4 étoiles, C, N

Ce que vivent les hommes, tome 1 : Les Noëls blancs

Ce que vivent les hommes, tome 1 : Les Noëls blancs de Christian Signol

Éditions Albin Michel, 2000, 281 pages

Premier tome de la série « Ce que vivent les hommes » écrit par Christian Signol et paru initialement en 2000.

La vie est dure et exigeante pour la petite famille Barthélémy. Leur survie passe par les maigres récoltes de la ferme logée dans les montagnes du Limousin qui sont enneigées 5 mois par année. En ce matin du 1er janvier 1900, la journée commence comme toutes les autres. François, alors âgé de huit ans, en est bien désappointé. Ses attentes étaient grandes, il était convaincu que « ce matin du nouveau siècle, lui apporterait quelque chose de neuf, d’exceptionnel, quelque chose que nul n’avait jamais connu » mais rien ne semble avoir changé. Les trois enfants Barthélémy sont loin de s’imaginer ce que le XXe siècle va leur apporter. Malgré les sacrifices effectués par Auguste et Élise pour le bonheur de la famille, les trois enfants devront partir gagner leur vie chacun de leur côté. Ils devront alors s’adapter à leur environnement et y évolueront avec forces et caractères. Les aléas de la vie vont les éloigner physiquement les uns des autres mais ils seront toujours liés par un amour filial et une volonté de protection mutuelle. Comme pour tout le monde, leurs vies seront de longues suites de bonheurs et de déboires, de succès et d’échecs, avec leur lot de difficultés.

Une lecture simple et émouvante sur l’amour filial. Christian Signol nous fait découvrir dans ce beau roman la vie d’une famille attachante. Dans un premier temps, il nous fait découvrir les membres de cette famille à travers leurs difficultés, leurs petits bonheurs et surtout à travers la tendresse mutuelle qu’ils ont les uns envers les autres. Dans un deuxième temps, il nous fait découvrir l’histoire de premier tiers du XXe siècle par le biais de leurs quotidiens. La plume de Signol est douce et percutante. Douce, car ses personnages sont tendres et attachants et il dépeint merveilleusement bien la beauté de la nature. Percutante, car son traitement de la guerre est remarquable, il décrit de façon très réaliste les horreurs de la guerre avec ses ravages, ses odeurs de mort et la folie des hommes. Malgré quelques longueurs, cette lecture en est une de qualité. Le lecteur découvre la vie quotidienne menée en France lors de la première guerre mondiale que ce soit celle des militaires ou celle des membres des familles restées à la maison. Une lecture facile et tout en douceur.

La note : 4 étoiles

Lecture terminée le 29 décembre 2018

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3,5 étoiles, N

Le naufrage du Titanic

Le naufrage du Titanic de Philippe Masson

Éditions France Loisirs, 1998, 124 pages

Livre écrit par Philippe Masson paru initialement en 1998.

Dans la nuit du 14 avril 1912 lors de son voyage inaugural, le Titanic heurte un iceberg à 23h40 en plein Atlantique Nord. Quatre jours seulement se sont écoulés depuis son départ de Southampton. Malgré sa réputation d’être un paquebot « insubmersible », moins de 3 heures après l’impact le pire se produit, le navire coule. Ce naufrage est l’une des pires catastrophes maritimes car environ 1 500 passagers y sont morts. Cet album survole et analyse quelques faits de l’histoire de cet extraordinaire navire de sa construction à sa découverte en 1985. Une magnifique collection de photos et certains documents illustre la brève vie de ce navire ainsi que celle de sa découverte à 650 km au sud-est de Terre-Neuve et à plus de 3500 mètres de profondeur.

Un très beau livre pour ceux qui veulent s’initier à l’histoire du Titanic. Ce magnifique livre est fort bien documenté et illustré. Il permet d’acquérir les informations de base sur la catastrophe qu’est le naufrage du Titanic. L’auteur présente le paquebot dans son ensemble. En plus de présenter quelques données techniques sur le navire, il dresse l’histoire de quelques personnes qui étaient à son bord lors de la catastrophe. Par son analyse et sa connaissance approfondie du domaine, l’auteur permet au lecteur de comprendre les suites du naufrage soit les procès qui en ont découlé ainsi que la découverte de l’épave. Le style de l’auteur rend cette lecture très facile d’accès sans que le lecteur n’ai besoin de connaissances préalables du drame. Une lecture rapide et intéressante, mais il est dommage que ce texte ne soit pas plus complet et approfondi. De plus, plusieurs erreurs grossières de typographie vers la fin du livre font penser qu’il a été écrit en catastrophe pour profiter de la manne offerte par la sortie du film Titanic de James Cameron en 1998.

La note : 3,5 étoiles

Lecture terminée le 10 décembre 2018

La littérature dans ce roman:

  • « Parmi les passagers privilégiés, on note le major Butt, l’aide de camp du Président des États-Unis William H. Taft, ou encore William Stead, le propriétaire de la revue Pall Mall Gazette. »  Page 24
  • « Les initiés reconnaissent le colonel Jahn Astor, un des hommes les plus riches du monde. Il « vaut » 30 millions de livres. Âgé de quarante-sept ans, Astor est un homme complexe. Auteur d’un roman, bibliophile, excellent yachtman, il affiche une immense curiosité dans les domaines les plus variés de la technique. »  Page 24
  • « Au même niveau, se situe George Widener, le « roi des tramways », amateur de livres rares. Après sa disparition, sa mère fera don de ses livres à la bibliothèque de l’université Harvard qui porte aujourd’hui son nom. »  Page 27
  • « Les passagers de deuxième classe ne sont pas sacrifiés, bien au contraire. La plupart des cabines se trouvent à l’arrière, à l’aplomb des deux dernières cheminées. Elles sont desservies par un escalier et un ascenseur. Elles n’ont plus qu’un lointain rapport avec celle que l’on trouvait encore au milieu du siècle précédent. Dickens, lors de son voyage aux États-Unis, en avait fait la fâcheuse expérience à bord du Britannic considéré pourtant comme une des grandes réussites de l’époque. « Cette cabine ? Un antre impraticable, à peine imaginable, une boîte inconfortable d’apparence repoussante… J’étais assis dans une sorte de box à chevaux fait pour recevoir deux passagers. »  Page 35
  • « Dans le grand salon, le révérend Carter, toujours accompagné de sa femme, célèbre l’office dominical. On change des psaumes. »  Page 40
  • « Rompant ses câbles, la cheminée avant s’abat sur l’aileron tribord de manœuvre, écrasant des dizaines de naufragés. On retrouvera, quelques jours plus tard, le corps de John Astor horriblement mutilé. »  Page 58
  • « Traumatisés par la catastrophe, la plupart des survivants sont hantés par le spectacle que le roman, l’imagerie populaire n’ont cessé de répandre : des grappes de naufragés, le visage torturé par l’angoisse et la haine, s’accrochant aux embarcations et les faisant chavirer en tentant de monter à bord. »  Page 58
  • « Le président de la République française, Armand Fallières, envoie lui aussi un télégramme à George V. « J’ai à cœur d’exprimer personnellement à Votre Majesté la profonde tristesse avec laquelle j’ai appris la terrible catastrophe du Titanic qui met en deuil tant de familles américaines et j’ai à cœur de vous adresser mes très sincères condoléances. Je tiens à dire à Votre Excellence que je prends part à ses angoisses concernant le major Butt. » Le pape Pie X intervient lui aussi. L’aide de camp du président revenait d’une mission auprès du Saint-Siège et Butt était porteur d’une lettre de Sa Sainteté à Taft. »  Page 78
  • « Nombre d’écrivains, de littérateur, de plumitifs ne peuvent résister à la tentation d’évoquer un événement qui bouleverse la conscience humaine. L’académicien Paul Lavedan, au comble de sa réputation et qui bénéficie chaque semaine d’une page entière dans L’Illustration s’efforce, avec un lyrisme devenu aujourd’hui insupportable, de faire revivre la nuit du drame : « L’horreur ne me lâche pas. Je suis hanté du Titanic… Décor : la nuit. La solennelle immensité de la mer. Des étendues infinies et profondes percées de froid, fourrées de brume, occupées et remplies par l’unique et colossal murmure des éléments, l’énorme et doux va-et-vient des flots. Un ciel étoilé, mais sans lune, un ciel noir, gelé, où les astres font l’effet d’une poussière de glace…
    « Et dans ce paysage de désolation majestueuse, je vois un bateau – un seul, un grand, très grand, un gigantesque bateau comme jamais on n’en a vu… ou plutôt non, c’est une maison…. Plus qu’une maison, un quartier! Plus qu’un quartier, une ville! Cette ville inouïe passe, file, suit son chemin. Elle sait ce qu’elle veut, où elle va… Et cependant une montagne de glace est déjà en route… A-t-elle été désignée ? A-t-elle reçu un ordre ? Désignée par qui ? Quel est celui qui aurait donné l’ordre ? Nous ne savons pas, nous n’avons pas à savoir…
    « Ce qui est certain, c’est que la montagne de glace et le bateau géant – mais si petit quand même – qui avaient toutes les raisons, toutes les chances de s’éviter… se sont pourtant rejoints, comme s’ils se cherchaient, comme s’il était écrit qu’ils dussent, à ce moment précis du temps, se rencontrer et se heurter.
    « Et le choc eut lieu. À partir de cette minute, c’est l’incompréhension dans les sentiments, les sensations, la confusion de toutes les idées, de tous les états de l’esprit, du cœur, du corps et de l’âme : des prodiges de raison, de sagesse et de folie, l’apothéose du sang-froid et du courage et puis l’extrême de l’abattement et de la lâcheté; de l’héroïque à côté du bestial; de la révolte en face de la résignation du blasphème, des cris, des pleurs des hurlements, du silence, des baisers et de la prière. »  Pages 78 et 81
  • « Comme le souligne Stéphane Lauzanne dans Le Matin du 17 avril, « Le Titanic constituait l’affirmation la plus formidable de la puissance moderne. Il était le paquebot le plus gigantesque qu’on eût vu à flot depuis que le monde existe. Il était muni des derniers raffinements de la science et de la civilisation. » « Pourtant, il a sombré avec ses appartements d’un luxe inouï, avec sa formidable machinerie, avec ses millionnaires, avec sa télégraphie sans fils… » »  Page 81
  • « Pour d’autres, le drame constitue un sévère avertissement. Il ébranle la confiance illimitée accordée au progrès à l’heure où le positivisme et le scientisme conservent une forte audience au mépris du hasard et des forces profondes. Une remise en cause qui inquiète un Jean Jaurès, toujours adepte fervent d’un progrès nécessaire à « l’émancipation de l’humanité ». »  Page 81
  • « Le publiciste William Stead qui disparaîtra dans le naufrage est, lui aussi, assailli de sombres pressentiments. Au cours d’interminables séances de bridge, il ne cesse de dire et de répéter à ses partenaires que le Titanic peut fort bien disparaître. N’est-il pas l’auteur d’un article paru en 1898 dans la Review of Reviews et intitulé « Du vieux monde au nouveau ». Le récit met en scène un des plus beaux paquebots de la White Star de l’époque, le Majestic, qui sombre, lui aussi, après avoir heurté un iceberg. La conclusion de Stead est prémonitoire : « Les océans parcourus par de rapides paquebots sont jonchés des os blanchis de ceux qui ont embarqué comme nous et ne sont jamais arrivés à bon port. »  Page 82
  • « À la manière des vieux contes populaires, le drame du Titanic fait rapidement l’objet de variations ou même d’affabulation. »  Page 82
  • « La commission d’enquête américaine a toujours eu la conviction qu’il s’agissait du cargo Californian et a lourdement dénoncé la passivité de son commandant, le capitaine Lord.
    Celui-ci a trouvé des défenseurs. Il ne se trouvait pas à mois de 10 milles comme l’ont prétendu les Américains, mais à 20 nautiques comme le confirme son livre de navigation. »  Page 100
  • « La légende du Titanic dépasse largement les premières grandes manifestations de deuil. De nouvelles légendes se tissent. Le drame fait l’objet de romans, de films. »  Page 102
  • « La liste est longue. Des bustes, des statues, des bas-reliefs perpétuent le souvenir du chef d’orchestre William Hartley, dont le corps a été retrouvé quelques jours après le naufrage, du capitaine Smith, des époux Strauss, d’Edith Evans qui avait cédé sa place dans une embarcation à une jeune femme attendue chez elle par son enfant, d’Archibald Batt (Butt), l’aide de camp du président Taft et de l’architecte Thomas Andrews. »  Page 102
  • « Le drame sert de thème à plus de 500 chansons, opérettes, comédies musicales comme The Wreck of the Titanic dont le succès sera considérable en Grande-Bretagne et dans les pays du Commonwealth. Le roman s’en mêle. À de limiter à la production française, le meilleur, et de loin est celui d’Édouard Peisson, paru en 1932, Parti de Liverpool.
    Il met en jeu L’Étoile des mers. Là aussi, c’est le directeur de la compagnie, qui, de son lointain bureau londonien, incite le commandant à battre le record de vitesse sur l’Atlantique nord. Le drame du Titanic se renouvelle. Le paquebot heurte un iceberg en pleine nuit. Le choc est, là encore, à peine perceptible. Mais le nouveau géant des mers se casse progressivement en deux.
    L’évacuation se déroule au milieu d’une effroyable panique. La mise à l’eau des canots par une mer très forte tourne au désastre. Plusieurs embarcations sont écrasées le long de la coque. En fermant le livre, on a cependant la surprise de constater que sur plus de 1 000 passagers, on ne compte que 55 victimes dont le commandant et la plupart des officiers.
    L’œuvre littéraire la lus surprenante est peut-être la saga en trente-trois chants de Hans Magnus Enzesberger, Le Naufrage du Titanic, qui repose sur une parfaite connaissance de tous les détails du drame. »  Pages 102 et 104
  • « Avec Jean Negulesco, Hollywood ne peut s’empêcher de tourner en 1953 son propre Titanic. Le désastre ne sert d’arrière-plan qu’à une banale intrigue. Cinq ans plus tard, intervient le cinéma britannique avec A Night to Remember, Atlantique Latitude 41°. Version honnête, à la limite du documentaire, directement inspirée du livre de Walter Lord et qui n’hésite pas à reprendre une partie des scènes d’évacuation du Titanic de 1943. »  Page 107
  • « Ce trésor, ou plutôt ces trésors, concerneraient des lingots d’or, des diamants de la De Beers, une œuvre rare, comme le Rubbayiat d’Omar Khayam, un recueil de contes persans, à la reliure ornée de rubis, ainsi que des valeurs et des bijoux appartenant à des passagers.
    Il ne s’agit là, en fait, que de pures suppositions. La cargaison n’étai assurée que pour 420 000 dollars. Le Rubbayiat n’était qu’une copie. »  Page 108
  • « Lorsqu’on retrouvera le corps de John Astor, on découvrira dans son portefeuille la coquette somme en billets de 2 440 dollars et 225 livres. »  Page 108
  • « À ce musée, est associé une somme de livres, de brochures, de photos, de films et de vidéos. »  Page 111
  • « Il n’en reste pas moins que rien ne justifie l’incroyable indifférence du (capitaine) Lord et de ses officiers. Rien ne justifie non plus les contradictions du capitaine devant les commissions, ni le fait qu’il ait obligé ses officiers de quart à faire un rapport écrit sur tout ce qu’ils avaient vu pendant la nuit ou encore le silence étrange du livre de navigation, où ne figure aucune note entre 1h30 et 4h30. »  Page 122
  • « Demeurent cependant quelques déceptions. Aucune trace de la momie que le colonel Astor aurait achetée au Caire, au cours de son interminable et scandaleux voyage de noces en Égypte. Pas davantage de trace de la copie du Rubbayiat d’Omar Kayyam. »  Page 125
  • « Le drame de 1912 a donné naissance à un roman de Didier Decoin, La femme de chambre du Titanic, à l’origine d’un film de Bigas Luna, sorti en salle en novembre 1997. »  Page 126
  • « Contrairement à certains ouvrages d’anticipation à succès, comme celui de Clive Cussler, Raise te Titanic (« Renflouez le Titanic »), paru en 1976, le géant des mers ne sera pas relevé. »  Page 127
4 étoiles, A, N

L’Assassin royal – Premier cycle, tome 03 : La nef du crépuscule

L’Assassin royal, tome 03 : La nef du crépuscule  de Robin Hobb

Éditions BAAM; Publié en 2010; 412 pages

Troisième tome de la série L’assassin royal. Il s’agit de la deuxième moitié du livre paru initialement en 1996 sous le titre « The Farseer Trilogy, book 2 : Royal Assassin ».

La nef du crépuscule

Malgré les efforts de Fitz et de Vérité pour défendre le royaume, les Pirates continuent de ravager le pays. Constatant son impuissance, Vérité décide de partir à la chercher des Anciens. Selon la légende, ils sont les seuls à pouvoir sauver le royaume. Royal profite de son absence pour prendre le contrôle de Castelcerf. Les finances de l’empire sont au plus bas et il dilapide les fonds en organisant de grands banquets. Alors qu’une attaque des Pirates s’organise, Royal affirme qu’il ne peut pas intervenir par manque de fonds. Kettricken décide alors de partir avec l’armée pour combattre. La bataille est violente mais elle parvient à s’en sortir indemne. Cependant, deux nouvelles gâchent ce succès : des rumeurs courent que Fitz combat avec un loup à ses côtés et que Vérité est mort durant son expédition. Fitz et Kettricken réussiront-ils à sauver le royaume des griffes des Pirates et de Royal ?

Ce troisième tome est plus excitant que le deuxième sans toutefois être exceptionnel. Il y a beaucoup plus d’action, dès le début on est plongé dans les combats navals entre les Pirates et la flotte royale. Les intrigues y sont aussi plus denses et complexes. Dans cet ouvrage, les personnages sont toujours aussi attachants et leur évolution est plus touchante. Particulièrement les relations de Fitz avec Molly et Burrich qui se dégradent et le côté machiavélique de Royal qui devient de plus en plus efficace. L’auteur sait nous rendre les méchants détestables et les bons attachants. Malgré le rythme un peu lent du récit, il faut reconnaitre que l’auteur sait captiver l’attention grâce à son style soigné. La finale est accrocheuse et crève cœur à la fois. Un tome qui s’achève bien et qui met le royaume en déroute. Il invite tout naturellement à enchaîner sur le tome suivant.

La note : 4 étoiles

Lecture terminée le 20 décembre 2012

L’Assassin royal : tome 01, tome 02

La littérature dans ce roman :

  • « Plus tard, je découvris mention du bateau blanc dans un manuscrit qui traitait de vieilles légendes ; là, il s’agissait d’un navire maudit sur lequel l’âme des marins noyés indignes de la mer travaillait pour l’éternité sous la férule d’un capitaine impitoyable. » Page 32
  • « « Un messager est arrivé hier soir, dépêché par le duc Brondy de Béarns. Il apportait les rapports des moissons et d’autres missives semblables, la plupart pour Royal. Mais Célérité, la fille de Brondy, a également envoyé ce manuscrit. Il est pour toi. »
    Il me tendit l’objet, un petit rouleau fermé par un ruban jaune et scellé par un cachet de cire verte. » Page 40
  • « « Elle m’envoie, avec ses salutations, une copie d’un manuscrit qu’elle a trouvé dans les bibliothèques de Castellonde, ou, plus précisément, une copie des parties encore lisibles. D’après l’étui, elle pense qu’il concerne les Anciens. Elle a remarqué l’intérêt que je leur portais lors de ma visite chez son père ; à première vue, selon moi, le texte traite plutôt de philosophie, ou de poésie, peut-être. »
    Je rendis les rouleaux à Subtil. Au bout d’un moment, il les prit. Il déroula le premier et le tint devant lui à bout de bras, puis il plissa le front, eut une expression mécontente et reposa le parchemin sur ses genoux. « Parfois, le matin, j’ai la vue brouillée », dit-il. Il réenroula les manuscrits l’un dans l’autre, avec minutie, comme s’il s’agissait d’une tâche difficile. « Tu lui enverras une lettre séante de remerciement. » » Pages 40 et 41
  • « J’avais envie de me croiser les bras pour calmer leur agitation, mais je les maintins le long de mon corps en essayant de ne pas froisser le petit manuscrit que je tenais. » Page 43
  • « Je la remerciai pour le manuscrit, et puis je lui racontai mon été : l’aviron à manœuvrer sur le Rurisk jour après jour, ma maladresse à l’épée qui avait fait de la hache mon arme ; je lui narrai notre première bataille sans lui faire grâce des détails et lui avouai la nausée que j’en avais ressentie par la suite ; j’évoquai les instants où j’étais resté pétrifié de terreur sur mon banc tandis qu’un Pirate rouge nous attaquait, mais je passai sous silence le navire blanc . » Page 44
  • « C’est à peine désormais si je sentais sa présence ; pourtant, je crus percevoir un tressaillement lorsque Kettricken, occupée à nouer un bout de ficelle autour d’une plante emmaillotée de paille, me demanda ce que je savais des Anciens.
    « Bien peu, ma reine, répondis-je avec franchise, en me promettant encore une fois d’étudier les manuscrits et les rouleaux que je négligeais depuis si longtemps. » Page 58
  • « Allons-y, dans ce cas. Mais… je vous demanderai d’abord de m’attendre devant mes appartements. Je voudrais y prendre plusieurs manuscrits que je tiens à lui montrer ; je n’en aurai que pour un petit moment. » Page 61
  • « Romarin vint se placer auprès de moi, les bras toujours chargés de manuscrits que je soupçonnais le fou d’avoir chapardés chez moi. Mais, tout en expliquant le motif de sa venue à Vérité, Kettricken prit les rouleaux l’un après l’autre, à chaque fois pour illustrer son raisonnement. » Page 63
  • « Le roi Sagesse, vous vous le rappelez peut-être, a été le premier noble des Six Duchés à se présenter chez nous… au pays des Montagnes sans intentions belliqueuses ; c’est pourquoi notre tradition conserve bon souvenir de lui. Ces manuscrits, copies de textes d’époque, parlent de ses actions et de ses voyages à l’intérieur du royaume des Montagnes, et, par conséquent, indirectement, des Anciens. » Page 63
  • « J’étais dans ma chambre, occupé à étudier, bien tardivement, les manuscrits et les tablettes qui s’y trouvaient encore, lorsqu’un page se présenta à ma porte dans l’après-midi. « Vous êtes mandé aux appartements du roi à l’heure suivant le dîner » ; tel fut le message qu’il me délivra. » Page 65
  • « Résolument, je déroulai un des manuscrits sur les Anciens et m’efforçai de le lire, mais en vain : je ne voyais que Molly. » Page 66
  • « Le manuscrit des Anciens tomba de mes doigts sans vigueur ; ma chambre me paraissait soudain suffocante. Je repoussai les tablettes et les parchemins que j’essayais en vain d’étudier et, à l’heure avant le dîner, je me rendis aux appartements de Patience. » Page 67
  • « Je n’avais pas remarqué le page silencieux qui les accompagnait, tout de noir vêtu, les bras chargés de manuscrits et de tablettes. » Page 71
  • « Les manuscrits de Kettricken furent déroulés un à un, et Vérité en lut à haute voix les passages pertinents, après quoi ils étudièrent longuement l’ancienne carte. » Page 74
  • « Néanmoins, il tenait maintenant les manuscrits plus loin de ses yeux quand il lisait et il évitait de lever les bras au-dessus de sa tête pour attraper tel ou tel ustensile. » Page 88
  • « Dame Célérité, je dois vous remercier encore une fois du manuscrit que vous m’avez fait parvenir », déclarai-je gauchement. » Page 145
  • « En milieu de matinée, je fus introduit dans la chambre à coucher de la reine, porteur de quelques manuscrits sur les simples. » Page 307
  • « Elle paraissait à peine mieux que la veille au soir, mais je la saluai chaleureusement et entrepris de lui désigner chaque plante des manuscrits avec moult péroraisons sur les bienfaits de chacune ; je réussis ainsi bientôt à faire fuir la plupart des dames de compagnie et Kettricken envoya les trois dernières chercher du thé, lui trouver d’autres oreillers et récupérer un autre manuscrit sur les simples censé se trouver dans le bureau de Vérité. » Page 307
  • « La reine Kettricken me pria de lui laisser les manuscrits, car son dos la faisait toujours souffrir ; elle avait décidé de se retirer tôt ce soir et peut-être leur lecture l’aiderait-elle à passer le temps avant de dormir. » Page 308
  • « L’âtre était froid, la pièce sentait le renfermé et il flottait une forte odeur de souris ; je formai le vœu que les manuscrits dans lesquels elles nichaient ne fussent pas irremplaçables, bien que j’eusse la quasi-certitude d’avoir transporté chez Umbre ceux auxquels Vérité tenait. » Page 309
  • « Tout ne se passa pas aussi bien qu’il l’avait prévu : le roi Subtil eut un moment d’hésitation, puis regarda d’un air perplexe le manuscrit qu’on lui avait donné à lire ; pour finir, Kettricken prit le rouleau de ses mains tremblantes et Subtil lui sourit tandis qu’elle commençait à lire les mots qui devaient lui fendre le cœur. » Page 333
  • « Cet homme n’existait plus, il avait été arraché à cette pièce ; la pagaille d’un homme actif, le tendeur à bottes, les épées, les manuscrits éparpillés avaient été remplacés par des brûloirs à herbes et des tasses collantes où restait un fond de thé drogué. » Page 337
5 étoiles, N

La nuit des temps

La nuit des temps de René Barjavel

Neuvième roman de René Barjavel publié initialement en 1968.

Lors d’une mission scientifique française en Antarctique ayant pour but de faire un relevé du sol sous-glaciaire, un signal ultrason est détecté sous la glace. Celle-ci atteint une épaisseur de 1000 mètres et ses couches profondes datent de 900 000 ans. La France demande l’aide des autres nations afin de creuser pour atteindre l’émetteur. Ils découvriront une sphère dorée contenant un homme et une femme congelés, mais encore en vie. La femme est d’une beauté fascinante et l’homme est grièvement brûlé. Les scientifiques parviennent à réanimer la femme. Au moyen d’un appareil de télépathie retrouvé dans la sphère, le Dr Simon deviendra l’explorateur de la vie d’Eléa, de son amour pour Païkan et de son monde perdu.

Une fois entrée dans ce livre, difficile de le quitter. L’histoire, une vraie histoire d’amour, se déroule dans ce monde qui peuplait l’Antarctique il y a 900 000 ans. Une civilisation du passé qui s’élève au delà de la nôtre par le respect de la nature et une grande maîtrise de la technologie. Et pourtant, elle a péri. Le message de ce roman est clair : Peux importe le niveau d’évolution d’une société, la guerre peut toujours l’anéantir complètement. C’est vraiment le genre de livre qui me fait fermer les yeux et imaginer ce qu’il décrit.

La note: 5 étoiles

Lecture terminée le 9 mai 2009

4,5 étoiles, N

Nébulosité croissante en fin de journée

Nébulosité croissante en fin de journée de Jacques Côté

Quatrième roman de Jacques Côté publié la première fois en 2000.

Été 1976, Sainte-Foy en banlieue de Québec, H repris de justice s’est fait renvoyer du garage où il travaillait dû à une maladresse insignifiante mais à ce point humiliante qu’il en perd les pédales. Il décide de se venger en tirant au hasard des automobilistes qui auront eu le malheur de croiser sa route, selon ce que lui dira la carte de Mille-Bornes. H a aussi promis de venger la mort de son frère et héros, Paul, mort à la suite d’une poursuite policière qui a mal tournée. Daniel Duval, enquêteur à la Sûreté du Québec, travail sur le cas avec son coéquipier, Louis Harel dit Le Gros, ils tentent désespérément d’arrêter le tireur fou afin d’éviter d’autres meurtres gratuits. Les 2 policiers ne connaissent pas la passion morbide de H pour la démolition automobile, ni sa ferme intention de se payer la peau d’un flic !

Première enquête de Daniel Duval et c’est un vrai plaisir de se plonger dans cette histoire. Ce roman policier possède une structure solide, des personnages crédibles, une série d’événements surprenants et un policier pris entre ses devoirs de justicier et de père. J.C. a aussi pris soin de retracer les chansons et les événements de l’époque, détails qui donnent de la crédibilité à l’histoire.

La note :  4,5 étoiles

Lecture terminée le 31 décembre 2008