3 étoiles, S

Le scandale Modigliani

Le scandale Modigliani de Ken Follett

Éditions Le Livre de Poche, publié en 2011, 220 pages

Roman de Ken Follett paru initialement en 1976 sous le titre « The Modigliani Scandal » et sous le pseudonyme de Zachary Stone.

Dee, une étudiante en histoire de l’art, apprend l’existence d’un Modigliani qui n’a jamais été révélé au grand public. Modigliani aurait créé cette œuvre alors qu’il était sous l’influence de drogue et aurait donné ce tableau de jeunesse à un homme d’église. Elle décide, lors de ses vacances en Europe, de partir à la recherche de cette œuvre perdue. Cette trouvaille pourra être un très bon sujet pour sa thèse de doctorat. Afin de partager sa fébrilité, elle avise son oncle qui est marchant d’art de son projet de recherche. Ce dernier convaincu que sa nièce ne voudra pas vendre l’œuvre si elle la trouve, décide d’envoyer un détective privé pour retrouver le tableau avant elle. Mais cette recherche va aussi susciter l’intérêt de plusieurs personnes peu recommandables qui veulent eux aussi retrouver l’œuvre.

Une lecture de vacances sans plus. L’histoire proposée parait pourtant intéressante et captivante : une course-poursuite à travers l’Europe ayant comme but la découverte d’un nouveau tableau de Modigliani. Malheureusement ce qui est présenté dans ce roman est trop rocambolesque pour être crédible. L’intrigue est longue à démarrer et le rythme général est lent. On suit trop de petites histoires en parallèle et les personnages deviennent trop nombreux pour que cette intrigue soit solide. De nombreux élément sont superflus dans ce texte, comme par exemple l’histoire personnelle des faussaires. Cette partie pourrait être supprimée sans affecter le dénouement de l’histoire. Un roman que Ken Follett a écrit en début de carrière et qui manque de travail. L’intérêt principal de cette lecture est l’apprentissage des jeux de coulisses du marché de l’art. Un roman sympathique et un bon petit moment de lecture tout de même.

La note : 3 étoiles

Lecture terminée le 18 avril 2016

La littérature dans ce roman :

  • « Quelle merveille de passer l’été à Paris, de n’avoir aucune obligation ! Pas d’examen à passer, pas de devoirs à rendre, pas de cours à suivre. Strictement rien à faire, sinon batifoler avec Mike et se lever à midi. Après, siroter un bon café en se gavant de pain frais, se plonger dans les livres qu’elle avait toujours eu envie de lire ou admirer des tableaux qu’elle n’avait encore jamais vus ; et, le soir, retrouver des gens passionnants et excentriques. »  Page 10
  • « – Pourtant, l’était du genre mélancolique, Dedo. L’avait toujours sur lui Les Chants de Maldoror. Il pouvait réciter par cœur des tonnes de poésies en français. Il était déjà sur la fin d’sa vie quand le cubisme est apparu. Cette forme, c’était pas son truc. Mais alors, pas du tout. C’est peut-être ça qui l’a tué »  Page 16
  • « Encore une heure avant de pouvoir s’esquiver honorablement. Son épouse avait cessé depuis longtemps d’assister aux réceptions de la galerie, prétextant qu’on s’y ennuyait ferme. Elle avait bien raison. À l’heure qu’il était, Lampeth aurait préféré être chez lui, un verre de porto dans une main, un livre dans l’autre, avachi dans son fauteuil préféré – un siège en vieux cuir et crin de cheval à l’accoudoir brûlé à l’endroit où il posait toujours sa pipe –, son épouse assise en face de lui et Siddons entrant dans la pièce pour préparer une dernière flambée dans la cheminée. »  Page 29
  • « – Anne, nomme un peintre ! ordonna Mitch.
    – Bon. Van Gogh.
    – Un nom de tableau.
    – Humm… Le Fossoyeur.
    – Maintenant, dis : à vos marques, prêt, partez !
    – À vos marques, prêt, partez !
    Les deux hommes se mirent à peindre furieusement. Peter traça la silhouette d’un homme penché sur une pelle, ajouta de l’herbe à ses pieds et entreprit d’habiller son personnage d’une combinaison. Mitch commença par le visage : un visage las et ridé de vieux paysan. Anne regardait, stupéfaite, les deux images se matérialiser sous ses yeux.
    Il leur fallut à tous deux bien plus longtemps que les vingt minutes annoncées. Ils étaient complètement absorbés par leur travail. À un moment donné, Peter alla prendre un livre sur l’étagère et l’ouvrit à une page avec une illustration en couleurs. Le fossoyeur de Mitch s’épuisait à enfoncer du pied la pelle dans la terre dure, son corps lourd et sans grâce plié en deux. Le jeune homme resta plusieurs minutes à fixer son papier, ajoutant des touches par endroits et s’arrêtant pour regarder encore, »  Page 45
  • « En fait, à l’époque où il avait rencontré Sarah, il travaillait déjà. Un livre pour enfants à illustrer que lui avait refilé un copain de classe entré dans l’édition. L’avance touchée pour ce boulot lui avait permis de se faire mousser devant Sarah, de se prétendre un peintre à succès. Le temps que la vérité éclate au grand jour, il avait embobiné sa dulcinée et le papa de celle-ci. Cette victoire s’était soldée par son mariage avec Sarah. Du coup, il avait cru que sa chance lui était revenue. Hélas, ça n’avait pas duré. »  Page 48
  • « À peine entré dans son école d’art, il avait constaté que tout le monde arborait cet air ultra cool de je m’en-foutisme hippie qui lui avait valu tant de succès pendant ses deux dernières années dans son collège huppé. Les étudiants connaissaient tous Muddy Waters et Allen Ginsberg, Kierkegaard et les amphétamines, le Viêtnam et Mao. Pire, ils avaient tous un don plus ou moins marqué pour la peinture. »  Page 49
  • « – Je croyais que tu voulais poursuivre tes études ? Anita se détourna.
    – Une idée ridicule, c’est tout. Un rêve. Je ne peux pas plus aller à l’université que marcher sur la Lune. Qu’est-ce que vous mettez aujourd’hui ? La robe blanche Gatsby ? »  Page 60
  • « La sonnette de l’entrée retentit. Elle regarda par la fenêtre. Le taxi était arrivé. Elle prit son manuscrit et descendit.
    Confortablement assise dans la voiture noire, elle feuilleta le script dont elle allait discuter avec son agent et le producteur du film. Il avait pour titre La Treizième Nuit. Pas du tout vendeur à son avis, mais ça, c’était un détail. Il s’agissait en fait d’une version revisitée de La Nuit des rois de Shakespeare, avec des dialogues originaux. Le scénario faisait ressortir les éléments homosexuels suggérés dans la pièce. Orsino tombait amoureux de Cesario avant de découvrir que celui-ci était une femme sous ses habits d’homme, et Olivia était lesbienne sans le savoir. Samantha était pressentie pour le rôle de Viola, naturellement. »  Page 63
  • « – Tu parles comme si un message était quelque chose de réservé aux pièces d’avant-garde n’ayant aucune chance d’être jouées à Broadway, répliqua-t-elle. Un film qui a quelque chose à dire peut très bien faire un tabac.
    – C’est plutôt rare.
    – Et Qui a peur de Virginia Woolf ? Dans la chaleur de la nuit ? Le Parrain ? Le Dernier Tango à Paris ?
    – Côté recettes, aucun d’eux n’a fait autant que L’Arnaque.
    Samantha s’écarta de la fenêtre en secouant la tête impatiemment.
    – Et alors, on s’en fiche ! C’étaient de bons films. Ils valaient le coup d’être faits »  Page 65
  • « Elle comprit un peu tard que Livourne se disait Leghorn en anglais, que c’était un port important de la Méditerranée et une station balnéaire. De vagues souvenirs glanés dans des livres d’histoire lui revinrent à l’esprit : ce port, modernisé par Mussolini au prix de millions de lires, avait été entièrement détruit quelques années plus tard par les bombardements alliés. Les Médicis avaient contribué à l’essor de la ville, se rappela-t-elle aussi, et au XVIIIe siècle un tremblement de terre l’avait ravagée. »  Page 73
  • « Elle tourna la poignée et pénétra à l’intérieur de la pièce. C’était un salon avec des meubles clinquants d’un mauvais goût parfait. Une radio tourne-disques de forme évasée, vestige des années 1960, ronronnait dans un coin. En revanche, pas un son ne sortait de la bouche du présentateur en gros plan sur l’écran de la télé. Une table basse de style vaguement suédois trônait au centre de la pièce, posée sur un tapis en nylon orange. S’y entassaient des cendriers, des journaux plus ou moins rassemblés en piles et un livre en édition de poche. »  Pages 74 et 75
  • « – Je voudrais voir l’endroit où est né Modigliani. Vous savez où c’est ?
    La femme du propriétaire se posta dans l’encadrement de la porte et apostropha son mari d’une longue tirade agressive. Elle avait un accent trop marqué pour que Dee comprenne de quoi il retournait. L’homme lui répondit sur un ton chagriné. L’épouse repartit.
    – Je disais : l’endroit où est né Modigliani, reprit Dee.
    – Je n’en ai pas la moindre idée. Il retira une seconde fois la cigarette d’entre ses lèvres, ce coup-ci pour la laisser tomber dans le cendrier déjà plein.
    – Mais nous avons en vente plusieurs guides de la ville. Ça pourrait vous aider.
    – Oui. Je vais en prendre un.!  Page 76
  • « De retour, le propriétaire attendit qu’elle raccroche pour lui remettre un petit livre illustré aux bords écornés. Dee régla le prix demandé, tout en se demandant combien de fois ce même exemplaire avait été revendu à un client après avoir été oublié par un autre dans sa chambre. »  Page 76
  • « Elle prit place à une petite table ronde recouverte d’une nappe à carreaux et ouvrit le guide. « Le lazaret San Leopoldo est l’un des plus beaux d’Europe », lut-elle.
    Elle tourna une page. « Aucun visiteur ne devrait manquer d’aller admirer le célèbre bronze Quattro Mori. » Elle feuilleta plus loin. « Modigliani a vécu d’abord via Roma et, plus tard, au 10 de la via Leonardo Cambini. » »  Page 77
  • « Sa mère, assise près d’elle à la vieille table, s’appliquait à tracer de belles rondes au stylo à plume sur une feuille à l’en-tête de Meunier. Quantité de livres fascinants étaient ouverts devant elle : de beaux livres sur l’art, d’épais ouvrages de référence, de petites éditions de poche. Par moments, la langue d’Anne pointait entre ses lèvres, signe de son extrême concentration. »  Page 124
  • « Le trajet lui prit toute une demi-heure en raison des nids-de-poule et de l’absence de panneaux. Enfin, il arriva en vue d’une grande bâtisse de trois étages flanquée de tours. De la même époque que l’église de Poglio. Des créneaux effrités, des fenêtres sales et d’anciennes écuries où l’on apercevait par les portes entrouvertes un très vieux break Citroën et une antique tondeuse à gazon équipée d’un gazogène. Un château sorti tout droit d’un conte de fées. »  Page 134
  • « – Tu sais ce qu’il est dit dans la Bible : « Le Seigneur répand son soleil et sa pluie sur le méchant comme sur le juste. » Ce verset a toujours été pour moi source de grande consolation.
    Il descendit un bon quart de sa chope et reprit :
    – Quant à toi, fiston, tu ne peux pas être tout à fait mauvais si tu payes à boire à un pauvre vieux comme moi.
    Tom porta son verre à ses lèvres.
    – Bonne chance ! La même que celle qui t’a permis de te payer ce costume.
    Tendant le bras par-dessus la table, il palpa le revers de son interlocuteur.
    – Savile Row, je suppose ?
    – Tu supposes bien, gamin. Tu sais ce qu’il est dit aussi dans la Bible : « Tiens-toi à l’écart de toute manifestation du mal. » C’est un excellent précepte. Mais dis-moi : quel est le flic qui voudrait arrêter un vieil adjudant à cheveux courts si bien mis ?
    – Et capable en plus de le noyer sous les citations bibliques. »  Page 168
  • « Ils quittèrent le pub et se dirigèrent vers une Citroën flambant neuve couleur moutarde, garée sous un panneau d’interdiction. Au moment où Wright en ouvrait la portière, un vieux barbu en pardessus taché apparut. Wright lui donna la pièce et monta en voiture.
    – Il surveille la pervenche, expliqua-t-il en démarrant. Tu sais ce qu’il est dit dans la Bible : « Ne muselle pas le bœuf qui mange le maïs. » Les bœufs, c’est les contractuels.
    Drôle de citation. En quoi correspondait-elle à la situation ? Tom se creusa la cervelle pendant tout le trajet. »  Page 169
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3 étoiles, S

Storyteller

Storyteller de James Siegel.

Éditions Pocket no 13709, publié en 2013; 477 pages

Quatrième roman de James Siegel paru initialement en 2006 sous le titre « Deceit ».

Storyteller

Tom Valle habite à Littleton, petite ville perdue de la Californie. Il travaille pour une feuille de chou locale, mais ne couvre que les faits divers sans importances. C’est un véritable miracle qu’il puisse encore travailler dans le milieu de la presse. Ancien journaliste à succès de New York, il a vu sa carrière se brisée lorsqu’il fut découvert que ses articles étaient des histoires inventées de toutes pièces. Il a donc été banni de la profession et une réputation de menteur lui colle désormais à la peau. Présentement, tout tourne pour le mieux jusqu’au jour où il est appelé pour un banal accident de la route. Certains éléments et incohérences le troublent et lui font penser à une mise en scène. Usant de ses dons d’investigation, il va se lancer dans l’enquête. Il ne tardera pas à découvrir un complot aux nombreuses ramifications politiques, c’est le scoop du siècle. Mais qui sera prêt à croire son histoire, lui dont la voix a été discréditée par ses mensonges journalistiques ?

Thriller truffé de rebondissements et de situations plus invraisemblables les unes que les autres. De facture classique et exploitant le thème de la théorie du complot, ce roman propose aussi une réflexion sur l’utilisation de la vérité et du mensonge dans le journalisme et dans la politique. Le récit est bien conduit avec quelques retours en arrière dans la vie de Tom qui permettent de mieux cerner le personnage. On découvre qu’il est torturé et rongé par les remords. Il est particulièrement intéressant car il semble désireux de racheter les fautes de son lourd passé. Malheureusement, il est trop pathétique pour être tout à fait attachant et crédible. De plus, ce roman manque de fini et de profondeur certaines situations paraissent irréalistes et certains personnages simplistes et ridicules. L’écriture, nerveuse, s’organise en chapitres très courts ce qui en fait une lecture rapide. Un thriller classique qui manque de réalisme.

La note : 3 étoiles

Lecture terminée le 25 janvier 2014

La littérature dans ce roman :

  • « Je me fis la réflexion qu’on aurait dit des créatures de bande dessinée. Comme si un généticien peu porté sur l’esthétique avait croisé un agneau avec un chameau, puis contemplé le résultat et laissé échapper un « Oops ». Imaginez des pelotes de laine ambulantes, avec des franges de balai plantées négligemment sur la tête, couvrant leurs grands yeux mélancoliques. »  Page 53
  • « Je regardai en dessous des étagères, là où la plaque de plâtre rejoignait le sol. Une araignée marron fila se cacher sous un pot de peinture.
    Un pot rempli de capsule de bouteille.
    Un bâton de hockey fendu portant le logo à moitié effacé des San Jose Sharks.
    Une balle de baseball dont la couture était distendue.
    Quelques vieux livres. Une biographie du journaliste Edward R. Murrow. Une histoire de la guerre froide. Viêtnam de Stanley Karnow. Hiroshima de John Hersey.
    Tout cela avait probablement appartenu à Wren.
    De la poussière de plâtre recouvrait une photo de couverture où figurait un champignon atomique. En poussant de côté les livres, je découvris un trou dans le mur, large et irrégulier. »  Page 67
  • « Même si c’était un article sur la vente annuelle de livres à la bibliothèque de Littleton. Je n’avais pas intérêt à me tromper de date, d’accord ? »  Page 74
  • « Les natifs du coin aiment faire remarquer qu’il n’y a pas d’humidité dans le désert californien. C’est vrai. Mais ils oublient de préciser que la température en été dépasse les quarantes degrés – ce qui vous donne l’impression de respirer en plein sauna – et qu’il y a les Santa Ana. Ces vents sont meurtriers, mais pas de la façon dont vous pourriez l’imaginer. Ils ne vous emportent pas comme le loup qui souffle à la porte des petits cochons ; ils vous tuent en vous usant, en soufflant sans répit jusqu’à ce que vous deveniez fous. »  Page 95
  • « Je parlais comme avant, quand je débutais dans la profession et que la ferveur m’animait. Un étudiant en théologie expliquant sa foi. N’avais-je d’ailleurs pas travaillé pour ce qui était considéré comme la bible de l’industrie ? »  Page 149
  • « Je repoussai quelques livres pour pouvoir m’asseoir. Le canapé avait une légère odeur de poisson.
    Au bout d’un moment, je me mis à feuilleter quelques pages, attrapant tout ce qui se trouvait à portée de ma main. Pourquoi pas ? Je m’ennuyais. Ces livres reflétaient le même goût éclectique que dans mon sous-sol : il y avait de tout, d’une édition de poche de Lolita à une biographie d’Enrico Fermi. Les bouquins étaient remplis de marque-pages de fortune – une liste de courses, un ticket de cinéma, une lettre. »  Page 204
  • « – Peu importe, dis-je. On ne va de toute façon pas imaginer que des bonhommes de l’espace soient descendus à Littleton Flats.
    – À moins de croire aux contes de fées, dit-il. Ce n’est pas votre cas ?
    – Vous me demandez si je crois aux contes de fées ?
    – Oui.
    – Eh bien non.
    – Vous en avez lu depuis que vous êtes adulte ?
    – Pas que je me souvienne.
    – Vous devriez peut-être essayer. Même quand on cesse de croire aux lutins maléfiques, ils peuvent encore vous foutre les jetons. Surtout quand on cesse d’y croire, en fait. »  Page 211
  • « Celle qui avait trois ans lorsqu’elle avait survécu à l’inondation de l’Aurora était maintenant une femme d’âge mûr. Elle était divorcée et vivait seule. Wren avait remarqué que les étagères de son salon étaient remplies de livres sur les enlèvements par des extraterrestres. »  Page 213
  • « J’étais attachée sur une table en métal et ils m’examinaient avec des instruments à l’aspect terrifiant. Vous le savez peut-être, ou peut-être pas, mais c’est assez courant quand on se fait enlever par des extraterrestres. Vous avez déjà lu le bouquin de Whitley Schreiber ?
    Wren lui avoua que non.
    Elle lui expliqua que ce livre était considéré quasiment comme une bible par tous ceux qui avaient été victimes d’un enlèvement extraterrestre. Schreiber lui-même avait été kidnappé pas moins de trois fois.
    Wren dit qu’il ne manquerait pas de s’en procurer un exemplaire. »  Pages 216 et 217
  • « Vous croyez aux contes de fées ?
    Si c’était le cas, il me faudrait croire au reste de l’histoire de Bailey. Des extraterrestres bleus sans bouches. Des robots blancs sans visage. Des examens médicaux pratiqués dans les entrailles d’un vaisseau spatial.
    Un conte de fées digne des frères Grimm. S’ils avaient pris des champignons avant de se mettre à écrire. »  Page 220
  • « Sur scène, il était censé être l’heure du crépuscule, tant aimée de Shakespeare. Des choses magiques se produisent à la nuit tombante : les gens se transforment en ânes, des sortilèges sont jetés ou rompus, des amants se séparent ou se retrouvent. »  Page 226
  • « L’Amérique aimait Ike, mais elle commençait à en avoir un peu marre de Joe, le farouche pourfendeur de cocos qui avait juré sur une pile de bibles qu’’il y avait un rouge sous chaque lit. Ou au moins dans chaque département de l’administration américaine. »  Pages 248 et 249
  • « Les élèves de terminale présentèrent leur production de la pièce Oklahoma ! où le rôle principal était tenu par Marie Langham ; le journal du lycée qualifia sa prestation de « transcendante » et releva que le garçon qui jouait Curly était également receveur et ailier défensif dans l’équipe de football. »  Pages 250 et 251
  • « Il ne fallait surtout pas manquer de publier le moindre épisode des bandes dessinées Beetle Bailey, Li’l Abner et Peanuts. »  Page 256
  • « – Il se trouve que… ouais. Et c’était vraiment un truc cool. Robert Oppenheimer, Enrico Fermi, tous ces putains de génies qui bossaient là en plein milieu du désert. Little Boy, Fat Man, la course avec Hitler pour réussir le premier gros boum. Vous savez ce qu’Oppenheimer a dit quand ils ont enfin réussi, quand ils ont testé la bombe A et qu’elle a quasiment tout pulvérisé dans un noyau de trois kilomètres ?
    – Je crois que oui. Mais vas-y toujours.
    – « Je suis devenu la mort, le destructeur des mondes. » Une citation tirée du sanskrit. « Je suis devenu la mort ». C’est assez éloquent, non ? Et assez flippant aussi… »  Pages 272 et 273
  • « Qu’est-ce que tu dessines ? me demandait-elle, la jolie serveuse qui nous offrait toujours une portion supplémentaire de pancakes, à Jimmy et moi. Qui nous caressait parfois les cheveux et se penchait au-dessus de la table, appuyée sur ses deux coudes, pour que nous puissions sentir son parfum – le même que celui des fleurs séchées que ma mère pressait entre les pages des livres. »  Page 282
  • « – Un porte-parole de Saint Alban vient d’appeler. Même si on peut comprendre qu’ils ne tiennent pas à être associés avec un fanatique religieux éventuellement coupable de meurtre, il m’a juré sur une pile de bibles tout ce qu’il y a de plus presbytériennes que l’hôpital n’offrait pas de spécialisation en pédiatrie, en tout cas certainement pas durant les années que tu mentionnes. Nous sommes donc clairement face à un problème… »  Pages 285 et 286
  • « J’avais rencontré le médecin de l’armée parmi les ruines d’une autre ville détruite – celle-ci à cause d’une inondation et non des flammes, même si dans les deux cas il s’agissait de fléaux bibliques. »  Page 290
  • « Elle passa devant moi et le prit par le bras pour l’emmener à l’arrière du mobile home, comme s’il était aveugle. Comme s’il avait deux ans et qu’il fallait lui lire des histoires au lit au milieu de l’après-midi. »  Page 311
  • « – Quelqu’un l’a agressé, dis-je.
    Nous étions assis dans le salon principal : des tables, des fauteuils de bridge, deux distributeurs de boissons et friandises presque vides.
    – Sans blague, Sherlock, dit DeCola. Qui ça ? »  Page 339
  • « Racontez-moi une histoire, écrivit-il.
    – Une histoire ?
    Une histoire pour dormir.
    – Je ne connais pas d’histoires, Dennis.
    Envie dodo.
    – D’accord. Alors dormez.
    J’ai peur. Une histoire.
    – Écoutez, Dennis…
    Maman.
    – Votre maman est dans l’Iowa. Moi je suis Tom. Vous êtes à l’hôpital.
    Une histoire.
    – Je ne connais aucune histoire, Dennis.
    – Faites un effort, mon vieux, intervint le soldat, qui venait de se réveiller. Le pauvre homme a perdu la langue et il veut une histoire. Vous n’en connaissez aucune ?
    – Non.
    – Même pas Boucles d’Or ? Merde, tout le monde la connaît, celle-là. »  Page 348
  • « Certains d’entre eux venaient du Nouveau-Mexique, où ils avaient gardé un œil attentif sur les techniciens, les scientifiques et même les simples ouvriers qui travaillaient directement au contact de ce truc auquel on donnait le petit nom de Kryptonite – une allusion pas si drôle à l’élément capable de mettre à genoux Superman lui-même. Tout le monde savait qu’il fallait s’en méfier – mais à quel point ? »  Page 351
  • « Ces hommes méritaient des médailles.
    À partir de leur recherche on allait pouvoir écrire un manuel de survie postnucléaire. »  Page 356
  • « L’étagère de Benjamin était encore bien remplie.
    De vieux livres, principalement – des manuels scolaires et universitaires, des bandes dessinées, le genre de choses que les parents ont l’habitude de conserver précieusement dans une malle au grenier. »  Page 364
  • « Un à un, je me mis à prendre les livres poussiéreux sur l’ancienne étagère de Benjy. »  Page 367
  • « Je feuilletai un des manuels scolaires de Benjamin. Un voyage au fil de l’alphabet. À un moment donné, quelqu’un avait essayé de lui apprendre quelque chose. Il avait griffonné son prénom sur la couverture : Benjamin : 9 ans. »  Page 369
  • « J’ouvris le manuel scolaire. Benjamin : 9 ans,
    Chaque page était dédiée à une lettre : la page 1 à la lettre A, la page 2 à la lettre B, la page 3 à la lettre C, etc.
    Benjamin avait écrit chaque lettre dix fois en majuscule et dix fois en minuscule. Puis un mot commençant par la lettre en question. »  Page 371
  • « Vous croyez aux contes de fées ? Vous en avez lu depuis que vous êtes adulte ? Même quand on cesse de croire aux lutins maléfiques, ils peuvent encore vous foutre les jetons.
    Il y a toujours plusieurs niveaux de lecture dans les contes de fées. »  Pages 402 et 403
  • « J’étais même déjà tombé sur la réponse quand j’avais ouvert le manuel scolaire de Benjy.
    Karabolka. »  Page 414
  • « Une histoire à ne pas raconter aux enfants avant d’éteindre la lumière, sous peine de leur faire passer une nuit pleine de cauchemars.
    Une histoire qu’il peut être amusant de partager autour d’un feu de camp, au cœur d’une forêt obscure.
    Un conte particulièrement terrifiant.
    L’épilogue que le 499e bataillon avait attendu. »  Page 414
  • « Un appareil qui prenait cinquante clichés par seconde dans un ventre de métal aérodynamique. Filant au-dessus des radars, tel Icare en route vers le soleil.
    Un U-2.
    L’avion ultra secret. »  Page 421
  • « – Je vous dis la vérité.
    – Bien sûr, Pinocchio. »  Page 427
  • « Il y a toujours une part de vérité dans ce que vous racontent les gens. C’est la première règle dans les Manuel du parfait menteur. »  Page 428
  • « Le marine regarda dans ma direction, mais parut ne pas me voir. Comme si j’étais devenu transparent. Ce qui était le cas.
    Personne ne pouvait me voir.
    J’étais l’homme invisible. »  Page 430
  • « Il me fait singe de m’approcher.
    Je cours vers lui dans mon pyjama Batman, qui pour je ne sais quelle raison a changé de couleur – il est gris et terne. »  Page 433
  • « Il y avait dix pages photocopiées d’un livre chroniquant les débuts du programme nucléaire militaire américain.
    On trouvait également une biographie des Hiroshima Maidens – un groupe de jeunes survivants de la catastrophe nucléaire qui, défigurées, avaient écumé les routes avec leur spectacle de vaudeville. »  Page 438
  • « – Bien alors vous pouvez arrêter de regarder par-dessus votre épaule. Votre père. Il a parlé du passé. 1954. Il a vendu la mèche. Le barrage qui n’en était pas un. La petite explosion que les livres d’histoire oublient de mentionner. Mail il n’a rien donné à Wren ? Rien ?
  • « – Parce qu’il y a deux ans j’ai écrit un article sur un médecin qui m’aurait balancé des anagrammes. Un article que j’avais inventé. Mon réservoir de créativité devait être assez bas à ce stade-là : j’en étais déjà réduit à utiliser des clichés de roman policier. »  Page 451
  • « J’avais poussé un livre et découvert le trou dans le mur.
    Le livre avec de la poussière de plâtre sur sa jaquette.
    Hiroshima. »  Page 459
  • « J’écartai les livres.
    Je glissai me main dans le trou et doucement, lentement, délicatement, je sortis les feuilles de journal froissé. »  Page 460
  • « Le numéro était encore clairement lisible dans le coin droit.
    7513.
    Celui qui manquait dans les archives.
    Le numéro où figurait Qui est donc Eddie Bronson ? était le 7512.
    Le suivant, où l’on pouvait lire une critique du film Harry Potter à l’école des sorciers et un compte rendu de la dernière réunion de la section locale des Daughters of the American Revolution, était le 7514. »  Page 460
  • « À New York, quand j’en étais à emprunter les pires clichés des polars :
    Des anagrammes.
    Des rendez-vous clandestins au milieu des ruines de ville détruites.
    Des acteurs/arnaqueurs.
    Le jeu de l’Auto Tag.
    La totale. »  Page 466
    « Leur donner le temps d’entrer, de mettre en pratique ce qu’ils ont appris dans La lecture rapide pour les nuls et de comprendre l’essentiel. »  Page 473
4 étoiles, S, T

Secrets d’outre-tombe

Temperance Brennan, tome 05 : Secrets d’outre-tombe de Kathy Reichs.

Éditions Pocket Thriller, publié en 2008; 442 pages

Cinquième roman de Kathy Reichs paru initialement en 2002 sous le titre « Grave Secrets ».

secrets d'outre-tombe

Temperance Brennan est au Guatemala pour exhumer les restes de victimes de la guerre civile survenue vingt ans plus tôt. Elle a été mandatée par une organisation humanitaire pour retrouver et identifier les ossements des femmes et des enfants massacrés par l’armée dans le village de Chupan Ya. Malgré les tentatives d’intimidation et la pression des autorités locales, Tempe se jette corps et âme dans cette exhumation. Les recherches sont perturbées lorsque deux membres de l’équipe tombent dans une embuscade. L’enquête établi qu’il y a eu erreur sur la personne et que c’était Temperance qui était la personne visée. De plus, le sergent-détective Galiano de la police civile nationale du Guatemala demande son aide pour identifier des restes trouvés dans une fosse septique d’un hôtel délabré. Pourraient-ils être ceux de l’une des quatre jeunes femmes portées disparues dont la fille de l’ambassadeur du Canada ?

Dans ce roman, il y a beaucoup d’actions et d’intrigues. C’est une double enquête riche en surprises et en rebondissements. Il n’y a pas un instant de répit pour Brennan ni pour le lecteur. Encore une fois, l’auteur réussit à entremêler deux affaires à priori éloignées l’une de l’autre mais qui se rejoignent au final. Malheureusement, ces intrigues ne sont pas toutes bien approfondis et nous laissent sur notre faim. Les descriptions techniques de l’anthropologie judiciaire sont largement mises à contribution et les détails macabres ne sont pas épargnés. Dans ce cinquième tome, il y a un petit développement dans la vie amoureuse de Brennan avec l’entrée en scène du sergent-détective Galiano qui vient brouiller les cartes avec Ryan. Cette histoire nous initie sur l’instabilité politique du Guatemala et sur les massacres qui y ont eu lieu pendant près de 30 ans, un pan de l’histoire qui est peu connu. Malheureusement, le dénouement manque de réalisme, l’auteur a opté pour la facilité.

La note : 4 étoiles

Lecture terminée le 29 octobre 2013

La littérature dans ce roman :

  • « Le commissariat central de la police est situé dans un château exotique au croisement de la Calle 14 et de l’Avenida 6. C’est à un pâté de maisons au sud de l’Iglesia de San Francisco, célèbre pour sa sculpture du Sacré-Cœur et pour sa collection de livres à l’Index qui fut retrouvée dans la charpente où des rebelles parmi le clergé les avaient dissimulés, il y a des dizaines d’années de cela. »  Page 51
  • «La salle, d’un gris tristounet, ne devait pas avoir été repeinte depuis l’époque où les padres cachaient leurs livres. »  Page 52
  • « – Un fœtus ? a-t-il dit, ses yeux plantés dans les miens.
    J’ai fait signe que oui.
    – Son âge ?
    – Il faut que je regarde dans le Fazekas et Kósa.
    Je me référais à la Forensic Fetal Osteology, la bible des médecins légistes en matière de développement squelettique prénatal. Parue en Hongrie en 1978 et épuisée depuis des lustres. Les chanceux qui en possèdent un exemplaire ne le prêtent à personne. »  Page 111
  • « Toutes les mesures prises, je les ai comparées une par une avec celle indiquées dans les tableaux du livre d’ostéologie fœtale. »  Page 119
  • « À en croire le Fazekas et Kósa, la fille dans la fosse septique était enceinte de cinq mois. »  Oage 119
  • « — Et moi, je suis un mec sensible.
    — Vraiment ?
    — J’ai lu Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus.
    — Hmm.
    — Et aussi Sur la route de Madison.
    Il a passé le pouce sur le coin de ma bouche. J’ai détourné la tête.
    — Et j’ai pris des notes. »  Pages 207 et 208
  • « J’espérais un message de Ryan, du genre : « Bienvenue, bon retour, heureux de te savoir rentrée. » À la maison, il n’y avait rien sur mon répondeur.
    Coups de fil d’enquêteurs, d’étudiants, de journalistes. Un procureur avait appelé quatre fois. Ryan, pas une.
    Sympa ! Pourtant il savait forcément que j’étais là. Car il avait ses sources, le grand Sherlock. »  Page 230
  • «  Assise, les jambes allongées et les mains enfoncées dans les poches de son gilet en jean, la fille de l’ambassadeur gardait les yeux fixés au sol.
    — Chantal, n’est-ce pas ?
    — Non, c’te conne de Blanche-Neige !
    — Chantal ! »  Page 240
  • «  — La seconde victime n’a pas été identifiée. Nous l’avons trouvée dans une fosse septique, dans la zone 1.
    — Un quartier plutôt louche, vous trouvez pas ?
    Nous en étions maintenant à qui ferait baisser les yeux à l’autre.
    — Essayons un autre nom.
    — Bouton d’or ?
    — Patricia Eduardo. Ça vous dit quelque chose ? Combat d’yeux. Les siens ne cillaient pas. »  Page 245
  • «  — Tu n’as pas déjà un caballero, ici ?
    Vision de Ryan.
    — Pecos Bill nous la joue profil bas. »  Page 253
  • «  À peine ce nom prononcé, j’ai deviné la suite : Katy allait fredonner la comptine qu’elle avait adorée à quatre ans et chantée une année tout entière. Ça n’a pas loupé.
     — Héctor Protecteur a un habit qui gratte
    Héctor Protecteur se goinfre de dattes…
    Je lui ai coupé le sifflet :
    — Héctor Dissecteur est pendu par la rate.
    — Oh, c’est pas bien, ça.
    — C’est juste une première ébauche.
    — Eh bien, tu peux garder la seconde pour toi. Ce n’est pas parce que tu es frustrée que tu dois maltraiter la poésie.
    — Héctor Protecteur n’est quand même pas Coleridge. »  Pages 272 et 273
  • « L’armoire contenait des livres, une télé et une impressionnante collection de CD. J’ai survolé les noms des artistes. Dropkick Murphy’s, Good riddance, Buck-ONine, AFI, Dead Kennedys, Racid, Saves the Day, Face to Face, The Business, Anti-Flag, The Clash, Less than Jake, The Unseen, The Aquabats, The Vandals, NFG, Stiff Little Fingers. Pas mal de NOFX.
    Inconnus au bataillon –  de moi, en tout cas. Je me suis sentie vieille comme le monde.
    Les livres étaient en français et en anglais : Anna Karénine, de Tolstoï ; Le Retour de Merlin, de Deepak Chopra ; le Guide du Routard de la galaxie, de Douglas Adams ; Père manquant, fils manqué, de Guy Corneau ; Anne of Green Gables ; plusieurs Harry Potter.
    Ça m’a un peu remontée. »  Page 288
  • « La chambre n’était pas plus grande qu’une cellule et avait, à peu de chose près, une ambiance identique : propre, fonctionnelle et sans chichis. L’inventaire du mobilier m’a pris trois secondes : lit en fer, armoire vieillotte, commode vieillotte, table de nuit vieillotte, Bible de Gideon. Pas un objet personnel en vue, rien dans la commode ou dans l’armoire. »  Page 322
  • « Il a sorti encore quatre livres du sac. Je les connaissais tous. Guatemala : Getting Away with Murder ; Las Masacres en Rabinal ; State Violence in Guatemala : 1960-1999 ; Guatemala : Never Again. — Finalement, il faisait peut-être vraiment une enquête sur les droits de l’homme. »  Page 324
  • « — Elle devrait se remettre complètement. Avant de quitter le Guatemala, je suis allée la voir à l’hôpital, avec Mateo. Ses souvenirs étaient confus, mais elle croyait se rappeler que les attaquants avaient parlé d’un inspecteur. Mateo et moi, on s’est dit que ça pourrait bien être Specter.
    — Alors là, le poisson ferré n’est même pas une baleine, c’est carrément Moby Dick. »  Page 326
  • « — Tu as trouvé des choses sur Specter ?
    — D’après sa femme, c’est Albert Schweitzer.
    — Tu m’étonnes !
    — D’après les Affaires extérieures, c’est Nelson Mandela. Et… chasse hypergardée.
    — Galiano m’avait prévenue. Et qu’en pense Chantal ?
    — D’après elle, son vieux, c’est le marquis de Sade. (Ryan a secoué la tête.) Elle lui en veut sacrément. »  Pages 341 et 342
  • « — Que veux-tu que je fasse ? ai-je demandé à Ryan.
    — Passe en revue les livres et les papiers pendant que je continue avec les interviews.
    — Je cherche quoi ?
    — Quelque chose.
    J’ai téléphoné à Mateo. Mon retard ne lui posait aucun problème. De plus, il connaissait une Eugenia Sandoval qui travaillait au CEIHS, Centro de Investigaciones de Historia Social. Information que j’ai transmise à Ryan dès que j’ai eu raccroché.
    — Logique, m’a-t-il répondu.
    J’ai rassemblé livres et journaux et me suis installée en face de lui. Certaines publications étaient en espagnol, la plupart en anglais. J’ai commencé par faire une liste.
    The Massacre at El Mazote : A Parable of the Cold War ; Massacres in the Jungle, Ixcán, Guatemala, 19751982 ; Persécution by Proxy : The Civil Patrols in Guatemala, publié par le Robert F. Kennedy Center pour les droits de l’homme ; Harvest of violence : The Maya Indians and the Guatemala Crisis ; un numéro de l’America’s Watch Report, daté du mois d’août 1986 : Civil Patrols in Guatemala. »  Pages 369 et 370
  • « Deux heures plus tard, j’ai enfin péché un indice dans un numéro de La Lucha Maya, parmi une série de portraits et de paysages en couleurs pleine page : maisons à toit de chaume à Santa Clara, jeune garçon en train de pêcher sur le lac Atitlán, baptême à Xeputul, cortège funèbre à Chontalá.
    Au début des années 1980, sur instruction des responsables militaires de la région, des patrouilles civiles avaient exécuté vingt-sept habitants dans ce village. Dix ans plus tard, Clyde Snow avait exhumé leurs restes.
    En face de la page qui représentait ces paysans portant des cercueils jusqu’au cimetière de Chichicastenango, un portrait de groupe d’hommes en armes. Membres des patrouilles civiles à Huehuetenango, disait la légende.
    Ce système de patrouilles civiles avait été mis en place partout dans les campagnes. Participation obligatoire. Résultat, l’agriculture avait perdu des bras et des familles entières avaient sombré dans la misère. Des règles et des valeurs nouvelles, fondées sur la force et les armes, avaient remplacé les modèles d’autorité traditionnelle, ce qui avait semé la zizanie parmi les paysans mayas.
    Ryan a introduit une nouvelle cassette dans l’appareil. Voix de Nordstern, puis la mienne.
    J’ai continué à feuilleter les images. Un vieil homme forcé de quitter sa maison à Chunima, suite aux menaces de mort lancées à son encontre par des patrouilles civiles. Une femme en larmes, portant son bébé dans le dos.
    Page suivante, des patrouilles civiles à Chunima, armes dressées sur fond de montagnes dans la brume. D’après la légende, le chef du groupe avait abattu deux paysans qui refusaient de s’engager comme volontaires. J’ai étudié la photo. Ces jeunes auraient pu former une équipe de football. Une meute de scouts. Une chorale de lycée.
    Soudain, ma voix a retenti dans la pièce. Ma voix racontant à Nordstern le massacre à Chupan Ya.
    — En août 1982, des soldats et des patrouilles civiles sont entrés dans le village…
    À Chupan Ya, les patrouilles civiles avaient apporté leur soutien à l’armée. Soldats et civils avaient violé de concert les femmes et les filles avant de les tuer à l’arme à feu ou à la machette et d’incendier les habitations.
    J’ai tourné une nouvelle page de la revue.
    Xaxaxak, un quartier de Sololá. Des patrouilles civiles défilant comme après une victoire, des armes automatiques leur barrant la poitrine. Il y avait des soldats parmi les spectateurs, certains en tenue de combat, d’autres en uniforme, signe d’un grade supérieur et d’une solde plus élevée.
    Sur la légende, un nom entouré par Nordstern. Mes yeux sont tombés dessus au moment précis où, sur la bande, le journaliste disait :
    — Sous le commandement d’Alejandro Bastos.
    — Cela, je ne le sais pas.
    — Continuez.
    — Vous paraissez en connaître beaucoup plus que moi sur le sujet. (Bruits.) Il se fait tard, monsieur Nordstern. Mon travail m’attend.
    — Chupan Ya ou la fosse septique ?
    — Arrête ! Repasse ce morceau-là !
    Ryan a enclenché le rembobinage. Les derniers mots de l’entretien ont retenti à nouveau. Je lui ai passé mon livre.
    — Regarde ça. Il a étudié la photo et lu la légende.
    — Alejandro Bastos commandait la section locale de l’armée.
    — Et Nordstern l’accuse d’être à l’origine du massacre de Chupan Ya ! me suis-je écriée.
    — À ton avis, pourquoi est-ce qu’il a entouré la tête du type sournois à côté de lui ? a demandé Ryan en retournant le livre vers moi.
    J’ai regardé le visage à l’intérieur du rond.
    — Nom de Dieu ! »  Page 370 à 373
  • « Ryan a tendu le bras pour que je lui repasse le livre. »  Page 374
  • « J’étais restée encore deux ou trois heures avec Ryan à parcourir les livres et les papiers de Nordstern tout en écoutant les enregistrements avant de rentrer à l’hôtel, exténuée. »  Page 378
  • « J’ai fait un rapide inventaire des bouquins. Journaux professionnels habituels. JAMA. Fertility. Bouquins de médecine courants. Un certain nombre sur la biologie cellulaire. Plus encore sur la physiologie de la reproduction et l’embryologie. »  Page 387
  • « Je me suis revue avec Katy enfant, âgée de trois ou quatre ans peut-être, en train de regarder un livre de comptines. »  Page 407
  • « — Je connais mes lettres. C’est juste que parfois j’arrive pas à les mettre ensemble.
    — Oui, c’est dur. Alors prends tout ton temps.
    — Héctor Protecteur a un habit très court.
    Héctor Protecteur se rend à la cour.
    La reine ne l’aime pas.
    Pas plus que le roi.
    Héctor Protecteur est chassé de là-bas.
    Pourquoi ils ne l’aiment pas, Maman ?
    — Je ne sais pas.
    — Parce qu’il est méchant ?
    — Je ne crois pas.
    — Elle s’appelle comment, la reine ?
    — Arabella. Katy éclate de rire.
    — Et le roi ?
    — Charlie Oliver. Elle rit encore plus fort.
    — Tu inventes toujours de drôles de noms, Maman
    — Parce que j’aime bien te voir rire.
    — C’est quoi, le nom de famille d’Héctor Protecteur ?
    — Lucas.
    — Peut-être que ce n’est pas vraiment un protecteur.
    — Peut-être.
    — Alors, un quoi, Maman ?
    — Un amateur ? Elle rit à gorge déployée.
    — Un érecteur.
    Un électeur.
    Un éjecteur.
    Un dissecteur.
    Un inspecteur. »  Pages 407 et 409
  • « — J’ai vu trop de choses dans la vie pour avoir confiance en beaucoup de gens. Je ne crois pas vraiment aux contes de fées. (Je l’ai senti avaler sa salive.) Mais j’en suis venu à croire en toi. »  Page 431
4 étoiles, S

Les sept jours du talion

Les sept jours du talion de Patrick Senécal.

Éditions Alire; publié en 2007; 333 pages

Cinquième roman de Patrick Senécal paru initialement en 2002.

Les sept jours du Talion

La famille Hamel a tout pour être heureuse. Bruno est un chirurgien respecté, sa conjointe Sylvie travaille à temps partiel dans un refuge pour femmes battues et leur petite fille de 7 ans, Jasmine, est l’amour de leur vie. Un bel après-midi d’automne tout bascule, Jasmine disparait. Après quelques heures de recherche, les policiers découvrent son cadavre. Elle a été violée et battue. Pour Bruno Hamel, c’est l’œuvre d’un monstre qui doit payer pour ce qu’il a fait. Peu de temps après le début de l’enquête, la police arrête un suspect. Croyant que la justice est insuffisante pour lui faire payer son crime, un terrible projet germe dans l’esprit de Hamel. Il décide d’enlever l’accusé et de faire sa propre justice. Il compte torturer « Le monstre » pendant sept jours, puis le tuer avant de se rendre aux policiers pour faire face à la justice. Mais la vengeance sera-t-elle bénéfique pour Bruno ?

Un suspense d’une rare violence. Rien n’est épargné, tout est écrit, tout est ressenti. La description des sentiments est assurément le point fort de ce texte. Avec le père, l’auteur nous plonge dans les pensées et les réactions les plus sombres de l’être humain. Hamel vient chercher en nous le meilleur et le pire car on s’identifie à lui tout en le haïssant à la fois. La composition des personnages est très bien réalisée, on comprend leurs réactions suite à un tel drame. On les voit plonger dans leur propre faiblesse soit dans la rage, la peine paralysante ou la folie. Cependant, le rythme du récit est inégal, il part en flèche avec l’angoisse de la recherche et la découverte de Jasmine. Plus on avance dans l’histoire plus le rythme s’essouffle pour faire place à la violence et la cruauté. Un livre très dur et bouleversant qui fait réfléchir et que l’on referme avec gout amère sur la nature humaine. Attention, un roman à ne pas mettre dans les mains de n’importe qui, âmes sensibles s’abstenir.

La note : 4 étoiles

Lecture terminée le 15 mai 2013

La littérature dans ce roman :

  • « Tandis qu’il marchait vers le policier, il ne cessait de se répéter que ce n’était rien, que le flic avait découvert un livre, un chapeau, quelque chose qui n’avait rien à voir avec sa fille… » Page 5
  • « — C’est quoi, cet accoutrement ? On est dans un James Bond?
    — Je vous ai dit que ça pouvait dépasser le cadre de la légalité » Page 29
  • « Sylvie filmait Jasmine qui, pour l’occasion, lisait un poème qu’elle avait écrit pour son père. » Page 36
  • « Elle tenait une feuille de papier entre ses délicates mains et se balançait d’un pied à l’autre, terminant son poème de sa voix claire, allumée, assurée :
    De tous les papas, tu es vraiment le roi !
    Bonne fête, et je t’aime, mon papa à moi ! » Page 37
  • « Il alla directement dans son bureau, petite pièce pleine de livres au centre de laquelle trônaient un ordinateur et une imprimante. » Page 44
  • « Il sortit et alla dans la pièce qui servait de bureau à Hamel. Un bureau, un classeur, encore quelques photos de famille. Beaucoup de livres, la plupart de médecine mais aussi quelques romans, parfaitement inconnus de Mercure. Et quelques bandes dessinées aussi, entre autres Astérix, Achille Talon ainsi que quelques Mafalda, que Mercure ne connaissait pas. Il prit un de ces derniers, lut quelques gags et sourit. De la bédé sociale et politique, visiblement…
  • Sur le bureau, un ordinateur récent si on se fiait au design. Une pile de livres sur l’informatique, une étagère avec des dizaines de disquettes et de CD-ROM, d’autres appareils que Mercure ne connaissait pas. » Page 108
  • « Après avoir marché dehors un bon moment, il tenta de lire un roman trouvé dans la chambre de Josh, mais sans grand succès. Il était toujours incapable de se concentrer. » Page 176
  • « Les mêmes vestiges de repas que la dernière fois, le même lit défait, le même livre ouvert au salon… Comme deux jours auparavant. » Page 235
  • « En soupirant, il ralluma la lampe et, résigné, prit un livre sur la petite table de chevet : ce n’était pas encore ce soir qu’il s’endormirait rapidement… » Page 254
  • « Sylvie gardait toujours trois ou quatre rubans à cheveux dans ses poches, car Jasmine perdait souvent les siens. Elle avait expliqué à sa fille qu’elles attacheraient des rubans à des branches d’arbre sur leur chemin. Ainsi, elles ne se perdraient pas.
    — Comme le Petit Poucet ? s’était émerveillée Jasmine.
    — Comme le Petit Poucet ! » Page 262

 

3 étoiles, S

Sorry

Sorry de Zoran Drvenkar.

Les éditions Le livre de poche no 32578 ~ Publié en 2012 ~ 497 pages 

Premier roman de Zoran Drvenkar paru initialement en 2010.

Sorry

À Berlin, quatre amis démunis décident de créer une agence du nom de Sorry pour pouvoir survivre. La fonction de l’agence est de fournir aux entreprises un service d’excuse. Les dirigeants qui éprouvent trop de honte ou de gêne pour présenter eux-mêmes leurs excuses peuvent mandater un membre de l’agence qui fera les démarches à leur place. Le concept inédit rencontre un franc succès et l’entreprise se révèle rapidement profitable. En quelques semaines, ils deviennent les spécialistes de l’excuse. Jusqu’au jour où un certain Lars Meybach leur présente une mise en scène plutôt macabre et leur demande de s’excuser auprès d’un cadavre. Voilà les quatre associés entraînés dans un jeu de massacre impitoyable. Le tueur les tient et les fait chanter. Ils vont alors se retrouver plongés en plein cauchemar, sans autre possibilité que de découvrir par eux-mêmes l’identité de l’assassin.

Ce thriller se démarque par son originalité, l’idée de l’agence d’excuse est en soi très inusité. La forme du récit est aussi très originale. Dans sa narration, l’auteur utilise la technique des points de vue multiples. À chaque chapitre, le personnage principal change ainsi que l’époque à laquelle se déroule l’histoire. En plus, la forme du texte alterne aussi à chaque chapitre entre une écriture au Je, au Tu ou au Il. Dû au style d’écriture, il faut un temps d’adaptation pour comprendre où on va et identifier les différents personnages. Cette démarche stylistique complique inutilement le texte et a pour effet de brouiller le lecteur et la trame de l’intrigue. Après cette mise en place complexe, l’histoire se révèle intéressante. Le rythme des événements augmente au fur et à mesure que l’histoire avance et la tension monte aussi rapidement. Les quatre personnages sont extrêmement crédibles et on ne peut s’empêcher de sympathiser avec eux. Une lecture difficile car l’auteur a voulu épater la galerie en utilisant trop de styles d’écriture différents.

La note : 3 étoiles

Lecture terminée le 26 août 2012

Lecture en tant que juré pour les Éditions Le livre de poche – Polar 2012 :

La littérature dans ce roman :

  • « Vous vous asseyez au salon. De ta place, tu vois le balcon. Une table, pas de chaises. À côté de la table, une sculpture. Un jeune garçon à la tête inclinée et aux mains jointes en prière. Tu as déjà vu des sculptures de ce genre en magasin de bricolage. Certaines tiennent un livre, d’autres ont des ailes dans le dos. » Page 14
  • « Si tu pouvais examiner la chambre de Tamara, tu remarquerais que son occupante est de passage. Deux valises ouvertes d’où s’échappent des vêtements, deux rangées de livres sur les murs, pas de tableaux, pas d’affiches, pas même les babioles d’usage sur le rebord de la fenêtre. » Pages 38 et 39
  • « Elle grimpe sur son lit en mezzanine, attrape les écouteurs et le roman historique qui gît ouvert à côté de l’oreiller. Sept pages plus tard, le plafonnier se met à s’allumer et s’éteindre. Tamara ôte ses écouteurs et regarde en bas. » Page 39
  • « En se moment, Wolf est à moins de dix mètres de Fauke et de Tamara. Il a une pile de livres dans les bras et – jamais il ne l’admettrait – il serait ravi d’avoir un peu de compagnie. » Page 53
  • « En revanche, brader des livres devant l’université, voilà qui lui plaît. » Page 54
  • « Les livres, il se les procure essentiellement chez Hugendubel ou Wohltat. Aujourd’hui, c’est au supermarché Woolworth qu’il s’approvisionne. » Page 54
  • « Wolf est une de ces figures d’écrivains qui ne se risquent à écrire qu’avec prudence. Il prétend qu’il amasse de l’expérience, mais, en réalité, cela lui permet de cacher qu’il ne sait pas très bien quoi raconter. Son premier grand roman attend encore. Nouvelles et poèmes sont les ponts qu’il emprunte pour se rapprocher de ce rêve.
    Depuis son lever, Wolf a en tête un dialogue formidable. Quand il aura acheté cette pile de livres, il ira s’installer dans un café pour mettre les mots en forme. » Pages 54 et 55
  • « On se croirait en famille, pense Wolf, et il pose son sac de livres par terre. » Page 63
  • « L’amour est parfois cruel. Il ne vous lâche pas, il réclame son dû nuit et jour. Sur ce sujet, Gerd Lewin pourrait écrire un livre entier. » Page 75
  • « « S’ils ne savent pas ce que ça signifie, expliqua-t-il à Tamara, alors dis-leur que le pardon ne connaît pas de limites, ça sonne bien. »
    Beaucoup prennent cette phrase pour une citation de la Bible. » Page 89
  • « Il y a des livres sur le sujet, l’emprise du bourreau sur la victime. » Page 203
  • « Il t’a fallu des années avant de te demander sérieusement comment cela avait pu arriver. Livres. Statistiques. Tu as tout appris. » Page 206
  • « Il sait qu’en la circonstance seule l’attente paiera. L’action juste naît de la patience, la patience est attente. Celui qui n’attend pas manque de patience et passe à côté de l’action juste. Il ne se rappelle plus d’où lui vient cette citation. Il a dû la lire dans un calendrier, il y a longtemps que les livres ne l’intéressent plus. » Page 223
  • « Il était devenu un personnage de conte de fées, qui s’était plongé lui-même dans un sommeil de plusieurs années. Jusqu’au jour où elle l’avait réveillé en lui téléphonant. » Page 224
  • « Je ne le connais que depuis deux ans, mais je lis en lui comme dans un livre ouvert. » Page 240
  • « Tamara voit le ciel bleu radieux se refléter sur la laque noire du cercueil. Elle croit que, en se penchant suffisamment pour regarder ce dernier, il en irait comme dans un conte de fées. » Page 281
  • « Elle établit sa base sur le canapé et enchaîna les romans comme si le monde extérieur s’était réduit à de l’encre d’imprimerie et du papier blanc. » Pages 286 et 287
  • « Ce jour-là, Marco M. était assis sur un tabouret de bar devant le magasin de bandes dessinées. » Page 291
  • « Quand ils étaient enfants, il n’avait pas pu le protéger de Karl et de Fanni, alors ce n’était que justice d’essayer à présent de la protéger contre lui-même. Ils convinrent qu’il s’agissait d’une maladie. Sundance se mit à lire des livres sur le sujet, il voulait comprendre le psychisme de son ami. » Page 321
  • « Une des armoires contient des cartons remplis de ses vieilles affaires. Livres, bandes dessinées, cassette. » Page 345
  • « Tamara ne sait pas ce qu’elle espérait. Elle se rend à la cave et en remonte des cartons. Elle débarrasse les étagères et commence à stocker les livres de Frauke dans les cartons. » Page 351
  • « Quand il arrive au rez-de-chaussée, il n’est pas surpris en constatant que Tamara est debout depuis longtemps. Elle est couchée sur le canapé. Livre à la main, théière et tasse sur une petite table. » Page 397
  • « La chaise est disposée de telle manière que Kris a vue sur la porte d’entrée. C’est comme dans un polar. Le type rentre chez lui et son assassin est là, dans un fauteuil. » Page 425
4,5 étoiles, S

Sauver sa peau

Sauver sa peau de Lisa Gardner.

Éditions Le Livre de Poche (Thriller) no 32328 ~ Publié en 2011 ~ 502 pages

Roman de Lisa Gardner paru initialement en 2007 sous le titre « Hide ».

Tanya retourne à Boston après une enfance d’errance avec ses parents. Depuis qu’elle a 7 ans, ils n’ont cessé de fuir. À tous les 18 mois, ils changeaient d’identité et déménageaient dans une nouvelle ville. Pourquoi la fuite, on ne lui a jamais expliqué. Son père lui a seulement appris à se méfier de tout. Depuis que ses parents sont décédés, elle s’interroge sur les mystères entourant sa famille et sur les causes des changements d’identité. De son côté, la police de Boston fait une découverte macabre sur le terrain de l’ancien asile psychiatrique. Les corps momifiés de six fillettes sont retrouvés dans une chambre souterraine. L’une d’elles porte un médaillon au nom d’Annabelle Granger. Décidant de sortir de l’ombre Tanya révèle sa vraie identité à la police de Boston car elle est Annabelle Granger. S’en suit une enquête menée par la commandant D.D. Warren et l’agent Bobby Dodge. Le résultat de l’enquête fournira-t-il à Annabelle les réponses à ses questions ?

Très bien orchestré, ce roman policier est mené de main de maître. L’intrigue est subtilement mise en place dès les premières pages et les faits se développent de façon magistrale. Les pistes sont nombreuses mais cohérentes et on se laisse aisément prendre au jeu. L’écriture est rythmée et dynamique, donnant une légèreté à l’histoire qui en fait ne l’est pas. De plus, il y a assez de rebondissements pour nous tenir en haleine tout au long du livre. Les personnages sont crédibles à l’exception peut-être de la trop caricaturale D.D. Warren. C’est le genre de femme qui se donne tout les droits parce qu’elle est une femme dans un milieu d’homme et qu’elle doit (se) prouver qu’elle est meilleure qu’eux. Les traits psychologiques des personnages principaux sont bien décrits par contre pour une meilleure compréhension ceux des personnages secondaires auraient pu être plus élaborés. Ceci-dit, c’est un très bon roman policier.

La note : 4,5 étoiles

Lecture terminée le 25 février 2012

Lecture en tant que juré pour les Éditions Le livre de poche – Polar 2012 :

La littérature dans ce roman :

  • « Mes doigts qui effleuraient le bureau couvert d’autocollants, rebondissaient sur les photos encadrées de mes grands-parents, survolaient ma brosse argentée ciselée et mon immense miroir à main. Je fis l’impasse sur mes livres. » Page 8
  • « – Je ne sais pas, répondis-je en me frottant les tempes. Un cadeau. Devant notre porte. Emballé dans une BD de Snoopy. » Page 61
  • « Sortie du magasin, je rangeai le mug dans mon dac à dos à côté de mes livres de classe et regagnai la cour de l’école. » Page 79
  • « – Oh, merdre, dit D.D. Le médaillon. Emballé dans un BD de Snoopy, c’est bien ce qu’à dit Annabelle ? » Page 112
  • « J’avais trouvé sur Internet des informations sur le site de l’hôpital psychiatrique. Je savais qu’il avait été fondé sous le nom d’Asile pour aliénés de Boston en 1839, avant de devenir l’Hôpital public de Boston en 1908. À l’origine, l’établissement accueillait quelques centaines de patients et fonctionnait davantage comme une ferme en autarcie que comme un modèle pour Vol au-dessus d’un nid de coucou. » Page 149
  • « Pourquoi lire Bonsoir lune à son enfant quand on peut lui lire Monstres du vingt et unième siècle ? » Page 158
  • « Je venais le dimanche, je lui lisais des livres pour enfants, on chantait des comptines idiotes. » Page 178
  • « Elle est obsédée par l’idée que j’ai piégé Bobby pour qu’il tue mon mari. Je crois qu’elle lit trop de romans policiers. » Page 238
  • « Il se prenait pour Roméo et nous avions banni sa Juliette. » Page 308
  • « Quelque chose de petit, rectangulaire et soigneusement emballé dans du papier de couleur vive, la BD du dimanche… » Page 381
  • « Un paquet plat rectangulaire. Snoopy, perché sur sa niche rouge, souriait sur le dessus. » Page 382
  • « Ils se rapprochaient de l’épicentre de la catastrophe, une petite boîte rectangulaire de dix centimètres sur quinze, soigneusement emballée dans les bandes dessinées, qui attendait devant ma porte. » Page 384
  • « Au moins vue de l’extérieur, la boite me rappelle les cadeaux reçus quand j’étais petite. Il les emballait toujours dans des bandes dessinées. » Page 385
  • « Un instant plus tard, le faux doudou devint une pièce à conviction. Ensuite ce fut le tour de la boîte et du papier de soie. Puis des bandes dessinées du dimanche. » Page 388
  • « Je n’arrivais pas à faire remonter quoi que ce soit. Pas même le souvenir d’un cadeau emballé dans une bande dessinée. » Page 409
  • « Bobby allait demander à un collègue de se renseigner sur l’endroit où se trouvait M. Petracelli la nuit précédente, même si, pour être tout à fait honnête, déposer des cadeaux emballés dans des bandes dessinées était sans doute un poil trop subtil pour quelqu’un qui avait de toute évidence perdu la boule. » Page 412
  • « Première impression de Bobby sur Paul Schuepp : environ cinq centimètres de plus que Yoda et deux ans de moins que Mathusalem. » Page 413
  • « J’ai un agent. Elle pense pouvoir m’obtenir des millions de dollars de la part d’un grand studio d’Hollywood. Et, bien sûr, il va y avoir un livre. Je ne me vois pas raconter mon histoire à la télévision. » Page 492
4,5 étoiles, S

Sous les traits du mensonge

Sous le trait du mensonge d’Iris Johansen

Editions Belfond ~ Publié en 2000 ~ 299 pages

Roman d’Iris Johansen paru initialement en 1998 sous le titre « The Face of Deception ».

Il y a quelques années, Eve a subi une effroyable épreuve. Un tueur en série a enlevé et tué sa fille Bonnie. La Justice a exécuté le tueur sans qu’il révèle où il avait enterré le corps de la fillette. Pour survivre, Eve se consacre entièrement à son travail. À partir d’un crâne d’enfant, non identifié, elle reconstitue le visage afin d’aider à l’identification. Elle préfère se consacrer aux enfants plutôt qu’aux adultes, une façon pour elle de nourrir son espoir qu’un jour la dépouille de Bonnie sera retrouvée. Un jour, elle reçoit la visite de John Logan, patron d’un puissant groupe informatique. Il a besoin de ses talents de sculpteur légiste. Il lui demande de reconstituer le visage d’un crâne qu’il a acheté d’un croque-mort mafieux. Mais qui est cet individu dont la tentative d’identification a des répercutions jusqu’à la Maison-Blanche ? À cause de ce mystérieux crâne, elle sera entraînée dans une course contre la montre pour sauver sa vie.

Ce polar se lit très facilement et est une lecture simple et divertissante. Les personnages sont bien présentés avec assez de finesse et de détails pour qu’ils soient crédibles. Bien que l’héroïne soit une femme blessée, elle ne se laisse pas abattre. De plus, elle est très combative ce qui la rend très attachante. L’intrigue est bien menée et il n’y a pas d’erreur de vraisemblance frappante. Le suspens nous tient en haleine jusqu’à la fin avec quelques bons rebondissements. De plus, les références historiques sont originales et bien utilisées. Un seul bémol, ce roman a été écrit en 1998 et les techniques et la technologie utilisées sont franchement désuètes. Un thriller prenant avec de l’action à chaque page. Un livre que je recommande.

La note : 4,5 étoiles

Lecture terminée le 16 novembre 2011

Ving-et-unième lecture de mon défi 26 livres – 26 auteurs édition 2011

La littérature dans ce roman :

  • « Du sang ! Il y avait du sang partout ! Sur les murs. Sur les étagères. Sur son bureau. La bibliothèque avait été renversée, les livres déchirés, le canapé retourné, les encadrements des photos brisés. » Page 40
  • « Il ne restait pas grand-chose à sauver, en vérité. Les livres avaient été déchirés, le sablier que lui avait offert sa mère était brisé, la colonne du piédestal cassée en deux et …
    Li piédestal. Mandy. » Page 47
  • « Eve regardait d’un œil désabusé ce déploiement de facilités qu’offrait l’argent, et elle s’attendait que le chauffeur surgisse avec l’empressement obséquieux d’un personnage de Wodehouse. » Page 58
  • « – Barrett House ? On se croirait dans un roman de Dickens. » Page 58
  • « Quelques minutes plus tard, elle entrait dans la bibliothèque. Refermant la porte sans bruit, elle fit de la lumière et s’approcha du bureau de Logan. Il n’y avait que des papiers et des carnets d’adresse dans le tiroir de droite. Celui de gauche contenait des livres. Elle les sortit et les posa devant elle.
    Se trouvaient là le rapport de la commission Warren, l’ouvrage de Crenshaw sur l’autopsie de Kennedy et un bouquin aux pages écornées intitulé La Conspiration Kennedy : questions et réponses. » Page 82
  • « – Je ne manquerais ça pour rien au monde. Ça fait une éternité que je n’ai pas joué les fossoyeurs, et ce n’est pas n’importe quel crâne. Il eut un clin d’œil. « Hélas ! pauvre Yorick, je le connaissais, Horatio. »
    Elle sourit. « Voilà une citation appropriée, parce qu’il y a plus de chances que ce crâne appartienne au Yorick de Shakespeare qu’à Kennedy. » » Page 95
  • « Tout cela lui paraissait tellement idiot. Il n’y avait probablement rien d’enterré, et ils se comportaient comme des personnages sortis d’un roman de Stephen King. » Page 97
  • « – Et je devrais vous croire? Vous n’avez fait que ça : mentir. Vous n’avez pas envisagé une seule fois que ce puisse être Kennedy. Don Dieu ! nous avez même simulé votre prétendu intérêt pour lui, glissé ces bouquins dans votre bureau pour m’appâter. » Page 126
  • « – Vous avez vu les cassettes. Il pétille et adore son rôle, répondit Logan. Imaginez que vous ayez passé votre vie à faire tapisserie et que, soudain, on vous offre l’opportunité d’être l’homme le plus puissant du monde. Tous s’inclinent devant vous, tous vous écoutent. C’est Cendrillon en pantalon, et Lisa Chadbourne lui a remis la pantoufle de vair.
    – Une Cendrillon fantoche, commenta Eve. » Page 139
  • « Essaie d’en profiter. Tu as de la lecture ?
    – Margaret a apporté quelques romans policiers, mais tu sais que je lis peu. Enfin, il y a un grand téléviseur. » Page 183
  • « – Oh ! Gary n’est pas un intellectuel ! Je crois plutôt qu’il se prend pour Eliot Ness ou Lancelot. » Page 192
  • « Elle le regarda se diriger vers la maison. Il allait d’un pas alerte, vigoureux et plein de jeunesse. Elle pensa à Ivanhoé s’apprêtant à affronter le Chevalier Noir. » Page 211
  • « Seigneur ! Un nouvel Ivanhoé ! Elle n’aurait jamais pensé cela de Logan avant d’apprendre le drame qu’il avait vécu auprès de sa femme. » Page 213
  • « Vous avez lu Les Misérables ? s’informa-t-il.
    – Oui, et j’imagine très bien Joe volant du pain pour le donner à un enfant affamé. » Page 240
  • « – Ah ! voilà qui est mieux ! Kessler glissa l’enveloppe dans la poche intérieure de sa veste. « Je m’en contenterai, jusqu’à ce que je touche une avance sur mon futur best-seller. » Page 246
  • « – Le problème, c’est que je ne me souviens pas d’avoir jamais fait ce genre de rêve. J’ai toujours pensé que ce n’étaient que des contes de fées sans saveur pour enfants des beaux quartiers. » Page 296