3,5 étoiles, I, Q

La quête d’Ewilan, tome 3 : L’île du destin

La quête d’Ewilan, tome 3 : L’île du destin de Pierre Bottero

Éditions Rageot, 2003, 267 pages

Troisième et dernier tome de la saga « La quête d’Ewilan » écrit par Pierre Bottero et publié initialement en 2003.

Ewilan et sa troupe sont bien heureux d’avoir réussi leur mission de sauver les Sentinelles qui peuvent maintenant défendre l’Empire contre les Ts’liches. Mais pas de répit pour Ewilan, car ses parents sont toujours prisonniers et elle veut les libérer. Cette deuxième mission plus personnelle celle-là ne sera pas sans danger. En premier lieu elle devra découvrir où ses parents sont tenus prisonnier. Elle devra donc affronter la perfide Eléa Ril’ Morienval qui est prêt à tous pour la faire échouer et garder secret l’endroit où sont enfermé les parents d’Ewilan. Elle reprendra la route avec son petit groupe d’amis mais aussi avec de nouveaux venus. Au court du périple elle rencontrera le grand Merwyn qui la convaincra d’aller chercher son frère pour l’aider dans sa quête. Ce sera ainsi l’occasion pour eux de se connaitre et d’en apprendre davantage sur leur passé.

Un dernier tome qui permet de découvrir les origines d’Ewilan. Bottero continu à nous surprendre dans ce dernier tome en nous offrant une nouvelle mission en prolongement de la première. Cette nouvelle quête permet au lecteur de découvrir l’histoire de la famille d’Ewilan et d’Akiro. Dans la continuité des deux premiers tomes, la plume de l’auteur demeure très belle et fluide. Il sait décrire les émotions de façon très réaliste. Le point fort de ce tome est qu’il permet d’approfondir notre connaissance de certains personnages. Chacun ayant évolué et les relations s’étant créés durant les deux premiers tomes et cela se ressent à la lecture du texte. Dans ce troisième tome nous retrouvons les mêmes petits défauts tel que des situations attendues, quelques longueurs dans l’action. Malheureusement le coté moralisateur de ce troisième tome est un peu déconcertant. Que dire de la leçon de féminisme que la jeune frontalière Siam donne à Ewilan en lui disant de « cogner les garçons » pour ce faire respecter. Vraiment c’est le message que l’on veut passer aux jeunes lectrices qu’à toute situation violence est bonne ? Une bonne trilogie fantasy jeunesse qui nous fait voyager dans le merveilleux monde de Gwendalavir.

La note : 3,5 étoiles

Lecture terminée le 22 septembre 2018

La littérature dans ce roman:

  • « Loup du Nord : Mammifère puissant et extrêmement intelligent qui chasse en meute. Il est plus redoutable qu’un ogre et presque autant qu’une goule. Il ne s’intéresse heureusement que très peu aux hommes et à leurs activités. Sauf quand il a faim…
    Encyclopédie du Savoir et du Pouvoir »  Page 13
  • « Quand Edwin la retrouva, agenouillée au centre de la clairière déserte, elle pleurait, et chacune de ses larmes était un poème offert à l’amour perdu de Merwyn. »  Page 29
  • « Une question revenait sans cesse à son esprit : était-il possible que Merwyn ait été le Merlin des légendes de l’autre monde ?
    Pendant de longues soirées solitaires dans la bibliothèque des Duciel, elle s’était passionnée pour les aventures des chevaliers de la Table ronde et de Merlin l’Enchanteur. Elle connaissait parfaitement l’amour éperdu qui liait ce dernier à la fée Viviane. De telles correspondances entre les noms pouvaient-elles être de simples coïncidences ? »  Page 30
  • « — Tu as eu beaucoup de chance. Personne ne connaît avec exactitude les origines de Merwyn, ou du moins, ne se les rappelle. Il est arrivé au moment où l’humanité vivait une de ses périodes les plus noires et il a apporté l’espoir puis la victoire. Rares sont les légendes qui ne l’évoquent pas et, si bien des empereurs sont aujourd’hui oubliés, le souvenir de Merwyn perdure alors qu’il est mort il y a mille cinq cents ans. Tu sais comment il a brisé le verrou ts’lich, mais tu ignores que, peu après avoir été chassés des Spires, les guerriers lézards qui se savaient incapables de vaincre Merwyn dans un affrontement direct ont décidé de se débarrasser de lui par la ruse.  Page 32
  • « — Et Merwyn ? demanda-t-elle. Qu’est-il devenu ?
    — Il a disparu. D’aucuns soutiennent qu’il est devenu fou de chagrin, que ses larmes ont créé le lac Chen, que sa colère a fait jaillir la chaîne du Poll… ce ne sont que des légendes. La seule certitude, c’est qu’il ne s’est plus jamais manifesté. »  Page 34
  • « Il fallut plus d’une heure à Camille pour retrouver sa sérénité. Elle ne regrettait pas d’avoir passé sous silence la légende de Merlin et Viviane. La réalité alavirienne était tellement plus belle… »  Page 34
  • « — Ferme les yeux, lui ordonna-t-elle, et fais-moi confiance. On va essayer différemment.
    — C’est injuste, protesta Salim. Tu sais bien que si tu me prends par les sentiments je suis capable de te suivre comme un aveugle jusqu’au bout du monde. Encore plus loin peut-être…
    — Tu joueras une autre fois au poète, se moqua gentiment Camille. On y va.
    Elle le guida avec douceur et, stupéfait, Salim sentit un premier degré sous ses pieds, puis un deuxième. »  Page 73
  • « — Désolé, ma vieille, mais je ne pige pas un mot à ce que tu racontes…
    — Ça ne fait rien Salim, ça ne fait rien. Cette île s’appelle Avalon.
    — Comme dans la légende d’Arthur ? L’île de Merlin ?
    — Oui… Allez, viens. Continuons. »  Page 76
  • « — Merci Merwyn, ou devrais-je dire Merlin.  L’inconnu éclata d’un rire frais.
    — Bravo, jeune fille. Je suis heureux que la première personne à qui je parle depuis des siècles soit aussi vive que toi. »  Page 77
  • « J’ai connu Arthur, Lancelot et Perceval… mais c’était ailleurs, dans une autre histoire.
    Merwyn Ril’ Avalon. »  Page 80
  • « Siam était là, installée dans un fauteuil, les jambes passées par-dessus un accoudoir. Elle lisait un épais volume relié de cuir qu’elle referma en voyant Camille se redresser dans son lit. »  Page 80
  • « — Bien sûr, à l’époque, ils portaient des noms d’emprunt. Alain et Élise. Dès que nous les avons vus, Bernard et moi avons été séduits. C’étaient les êtres les plus captivants que nous avions jamais eu l’occasion de rencontrer. Leurs connaissances étaient immenses et totalement ouvertes, leurs goûts variés.  Ils étaient attentifs aux autres, les côtoyer était un pur plaisir. Ils avaient en outre un côté mystérieux qui les rendait terriblement attirants. Ils se disaient écrivains, mais refusaient de parler de leurs œuvres et certaines choses pourtant évidentes les laissaient parfois aussi étonnés que des nouveau-nés. Ils possédaient ainsi un savoir sur la musique ou la littérature à faire mourir de jalousie les plus grands spécialistes, puis nous bombardaient de questions naïves sur le fonctionnement de nos institutions politiques… Très vite, nous sommes devenus amis. Nous nous voyions pourtant par intermittence. Le travail de Bernard nous entraînait au loin, pendant des semaines, eux disparaissaient souvent plus longtemps encore sans que nous sachions où. C’est lors d’une soirée chez Hervé qu’Alain et Élise nous ont révélé la vérité. »  Page 106
  • « Ils se matérialisèrent dans la bibliothèque de la Citadelle dont Camille avait soigneusement mémorisé l’apparence. Il avait été convenu qu’à tour de rôle, quelqu’un les y attendrait, au cas où ils auraient besoin d’aide. Siam était là, feuilletant un épais manuscrit relié de cuir. Quand ils apparurent, elle se leva souplement et s’avança vers eux. »  Page 129
  • « Camille soupira de soulagement pendant qu’Ellana regardait le bouquet que Siam tenait à la main.
    — Des fleurs poussent entre les livres de la bibliothèque ? demanda la marchombre, un rien moqueuse. »  Page 132
  • « Pollimage : Le Pollimage est un fleuve démesuré, mais son débit n’explique qu’en partie l’immensité du lac Chen. Un gigantesque réseau hydraulique souterrain alimente le fleuve et le lac, laissant supposer l’existence d’un véritable monde sous la surface de Gwendalavir.
    Encyclopédie du Savoir et du Pouvoir »  Page 165
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4 étoiles, F, Q

La quête d’Ewilan, tome 2 : Les frontières de glace

La quête d’Ewilan, tome 2 : Les frontières de glace de Pierre Bottero

Éditions Rageot (Poche), 2006, 228 pages

Deuxième tome de la trilogie « La quête d’Ewilan » écrit par Pierre Bottero et publié initialement en 2003.

Camille ou Ewilan, tel qu’on l’appel en Gwendalavir, accompagné par son fidèle ami Salim poursuit sa quête afin de sauver le royaume avec ses pouvoirs de dessinatrice. Son premier objectif est de retrouver et libérer les Sentinelles qui ont été figés par les Ts’liches. Pour ce faire, ils sont accompagnés de leurs nouveaux amis rencontrés dans ce monde étrange. Une route de plusieurs semaines qui leur fait traverser des paysages majestueux et féeriques. Ce périple à travers le pays ne sera pas de tout repos, il sera rempli de dangers et de combats. Ils devront confronter des goules, des Raïs, des ogres et des mercenaires du Chaos, mais ils découvriront aussi un peuple allié, les Faëls. Ces combats vont forcément resserrer les liens qui unissent les membres de cette petite troupe hétéroclite. Au cours du voyage Salim se lira d’amitié avec Ellena, une marchombre aux pouvoirs fascinants, tandis qu’Ewilan apprendra à mieux utiliser son Don. Mais, seront-ils assez fort et en nombre suffisant pour survivre à tous les combats et réussir à libérer les Sentinelles ?

Un deuxième tome plus dynamique que le premier. Dans cet opus l’action se déroule exclusivement en Gwendalavir, ce qui permet de découvrir en détaille ce monde imaginaire. L’action est beaucoup plus présente ce qui rend le texte très dynamique. Il faut garder en tête lors de la lecture que ce roman est catégorisé « jeunesse », donc il va sans dire que pour un lecteur adulte l’ensemble est très prévisible. Cependant, le style d’écriture de Bottero rachète le tout. Il utilise un style très simple et fluide et il ajoute une belle touche d’humour avec la relation de Salim et Bjorn. L’auteur a su créer un monde magique et merveilleux avec de belles descriptions et des créatures toutes plus incroyables les unes que les autres. Dans ce tome, certains personnages gagnent en profondeur, surtout celui de Camille. Elle devient plus mature dû aux événements qu’ils doivent affronter mais elle garde néanmoins son tempérament sanguin. Contrairement au premier tome, le personnage d’Ellana est beaucoup plus présent, au grand plaisir du lecteur. Tous les personnages de la petite troupe sont très attachants et sympathique et on les voit évoluer et tisser les liens entre eux. Pierre Bottero nous emmène dans son monde, avec ses personnages et c’est magique. Bien qu’il y ait quelques imperfections dans la construction de cette histoire, ce deuxième tome est une incursion magistrale dans l’imaginaire de Bottero. Une lecture que je conseille à tous les adolescents mais aussi aux adultes qui sont féru de fantastique et de mondes imaginaires.

La note : 4 étoiles

Lecture terminée le 20 septembre 2017

La littérature dans ce roman:

  • « Le bureau du supérieur d’Ondiane se trouvait dans la tour ouest et trois de ses fenêtres s’ouvraient sur la vallée. La pièce était de belle taille, les murs couverts de rayonnages de livres et un imposant bureau sombre en occupait le centre. »  Page 12
  • « Enjôleuse d’Hulm : Plante Carnivore aux larges feuilles vernissées. L’enjôleuse émet un chant qui attire irrésistiblement les insectes, lui permettant ainsi de les capturer avec ses vrilles préhensiles.
    Encyclopédie du Savoir et du Pouvoir »  Page 22
  • « — Je vais vous raconter une histoire, reprit maître Carboist. Un simple conte sorti de mon imagination. Un pays, un Empire à vrai dire, était menacé par de redoutables adversaires. Les seules personnes qui auraient pu le sauver, appelons-les les Gardiennes, étaient retenues prisonnières dans un endroit inconnu. Tout espoir semblait perdu lorsqu’une jeune fille apparut. Elle avait les mêmes yeux violets que sa mère et, comme elle, un immense pouvoir. Le maître d’armes de l’Empereur, aidé par un vieil ami au caractère plein de piquant, projeta de conduire la jeune fille jusqu’aux Gardiennes pour les délivrer et, avec elles, combattre et vaincre les méchants, appelons-les les Ts’liches… »  Pages 27 et 28
  • « — Vous nous faites marcher, pas vrai ? questionna Salim d’un air dubitatif. Les ogres n’existent que dans les contes ! »  Page 36
  • « — Espèce de mollusque décérébré, cracha-t-elle. Tu n’as rien trouvé de plus bête que de jouer à Spiderman et manquer te casser le cou ? »  Page 92
  • « — Et Edwin ? 
    — Laissons-le mariner un peu dans son jus. Ça ne doit pas lui arriver souvent. En attendant, nous avons la possibilité de nous retrouver et de découvrir une ville de conte de fées. Ça ne te plaît pas ? »  Pages 124 et 125
  • « — J’ai de sérieuses raisons de croire qu’il nous faut connaître l’identité de ce Gardien, poursuivit l’analyste sans tenir compte de l’interruption. 
    — Mais pourquoi donc, bon sang ? s’exclama Bjorn. 
    — Pour l’affronter avec des chances raisonnables de succès. Des histoires, des légendes font référence à lui. Il faut que je me les procure et que je les étudie. Seule la bibliothèque du palais m’offre cette possibilité. 
    Salim se demanda si maître Duom avait encore toute sa tête pour perdre trois jours à lire des contes de fées, mais comme personne ne se manifestait, il préféra pour une fois se taire. »  Page 138
  • « Tant qu’ils le purent, Camille et Salim se retournèrent pour dévorer Al-Jeit des yeux. La capitale s’était gravée de manière indélébile dans leurs mémoires, mais ils ne pouvaient s’empêcher de la contempler, encore et encore. 
    — Regarde où tu vas, bonhomme ! bougonna maître Duom. 
    L’analyste, complètement remis, avait emporté une dizaine de gros livres qu’il compulsait avec l’efficacité qu’octroie une longue habitude. C’étaient de lourds grimoires reliés de cuir, aux pages jaunies, couvertes d’une écriture cunéiforme incompréhensible. Des ouvrages qui n’auraient pas dépareillé la bibliothèque d’un magicien ou d’un thaumaturge. Maître Duom, suite à un cahot plus marqué que les autres, venait de refermer celui qu’il parcourait et foudroyait Salim du regard. »  Page 151
  • « — Un fil d’Hulm ! s’était extasiée Ellana. On ne s’est pas moqué de toi, il ne doit pas en exister plus de cinq au monde. 
    La jeune marchombre lui avait expliqué que la corde était censée être l’œuvre de Merwyn en personne. On la mentionnait dans de multiples histoires et elle était dotée de nombreux pouvoirs. L’un des plus intéressants, outre sa quasi-indestructibilité, était sa faculté de prendre la longueur souhaitée par son propriétaire. Salim s’était promis de l’essayer dès que possible »  Page 153
  • « Le matin du cinquième jour, maître Duom surprit ses compagnons en rejetant d’un geste brusque le livre qu’il consultait. 
    — C’est incompréhensible ! jura-t-il. Si le quart de la moitié de ce que raconte ce bouquin est à peu près exact, l’entité qui garde les Figés est grosse comme une montagne, tout en étant légère comme un oiseau. Elle est d’eau, vit de feu, habite l’air et parle à la terre. Je suis incapable de découvrir la moindre logique là-dedans, je crains qu’il nous faille improviser lorsque nous rencontrerons le Gardien ! 
    — Peu importe, le rassura Camille. Si ce que vous avez lu est faux, tant mieux. Si c’est vrai, nous aurons la chance de rencontrer un pareil phénomène. »  Page 172
  • « L’âme des marchombres réside tout entière dans leur poésie… qu’ils sont les seuls à réellement comprendre. 
    Maître Carboist, Mémoires du septième cercle »  Page 188
  • « — Moi, quand j’aurai un cheval, lui annonça Salim, je l’appellerai Jambon-Beurre.  Camille s’arrêta et le dévisagea, gentiment moqueuse. 
    — Je t’ai connu plus poète… 
    Le garçon s’empourpra au souvenir de sa déclaration d’amour, avant de bredouiller une vague et incompréhensible explication, qui tira un sourire attendri à Camille. »  Page 193
  • « Ewilan, lorsqu’elle a dessiné le sabre d’Edwin, a eu la bonne idée de le lui placer entre les mains et non de le ficher dans un rocher jusqu’à la garde. C’est peut-être moins romantique, mais sacrément plus pratique ! 
    Auteur inconnu »  Page 215