3 étoiles, O, T

Temperance Brennan, tome 6 : Os troubles

Temperance Brennan, tome 6 : Os troubles de Kathy Reichs.

Éditions Pocket (Thriller), publié en 2006, 438 pages

Sixième tome de la série de romans policiers « Temperance Brennan » écrit par Kathy Reichs et paru initialement en 2003 sous le titre « Bare Bones ».

L’anthropologue judiciaire Temperance Brennan pense devoir repousser ses vacances car des ossements carbonisés d’un nourrisson ont été trouvé dans un poêle à bois. L’enquête autour de la famille du bébé mène à des découvertes plus troublantes les unes que les autres. Même Boyd, le fidèle chien de Tempe, s’en mêle en déterrant, lors d’un pique-nique, deux sacs contenant des ossements d’ours mêlés à ceux d’oiseaux et d’humain. Pour compliquer les choses pour Brennan, un Cessna-210 percute une paroi rocheuse et s’embrase. Le pilote et son passager sont retrouvés carbonisés. Elle doit terminer son travail alors que la canicule fait rage. Tous ces dossiers vont porter le coup final au projet de Tempe de partir en vacances avec Ryan.

Un roman policier dans la moyenne, sans plus. L’intrigue débute rapidement avec une disparition et la mort d’un bébé. Malheureusement, il y a trop de détails, de pistes et de dossiers qui font leur apparition, ce qui donnent l’impression que ça part dans tous les sens. De plus, le dénouement des enquêtes manque un peu de réalisme car toutes les pistes se rejoignent en un seul dossier, ce qui est peu probable. Par contre, c’est avec bonheur que l’on retrouve les personnages de cette série : Tempe, sa fille Katy, son collègue Ryan et son chien Boyd. Ils sont fidèles à eux même et finalement Ryan prend plus de place dans la vie de Brennan. Le point fort de ce tome, c’est qu’en plus de l’enquête proprement dit, ce polar est un plaidoyer pour la protection des animaux et l’écologie. Une lecture agréable tout de même.

La note : 3 étoiles

Lecture terminée le 18 mars 2015

La littérature dans ce roman :

  • « Conclusion : le sac-poubelle renfermait des restes partiels de trois Ursus americanus. Des ours noirs. Identification de l’espèce grâce à l’ouvrage de Gilbert, Mammalian Osteology, et du Mammal Remains from Archaelogical Sites d’Olsen. »  Page 68
  • « L’avion puait le fuel et la chair carbonisée. Dans cet habitacle imprégné de suie, je me croyais plongée au cœur du Dust Bowl si bien décrit par Steinbeck. »  Page 81
  • « Au centre de la scène, dans l’éclat rougeoyant des lampes de chantier, l’avion mort et l’équipe chargée de la récupération, tels les récitants d’une tragédie antique. Spectacle macabre. Shakespeare dans un champ de maïs. Cauchemar d’une nuit d’été. »  Page 82
  • « — J’en ai pour un instant.
    — Prends tout ton temps.
    Il avait laissé de côté les «Oui, m’dame » traînants, version Autant en emporte le vent. C’était déjà ça.
    Faux espoir. Un «mam’zelle Kitty » m’a quand même rattrapée pendant que je montais l’escalier. »  Page 86
  • « Et maintenant le Don Juan détective avait ses fesses posées sur le canapé de mon salon. »  Page 88
  • « — L’heureux propriétaire de deux clubs de strip-tease à Kannapolis. C’est une petite ville industrielle pas loin d’ici, n’est-ce pas ?
    Hochements de tête autour de la table.
    — » Les Valets de Carreau » et « Les Reines de Cœur »… Ricky Don s’attache à satisfaire les demandes sexuelles en tout genre.
    — Un poète, a décrété Larabee. »  Page 105
  • « — Tu te souviens des os d’animaux dont je t’ai parlé ?
    — Oui.
    — C’est notre Rintintin ici présent qui les a découverts. Ils étaient enterrés dans un bois. J’étais presque sûre qu’il s’agissait d’os d’animaux. Je les avais rapportés au bureau au cas où. Dimanche, déjà, j’ai passé une grande partie de la journée à les examiner. »  Page 112
  • « Boyd n’en avait que faire. La truffe au ras du sol, il frétillait comme hier soir pendant la promenade et m’entraînait d’un chêne enrobé de kudzu à un magnolia à demi étouffé, ou du puits à l’appentis abritant la pompe hydraulique.
    En dehors du creux près de la haie, resté après l’excavation des ours, rien n’a suscité son excitation sauf, bien entendu, quelques écureuils et tamias.
    Boyd de Baskerville. »  Page 129
  • « — On y va ? a lancé Ryan.
    — On y va !
    Voix de contralto digne de Walter Mitty. »  Page 144
  • « Lundi, tôt le matin, trois enfants qui faisaient courir leurs chiens dans un champ, à l’est de l’endroit où l’avion devait s’écraser peu après, avaient cru voir un fantôme battre des ailes au-dessus de la vieille grange à tabac de leur grand-père.
    Une image est passée devant mes yeux : un pilote calciné dont le parachute se soulevait et s’abaissait sous le vent.
    — Sa Majesté des mouches, a dit Ryan, exprimant tout haut ma pensée.
    — Analogie parfaite, a déclaré Sheila Jansen. Se disant que le phénomène avait dû se produire au-dessus de Nehi et Moon Pies, ces petits génies ont décidé d’aller fureter dans le coin. Ils ont découvert un paquet contenant de la poudre blanche au bout d’un parachute. Résultat du vote : ils ont décidé de le cacher, le temps de trouver une meilleure idée. »  Page 158
  • « — À mon avis, nous avons là un cas de lèpre tout ce qu’il y a de plus classique, tel que c’est exposé dans les manuels de radiologie, a constaté Larabee. »  Page 180
  • « Je me suis retournée pour prendre dans ma bibliothèque les programmes des conférences. En dix minutes de temps, j’avais l’info que je cherchais. Douze ans auparavant, un étudiant au doctorat avait fait une communication sur la fréquence des maladies parmi les populations melungeons.
    Tandis que je lisais son rapport, l’embryon de pensée a émergé du magma au fond de mon cerveau et s’en est extrait lourdement jusqu’à devenir une idée à part entière. »  Page 184
  • « J’ai déposé un manuel de pathologie sous ses yeux. Larabee a lu le passage et s’est penché en arrière, le menton dans la main. L’air pas convaincu. »  Page 184
  • « — Une étude génétique récente, menée parallèlement sur des groupes de melungeons du Tennessee et de Virginie et sur des populations établies en Espagne, au Portugal, en Afrique du Nord, à Malte, à Chypre, en Iran, en Irak et dans d’autres pays du Levant, n’a fait apparaître aucune différence significative.
    — Comment vous faites pour vous rappeler des trucs pareils ? s’est écrié Larabee en secouant la tête.
    — Je ne sais pas. J’ai regardé dans un bouquin. Il y a pas mal de sites melungeons sur le Web. »  Page 186
  • « — Beaucoup de caries. En tout cas, sur les dents récupérées.
    — Il en manque beaucoup ?
    — Pas mal.
    — Pauvre petite Boucles d’or !
    — Comment est-ce que je pouvais savoir que tu allais me dire ça ? »  Page 196
  • « D’autres oiseaux, sculptés ou en bas-relief, étaient posés sur le bureau et les commodes à dossiers, et glissaient un œil entre deux livres. »  Page 205
  • « Rachel est allée attraper un grand livre brun sur une des étagères au-dessus de la commode à tiroirs. Après avoir consulté l’index, elle l’a ouvert à la page recherchée et l’a posé à plat sur la paillasse.
    — Et voilà, a-t-elle dit en tapotant une photo de son index potelé. Un ara de Spix.
    L’oiseau représenté avait le corps bleu cobalt et la tête plus claire. Ses pattes étaient sombres, son œil gris, son bec noir et moins crochu que je le croyais.
    — Il fait quelle taille ?
    — Cinquante-cinq, soixante centimètres. Ce n’est ni le plus grand ni le plus petit des aras.
    — Et où aime-t-il traîner ses bottes ? a demandé Ryan.
    — Dans le centre du Brésil, dans la partie aride, à l’est, et aussi au nord de Bahia, le plus souvent.
    — Et c’est une espèce disparue ? Une ex-espèce ?
    Si j’ai pigé la référence de Ryan à Monty Python, pour Rachel, c’est resté lettre morte. »  Pages 212 et 213
  • « — Non. Et la situation a empiré. À la fin de la décennie, pas un seul oiseau n’a été aperçu. En 1990, Tony Juniper, un des meilleurs experts au monde pour les perroquets, s’est rendu au Brésil afin de déterminer si le Spix avait véritablement disparu à l’état sauvage. Après six semaines passées à sillonner la région de Bahia en 4 x 4 en interrogeant tous les gens qu’il croisait sur son chemin, fermiers, prêtres, écoliers et même braconniers, Juniper a fini par localiser un mâle solitaire. Il avait établi son nid dans un cactus en bordure d’une rivière, non loin de Curaçao.
    — Où est-ce ? a demandé Ryan en feuilletant les images de Spix.
    — À deux mille kilomètres au nord de Rio.
    Avec un sourire pincé, Rachel a tiré le livre à elle et l’a refermé. »  Page 213
  • « La tentative n’aboutit pas à redorer le blason de Clo-vay, comme mon amie Anne prononce ce nom, soucieuse elle aussi de lui donner un peu de piquant. Si quelques manufactures fonctionnent encore  – pièces détachées pour les freins et pour les appareils chirurgicaux  –, la bourgade ne brille pas par l’intensité de son activité. Une lecture attentive de la « littérature » publiée par la chambre de commerce locale incite plutôt le voyageur à se rendre ailleurs s’il veut prendre du bon temps : sur les bords du lac Wylie, sur les cimes de Blue Ridge, sur les plages de Caroline, et même à Charlotte s’il aime le baseball (les Knights) ou le football américain (les Carolina Panthers). »  Page 381
  • « Je me suis garée sur le bas-côté en gravier, j’ai coupé le moteur et j’ai traversé la pelouse jusqu’à la porte de la caravane. En passant devant le manège, j’ai reconnu des personnages de contes pour enfants : Little Bo Peep, Dormeur et Simplet. Il y avait aussi une maman cane ouvrant la voie à quatre copies d’elle-même en miniature. »  Page 382
  • « — J’ai dû croire ce que je voulais croire, probablement.
    Je me suis levée.
    — Il faut que j’y aille.
    À la porte, elle m’a posé une dernière question.
    — Vous lisez souvent les Écritures ?
    — Non, madame. »  Page 389
  • « Ryan portait un short de surfeur. Sa roseur après le premier jour de plage disparaissait maintenant sous une couche de crème solaire suffisante pour protéger Moby Dick. Désormais, il se rapprochait du tabac blond.
    Nous passions nos journées à lire ou à bavarder ; Boyd s’amusait à happer les vagues ou bien coursait les mouettes. »  Page 416
  • « Boyd s’est effondré sur le flanc à l’ombre de mon transat. Ryan s’est replongé dans son Terry Pratchett, et moi dans un magazine consacré à l’environnement.
    Mais impossible de me concentrer. Mes pensées revenaient sans cesse à Skinny Slidell. J’ai fini par abandonner ma lecture.
    — Comment Slidell a-t-il découvert où j’étais ?
    Ryan a refermé son livre sur son doigt, pour marquer la page. »  Pages 424 et 425
  • « Nous nous sommes remis à notre lecture. Plus j’avançais dans la mienne, plus je me rendais compte de la naïveté de mes opinions sur le mouvement des Verts. À certains moments, j’étais si révoltée par ce que j’apprenais que je ne pouvais plus me contenir.
    — Tu savais que plus de neuf millions de tortues et de serpents avaient été exportés des États-Unis en 1996 ?
    Ryan a laissé tomber son livre sur sa poitrine. »  Page 426
    « — Écoute ça.
    J’ai cité des passages de l’article que je venais de lire.
    — «En 1996, au Brésil, Hector Ugalde a plaidé coupable de conspiration fédérale dans une affaire de contrebande d’aras jacinthes… Il a été condamné à une peine de prison avec sursis, une mise à l’épreuve et une amende de dix mille dollars. » Tu parles que ça va l’arrêter ! »  Page 427
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4 étoiles, O

Oniria

Oniria de Patrick Senécal.

Éditions Alire, publié en 2004, 185 pages

Roman de Patrick Senécal paru initialement en 2004.

Dave est incarcéré au pénitencier de Donnacona pour meurtre, mais il se victime d’une erreur judiciaire. Afin de prouver son innocence, il décide de s’enfuir avec trois autres codétenus. Mais l’évasion ne se passe pas comme prévue, ils sont vite cernés par les policiers. Ils décident d’aller se cacher chez Vivianne Léveillé, la psychiatre du pénitencier qui habite tout près. Dave espère que cette dernière l’aidera dans sa démarche afin prouver son innocence. Rendu chez-elle, le quatuor fait une violation de domicile mais ce qu’ils découvrent les laisse perplexe. Entre autres, le sous-sol a l’allure d’un « bunker » et héberge huit psychopathes meurtriers cobayes d’une expérience scientifiques. Pris au piège par leurs hôtes, les quatre criminels vont devoir affronter des illusions cauchemardesques et tenter de s’échapper de cet enfer pour survivre.

Un roman fantastique et d’horreur dont le thème principal est les expériences des savants fous. L’histoire est étrange et tordue mais la tension et le suspense sont au rendez-vous. Il est à noter que le niveau de violence dans cette histoire est très élevé. Le personnage principal de Dave est bien présenté, il est attachant et on se met facilement dans sa peau de victime d’erreur judiciaire. Dans ce texte, tous les personnages sont très typés, ce qui limite la confusion entre ceux-ci au courant de la lecture. Par contre, la majorité de ceux-ci sont à la limite de la caricature. L’atmosphère qui règne dans le manoir est surprenante, bien amenée et surtout terrifiante. L’action qui s’y déroule est imaginative et intéressante. L’écriture de Senécal est simple et efficace, il a le don de nous emporter dans son univers. La descente aux enfers et vers l’horreur se fait de façon graduelle et captivante. Malheureusement, les situations et les personnages sont tellement nombreux et grossiers que l’intérêt pour l’histoire s’effrite un peu au cours de la lecture. Bon roman d’horreur, un peu trop chargé mais tout de même efficace.

La note : 4 étoiles

Lecture terminée le 8 juin 2014

La littérature dans ce roman :

  • « La pièce est de grandeur moyenne et tous les murs sont couverts d’étagères, elles-mêmes remplies de livres jusqu’au plafond. »  Page 24
  • « Au centre trône un immense bureau en chêne, sur lequel se trouvent un ordinateur de modèle récent et une imprimante. Un homme est assis derrière, plongé dans un livre ouvert sur le bureau. »  Page 25
  • « Jef le suit, mais Loner s’attarde un moment dans la pièce, va jeter un coup d’œil sur le livre que lisait Zorn. C’est écrit en une langue qui n’est ni du français ni de l’anglais. En fait, ce n’est même pas l’alphabet traditionnel. Il referme le livre pour en observer la couverture. Le titre est écrit dans la même langue incompréhensible. Quant à l’illustration sur la jaquette, elle représente un cerveau humain duquel fuse une série de chiffres dédoublés : des trois, des sept, des neuf, quelques formules algébriques aussi… Au centre du cerveau apparaît le symbole mathématique de l’infini. C’est une illustration plus ou moins habile, non professionnelle. Loner contemple quelques instants le bouquin, les sourcils légèrement froncés, puis lève la tête pour promener son regard sur les rayons autour de lui. Il prend un livre au hasard : un banal bouquin scientifique en anglais. »  Page 26
  • « En fait, il passait le plus clair de son temps à la bibliothèque de la prison et lisait. Pas étonnant de la part d’un ancien professeur. Mais il s’intéressait à des livres si compliqués… Dave avait essayé d’en lire un, une fois, mais après un chapitre il avait abandonné. Lui qui avait quitté l’école à seize ans, le livre lui avait paru trop philosophique, trop intello. Même le titre était incompréhensible, avec ce mot inconnu, « nihilisme » … »  Page 41
  • « Ils se retrouvent dans une salle de lecture de grandeur moyenne, un peu plus petite que le bureau de Zorn, aux murs couverts de livres. »  Page 44
  • « Loner regarde autour de lui : la lampe, les livres… Au plafond, une caméra. Et un autre petit grillage au mur… dont le voyant rouge cette fois est éteint. »  Page 45
  • « La colère revient rapidement sur ses traits et, brusquement, il plaque Vivianne contre le mur, faisant choir quelques livres sur le sol. »  Page 45
  • « Et s’il avait eu assez de culture, il aurait su que celui qui se tient à leur tête, habillé d’une toge blanche, est Néron, l’empereur fou, premier grand persécuteur des chrétiens. Mais Jef ne sait pas tout ça. Il sait seulement que sept soldats munis de lances se tiennent devant lui et que les Romains, si les albums d’Astérix disent vrai, n’étaient pas réputés pour leur esprit pacifique. »  Page 119
  • « Il regarde les rayons de livres, met ses mains sur ses hanches et expire bruyamment. Que cherche-t-il au juste ? Qu’espère-t-il trouver dans cette cave qui le fascine tant, dans cette maison qu’un mystérieux destin a mis sur leur chemin ? »  Page 120
  • « Les livres, la cave, les psychopathes, les rêves…
    Scientifiquement, il y a des trous, a dit Éric. »  Page 121
  • « Le regard vitreux d’Éric remarque enfin le décor. Devant le divan, à quelques mètres, il voit contre le mur une grande bibliothèque au centre de laquelle se trouve la télévision, elle-même entourée de livres et de bibelots. »  Page 131
  • « Au fond de la salle, quatre immenses bibliothèques débordent de vieux livres. À quelques mètres devant elles se dresse une table de bois, recouverte de taches brunes. Et derrière cette table se tient Loner, debout, un livre ouvert entre les mains.
    En apercevant son comparse, Dave relève automatiquement son arme, le visage dur, sentant une bouillante colère l’envahir au souvenir de la mort d’Éric. Mais l’ex-professeur demeure plongé dans le livre qu’il tient. »  Page 150
  • « — Zorn est paralysé depuis plusieurs années, poursuit Loner sans lever ses yeux du livre, comme si son comparse n’avait rien dit. Mais il a perdu ses jambes récemment… Il ne voulait pas nous dire comment… »  Page 150
    « — Ces livres ont l’air passionnant, fait Loner en tournant une page. Dommage qu’ils soient écrits dans une langue inconnue… Sûrement un langage d’initiés…
    Il referme le livre, le dépose sur la table. »  Page 150
4 étoiles, O

Orgueil et Préjugés

Orgueil et Préjugés de Jane Austen.

Éditions 10/18 (Domaine étranger), publié en 2006, 379 pages

Deuxième roman écrit par Jane Austen et paru initialement en 1813 sous le titre « Pride and Prejudice ».

Orgueil et Préjugés

Longbourn, comté de Hertfordshire. Les Bennet ont cinq filles et souhaitent les marier le plus rapidement possible. Ils veulent ainsi assurer l’avenir de celles-ci qui est compromis par des dispositions testamentaires. Les sœurs Bennet n’auront rien à la mort de leur père, c’est le cousin Collin qui héritera de tout. Une pointe d’espoir émerge pour les Bennet lorsqu’ils apprennent qu’un riche propriétaire a loué une demeure avoisinant leur propriété. L’arrivée de Mr. Bingley avec son entourage créera une vraie attraction pour toute la haute société de Longbourn. Jane et Elizabeth, les deux ainées se liront d’amitié avec les invités de ce beau monsieur Bingley. Dans ce groupe, il y a entre autre Mr. Darcy, homme ironique et orgueilleux qui exaspère Élisabeth. Ils vont amorcer une étrange relation où les préjugés les induiront en erreur.

Ce roman dépeint avec brio les us et coutumes de la société anglaise du début du XIX siècle. À cette époque, les règles régissant la vie mondaine britannique étaient très strictes. Un faux pas et les sanctions encourues pouvaient aller jusqu’à l’exclusion définitive de la bonne société. Dans ce récit, l’auteur a su mettre en scène des personnages très attachants et intéressants. Ils sont aussi dotés de forte personnalité pour notre grand plaisir. Elle nous donne abondamment de détails psychologiques si bien qu’on peut les voir prendre vie et suivre leur évolution. Les dialogues sont les moments les plus intéressants de la lecture avec ce mélange de modestie et de politesse démesuré de l’époque. Le style est élégant, plaisant et grave à la fois. La lecture du texte est fluide et les descriptions subtiles ce qui fait ressortir la finesse et l’ironie de l’auteur. Jane Austen transporte le lecteur au-delà d’une simple histoire d’amour, elle critique l’aristocratie anglaise de l’époque. Les premières pages sont fort amusantes. Malheureusement, la suite est quelque peu statique et ennuyeuse dû en majeur partie à l’attitude superficielle des personnages dont la richesse, l’apparence et la beauté sont de premières importances. Mais on finit par se laisser prendre par l’histoire et par passé un bon moment de lecture.

La note : 4 étoiles

Lecture terminée le 9 avril 2014

La littérature dans ce roman :

  • « – Quel est le sens de cette énergique exclamation ? s’écria son mari. Vise-t-elle les formes protocolaires de la présentation ? Si oui, je ne suis pas tout à fait de votre avis. Qu’en dites-vous, Mary, vous qui êtes une jeune personne réfléchie, toujours plongée dans vos gros livres ? »  Page 25
  • « Elles revinrent donc toutes de très bonne humeur à Longbourn, le petit village dont les Bennet étaient les principaux habitants. Mr. Bennet était encore debout ; avec un livre il ne sentait jamais le temps passer et, pour une fois, il était assez curieux d’entendre le compte rendu d’une soirée qui, à l’avance, avait fait naître tant de magnifiques espérances. »  Page 31
  • « En entrant dans le salon, elle trouva toute la société en train de jouer à la mouche et fut immédiatement priée de se joindre à la partie. Comme elle soupçonnait qu’on jouait gros jeu, elle déclina l’invitation et, donnant comme excuse son rôle de garde-malade, dit qu’elle prendrait volontiers un livre pendant les quelques instants où elle pouvait rester en bas. Mr. Hurst la regarda, stupéfait.
    – Préféreriez-vous la lecture aux cartes ? demanda-t-il. Quel goût singulier !
    – Miss Elizabeth Bennet dédaigne les cartes, répondit miss Bingley, et la lecture est son unique passion.
    – Je ne mérite ni cette louange ni ce reproche, répliqua Elizabeth. Je ne suis point aussi fervente de la lecture que vous l’affirmez, et je prends plaisir à beaucoup d’autres choses. »  Pages 53 et 54
  • « Elizabeth remercia cordialement, puis se dirigea vers une table où elle voyait quelques livres. Bingley aussitôt lui offrit d’aller en chercher d’autres.
    – Pour votre agrément, comme pour ma réputation, je souhaiterais avoir une bibliothèque mieux garnie, mais voilà, je suis très paresseux, et, bien que je possède peu de livres, je ne les ai même pas tous lus.
    – Je suis surprise, dit miss Bingley, que mon père ait laissé si peu de livres. Mais vous, Mr. Darcy, quelle merveilleuse bibliothèque vous avez à Pemberley !
    – Rien d’étonnant à cela, répondit-il, car elle est l’œuvre de plusieurs générations.
    – Et vous-même travaillez encore à l’enrichir. Vous êtes toujours en train d’acheter des livres.
    – Je ne comprends pas qu’on puisse négliger une bibliothèque de famille. »  Page 54
  • « Elizabeth, intéressée par la conversation, se laissa distraire de sa lecture. Elle posa bientôt son livre et, s’approchant de la table, prit place entre Mr. Bingley et sa sœur aînée pour suivre la partie. »  Page 55
  • « Darcy prit un livre, miss Bingley en fit autant ; Mrs. Hurst, occupée surtout à jouer avec ses bracelets et ses bagues, plaçait un mot de temps à autre dans la conversation de son frère et de miss Bennet.
    Miss Bingley était moins absorbée par sa lecture que par celle de Mr. Darcy et ne cessait de lui poser des questions ou d’aller voir à quelle page il en était ; mais ses tentatives de conversation restaient infructueuse; il se contentait de lui répondre brièvement sans interrompre sa lecture. À la fin, lasse de s’intéresser à un livre qu’elle avait pris uniquement parce que c’était le second volume de l’ouvrage choisi par Darcy, elle dit en étouffant un bâillement :
    – Quelle agréable manière de passer une soirée ! Nul plaisir, vraiment, ne vaut la lecture ; on ne s’en lasse jamais tandis qu’on se lasse du reste. Lorsque j’aurai une maison à moi, je serai bien malheureuse si je n’ai pas une très belle bibliothèque.
    Personne n’ayant répondu, elle bâilla encore une fois, mit son livre de côté et jeta les yeux autour d’elle en quête d’une autre distraction. »  Pages 69 et 70
  • « Miss Bingley ne répondit point et, se levant, se mit à se promener à travers le salon. Elle avait une silhouette élégante et marchait avec grâce, mais Darcy dont elle cherchait à attirer l’attention restait inexorablement plongé dans son livre. »  Page 71
  • « Elizabeth, bien que surprise, consentit, et le but secret de miss Bingley fut atteint : Mr. Darcy leva les yeux. Cette sollicitude nouvelle de miss Bingley à l’égard d’Elizabeth le surprenait autant que celle-ci, et, machinalement, il ferma son livre. »  Page 71
  • « Ferme dans sa résolution, c’est à peine s’il adressa la parole à Elizabeth durant toute la journée du samedi et, dans un tête-à-tête d’une demi-heure avec elle, il resta consciencieusement plongé dans son livre sans même lui jeter un regard. »  Page 75
  • « Elles trouvèrent Mary plongée dans ses grandes études et, comme d’habitude, prête à leur lire les derniers extraits de ses lectures accompagnés de réflexions philosophiques peu originales. »  Page 75
  • « Après le thé il lui demanda s’il voulait bien faire la lecture à ces dames. Mr. Collins consentit avec empressement. Un livre lui fut présenté, mais à la vue du titre il eut un léger recul et s’excusa, protestant qu’il ne lisait jamais de romans. Kitty le regarda avec ahurissement et Lydia s’exclama de surprise. D’autres livres furent apportés parmi lesquels il choisit, après quelques hésitations, les sermons de Fordyce. Lydia se mit à bâiller lorsqu’il ouvrit le volume et il n’avait pas lu trois pages d’une voix emphatique et monotone qu’elle l’interrompt en d’écriant :
    – Maman, savez-vous que l’oncle Philips parle de renvoyer Richard et que le colonel Forster serait prêt à le prendre à son service ? J’irai demain à Meryton pour en savoir davantage et demander quand le lieutenant Denny reviendra de Londres.
    Lydia fut priée par ses deux aînées de se taire, mais Mr. Collins, froissé, referma son livre en disant :
    – J’ai souvent remarqué que les jeunes filles ne savent pas s’intéresser aux œuvres sérieuses. Cela me confond, je l’avoue, car rien ne peut leur faire plus de bien qu’une lecture instructive, mais je n’ennuierait pas plus longtemps ma jeune cousine.
    Et, malgré l’insistance de Mrs. Bennet et de ses filles pour qu’il reprît sa lecture, Mr. Collins, tout en protestant qu’il ne gardait nullement rancune à Lydia, se tourna vers Mr. Bennet et lui proposa une partie de trictrac. »  Pages 83 et 84
  • « – Il paraît, miss Elizabeth, que George Wickham a fait votre conquête ? Votre sœur vient de me poser sur lui toutes sortes de questions et j’ai constaté que ce jeune homme avait négligé de vous dire, entre autres choses intéressantes, qu’il était le fils du vieux Wickham, l’intendant de feu Mr. Darcy. Permettez-moi de vous donner un conseil amical : ne recevez pas comme parole d’Évangile tout ce qu’il vous racontera. »  Page 107
  • « Mr. Bennet avait levé les yeux de son livre à l’entrée de sa femme et la fixait avec une indifférence tranquille que l’émotion de celle-ci n’arriva pas à troubler. »  Page 122
  • « Il aimait la campagne, les livres, et ces goûts furent la source de ses principales jouissances. La seule chose dont il fût redevable à sa femme était l’amusement que lui procuraient son ignorance et sa sottise. »  Page 233
  • « Dans la salle à manger, ils furent bientôt rejoints par Mary et Kitty que leurs occupations avaient empêchées de paraître plus tôt. L’une avait été retenue par ses livres, l’autre par sa toilette. »  Pages 276 et 277
5 étoiles, O

Oscar et la dame rose

Oscar et la dame rose d’Eric-Emmanuel Schmitt.

Éditions Albin Michel; publié en 2009 – 59 pages

Troisième volet du Cycle de l’Invisible écrit par Eric-Emmanuel Schmitt paru initialement en 2002.

Oscar et la dame rose

Oscar a dix ans, il est hospitalisé pour soigner un cancer. Mais depuis sa greffe osseuse, il sent bien que rien ne va. Quand le docteur l’examine, il perçoit son désespoir. Oscar devine qu’il va mourir et en veut à ses parents et à son entourage de lui mentir en faisant « comme si ». Mamie-Rose est une bénévole à l’hôpital. C’est une dame âgée qui prétend avoir été catcheuse dans sa jeunesse sous le pseudonyme de « L’Étrangleuse du Languedoc ». Entre elle et Oscar naîtra une belle amitié. Mamie-Rose sera un ange pour Oscar car elle ne lui mentira pas. Elle l’aidera à vivre ses derniers jours le mieux possible et à pardonner à ses parents leurs maladresses. Pour ce faire, elle le convaincra d’écrire une lettre par jour à Dieu afin de lui demander un vœu. De plus, elle lui demandera de vivre comme si chaque journée représentait dix années de sa vie. En quelques jours Oscar passera de l’enfance à la puberté, à l’âge adulte et va enfin pouvoir vieillir.

Fidèle à lui-même Schmitt a fait un livre simple et généreux avec des personnages forts et attachants. Ce roman allie les émotions dû à la maladie, à l’amitié et à l’apprentissage de la foi d’une façon remarquable. Ce texte déborde de spontanéité et de sentiments, sans tomber dans la sensiblerie. Il est écrit dans un langage léger et vif, qui ressemble à celui d’un enfant de 10 ans. Le personnage d’Oscar est tout simplement inoubliable car il nous impressionne par son courage. Au fil du texte, on est troublé par ses pensées et ses préoccupations d’enfant malade. L’auteur utilise l’humour, l’innocence et la sincérité d’un enfant pour faire passer un message très fort, celui d’accepter la maladie et la mort. Les lettres qu’Oscar adresse à Dieu sont poignantes et drôles, pleines de tendresse et de candeur. Un livre très court mais intense, qui réussit à émouvoir et à donner de l’espoir.

La note : 5 étoiles

Lecture terminée le 13 juin 2013

Lecture de mon Baby Challenge 2013Contemporain

Baby challenge contemporain

La littérature dans ce roman :

  • « — Il est nul, votre Dieu, Mamie-Rose. Aladin, il avait droit à trois vœux avec le génie de la lampe.
    — Un vœu par jour, c’est mieux que trois dans une vie, non ? »  Page 9
  • « Elle était posée sur son lit, on aurait dit Blanche-Neige lorsqu’elle attend le prince, quand ces couillons de nains croient qu’elle est morte, Blanche-Neige comme les photos de neige où la neige est bleue, non pas blanche. Elle s’est tournée vers moi et là, je me suis demandé si elle allait me prendre pour le prince ou l’un des nains. Moi, j’aurais coché « nain » à cause de mon crâne d’œuf mais elle n’a rien dit, et c’est ça qu’est bien, avec Peggy Blue, c’est qu’elle ne dit jamais rien et que tout reste mystérieux. »  Page 19
  • « Qu’est-ce qu’ils allaient m’offrir encore ? Un puzzle de dix-huit mille pièces ? Des livres en kurde ? Une boîte de modes d’emploi ? Mon portrait du temps que j’étais en bonne santé ? »  Page 35
  • « Avec Peggy Blue, on a beaucoup lu le Dictionnaire médical. C’est son livre préféré. Elle est passionnée par les maladies et elle se demande lesquelles elle pourra avoir plus tard. Moi, j’ai regardé les mots qui m’intéressaient : « Vie », « Mort », « Foi », « Dieu ». Tu me croiras si tu veux, ils n’y étaient pas ! Remarque, ça prouve déjà que ce ne sont pas des maladies, ni la vie, ni la mort, ni la foi, ni toi. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Pourtant, dans un livre aussi sérieux, il devrait y avoir des réponses aux questions les plus sérieuses, non ?
    — Mamie-Rose, j’ai l’impression que, dans le Dictionnaire médical, il n’y a que des trucs particuliers, des problèmes qui peuvent arriver à tel ou tel bonhomme. Mais il n’y a pas les choses qui nous concernent tous : la Vie, la Mort, la Foi, Dieu.
    — Il faudrait peut-être prendre un Dictionnaire de philosophie, Oscar. Cependant, même si tu trouves bien les idées que tu cherches, tu risques d’être déçu aussi. Il propose plusieurs réponses très différentes pour chaque notion. »  Pages 42 et 43.
3 étoiles, O

La onzième plaie

La onzième plaie d’Aurélien Molas.

Éditions Le Livre de Poche (Thriller) no 32466 ~ Publié en 2012 ~ 500 pages

Premier roman d’Aurélien Molas paru initialement en 2010.

Une crise sociale sans précédent a plongée la France dans le chaos et le désespoir. La police est débordée et chaque jour les émeutes se font de plus en plus nombreuses et violentes. Dans ce chaos, deux jeunes filles se suicident en se jetant sous une rame du métro parisien. Mais est-ce bien un suicide ? La policière Blandine Plothin doute des conclusions de l’enquête officielle et décide de mener sa propre enquête. Au Havre, une cargaison de DVD contenant du matériel pédopornographique est découverte dans la cale d’un bateau allemand. Cette perquisition laisse supposer, par la très bonne qualité des images, qu’il s’agit d’un trafic de grande envergure. Cette affaire va pousser les différents enquêteurs de l’unité spéciale chargée de la lutte contre la pédophilie à s’insérer dans ce milieu abject. L’enquête va se muer en une effroyable course contre la montre pour sauver des enfants de l’horreur. Mais ces deux affaires ont-elles un lien entre elles ?

Ce roman est très noir, violent et sordide. Un roman à ne pas mettre dans les mains de n’importe qui en raison du sujet traité. L’histoire nous plonge dans l’univers glauque et écœurant de la pédophilie. Elle nous montre aussi jusqu’où les systèmes peuvent être corrompus et ce à tous les niveaux. Le récit est mené avec intelligence sans jamais tomber dans la facilité ou la violence gratuite même si certaines scènes sont difficiles. L’enquête est particulière puisqu’elle est menée par plusieurs enquêteurs qui vont de temps à autre croiser le même chemin. Malgré les nombreux rebondissements, l’intrigue demeure cependant assez mince. L’écriture est nerveuse, les chapitres sont courts ce qui donne beaucoup de rythme au récit. Malheureusement, la brièveté des chapitres ainsi que les trop nombreux personnages, qui sont presque tous policiers ou enquêteurs, font qu’on n’a pas le temps d’apprivoiser à sa juste valeur le cadre de l’enquête et qu’on finit par confondre les personnages.

La note : 3 étoiles

Lecture terminée le 27 mars 2012

Lecture en tant que juré pour les Éditions Le livre de poche – Polar 2012 :

La littérature dans ce roman :

  • « Blandine se tourna en souriant vers le médecin-chef de l’institut médico-légal.
    – Bonsoir, Professeur. Je n’espérais pas vous voir si tard.
    – Mon métier ne connaît pas vraiment d’horaires, vous savez. « La tournée du boucher », comme l’écrivait Lieberman, est un cercle sans fin. » Page 85
  • « Depuis le vingt-neuvième étage de la tour Helsinki, appuyé contre l’immense baie vitrée de son appartement, Maxime Kolbe contemplait la ville. Sous la nuit d’encre, la cité irradiait, un pointillisme lumineux scarifié de lignes dures.
    Syphilitiques, fous, rois, pantins, ventriloques,
    Qu’est-ce que ça peut faire à la putain Paris,
    vos âmes et vos corps, vos poisons et vos loques ?
    Elle se secouera de vous hargneux pourris !
    Il répéta les vers de Rimbaud que son père lui avait si souvent récités » Page 99
  • « Il ramassa un bouquin qu’il tendit à son bras doit.
    – Je viens de finir de lire Le Bréviaire du chaos. Lecture ô combien instructive ! Je te le prête si tu veux. Tu pourras le feuilleter quand nous partagerons la même cellule. » page 101
  • « Elle dirigea le faisceau de sa lampe vers les étagères. Des livres de cours sur les rayons du haut. Des classeurs. Quelques romans.
    Elle enfila des gants de latex et saisit un volume, Trois essais sur la théorie sexuelle. Elle détailla les tranches des autres livres. Les correspondances de Freud et de Stefan Zweig. Le complexe de Médée. Des abrégés de psychanalyse. La bibliothèque d’une étudiante en psycho. » Page 122
  • « – La problématique posée par Amandine est celle de l’enfant comme objet de jouissance de notre société. Pour elle, cela résulterait en grande partie du la révolution sur la pensée occidentale que proposa Freud lorsqu’il publia ses Trois essais sur la théorie sexuelle.
    Blandine se souvint du livre sur l’étagère de la chambre de bonne. » Page 128
  • « Elle glissa sa main dans son manteau et serra la crosse de son arme pour se donner le courage de parcourir la centaine de mètres qui la séparait de la barre Balzac. » Page 132
  • « – Et avant d’arriver à Le Courneuve, elle était à quel collège ?
    – Je n’en sais rien. Je n’ai trouvé aucun document. Mais le plus étonnant, c’est que j’ai téléphoné aux arches de l’Éducation nationale et ils n’ont rien trouvé non plus. Sauf à partir de la quatrième au collège Georges-Politzer puis au lycée Jacques-Brel, aucune Amandine Clerc n’a été scolarisé en France à leur connaissance. » Page 206
  • « La cité était hors tension, soumise à un calme bien plus inquiétant. Ils traversèrent l’esplanade conduisant à la barre Balzac. Toujours le même merdier et la même détresse, partout la détresse. » Page 206
  • « Il se surprenait souvent à imaginer des enquêtes dignes de ce nom, des affaires insolubles, des pièges pour Cendrillon, qui lui auraient apporté la vitalité nécessaire pour apprécier chaque heure de chaque journée. » Pages 214 et 215
  • « Si tu as aimé les aventures des enfants perdus, tu seras comblé par la suite. Contacte-moi si tu es intéressé, je te dirai comment suivre le lapin blanc vers le pays des merveilles. » Page 232
  • « Ils traversèrent la salle de jeux et de lecture encombrée d’échiquiers, de backgammons et de livres jamais terminés, passèrent par la cantine où des membres du personnel posaient déjà les couverts du dîner, et arrivèrent au service gériatrique où une centenaire alitée, serrant un chapelet entre ses doigts, attendait le verdict du médecin. » Page 234
  • « Des sirènes de police accompagnèrent le tumulte et ce fut à cet instant qu’il vit, tout au bout de la rue Rousseau, des voitures en flammes, des magasins vandalisés, et une meute furieuse, une foule démentielle et grouillante décidée à transformer Paris en décor de Jugement dernier. » Page 240
  • « Une odeur de renfermé masquée par un mélange de vinaigre blanc et de savon noir. Le jour déclinant sur lignant de jeune la poussière sur les livres de la bibliothèque municipale. » page 413
  • « – Peu de gens connaissent leur existence. On ne trouve leurs traces que dans de vieux livres sur l’histoire du département. La plupart des entrées se sont éboulées en 1606 à la suite d’un tremblement de terre. » Page 414
  • « – C’est un très bel endroit. Georges Sand l’évoque dans…
    Carrière était déjà dehors. » Page 415
  • « Peu à peu, son corps se régénéra comme au sortir d’un rêve. Il vit le visage de Musil penché sur lui et derrière, dans la piscine luisante d’hémoglobine, la femme martyrisée dérivant comme une Ophélie sans grâce. » Page 435
2,5 étoiles, O

Les oreilles du loup

Les oreilles du loup d’Antonio Ungar

Deuxième roman d’Antonio Ungar publié initialement en 2006 sous le titre « Las orejas del lobo ».

Le narrateur est un très jeune garçon, un peu sauvage, qui adore courir dans la savane et grimper aux arbres. À travers ses yeux, nous observons le monde qui l’entoure. Quand la vie réelle ne lui convient pas, il s’en invente une autre comme le font les enfants. Au sein d’une famille en reconstruction, suite au départ du père, il nous raconte ses escapades. Dans ses rêves éveillés, le fantôme fou de son père réapparaît par instant, images de plus en plus éphémères. Dans cette période de transition, tous les trois, le garçon, sa sœur et leur mère, s’en vont à la recherche du bonheur et de la stabilité.

Ce roman est le monologue intérieur d’un enfant qui subit avec tristesse et incompréhension les réactions des autres. Il est difficile d’imaginer ce que vit un enfant de cinq ans lorsque son père quitte la maison. L’évocation de cette période est réussie, mais cela ne veut pas dire que ce soit captivant. Les chapitres sont décousus et pourraient se lire dans le désordre. À la longue, le récit devient répétitif et confus. Les personnages sont flous, les événements incertains et il est difficile de se situer. Là où Ungar est étonnant, c’est qu’il retranscrit avec justesse le mode de pensée de l’enfant.

La note : 2,5 étoiles

Lecture terminée le 6 janvier 2011.

Deuxième lecture de mon défi 26 livres – 26 auteurs édition 2011