Flora, que vus ne lisez rien d’aussi démodé ?
    – Vous avez tort, docteur, j’adore Le Moulin sur la Floss. »
    Je fus charmé de l’apprendre, car les livres que lisent les jeunes filles, de nos jours, m’épouvantent positivement. »  Page 48
  • « Le cabinet était une pièce très confortable. Un des côtés était garni de rayons supportant des livres, les chaises étaient recouvertes de cuir bleu et, près de la fenêtre, se trouvait un grand bureau chargé de papiers classés avec soin. »  Pages 52 et 53
  • « Je ne vois pas pourquoi il me supposait absolument dénué de perspicacité; je lis des romans policiers, je lis des journaux et je suis un homme assez cultivé. »  Page 84
  • « « Comment! Mais c’est Hercule Poirot, le détective. On dit qu’il a fait les choses les plus merveilleuses, tout comme les policiers des romans. »  Page 90
  • « « Vous rappelez-vous l’homme qui vendit son âme au diable, en échange de la jeunesse ? On en a fait un opéra.
    – Faust ?
    – Oui. Histoire merveilleuse. Beaucoup d’entre nous agiraient ainsi s’ils le pouvaient. »  Page 123
  • « Je me rappelle Mélisande, continua Blunt, elle avait épousé un homme assez âgé pour être son père. »  Page 127
  • « – Et il lui a sans doute donné une émeraude grosse comme un œuf de pigeon? demandais-je ironiquement.
    – Il ne m’en a rien dit… Pourquoi ?
    – Pour rien; je croyais que c’était classique ! Dans tous les romans policiers, l’incomparable détective reçoit des joyaux de la main de ses clients princiers, éperdus de gratitude. »  Page 157
  • « – Tu sembles avoir inventé un conte de fées; tu lis trop de romans, je te l’ai toujours dit. »  Page 159
  • « – C’est cela, l’impasse qui ne conduit nulle part. Il peut en être de même de ces empreintes, elles peuvent ne vous mener à rien.
    – Je ne vois pas bien comment ce serait possible, dit l’officier de police; je suppose que vous croyez qu’elles sont falsifiées ? J’ai lu des histoires de ce genre, mais je n’ai jamais rein constaté de semblable. D’ailleurs, qu’elles soient vraies ou fausses, nous aboutirons toujours à quelque conclusion. »  Page 165
  • « – Nous devons en remercier la Providence, déclara Mme Ackroyd. Je crois fermement en la Providence, dont nous ressentons l’action bienfaisante jusqu’aux extrémités de notre être, comme dit Shakespeare. »  Page 170
  • « – Mais vous pouviez ne pas me dire la vérité ou bien votre montre pouvait être dérangée. Seulement Parker certifie également que nous avez quitté la maison à neuf heures moins dix; nous acceptons donc cette affirmation et nous passons. À neuf heures vous vous heurtez à un homme à la grille du parc. Ici nous arrivons à ce que nous appellerons le « roman du mystérieux étranger »; qu’est-ce qui me prouve que c’est exact ? »  Page 178
  • « Jusqu’au lundi soir, mon récit aurait donc pu être celui de Poirot lui-même. J’étais le Watson de ce Sherlock Holmes, mais ensuite nos voies divergèrent. »  Page 185
  • « – C’est donc bien vous ?
    – Oui… je… il y avait là un ou deux objets intéressants. Je venais de lire une étude à ce sujet, accompagnée de la photographie d’un bibelot qui avait été payé très cher par Christy et qui me paraissait semblable à l’un de ceux que contenait la vitrine. J’eux l’idée de l’emporter la première fois que je me rendrais à Londres et… de… le faire estimer. Voyez quelle agréable surprise c’eût été pour Roger s’il avait eu une grande valeur ? »  Pages 193 et 194
  • « – Voyons, protestai-je doucement vous ne croyez pas possible qu’une jeune fille comme Flora Ackroyd ait été capable de poignarder son oncle de sang-froid ?
    – Je n’en sais rien, répondit Miss Gannett. Je viens de lire un livre sur les bas-fonds de Paris où l’on dit que les pires criminels sont souvent des jeunes filles au visage angélique. »  Page 214
  • « Elle avait eu ce matin-là des nouvelles de quelqu’un qui s’adonnait aux stupéfiants, elle avait lu l’article et elle était venue vous trouver pour vous poser quelques questions tendancieuses. Elle a parlé de cocaïne parce que l’article en question traitait surtout de la cocaïne. Puis lorsque vous avez paru trop vous intéresser à cette question, elle a vite fait dévier le sujet vers les histoires de détective et de posons qui ne laissent aucune trace. »  Page 270
  • « – Il y a des moments où j’ai le grand désir de voir revenir mon ami Hastings, l’ami dont je vous ai parlé et qui réside maintenant en Argentine. Chaque fois que j’avais un cas sérieux il était auprès de moi et il m’a aidé, oui, il m’a aidé souvent. Il avait le don de découvrir la vérité, sans s’en rendre compte lui-même, bien entendu. Il faisait parfois une flexion saugrenue… qui m’apportait une révélation. Puis il avait l’habitude de rédiger un comte rendu écrit des affaires intéressantes. »  Page 294
  • « – Eh bien, j’ai lu quelques-uns des récits du capitaine Hastings et j’ai voulu l’imiter. Il me semblait dommage de ne pas le faire. Occasion unique… probablement la seule fois où je serai mêlé à une affaire de ce genre. »  Page 294
  • « Encore un peu inquiet toutefois, j’ouvris un tiroir de mon bureau et j’y pris une pile de feuilles manuscrites que je lui tendis. En vue d’une publication possible, j’avais divisé mon récit en chapitres et, le soir précédent, j’avais narré la visite de Miss Russell. Poirot était donc en possession de vingt chapitres. »  Page 295
  • « J’appris que Poirot et ma sœur avaient diné ensemble à sept heures et demie et que le détective s’était rendu dans mon atelier pour y terminer la lecture de mon manuscrit. »  Page 295
  • « Poirot était assis près de la fenêtre et le manuscrit était empilé avec soin sur une chaise à côté de lui. Il posa la main dessus et s’écria :
    « Je vous félicite de votre modestie.
    – Oh ! répondis-je un peu étonné.
    – Et… de votre discrétion », ajouta-t-il.
    Je répétai : « Oh !
    – Hastings n’écrivait pas de cette façon, continua mon ami; à toutes les pages, on retrouvait le mot Je et un exposé de ses pensées et de ses actions; tandis que vous, vous êtes resté à l’arrière-plan et vous ne vous êtes guère mis en scène qu’une ou deux fois dans des tableaux de votre vies domestique, dirions-nous. » »  Page 296
  • « C’est un compte rendu très prévis et très détaillé. Vous avez rapporté tous les faits fidèlement et exactement, bien que vous vous soyez montré trop modeste en ce qui concerne la part que vous y avez prise. »  Page 296
  • « – Vous comprenez maintenant pourquoi j’ai fait allusion aux réticences de votre manuscrit ? me dit Poirot. Il est parfaitement sincère dans l’exposé des faits qu’il raconte… mais il ne raconte pas tout, n’est-ce pas, mon ami ? »  Page 311
  • « Mais souvenez-vous que, juste devant la fenêtre, se trouvait une table chargée de livres et de journaux. »  Pages 318 et 319
  • « Le Capitaine Ralph Paton doit être disculpé, cela va sans dire, et je vous propose de terminer votre intéressant manuscrit… en renonçant à vos réticences. »  Pages 328 et 329
  • « Étrange fin du récit que je voulais publier quelque jour pour décrire un échec de Poirot. »  Page 331
  • « Je suis assez satisfait de moi comme écrivain. »  Page 332
  • « Lorsque j’aurai fini d’écrire, je mettrai le manuscrit dans une enveloppe que j’adresserai à Poirot.
    Ensuite… que choisirai-je ? Du véronal ? Il y aurait là comme une sorte de justice poétique. »  Page 334

1 réflexion au sujet de “Hercule Poirot – Le Meurtre de Roger Ackroyd”

  1. Bon, si je ne me trompe pas, c’est celui-là que j’avais lu en sachant où se trouvait la culpabilité, et tu m’as donné le gout de le relire encore, car de mémoire, les indices étaient très bien maîtrisés!

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