3,5 étoiles, I, Q

La quête d’Ewilan, tome 3 : L’île du destin

La quête d’Ewilan, tome 3 : L’île du destin de Pierre Bottero

Éditions Rageot, 2003, 267 pages

Troisième et dernier tome de la saga « La quête d’Ewilan » écrit par Pierre Bottero et publié initialement en 2003.

Ewilan et sa troupe sont bien heureux d’avoir réussi leur mission de sauver les Sentinelles qui peuvent maintenant défendre l’Empire contre les Ts’liches. Mais pas de répit pour Ewilan, car ses parents sont toujours prisonniers et elle veut les libérer. Cette deuxième mission plus personnelle celle-là ne sera pas sans danger. En premier lieu elle devra découvrir où ses parents sont tenus prisonnier. Elle devra donc affronter la perfide Eléa Ril’ Morienval qui est prêt à tous pour la faire échouer et garder secret l’endroit où sont enfermé les parents d’Ewilan. Elle reprendra la route avec son petit groupe d’amis mais aussi avec de nouveaux venus. Au court du périple elle rencontrera le grand Merwyn qui la convaincra d’aller chercher son frère pour l’aider dans sa quête. Ce sera ainsi l’occasion pour eux de se connaitre et d’en apprendre davantage sur leur passé.

Un dernier tome qui permet de découvrir les origines d’Ewilan. Bottero continu à nous surprendre dans ce dernier tome en nous offrant une nouvelle mission en prolongement de la première. Cette nouvelle quête permet au lecteur de découvrir l’histoire de la famille d’Ewilan et d’Akiro. Dans la continuité des deux premiers tomes, la plume de l’auteur demeure très belle et fluide. Il sait décrire les émotions de façon très réaliste. Le point fort de ce tome est qu’il permet d’approfondir notre connaissance de certains personnages. Chacun ayant évolué et les relations s’étant créés durant les deux premiers tomes et cela se ressent à la lecture du texte. Dans ce troisième tome nous retrouvons les mêmes petits défauts tel que des situations attendues, quelques longueurs dans l’action. Malheureusement le coté moralisateur de ce troisième tome est un peu déconcertant. Que dire de la leçon de féminisme que la jeune frontalière Siam donne à Ewilan en lui disant de « cogner les garçons » pour ce faire respecter. Vraiment c’est le message que l’on veut passer aux jeunes lectrices qu’à toute situation violence est bonne ? Une bonne trilogie fantasy jeunesse qui nous fait voyager dans le merveilleux monde de Gwendalavir.

La note : 3,5 étoiles

Lecture terminée le 22 septembre 2018

La littérature dans ce roman:

  • « Loup du Nord : Mammifère puissant et extrêmement intelligent qui chasse en meute. Il est plus redoutable qu’un ogre et presque autant qu’une goule. Il ne s’intéresse heureusement que très peu aux hommes et à leurs activités. Sauf quand il a faim…
    Encyclopédie du Savoir et du Pouvoir »  Page 13
  • « Quand Edwin la retrouva, agenouillée au centre de la clairière déserte, elle pleurait, et chacune de ses larmes était un poème offert à l’amour perdu de Merwyn. »  Page 29
  • « Une question revenait sans cesse à son esprit : était-il possible que Merwyn ait été le Merlin des légendes de l’autre monde ?
    Pendant de longues soirées solitaires dans la bibliothèque des Duciel, elle s’était passionnée pour les aventures des chevaliers de la Table ronde et de Merlin l’Enchanteur. Elle connaissait parfaitement l’amour éperdu qui liait ce dernier à la fée Viviane. De telles correspondances entre les noms pouvaient-elles être de simples coïncidences ? »  Page 30
  • « — Tu as eu beaucoup de chance. Personne ne connaît avec exactitude les origines de Merwyn, ou du moins, ne se les rappelle. Il est arrivé au moment où l’humanité vivait une de ses périodes les plus noires et il a apporté l’espoir puis la victoire. Rares sont les légendes qui ne l’évoquent pas et, si bien des empereurs sont aujourd’hui oubliés, le souvenir de Merwyn perdure alors qu’il est mort il y a mille cinq cents ans. Tu sais comment il a brisé le verrou ts’lich, mais tu ignores que, peu après avoir été chassés des Spires, les guerriers lézards qui se savaient incapables de vaincre Merwyn dans un affrontement direct ont décidé de se débarrasser de lui par la ruse.  Page 32
  • « — Et Merwyn ? demanda-t-elle. Qu’est-il devenu ?
    — Il a disparu. D’aucuns soutiennent qu’il est devenu fou de chagrin, que ses larmes ont créé le lac Chen, que sa colère a fait jaillir la chaîne du Poll… ce ne sont que des légendes. La seule certitude, c’est qu’il ne s’est plus jamais manifesté. »  Page 34
  • « Il fallut plus d’une heure à Camille pour retrouver sa sérénité. Elle ne regrettait pas d’avoir passé sous silence la légende de Merlin et Viviane. La réalité alavirienne était tellement plus belle… »  Page 34
  • « — Ferme les yeux, lui ordonna-t-elle, et fais-moi confiance. On va essayer différemment.
    — C’est injuste, protesta Salim. Tu sais bien que si tu me prends par les sentiments je suis capable de te suivre comme un aveugle jusqu’au bout du monde. Encore plus loin peut-être…
    — Tu joueras une autre fois au poète, se moqua gentiment Camille. On y va.
    Elle le guida avec douceur et, stupéfait, Salim sentit un premier degré sous ses pieds, puis un deuxième. »  Page 73
  • « — Désolé, ma vieille, mais je ne pige pas un mot à ce que tu racontes…
    — Ça ne fait rien Salim, ça ne fait rien. Cette île s’appelle Avalon.
    — Comme dans la légende d’Arthur ? L’île de Merlin ?
    — Oui… Allez, viens. Continuons. »  Page 76
  • « — Merci Merwyn, ou devrais-je dire Merlin.  L’inconnu éclata d’un rire frais.
    — Bravo, jeune fille. Je suis heureux que la première personne à qui je parle depuis des siècles soit aussi vive que toi. »  Page 77
  • « J’ai connu Arthur, Lancelot et Perceval… mais c’était ailleurs, dans une autre histoire.
    Merwyn Ril’ Avalon. »  Page 80
  • « Siam était là, installée dans un fauteuil, les jambes passées par-dessus un accoudoir. Elle lisait un épais volume relié de cuir qu’elle referma en voyant Camille se redresser dans son lit. »  Page 80
  • « — Bien sûr, à l’époque, ils portaient des noms d’emprunt. Alain et Élise. Dès que nous les avons vus, Bernard et moi avons été séduits. C’étaient les êtres les plus captivants que nous avions jamais eu l’occasion de rencontrer. Leurs connaissances étaient immenses et totalement ouvertes, leurs goûts variés.  Ils étaient attentifs aux autres, les côtoyer était un pur plaisir. Ils avaient en outre un côté mystérieux qui les rendait terriblement attirants. Ils se disaient écrivains, mais refusaient de parler de leurs œuvres et certaines choses pourtant évidentes les laissaient parfois aussi étonnés que des nouveau-nés. Ils possédaient ainsi un savoir sur la musique ou la littérature à faire mourir de jalousie les plus grands spécialistes, puis nous bombardaient de questions naïves sur le fonctionnement de nos institutions politiques… Très vite, nous sommes devenus amis. Nous nous voyions pourtant par intermittence. Le travail de Bernard nous entraînait au loin, pendant des semaines, eux disparaissaient souvent plus longtemps encore sans que nous sachions où. C’est lors d’une soirée chez Hervé qu’Alain et Élise nous ont révélé la vérité. »  Page 106
  • « Ils se matérialisèrent dans la bibliothèque de la Citadelle dont Camille avait soigneusement mémorisé l’apparence. Il avait été convenu qu’à tour de rôle, quelqu’un les y attendrait, au cas où ils auraient besoin d’aide. Siam était là, feuilletant un épais manuscrit relié de cuir. Quand ils apparurent, elle se leva souplement et s’avança vers eux. »  Page 129
  • « Camille soupira de soulagement pendant qu’Ellana regardait le bouquet que Siam tenait à la main.
    — Des fleurs poussent entre les livres de la bibliothèque ? demanda la marchombre, un rien moqueuse. »  Page 132
  • « Pollimage : Le Pollimage est un fleuve démesuré, mais son débit n’explique qu’en partie l’immensité du lac Chen. Un gigantesque réseau hydraulique souterrain alimente le fleuve et le lac, laissant supposer l’existence d’un véritable monde sous la surface de Gwendalavir.
    Encyclopédie du Savoir et du Pouvoir »  Page 165
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5 étoiles, I

L’incroyable histoire de Halcyon Crane

L’incroyable histoire de Halcyon Crane de Wendy Webb.

Les éditions Le livre de poche no 32640 ~ Publié en 2012 ~ 379 pages 

Premier roman de Wendy Webb paru initialement en 2010 sous le titre « The Tale of Halcyon Crane ».

L'incroyable histoire de Halcyon Crane

Hallie avait 5 ans quand sa mère est décédée. Elle fut élevée par son père qui souffre maintenant d’Alzheimer. Sa vie relativement paisible est bouleversée à la réception d’une lettre d’un notaire lui faisant part du décès récent de sa mère. De plus y est jointe une lettre de celle-ci à son attention. Madlyn Crane vivait sur l’île du Grand-Manitou dans les Grands Lacs. Elle croyait sa fille et son mari morts lors d’une sortie en bateau. Elle a appris par hasard qu’ils étaient bien vivants un peu avant sa mort. Hallie décide alors de se rendre à Grand-Manitou afin de découvrir pourquoi son père l’a séparé de sa mère. Petit à petit, lors de son séjour, les secrets de famille lui seront révélés par Iris la gouvernante des Crane depuis des générations. Ces secrets sont tous plus étranges les uns que les autres. De plus, des phénomènes insolites se produisent. Hallie saura-t-elle éclaircir le passé mystérieux de sa famille ?

Ce roman mi-policier, mi-fantastique est un récit envoûtant qui mêle histoires familiales et surnaturelles. Il est écrit dans la tradition des romans gothiques. Très vite, on est happé par l’atmosphère mystérieuse de l’île désertée par les touristes pour la période hivernale. Elle offre un cadre inquiétant et lugubre avec ses pluies et ses tempêtes. La maison familiale des Crane est elle aussi très importante dans la mise en place de l’ambiance. Cette maison ne semble pas être faite pour apporter la sérénité mais idéale pour y voir l’apparition de spectre. Les personnages sont tous très crédibles. Certains sont attachants, d’autres comme Iris donnent la chaire de poule. Le personnage d’Hallie est le plus réussit, on se prend rapidement d’affection pour elle. De découvrir les secrets de la famille Crane en même temps qu’Hallie ajoute à la profondeur du récit. Les talents de conteuse de l’auteure sont indéniables et nous plongent dans un monde fantastique.

La note : 5 étoiles

Lecture terminée le 22 juillet 2012

Lecture en tant que juré pour les Éditions Le livre de poche – Polar 2012 :

La littérature dans ce roman :

  • « L’histoire de cette famille ne se limite pas à la chronique banale des naissances et des décès, des noces et des succès, même si elle en compte également. Non, les destinées de mes aïeuls rappellent plutôt les contes de fées, ceux de Grimm, malheureusement, avec leur cortège de sorcières, de spectres et de malédictions, toujours accompagné d’avanies douloureuses, parfois sanglantes. » Pages 11 et 12
  • « « Je ne peux pas croire que Madlyn Crane soit ta mère, a-t-il murmuré. Je veux dire pourquoi elle…
    – Tu dis ça comme si tu la connaissais.
    – Eh bien je ne la connais pas. Mais j’en ai entendu parler. Toi aussi d’ailleurs. Il y a l’un de ses livres sur ma table basse. Tu l’as vu dix mille fois. »
    Une image s’est présentée à moi : Richard et moi, assis devant une tasse de thé dans notre appartement, et feuilletant un ouvrage de photographies londoniennes.
    « Où est ton ordinateur ? » a-t-il demandé J’ai montré l’escalier. Quelques instants plus tard il revenait avec le portable. Assis à côté de moi, il saisissait le nom de Madlyn Crane sur le moteur de recherche. Les occurrences s’affichaient les unes après les autres. Time, Travel & Leisure, National Geographic, Vanity Fair, Vogue : ils avaient tous publié ses œuvres. Madlyn Crane était célèbre. » Page 32
  • « J’avais déjà vu des photos de l’île et lu un guide qui lui était consacré, mais je n’étais pas préparée au spectacle qui m’attendait : l’alignement d’immenses demeures victoriennes aux porches d’entrée monumentaux et aux toits à tourelles, le long d’une haute falaise qui plongeait sur un rivage rocheux. » Page 43
  • « J’avais lu dans le guide que l’île du Grand-Manitou, comme celle de Mackinac, prohibait les véhicules à moteur, à l’exception d’une ambulance et d’un ou deux camions de pompiers en cas d’urgence. » Page 45
  • « Un canapé moelleux et une causeuse invitaient le visiteur à s’y blottir pour y lire tranquillement. Au fond d’un couloir, j’ai aperçu un bureau rempli de rayonnages et de livres qui montaient jusqu’au plafond. » Page 50
  • « Éparpillé un peu partout, des revues et des livres. C’était vraisemblablement l’endroit où Madlyn passait l’essentiel de son temps. Je pouvais presque sentir sa présence, bien vivante. » Pages 91 et 92
  • « J’imaginais une petite fille, cette même petite fille en blanc que j’avais cru revoir, jouant avec des chevaux miniatures. Cette fois je la vis plongée dans un livre illustré, étalée sur le ventre, ses pieds se balançant nonchalamment. » Page 93
  • « La monumentale cuisinière montait la garde, veillée par une collection de casseroles et de récipients en cuivre. Une longue table en bois à peine dégrossi, bordée de chaises, occupait une partie de la pièce, près de la porte de service et des fenêtres. À l’autre extrémité, un petit fauteuil : l’endroit rêvé pour potasser un recueil de recettes et chercher une bonne idée pour le dîner. » Pages 93 et 49
  • « Dans le canapé, Will lisait.
    « Combien de temps ai-je dormi ?
    – Pas très longtemps. Une demi-heure, peut-être. »
    Il a refermé le livre, l’a posé sur ses genoux et m’a souri. » Pages 95 et 96
  • « J’avais occupé des appartements nettement moins grands que cette pièce, et jamais aussi beaux. Une pile de bouquins attendait sur la table de nuit : deux best-sellers récents, un essai sur un Livre perdu de la Bible qu’on avait enfin retrouvé et un dictionnaire de mots croisés. Je lai ai ouvert un à un en souriant. Ce qu’elle lisait au lit : voilà, depuis mon arrivée, ce que j’avais appris de plus consistant au sujet de ma mère. » Page 140
  • « La chambre à coucher donnait sur un petit bureau aux murs tapissés de livres. » Page 141
  • « Le ciel était tapissé d’étoiles et pourtant nous baignions dans une obscurité profonde. Des vagues de brume flottaient çà et là comme des spectres folâtrant entre les arbres. Je surveillais nerveusement le chemin, de part et d’autre du véhicule. Je me sentais épiée par des regards invisibles, cachés dans la forêt. Peut-être dans le creux des troncs. Les premiers îliens n’étaient pas si fous d’imaginer que ces arbres avaient quelque chose d’ensorcelé.
    « Je me suis rarement senti un lien de parenté aussi proche avec Ichabod Crane… » ». Page 145
  • « La forêt s’ouvrit soudain sur une majestueuse bâtisse à l’architecture médiévale. Très différente des maisons en bois, de style Cape Cod, qui parsemaient l’autre côté de l’île. Celle-ci respirait la solidité, la virilité, la monarchie, comme surgie d’une forêt profonde au cœur d’un conte de Grimm. » Page 148
  • « « D’après Winnie l’Ourson, nous pouvons avancer sans nous tromper que nous allons avoir du très mauvais temps… »
    – Oui, c’est un jour de Grand Vent… dredi, répliqua-t-il, l’œil malicieux, en me conduisant vers une banquette près de la fenêtre. » Page 156
  • « Après avoir allumé une flambée dans la cheminée de la chambre, j’ai passé la matinée pelotonnée sur la banquette avec un bon livre. » Page 166
  • « J’ai interrompu le récit.
    « Vous en avez d’autres, des histoires de sorcières, Iris ? On dirait franchement un contre de Grimm.
    – C’est pourtant l’histoire de votre famille. »
    Elle me regarda droit dans les yeux.
    « Vous feriez bien d’écouter, mon enfant. » » Page 179
  • « – Elles n’étaient pas seulement … dissipées, reprit Iris. Elles étaient aussi étranges. Comme si elles n’avaient jamais été séparées. Elles n’allaient nulle part toutes seules et parlaient de la même voix monocorde. Quand vous en appeliez une, elles arrivaient toutes les trois, avec sur le visage la même expression. Je sais que cela sonne comme un contre fantastique, mais on aurait dit que ces trois petites filles se partageaient une seule âme. C’était impossible, bien sûr. » Page 181
  • « J’ai allumé la lampe de chevet et inspecté la pièce du regard. Tout était normal. Sur la chaise pendait toujours le pull-over que j’avais posé quand j’avais mis mon pyjama. Sur la table de nuit, le livre entamé avant de m’endormir était bien là. Pas de créature monstrueuse cachée sous le sommier, ni de spectres flottants à l’affût dans les coins. » Page 196
  • « Les heures passaient. Je traînais dans la maison en asseyant de m’occuper. Un DVD, un livre. À chaque fois je revenais à la fenêtre de la cuisine. Regarder au-dehors, c’était encore ce qui ma paraissait le moins absurde. » Page 218
  • « C’était bien pire que quelques vagues manifestations fantomatiques, susceptibles d’animé une conversation entre amis. Je me sentais projetée dans un cauchemar. J’étais d’un coup devenue la pauvre andouille qui rencontre par hasard les enfants du maïs, la voyageuse naïve dans la voiture tombe en panne dans une ville peuplée de vampires. » Page 239
  • « Je ne dis pas qu’elle a tout inventé mais cette histoire est si ancienne. Iris alors n’était qu’une enfant. Une vieille sorcière, des envoûtements, des incantations. L’invocation d’enfants défunts… Il faut bien avouer, Hallie, que ça ressemble à un contre. Quelque chose sorti tout droit d’une imagination enfantine. » Page 240
  • « J’avais décidé de ne rien dire à Will de ce dernier récit. La narration d’Iris m’avait captivée mais après son départ, ce jour-là, j’avais tenté de faire la part de la vérité et de l’affabulation. Un petit garçon mutique qui parvient à communiquer avec me monde animal : bel exemple de littérature enfantine. » Page 249
  • « À genoux sur le plancher, j’ai ouvert le carton qui portait le nom de mon père. Il contenait ses affaires, soigneusement empilées : des vêtements, des livres, des cravates, d’autres effets personnels – et, ce qui m’intéressait le plus, deux albums de photos. » Page 252
  • « Une poupée Raggedy Ann dormait à côté d’une autre peluche, un chien blanc qui, tel le Lapin de velours, avait pris vie grâce à tout l’amour que je lui avais prodigué pendant mon enfance. » Page 252
  • « J’ai retiré du carton d’autres livres : La petit sirène (la version de Hans Christian Andersen), Les patin d’argent et une collection complète de La petite maison dans la prairie, aux reliures encore raides, apparemment jamais ouverte. » Page 253
  • « J’ai plissé les yeux pour essayer de mieux voir et d’un seul coup la photo a semblé s’étendre et s’ouvrir : elle m’entraînait dans son univers en noir et blanc. Je pouvais voir Charles rassembler ses livres. » Page 254
  • « La scène s’estompa et je vis des enfants dans la salle de classe qui se moquaient de Charles. « Les bestiaux du Joueur de flûte sont revenus ! » Charles, imperturbable, courait gaiement rejoindre la troupe hétéroclite qui lui servait d’escorte. » Page 255
  • « J’absorbais chaque image, hypnotisée par ces visions en noir et blanc où mon grand-père apparaissait petit garçon, tel un jeune Docteur Dolittle. » Page 255
  • « Mais je suis tombée sur un cliché de la scène du crime, et tout a changé. C’était la chambre d’enfant du troisième étage, celle dans laquelle j’avais trouvé les cartons de photos. Le cliché confirmait le rapport de police : la pièce était sens dessus dessous, lampes renversées, édredons tombés des lits, livres éparpillés. » Page 278
  • « « Pendant le déjeuner je vous raconterai l’histoire de votre mère », m’annonça-t-elle, plus bourrue que jamais.
    Très bien. Je pris un livre et me suis repliée dans la véranda. » Page 309
1,5 étoile, I, R

Ravenloft, book 7 : I, Strahd. The Memoirs of a Vampire

I, Strahd: The Memoirs of a Vampire de P.N. Elrod

Editions TSR (Ravenloft); Publié en 1995; 310 pages

Roman de Patricia Nead Elrod paru initialement en 1993.

Lord Strahd est un grand seigneur de guerre qui a libéré la Barovie il y a plusieurs années. Cependant, cela fait 15 ans que le seigneur ne donne plus signe de vie. Il reste reclus dans son château depuis le massacre de sa famille un peu avant la cérémonie de mariage de son frère. Le professeur Van Richten pense qu’en fait Strahd est devenu un vampire et qu’il est en hibernation Pour confirmer son hypothèse, Van Richten rassemble son courage et pénètre au cœur du château. Alors qu’il fouille les pièces du palais, il se retrouve dans la bibliothèque et repère un ouvrage écrit de la main même du seigneur des lieux. Il s’agit ni plus ni moins des mémoires du vampire qui règle sur la Barovie. Il découvre comment le destin s’est amusé avec Strahd. Malencontreusement, il est tombé amoureux de la fiancée de son frère. Pour la conquérir, il signa un pacte avec la mort qui est vite devenu un marché de dupe.

Ce roman est loin d’être un chef d’œuvre. Sa lecture a été faite sans joie et sans surprise. Le scénario n’est pas mauvais en soi, mais les personnages manquent cruellement de profondeur et de charisme. Cette adaptation donne l’impression d’une redite, pas forcément heureuse, du roman Dracula de Bram Stoker. Les caractéristiques vampiriques évoquées sont classiques : la transformation en chauve-souris, le besoin de sang, la communication avec les loups, etc. Le tout est écrit avec une absence totale d’originalité. De plus, la thématique de l’amour maudit est abordée de façon simpliste. Cette lecture peut être divertissante pour les plus jeunes (10-12 ans), elle initie au monde des vampires.

La note : 1,5 étoiles

Lecture terminée le 7 septembre 2011

Seizième lecture de mon défi 26 livres – 26 auteurs édition 2011

La littérature dans ce roman :

  • « If not the true heart of the place, the chamber was certainly a vital organ. Each high wall was covered with books – hundreds, thousands of them, more than Van Richten had seen in one place in his fifty-odd years of scholarly life. The yellow glow of his lantern picked up the sheen from well-oiled leather covers and gilt, titles, the occasional flash of a gem, and the dull face of a tome so ancient that no amount of care or restoration could revitalize it. But the outer shell hardly mattered; it was what lay inside that was important.
    Van Richten breathed in the books’ scent and felt his heart begin to race a little. If the monster had a weakness, and they all did in one form or another, perhaps it would be found here. As a man might be judged by the books he reads, so might a clue be revealed in the neat ranks of titles that marched up the walls. » Pages 2 et 3
  • « Perhaps Strahd’s dark magics could not last through his years of quiescence. But Van Richten was only reasonably certain, which was why he’d allowed himself only one day to investigate. Though he could have spent months poring through the rare books in this room alone, he did not believe in taking unnecessary risks. » Page 6
  • « Even without the implied wealth of the books, the place was a study in opulence. » Page 6
  •  « Who knows what damage could be done to the fragile volumes by the gentle onslaught of dust, worms, and nibbling rats? » Page 8
  •  « A great book and some sheaves of paper covered with writing lay on the table. » Page 8
  •  « Carefully and not a little nervously, he ran his fingers over the fine leather cover of the book. It had an odd texture to it, odd and repulsive, as if it were made form… He yanked his hands away as he realized the source of the unusual leather. Damn the creature. Damn the thing that was capable of such an obscenity. After a moment’s pause to offer a prayer for the soul of the book’s victim, he inhaled a great breath, and reached out again, swiftly opening it. It wasn’t precisely a book, so much as a collection of various folios loosely bound together in such a way that more could be added or removed as needed. Some of the parchment pages were the color of cream, thick and substantial, made to last many, many lifetimes. Other pages were thin and desiccated, positively yellow from age, and crackled alarmingly as he turned them over. There were no ornate illuminations, no fussy borders, only lines of plan text in hard black ink. The flowing handwriting was a bit difficult to follow at first; the writer’s style of calligraphy had not been in common use for three hundred years. No table of contents, but from the dates it looked to be some kind of history. … He caught his breath. By all the good gods, a personal journal? » Pages 9 et 10
  •  « “Find some pretty flower, and if the gods are smiling, within nine moons you’ll be hording your own immortality in those two hands. Much better than a sword, and far more magical than anything you’ll find in all those books you’ve collected.”
    I looked hard upon the books now. Despite the rough-and-ready world of camp life, I’d managed to assemble and preserve quite a number of them. Not as many as I would like; there was room on the empty shelves of my library to hold five times as many volumes as I presently possessed. » Page 92
  • « As the harsh months of winter made outside activities less attractive, I spent more of my free time in the study, going through my books. » Page 110
  • « Some spells were easy enough to master, others were quite incomprehensible. Those I did understand were useless in regard to my situation; nonetheless, I broke open each book in its turn and went through it page by page in hope of finding something.
    Human desires being what they are, one would think the ritual for casting a love-spell or creating a love-philter would be more common, but my books were bereft of such things, except for a single short treatise on the subject. The writer’s conclusion that love was a force that could not be successfully reproduced by magical methods struck me as being inanely smug. I tore the page out and summarily tossed in into the fire.
    “Burning books for warmth, my lord?” » Page 110
  • « Having raised a brief smile form me, he nodded at the clutter on my table. “Another magical project?”
    “Something like that.”
    “I turned up five new volumes for your book collection. Cost more than a few coppers, I can tell you. There’s not such change left in that purse you gave me.”
    My eyes snapped up. “If they have true spells of the Art in them it doesn’t matter.” Alek had standing orders to buy any books concerned with magic for me, and he carried a generous supply of gold to pay for them. » Page 116
  • « The books Alek had brought back six moons ago had proven to be highly unusual and uncommonly advanced. Most of the lore in them was quite incomprehensible and that which I did understand was … dark. I suspected that the original writer of the books had participated in a number of ceremonies that would have met with disapproval from most of the magically talented. » Page 127
  •  « I bent over my book and tried to draw sense from it once again. Two of the candles succumbed and went out at the same time, casting the page in darkness just as some of the words were becoming clear in my mind. Impatiently, I grabbed up the book to take it to better light. The pages were stuck together now, probably by some errant blob of wax. I parted them. Carefully. The words – suddenly crystalline – jumped out at me. A Spell for Obtaining the Heart’s Desire. Gods, why couldn’t I read these books a hundred times. » Page 128
  •  « I wanted to slam other things, break them, tear them apart, tear the whole keep apart starting with my idiot’s collection of magical studies. Blindly, I scrabbled for the offending volume. I’d begin with it. “That’s a very old book. You should handle it more carefully” » Page 129 à 131
  •  « When that happened, I left off my search for the night and carried the body away to my working room. There, by methods set down in detail in my books, I was able to put new life – of a sort – into it. » Page 191 et 192
  •  « I’d learned from books of necrological lore that running water was no friend to me, but could only really be harmful if I were foolish enough to let my heart be immersed. » Page 218
  •  « There was nothing, not even the promise of finding Leo’s spellbooks, that could persuade me to enter that hideous trap again. The fellow emerged with an armload of scrolls and tomes, some of which bore protective holy signs. » Pages 256 et 257
  •  « Lazlo Ulrich, Burgomaster of the Village of Berez of Barovia, understanding that Lord Strahd has a keen interest in any and all tomes relating to magic, wishes to make known to his lordship that he has some volumes, recently discovered, for sale. Lord Strahd is most welcome to come view the books, or, if he desires, they can be brought to Castle Ravenloft for his expert inspection….If they were spellbooks, I wasn’t about to trust them to anyone’s care but my own and resolved to travel to Berez myself. » Pages 270 et 271
  •  « “I am here to look at the books on behalf of Lord Strahd,” I told him, wanting to make my visit as brief as possible. “If you still have them.” … Best for me that I not appear too interested in his books. … He opened a decrepit old trunk to reveal a stack of equally decrepit tomes and ancient parchments. … “Thaumaturgic studies?” I absently suggested. He was impressed. “Yes, that’s it. Well, I couldn’t make head or tail of the writing, so I took them to Brother Grigor, and he said they were magic books. » Page 272 et 273
  •  « “But what about the books, your lordship?” he asked. I gave him a small bag heavy with gold. “This is the first payment, I shall return tomorrow evening with the rest. They are Lord Strahd’s property now. As you value your life, keep them safe.” » Page 280
  •  « It was with much relief that I turned over the last payment, gathered the books and papers, and left. » Page 287
  •  « No doubt some of the gold from the books had found its way to Brother Grigor, assuring the easy revocation of the adoption and issuance of marriage banns, instead. » Page 288
  •  « I’d pored through every book on magic I could lay hands on and found nothing to help me understand the nature of my prison or how to leave it. » Page 306
  •  « Van Richten turned the page and found the next to be completely blank. He flipped through the remaining pages of the folio. Nothing. » Page 308
3,5 étoiles, I

L’Île mystérieuse

L’Île mystérieuse de Jules Verne

Editions Gründ; Publié en 2005; 639 pages

Quinzième roman de Jules Verne publié initialement en trois parties : Les naufragés de l’air (1874), L’Abandonné (1875) et Le secret de l’île (1875).

Durant la Guerre de Sécession, cinq prisonniers Yankees décident de s’évader du siège de Richmond à l’aide d’une montgolfière. Suite à un ouragan, le ballon s’échoue sur une île déserte du Pacifique. Les cinq hommes, après avoir mené une exploration de l’île, décident d’exploiter les richesses de celle-ci. Grâce aux connaissances sans fin de l’ingénieur Cyrus Smith, la petite colonie deviendra rapidement prospère. Cependant, quelques événements irrationnels vont attirer l’attention de l’ingénieur et l’amèneront à penser qu’ils ne sont pas seuls sur l’île.

Ce livre est intéressant malgré ses longueurs. Les personnages sont vraiment attachants. On y découvre cinq hommes plein de courage qui essayent de s’en sortir. De la survie, ils passeront à l’aisance exploitant ainsi les richesses de l’île et en bénéficiant d’une « aide divine ». Les descriptions techniques (via le personnage de l’ingénieur) sont associées aux courtes aventures mais elles alourdissent le texte. De plus, cette technique d’écriture nous fait paraitre l’ingénieur comme un surhomme capable de tout faire. Enfin, le mystère de l’île est intriguant, et on a vraiment envie de découvrir quelle en est la nature.

La note : 3,5 étoiles

Lecture terminée le 24 juillet 2011

Treizième lecture de mon défi 26 livres – 26 auteurs édition 2011

La littérature dans ce roman :

  • « Les héros imaginaires de Daniel Defoe ou de Wyss, aussi bien que les Selkirk et les Raynal, naufragés à Juan-Fernandez ou à l’archipel des Auckland, ne furent dans un dénuement aussi absolu. » Page 53
  •  « Pencroft avait trouvé dans les herbes une demi-douzaine de nids de tétras, ayant chacun de deux à trois œufs. Il eut grand soin de ne pas toucher à ces nids, auxquels leurs propriétaires ne pouvaient manquer de revenir. Ce fut autour d’eux qu’il imagina de tendre ses lignes – non des lignes à collets, mais de véritables lignes à hameçon. Il emmena Harbert à quelque distance des nids, et là il prépara ses engins singuliers avec le soin qu’eût apporté un disciple d’Isaac Walton ». Page 60
  •  « La chape de zinc fut fendue dans toute sa larguer, puis rabattue sur les côtés de la caisse, et, peu à peu, divers objets de nature très différente furent extraits et déposés sur le sable. … Il y avait là des livres qui auraient rendu Harbert fou de joie, et des ustensiles de cuisine que Nab eût couverts de baisers ! Du reste, les colons eurent lieu d’être extrêmement satisfaits, car cette caisse contenait des outils, des armes, des instruments, des vêtements, des livres, et en voici la nomenclature exacte, telle qu’elle fut portée sur le carnet de Gédéon Spilett :

    Livres :
    1 bible contenant l’Ancien et le Nouveau testaments.
    1 Atlas.
    1 dictionnaire des divers idiomes polynésiens.
    1 dictionnaire des sciences naturelles, en six volumes.

    « Il faut avouer, dit le reporter, après que l’inventaire eut été achevé, que le propriétaire de cette caisse était un homme pratique ! Outils, armes, instruments, habits, ustensiles, livres, rien n’y manque ! » »  Pages 229 à 231
  •  « – Mais n’y a-t-il sur ces instruments, sur ces outils, sur ces livres, aucune marque, aucune adresse, qui puisse nous en faire reconnaître la provenance ? » demanda Gédéon Spilett. C’est à voir. Chaque objet fut donc attentivement examiné, principalement les livres, les instruments et les armes.

    Quant aux dictionnaires des sciences naturelles et des idiomes polynésiens, tous deux étaient anglais, mais ils ne portaient aucun nom d’éditeur, ni aucune date de publication.
    De même pour la Bible, imprimée en langue anglaise, in-quarto remarquable au point de vue typographique, et qui paraissait avoir été souvent feuilletée.
    Quant à l’atlas, c’était un magnifique ouvrage, comprenant les cartes du monde entier et plusieurs planisphères dressés suivant la projection de Mercator, et dont la nomenclature était en français, – mais qui ne portait non plus ni date de publication, ni nom d’éditeur. » Pages 232 et 233
  • « Ce jour-là – 29 octobre – était précisément un dimanche, et, avant de se coucher, Harbert demanda à l’ingénieur s’il ne voudrait pas leur lire quelque passage de l’Évangile.
    « Volontiers », répondit Cyrus Smith.
    Il prit le livre sacré, et allait l’ouvrir, quand Pencroff, l’arrêtant, lui dit :
    « Monsieur Cyrus, je suis superstitieux. Ouvrez au hasard, et lisez-nous le premier verset qui tombera sous vos yeux. Nous verrons s’il s’applique à notre situation. »
    Cyrus Smith sourit à la réflexion du marin, et, se rendant à son désir, il ouvrit l’Évangile précisément à un endroit où un signet en séparait les pages.
    Soudain, ses regards furent arrêtés par une croix rouge, qui, faite au crayon, était placée devant le verset 8 du chapitre VII de l’Évangile de saint Matthieu.
    Et il lut ce verset, ainsi conçu :
    Quiconque demande reçoit, et qui cherche trouve. » Page 234
  •  « Les colons s’approchèrent alors du singe et le considérèrent attentivement. … C’était un orang … On sait que Buffon posséda un de ces singe, qui le servit longtemps comme un serviteur fidèle et zélé. » Page 274
  •  « D’ailleurs, il profitait pour s’instruire de tous les loisirs que lui laissaient les occupations manuelles, il lisait les quelques livres trouvés dans la caisse, et, après les leçons pratiques qui ressortaient de la nécessité même de sa position, il trouvait dans l’ingénieur pour les sciences, dans le reporter pour les langues, des maîtres qui se plaisaient à compléter son éducation. » Pages 299 et 300
  •  « – Et pourtant, ajouta Pencroff, qui montra une certaine difficulté à se résigner, le monde est bien savant ! Quel gros livre, monsieur Cyrus, on ferait avec tout ce qu’on sait !
    – Et quel plus gros livre encore avec tout ce qu’on ne sait pas », répondit Cyrus Smith. » Page 567
  •  « – Ce français que le hasard jeta à mon bord il y a seize ans ?
    – Lui-même.
    – Cet homme et ses deux compagnons n’ont donc pas péri dans le Maëlstrom, où le Nautilus s’était engagé?
    – Ils n’ont pas péri, et il a paru, sous le titre de Vingt mille lieues sous les mers, un ouvrage qui contient votre histoire. » Page 585
  •  « Il ignorait donc que le Français et ses deux compagnons eussent été miraculeusement rejetés à la côte, que des pêchers des îles Loffoden les avaient recueillis, et que le professeur, à son retour en France, avait publié l’ouvrage dans lequel sept mois de cette étrange et aventureuse navigation du Nautilus étaient raconté et livrés à la curiosité publique. » Page 590