4 étoiles, D, M

Dirk Pitt, tome 01 : MayDay!

Dirk Pitt, tome 01 : MayDay! de Clive Cussler

Éditions Le Livre de Poche, publié en 2002, 162 pages

Premier tome de la série Dirk Pitt de Clive Cussler paru initialement en 1973 en anglais sous le titre « The Mediterranean Caper ».

Dirk Pitt est directeur des Projets Spéciaux pour la National Underwater and Marine Agency, il doit se rendre à bord du First Attempt qui mouille au large de la Grèce. Aux commandes de son hydravion, au-dessus de la mer Égée, Pitt n’en croit pas ses oreilles. Il reçoit un signal de détresse de la base aérienne américaine de Brady Field située sur l’île de Thasos. Selon le contrôleur aérien, la base est attaquée par un biplan datant de la Première Guerre mondiale. L’attaque est bien orchestrée car tous les avions au sol sont détruits. Ils ont besoin d’aide et vite. Pitt accompagné de son collègue et ami Giordino vont à la défense de la base armé d’une simple carabine et réussissent à abattre l’antique avion jaune. Une fois au sol, ils sont accueillis à bras ouverts et sont invités à séjourner sur la base pour quelques jours. Leur séjour sera rempli d’action lorsque Pitt se souviendra des origines de l’avion abattu et qu’il côtoiera le baron Von Till.

Un roman d’aventure très agréable. Cussler manie bien la monté du suspense. Il réussit à nous tenir en haleine tout au long de la lecture. Bien que l’intrigue soit un peu tirée par les cheveux, elle est néanmoins très intéressante. L’action ne manque pas et le rythme est rapide. Du suspens, de la séduction et une bonne dose de déduction, on retrouve les ingrédients importants d’un bon roman d’aventure. Le personnage de Pitt est somme toute bien réussi, mais il souffre du passage du temps. Créé dans les années 1970, Pitt est hyper-macho et ses comportements ne sont plus socialement acceptés aujourd’hui. De nos jours, un homme ne gifle pas les femmes pour les ramener à la raison. On est loin du comportement de gentleman de James Bond. Le style d’écriture de Cussler est simple et direct, sans fioriture, il va droit au but. Ce premier opus laisse présager une bonne série pour ceux qui aiment l’aventure, les enquêtes et les mystères. Un très bon moment de lecture pour se changer les idées.

La note : 4 étoiles

Lecture terminée le 12 juillet 2016

La littérature dans ce roman :

  • « L’opérateur perd de la puissance, songea Pitt, ou bien il est sérieusement blessé. Il réfléchit une minute, puis se pencha sur sa droite, et secoua la personne endormie sur le siège du copilote. 
    — Réveille-toi, Belle au bois dormant. »  Page 9
  • « — Je n’arrive pas à croire ce que je viens d’entendre, dit Giordino stupéfié.
    Pitt remua la tête.
    — Je n’y arrive pas vraiment non plus, mais il va falloir qu’on donne un coup de main à ces types-là, au sol. Maintenant, dépêche-toi.
    — Je vais le faire, murmura Giordino. Mais je n’arrive toujours pas à avaler ça.
    — Ce n’est pas une raison pour raisonner, mon ami, dit Pitt, citant Shakespeare. »  Pages 12 et 13
  • « — Kurt était un de mes plus chers amis, dit von Till avec nostalgie. De telles choses ne s’oublient pas facilement. Je peux même me souvenir de la date et de l’heure exactes. C’est arrivé le 15 juillet 1918, à neuf heures du matin.
    — Il est étrange que personne ne connaisse l’histoire dans sa totalité, murmura Pitt, en le fixant froidement. Ni les archives de Berlin ni le British Air Muséum à Londres ne possèdent d’informations concernant la mort de Heibert. Tous les livres que j’ai consultés à ce sujet le mentionnent comme disparu dans de mystérieuses conditions, un peu comme ce qui a eu lieu avec d’autres As de l’aviation, comme Albert Bail et Georges Guynemer,
    — Bon Dieu, lança von Till avec exaspération. Les archives allemandes ne rapportent pas les faits parce que le Haut Commandement Impérial ne s’est jamais beaucoup préoccupé de la guerre en Macédoine. Et les Anglais n’accepteront jamais de publier un mot relatif à un acte aussi peu chevaleresque. En outre, l’avion de Kurt se trouvait encore dans les airs lorsqu’ils le virent pour la dernière fois. Les Anglais peuvent seulement jurer que leur plan insidieux a été couronné de succès. »  Pages 73 et 74
  • « — C’est entendu, je vais tout vous raconter du début à la fin, et je vous autorise à me regarder comme si j’étais fou. Je comprendrai.
    Dans la fournaise de cette cabine, dont les parois métalliques étaient presque trop chaudes pour être touchées, Pitt raconta son aventure. Il ne passa rien sous silence, pas même sa faible conviction que Teri ait pu, d’une façon ou d’une autre, le trahir pour aider von Till. Lewis hochait pensivement la tête de temps à autre, mais ne fit aucun commentaire ; son esprit semblait flotter dans l’air, et retrouver sa clarté seulement lorsque Pitt relatait un événement de façon animée. Giordino s’était mis à faire les cent pas dans la cabine, en prenant tout son temps et en suivant le léger roulis du navire.
    Lorsque Pitt eut terminé, nul ne dit mot. Dix secondes passèrent, puis une trentaine. Leur transpiration avait chargé d’humidité l’atmosphère déjà envahie par la fumée des cigares et cigarettes.
    — Je sais, dit Pitt un peu fatigué. Ça ressemble à un conte de fées et ça n’a pas l’air d’avoir beaucoup de sens. Mais c’est exactement ce qui m’est arrivé. Je vous ai tout dit.
    — Daniel dans la fosse aux lions, lança Lewis, d’une voix assurée. Je l’admets, ce que vous venez de nous raconter me semble assez invraisemblable, mais les faits ont parfois des façons bien étranges de vous donner raison. »  Page 109
  • « La température de l’air avait de nouveau grimpé et, pivotant sur son siège, Pitt put apercevoir, illuminé de rayons de soleil, le pic d’Hypsarion, chauve et sans un arbre, qui était le point culminant de l’île. Il se souvint avoir lu quelque part qu’un poète grec avait décrit Thasos comme « le cul d’un âne fou, couvert de bois fou ». Même si cette description datait de deux mille sept cents ans, pensa-t-il, elle n’en restait pas moins valable. »  Page 137
  • « — Seigneur, on dirait que mon crâne est fendu comme un pare-brise éclaté. 
    Pitt jeta un coup d’œil prudent sur Darius. Le géant, le teint plombé et le souffle court, était étendu de tout son long sur le plancher, les deux mains serrées sur son entrejambe. 
    — La fête est finie, dit Pitt en aidant Giordino à se relever. Filons d’ici avant que Frankenstein ait récupéré. »  Page 144
  • « Pitt empoigna la chaîne, levant les yeux vers les anneaux apparemment sans fin qui disparaissaient dans l’obscurité au-dessus de lui. Il se sentit comme Jack escaladant son haricot magique. »  Page 162
  • « Les rideaux étaient tirés dans la salle des cartes qui se trouvait à l’arrière de la timonerie. Il était inconcevable qu’une salle des cartes soit aussi propre. Les cartes étaient rangées dans un ordre parfait, avec leurs étendues de carrés et de chiffres parcourues de fines lignes au crayon tracées avec précision. Pitt replaça le couteau dans sa gaine, dirigea le rayon lumineux vers un exemplaire de l’Almanach Nautique de Brown et examina les marques apparaissant sur les cartes. Le tracé coïncidait exactement avec la route qu’avait dû emprunter le Queen Artemisia depuis Shanghai. Il se rendit compte que celui qui avait effectué les corrections de compas n’avait commis aucune erreur, ni même aucune rature. Le travail était soigné, un peu trop soigné.
    Le livre de bord était ouvert à la dernière entrée : 03 heures 52
    — Balise de Brady Field à 312°, approximativement huit miles. Vent du sud-ouest, 2 nœuds. Dieu protège la Minerva. L’heure inscrite indiquait que cette entrée avait été rédigée moins d’une heure avant qu’il ne s’élance de la plage. Mais où était passé l’équipage ? »  Page 164
  • « — Cale Numéro Trois ».
    La caverne d’Ali Baba n’aurait pas eu l’air aussi terrible que la Cale Numéro Trois. Partout où la lumière de Pitt passait, ce n’était que sacs innombrables entassés dans cette gigantesque grotte d’acier, rangés sur des palettes de bois, sur plusieurs couches, du sol au plafond. L’atmosphère était chargée d’une douceâtre odeur d’encens. Le cacao de Ceylan, présuma Pitt. »  Page 166
  • « — Comment s’est passée ta plongée ? 
    — Robert Southey devait avoir le Queen Artemisia en tête lorsqu’il a écrit : Tu pourrais ajouter que j’ai trouvé quelque chose en ne trouvant rien. »  Page 176
  • « — Qu’est-ce que vous pensez d’un entrepôt abandonné ? lança Giordino.
    Ses yeux étaient clos et il donnait l’impression de dormir, mais Pitt savait de par sa longue expérience qu’il n’avait pas perdu un mot de la conversation.
    Pitt éclata de rire puis ajouta :
    — Tout méchant bandit se promenant dans les environs d’un entrepôt abandonné a tôt ou tard affaire à Sherlock Holmes. Les constructions de bord de mer en premier lieu. Un bâtiment inoccupé ne ferait qu’éveiller instantanément les soupçons. Et en plus, Zac pourrait te le confirmer, un entrepôt serait le premier endroit où un enquêteur irait fourrer le nez. »  Page 186
  • « — Vous pouvez compter sur moi, dit le radio avec un sourire forcé. D’ailleurs, la petite nana que vous avez amenée à bord s’est occupée de moi et m’a dorloté comme une mère poule. Avec ce genre d’attention, comment est-ce que je pourrais encore me sentir mal ?
    Pitt haussa les sourcils.
    — Vous me semblez avoir découvert des facettes de sa personnalité que je ne connaissais pas.
    — C’est pas une mauvaise fille. C’est pas vraiment mon genre, mais elle est bien gentille. En tout cas, elle nous a servi du thé, toute la matinée. Une vraie Florence Nightingale… »  Page 204
  • « — Bon Dieu ! Qu’est-ce que cette eau est claire. C’est plus transparent qu’un bocal à poissons rouges.
    — Oui, j’ai vu, dit Pitt en découvrant la pointe barbelée d’un harpon de près de deux mètres et en contrôlant l’élasticité du caoutchouc accroché à l’autre extrémité.
    — Tu as bien étudié ta leçon ? reprit-il.
    — Cette vieille matière grise, dit Giordino en posant l’index sur sa tempe, contient toutes les réponses rangées et indexées.
    — Comme d’habitude, il est réconfortant de constater à quel point tu es sûr de toi.
    — Sherlock Giordino sait tout et voit tout. Aucun secret ne peut échapper à ma sagacité.
    — Ta sagacité, tu ferais bien de la huiler soigneusement, dit Pitt avec sérieux. Tu vas avoir un programme plutôt chargé. »  Page 214
  • « Huit minutes exactement après qu’ils eurent sauté du First Attempt, le fond commença à remonter, et l’eau se fit légèrement plus trouble, à cause du mouvement des vagues en surface. Un amas de rochers, couvert d’algues se balançant dans l’onde, surgit devant eux, dans la pénombre. Et puis brusquement, ils se trouvèrent face à la base d’une falaise abrupte, qui grimpait verticalement vers la surface miroitante des eaux, selon un angle de 90°, et qui disparaissait ensuite. Tel le Capitaine Nemo et ses compagnons explorant un jardin sous les mers, Pitt enjoignit son équipe de scientifiques à se disperser, pour se mettre à la recherche de la caverne sous-marine. »  Pages 217 et 218
  • « Bruno von Till se tenait sur le pont du sous-marin, souriant comme Fu Manchu avant de jeter une victime à ses crocodiles. »  Page 224
  • « L’air de Fu Manchu, calculateur et fourbe, avait réapparu sur le visage du vieil Allemand, qui ajouta :
    — Personne en possession de toutes ses facultés mentales ne croirait le premier mot de ces ridicules élucubrations. Un modèle réduit de sous-marin  – voilà bien une preuve évidente que Heibert et moi ne faisons qu’un. »  Page 241
  • « — Appelez cela comme vous voulez, répondit Zacynthus. Pour l’heure, une trentaine parmi les plus gros trafiquants de drogue de ce pays attendent de passer en jugement, y compris ceux qui étaient en relation avec la compagnie de transport routier chargée de l’acheminement de la marchandise. Et ce n’est pas tout. En fouillant les bureaux de la conserverie, nous avons mis la main sur un livre qui comportait les noms d’environ deux mille dealers, de New York à Los Angeles. Pour le Bureau, c’est comme si un prospecteur tombait sur une mine d’or. »  Page 264

 

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4 étoiles, D, M

Demain j’arrête !

Demain j’arrête ! de Gille Legardinier

Éditions France Loisirs (Piment); Publié en 2012; 375 pages

Trente-troisième roman de Gilles Legardinier publié initialement en 2011.

Demain j'arrête

Julie est une jeune célibataire de 28 ans qui vit seule en appartement. Elle accumule les gaffes et les bêtises que ce soit à son travail ou dans sa vie sentimentale. Par amour pour un chanteur de pomme fainéant, elle a abandonné ses études et commencé à travailler. Depuis, elle n’est pas vraiment heureuse. Un beau jour, elle remarque qu’il y a un nouveau locataire dans son immeuble. Intriguée, elle cherche son nom sur les boîtes aux lettres, il s’agit de Ricardo Patatras. Une seule chose motivera Julie à partir de ce moment : découvrir qui se cache derrière un nom aussi bizarre. Poussée par une inventivité débridée Julie va prendre des initiatives toujours plus délirantes les unes que les autres pour atteindre son but. Elle ira jusqu’à rentrer sa main dans la boîte aux lettres de Ric pour espionner son courrier, mais elle y restera coincée. Jusqu’où ira-t-elle pour approcher cet homme mystérieux dont elle veut désormais percer le secret ?

Un roman simple et léger qui a des accents de Chick-lit. L’histoire n’est pas très originale mais les personnages sont attachants et familiers. Le texte est plein d’humour et les instants cocasses dans lesquels se plonge Julie sont savoureux. Bien malgré nous, on se prend au jeu en voulant savoir quel supposé secret peut bien cacher le mystérieux Ric. C’est de la pure littérature détente. Les personnages principaux et secondaires bien qu’attachants sont un tantinet caricaturaux mais ils n’en sont que plus amusants. Parallèlement à l’histoire de Julie, on suit avec joie la vie des gens de son petit quartier. Ces personnages donnent de la profondeur au récit. Malheureusement dans ce texte, il y a quelques longueurs surtout vers la fin. Pour cette première incursion dans ce style de littérature, Legardinier nous a élaboré une jolie histoire très sympathique mais sans plus.

La note : 4 étoiles

Lecture terminée le 10 mars 2013

Lecture de mon Baby Challenge 2013Contemporain

Baby challenge contemporain

La littérature dans ce roman :

  • « J’ai été malade comme une bête. Pendant trois jours, j’ai vécu exclusivement dans les toilettes. À la fin, j’en étais à lire l’annuaire. » Page 22
  • « Pour la deuxième soirée consécutive, je suis rentrée en courant, j’ai vérifié qu’il y avait du courrier dans sa boîte aux lettres. J’ai même perfectionné la technique. Je soulève le volet de la fente et j’éclaire avec une petite lampe électrique pour bien vérifier que ce ne sont pas les mêmes lettres que la veille. Une vraie folle ! Si Hitchcock m’avait connue, il aurait fait de moi son plus grand film. » Pages 32 et 33
  • « Qu’est-ce que Ric va déduire de moi en découvrant mon intérieur ? Je mets les CD de jazz en évidence et je planque ceux d’Abba. Je vire le programme télé et je pose Les raisins de la colère à la place. » Page 65
  • « J’ai dégagé tous les bouquins qui parlent de maigrir mais pas ceux de cuisine. Maman dit que les hommes apprécient les femmes qui cuisinent. » Page 65
  • « – Comment ça, il se prend pour un ninja? Demande Florence.
    – Il collectionne les livres, les sabres, tout ce qu’il peut trouver, Il s’est même fabriqué des mizu gumo, des chaussures flottantes munies de sacs gonflés qui permettent de se tenir debout sur l’eau pour espionner. Dans l’appart, il se balade en costume traditionnel avec sa cagoule et il pousse des petits cris. Il a accroché des cibles un peu partout et il jette des shurikens dessus sans prévenir… » Pages 88 et 89
  • « Je feuillette un livre de recettes « Spécial quiches et tartes » – oui, j’en suis là – eh bien dans « quiches » il y a un « c » comme dans Ric. » Page 94
  • « En fait, non, je sais : pour ma boîte aux lettres, il a fait une réplique exacte de la porte du coffre-fort du capitaine Nemo dans le Nautilus. Je m’approche mi-fascinée, mi-terrifiée. Un beau cerclage de cuivre, des gros rivets, du métal épais, une jolie patine. Tout est parfaitement ajusté, poli. » Page 102
  • « Autre grande résolution : je vais cuisiner. J’ai d’ailleurs ressorti tous les livres que maman m’a offerts et je vais tester des recettes. Il faudra que je m’en achète des plus adaptés parce que je ne me vois pas servir de la blanquette au jus de truffe ou des potées avec du cassoulet en plein mois d’août. » Page 107
  • « Pour moi, la libraire, c’était une femme cultivée, discrète, qui ne vous conseille pas sauf si vous le lui demandez. Je l’ai vue s’enthousiasmer aussi bien sur des auteurs du théâtre classique que sur des livres de cuisine. » Page 210
  • « Elle s’appelle Mme Baumann et je me souviens que c’est l’une des premières personnes qui n’ait vraiment impressionnée. J’étais alors en 5e; j’étais venue à sa librairie pour acheter Britannicus de Racine que l’on allait étudier au collège. Je n’en avais pas du tout envie. Devant mon air renfrogné, elle m’a ouvert le livre et lu quelques répliques. Au milieu de ses piles de bouquins, elle a joué comme une tragédienne. C’était drôle, mystérieux. En quelques citations, elle m’a donné envie de découvrir le texte. » Page 211
  • « Je suis assez lucide pour savoir qu’au sujet de Ric, j’ai abdiqué toute objectivité. Je veux seulement savoir s’i lest un monstre dans un costume de prince charmant, ou l’homme que j’espère. » Page 292
  • « Steve progresse vite en français. Xavier lui a appris pas mal d’insultes et de gros mots. Pour le reste, il travaille avec des livres et regarde la télévision. » Page 306
  • « Ils m’ont aussi fait souffler les bougies de mon gâteau et j’ai reçu des cadeaux. De la part de Xavier : un superbe presse-papiers fait de métaux mélangés en volutes qu’il a lui-même fabriqué. Sarah et Steve : un gros livre sur les plus beaux voyages à faire à travers le monde. » Pages 307 et 308
  • « Il ne peut pas faire autrement que de m’aimer et nous vivons heureux comme Blanche Neige et son prince, sans les nains. » Page 337
5 étoiles, D

Dans l’ombre de la ville

Dans l’ombre de la ville de James Conan.

Les éditions Le livre de poche no 32615 ~ Publié en 2012 ~ 617 pages 

Premier roman de James Conan paru initialement en 2007 sous le titre « City of Dark Hearts ».

Dans l'ombre de la ville

Anna Zemeckis, jeune lettone vivant à New York avec son père, part pour Chicago afin de profiter de l’Exposition universelle de 1893. Sur place elle sera hébergée par sa tante. Malheureusement après quelques semaines, Anna disparait et son corps est identifié à la morgue. Inconsolable son père envoie une lettre au journal World, les priant d’aviser les jeunes filles des dangers de cette ville. Emily Strauss, jeune femme ambitieuse, se présente chez M. Pulitzer, propriétaire du World, pour lui demander une faveur. Elle veut faire ses preuves afin de devenir journaliste, bien que ce soit un monde réservé aux hommes. Par défi, Pulitzer lui demande de faire un article sur les disparitions passées sous silence par les autorités de la ville de Chicago. On prétend qu’ils veulent éviter d’entacher la brillante réputation dont la ville bénéficie avec l’événement. Emily se rend donc à Chicago, où elle va faire de bien sombres découvertes.

Très bon polar historique. Le récit est prenant et intéressant. L’ambiance de l’époque est bien amenée ainsi que l’effervescence de l’Exposition. La ville est décrite de manière captivante et dans les moindres détails, incluant les débuts du métro aérien. L’auteur nous présent la ville de Chicago sur plusieurs facettes. De la plus belle ville du monde jusqu’à la ville entachée par la violence en passant par les réseaux florissants de pornographie. De plus, on y entrevoit les prémices de l’émancipation féminine ainsi que des Centres d’aides aux femmes. Les personnages sont hauts en couleurs mais crédibles. Les hommes sont puissants et imbus d’eux-mêmes, les femmes ambitieuses et courageuses. On y retrouve même la présence de certaines personnalités historiques. Ce roman ne manque pas du tout d’action. Les chapitres courts et les dialogues très nombreux donnent du dynamisme à cette aventure. Il s’agit d’un roman passionnant, bien documenté et très enlevant.

La note : 5 étoiles

Lecture terminée le 21 août 2012

Lecture en tant que juré pour les Éditions Le livre de poche – Polar 2012 :

La littérature dans ce roman :

  • « Peu après midi, un verre d’eau devant lui, des piles de livres et de papiers bien droites sur la table toute proche, Joseph Pulitzer faisait une pause avant de déjeuner. » Page 27
  • « Osant le ver les yeux, elle croisa le regard de M. Dingo. Il ressemblait à saint Nicolas, le bienfaiteur des vieux contes lettons qu’elle affectionnait enfant. Avec ses pommettes rouges et ses yeux pétillants, il ne lui manquait qu’une hotte remplie de cadeaux. » Page 209
  • « – Et que savez-vous de la loi Comstock ?
    – Elle interdit la propagande pornographique sur le contrôle des naissances et l’éducation sexuelle, je crois, dit Emily.
    Le détective approuva de la tête.
    – La diffusion de tout document imprimé, livres, magazines, photos, dessins, ayant un contenu obscène. » Page 327
  • « Il tira Anna à l’écart : deux personnes s’approchaient, rapportant des livres. » Page 354
  • « Emily en déposa méthodiquement le contenu sur la table
    Un mouchoir plié avec soin.
    Un petit miroir doré.
    Une poignée de pièces de dix et vingt-cinq cents.
    Deux clefs accrochées à un anneau.
    – Et ça ? dit Fay, désignant l’ultime trouvaille d’Emily.
    Il s’agissait d’un pendentif en argent dépourvu de chaîne, en forme de petit livre. » Page 413
  • « – Monsieur le président, avec votre respect ! clama le vieil homme avec les accents d’un prophète de l’Ancien Testament. » Page 472
  • « – Cela me fait penser à deux frères bien connus de la Bible, observa Isaiah quand Drake eut terminé. » Page 498
  • « J’ignore lequel de vos fils joue le rôle de Caïn et lequel est Abel, mais je crois m’en douter. Ma dernière lecture de la Genèse remonte certes à des lustres, pourtant, si mes souvenirs sont exacts, l’un a survécu, l’autre non.
    Je n’ai jamais apprécié la conclusion de cet épisode biblique, mais c’est à Dieu, pas à l’homme, qu’est revenue la décision. » Page 499
3 étoiles, D

Le Diable s’habille en Prada

Le Diable s’habille en Prada de Lauren Weisberger

Premier roman de Lauren Weisberger paru initialement en 2003 sous le titre « The Devil Wears Prada ».

Après ses études, Andrea s’installe à New York. Son rêve : devenir journaliste pour le magazine le New Yorker. Entre temps, elle déniche un poste pour la revue Runway. C’est la bible de la mode tenue par Miranda Priestley. Son embauche comme assistante relève de l’exploit. Elle ne s’intéresse pas à la mode et n’a jamais lu le magazine. Cet emploi pourrait cependant l’aider à atteindre son rêve. Travailler pour Miranda pendant un an permet d’obtenir n’importe quel poste dans le domaine de l’édition. Miranda s’avère être un vrai tyran. Elle exige qu’Andrea effectue les tâches les plus subalternes et humiliantes. Réussira-t-elle à tenir un an pour réaliser son rêve ?

Ce roman se lit sur deux niveaux. Il y a le niveau de la mode qui est très superficiel et celui de la souffrance au travail qui est beaucoup plus intéressant. L’écriture est efficace et permet de bien camper les personnages, notamment ceux de l’odieuse Miranda et d’Andrea. Lors de la lecture, une question se pose : Jusqu’où pouvons-nous supporter la tyrannie et l’abus au travail ? La lecture est un peu longue, une centaine de pages en moins l’aurait allégée. Heureusement, les situations cocasses et l’intéressante conclusion rachètent les longues énumérations.

La note : 3 étoiles

Lecture terminée le 29 avril 2011

Dixième lecture de mon défi 26 livres – 26 auteurs édition 2011

La littérature dans ce roman :

  • « Voilà donc où m’avaient menée mes quatre années d’études consacrées à analyser et décortiquer par le menu romans, pièces de théâtre, nouvelles et poèmes : à consoler une bestiole pourrie gâtée avec une tronche de chauve-souris tout en essayant de ne pas démolir une voiture qui ne m’appartenait pas et qui coûtait la peau du bas du dos. »  Page 20 
  • «  – Ils pourraient pondre tout un bouquin sur les avantages respectifs de Sing Sing et de Rikers, mais ils sont infichus de lire un mot d’anglais ! »  Page 45
  • «  – … Je veux que tu profites au maximum de chaque instant, et de tout : les spectacles, les films, les livres, le shopping, les gens que tu vas rencontrer… »  Page 54
  • « Il y avait des douzaines de dons faits au nom de Miranda à divers organismes caritatifs, des centaines de bouteilles de vin ou de champagne, huit ou dix sacs Dior, deux bonnes douzaines de bougies parfumées, quelques céramiques orientales, des pyjamas de soie, des livres aux reliures de cuire, des produits de bain, des chocolats, des bracelets, du caviar, des pulls en cashmere, des photographies encadrées et assez de compositions florales ou des plantes vertes pour décorer un de ces mariages collectifs en Chine, où cinq cents couples se marient en même temps dans un stade de foot ».  Page 82
  • « Lily se préparait à entamer un doctorat de littérature russe à Columbia, et chaque seconde qu’elle ne consacrait pas à ses études était sacrifiée à des petits boulots. »  Page 92
  • « La passion de Lily pour la littérature russe remontait à la classe de quatrième, où un professeur lui avait dit un jour qu’avec sa frimousse ronde et ses boucles brunes, elle ressemblait à Lolita telle qu’il l’avait toujours imaginée. Sitôt rentrée chez elle, Lily s’était plongée dans le chef-d’œuvre de lubricité de Nabokov, sans se laisser troubler une seule seconde par l’allusion de son professeur, puis, dans la foulée, elle avait dévoré les œuvres complètes du romancier. Avant de s’attaquer à Tolstoï. Puis à Gogol. Puis à Tchekhov. Le moment venu d’entrer en fac, elle avait postulé à Brown, pour travailler avec un prof spécialisé en littérature russe qui, au terme de leur premier entretien, lui avait déclaré qu’elle était, à dix-sept ans, la plus calée et la plus passionnée de tous les étudiants qu’il avait rencontrés – tous niveaux d’études confondus. »  Pages 92 et 93
  • «  Sans compter qu’à mes propres yeux, cet univers-là était tout autant décalé et étrange; je le jugeais un peu trop hystérique par moments, et je lui trouvais, plus qu’un peu, des airs de famille avec celui de 1984, mais c’était excitant. »  Page 113
  • « Le quatrième tome de cette maudite série des aventures de Harry Potter devait sortir le lendemain, un samedi, et les jumelles de Miranda, dix ans, en désiraient un exemplaire chacune. Les ouvrages ne seraient pas en librairie avant le lundi matin, mais je devais me débrouiller pour en avoir deux en main le samedi matin – et ce dans les minutes qui suivraient leur sortie de l’entrepôt. Après tout, Harry et ses potes étaient attendus à bord d’un jet privé, à destination de Paris. » Page 119
  • « Je me suis occupée de cette réservation sur-le-champ, afin de me concentrer sur le défi bien plus retors que représentait Harry Potter. »  Page 122
  • Citation sur le défi Harry Potter (pour ne pas gâcher la surprise, seuls les numéros de page vous seront donnés!) : pages 125, 126, 127, 128, 129, 131, 134, 135, 140, 141 et 142.
  • « On disait que cette année-là, la fête serait encore plus exceptionnelle que les précédentes car Marshall venait de sortir un nouveau livre, Colore-moi, Marshall. »  Page 145
  • « Que pouvait-il se passer d’intéressant dans un fête donnée en l’honneur d’un livre consacré à l’art des mèches capillaire? »   Pages 161 et 162
  • « – …Je ne suis pas vraiment dans la mode – en fait, je préférerais écrire, mais j’imagine que ce n’est pas un mauvais début. Et vous, que faites-vous?
    – Je suis écrivain.

    Franchement, cette manie que tout le monde et n’importe qui, à New York, avait de s’auto-proclamer écrivain, acteur, poète, artiste commençait à me taper sur le système. Moi, j’écrivais dans le journal de la fac, ai-je songé, et une fois, au lycée, un de mes essais a même été publié dans un mensuel. Cela faisait-il de moi un écrivain?
    – Et quel genre de livres écrivez-vous?
    – Des fictions, principalement. Je travail en ce moment sur mon premier roman historique, a-t-il précisé en buvant une autre gorgée de bière et en repoussant une nouvelle fois cette agaçante, mais néanmoins adorable, mèche.
    « Premier roman historique » signifiait donc que ses autres œuvres faisaient l’impasse sur la dimension historique. »  Page 174
  • « D’après cette brève description, j’avais immédiatement reconnu l’ouvrage en question. Le New Yorker lui avait déjà consacré un article : apparemment, tout le milieu littéraire brûlait de découvrir ce texte, et ne tarissait pas d’éloges à propos du réalisme avec lequel l’auteur dépeignait son héroïne. »  Page 175
  • « L’ensemble de la critique avait encensé son premier roman, en saluant une des plus remarquables réussites de XXe siècle. Le jeune auteur avait enchaîné avec la publication de deux autres romans, qui, chacun, étaient resté plus longtemps que le précédent sur les listes des meilleurs ventes. »  Page 175
  • « Ce type était un écrivain à succès – que cherchait-il, en bavardant avec moi? »  Page 175
  • « Chaque matin, il m’indiquait où il était garé pour que je puisse le retrouver sans difficulté, mais invariablement, quelle que soit ma célérité, il m’attenait adossé à l’un des tourniquets, les bras chargés de sacs, de vêtements et de livres, tel un grand-père dévoué et généreux. »  Page 196
  • « Le long des murs étaient rangées les chaussures, couleurs, pointures et tous styles confondus – une sorte d’usine virtuelle comme celle de Willy Wonka, mais pour fashionistas. »  Page 251
  • « – Certes, Andy. Mais ce que vous ne semblez pas réaliser, c’est que le monde des lettres est un tout petit milieu. Que vous écriviez des romans policiers, des histoires dans les magazines ou des articles dans les journaux, tout le monde connaît tout le monde. … Peut-être vient-il de découvrir le prochain auteur de best-sellers? »  Page 339
2,5 étoiles, D

Danse macabre

Danse macabre de Stephen King

Premier recueil de nouvelles de Stephen King paru initialement en 1978 sous le titre « Night Shift ».

Ce livre comprend vingt nouvelles. Il y a des monstres sortis d’un sous-sol, d’un placard, d’un champ de maïs ou d’une église et aussi des machines autonomes, des jouets vivants, des fantômes…

Un recueil de nouvelles c’est souvent inégal avec des histoires plus fascinantes que d’autres. Ce recueil ne fait pas exception. Pour ma part, trois nouvelles valent le détour : « Le dernier barreau de l’échelle » qui est une nouvelle psychologique; « La corniche » qui est de la torture pure et simple et « Le croque-mitaine » qui nous fait revivre les peurs de notre enfance. Bien qu’inégale cette oeuvre se lit facilement. On y retrouve de la peur, de l’épouvante, du suspense … Pas vraiment le temps de s’ennuyer à travers ces courtes histoires.

La corniche : Un truand propose un pari à l’amant de sa femme : s’il parvient à faire le tour extérieur de son appartement par l’étroite corniche située à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du sol, il le laissera partir avec sa femme.

Le dernier barreau de l’échelle : Un homme dont la soeur vient de se suicider se remémore des souvenirs d’enfance avec elle.

Le Croque-mitaine : Un homme dont les trois enfants ont tous été tués raconte son histoire à un psychologue.

La note : 2,5 étoiles

Lecture terminée le 17 octobre 2010

4,5 étoiles, D

Dead zone

Dead zone de Stephen King

Huitième roman de Stephen King paru initialement en 1979.

John Smith est victime d’un accident de la route qui va le faire sombrer dans un coma qui durera cinq ans. Pendant cette période, Greg Stillson se forge une carrière en politique avec des moyens peu orthodoxes et la volonté d’appliquer un règne fasciste. À son réveil, John découvre qu’il est doté du don de voyance. En profitant d’une belle journée estivale parmi la foule venue entendre et voir Stillson, John a une vision apocalyptique de l’avenir. À partir de ce moment, une seule question l’obsède : peut-il empêcher sa vision de se réaliser ? Car sa vision est nette, Stillson sera président et déclanchera une guerre nucléaire.

Un bon livre de Stephen King, l’idée est originale et c’est bien écrit. Une plongée au coeur de l’Amérique à la rencontre de personnages très bien étudiés et attachants. Violence, ambition, pouvoir, perversité sont les fils directeurs du roman. King se révèle un observateur surprenant de la société américaine de l’époque Nixon-Carter. Il démontre aussi une belle maîtrise de la psychologie. Il nous fait partager le désespoir d’un homme ayant tout perdu : ses ambitions, son premier amour, son métier. De plus, il doit se recomposer une vie avec cette anormalité qu’est pour lui son don de voyance. La fin est vraiment très bien amenée et surprenante.

La note : 4,5 étoiles

Lecture terminée le 4 juin 2010

3,5 étoiles, D

Dragon rouge

Dragon rouge de Thomas Harris

Deuxième roman de Thomas Harris publié la première fois en 1981 sous le titre « Red Dragon ». Premier tome de la série sur Hannibal Lecter suivi par « Le silence des agneaux », « Hannibal » et « Hannibal Lecter : Les origines du mal ».

 
Des meurtres horribles sont commis, des familles entières sont massacrées, l’agent Crawford du FBI piétine et fait appel à Will Graham qui a la faculté de voir, comprendre et vivre les crimes. Les voilà partis sur les routes brumeuses de l’univers perverti du psychopathe qui se fait appeler Dragon rouge. Toutefois, Will porte encore les stigmates physiques et psychologiques de sa dernière arrestation 3 ans plus tôt, celle d’Hannibal « le cannibale », le brillant psychiatre psychopathe. Will fera quand même appel à ce dernier pour tenter de mieux comprendre les faits, les gestes et les motivations du Dragon rouge. La lutte s’annonce farouche et la descente aux enfers pour Will sera à la limite du supportable.

L’atout de ce roman est l’incursion dans l’esprit du tueur en série, on y découvre ses envies, ses obsessions et ses pensées les plus intimes. L’homme que l’on dépeint n’est pas le monstre sans émotions que nous aimerions qu’il soit, c’est une victime, un accident de la nature. On finit même par avoir de la sympathie pour lui. Par contre, j’ai trouvé l’enquêteur mou et l’investigation mal menée.

La note : 3,5 étoiles

Lecture terminée le 15 février 2009