3 étoiles, O, T

Temperance Brennan, tome 6 : Os troubles

Temperance Brennan, tome 6 : Os troubles de Kathy Reichs.

Éditions Pocket (Thriller), publié en 2006, 438 pages

Sixième tome de la série de romans policiers « Temperance Brennan » écrit par Kathy Reichs et paru initialement en 2003 sous le titre « Bare Bones ».

L’anthropologue judiciaire Temperance Brennan pense devoir repousser ses vacances car des ossements carbonisés d’un nourrisson ont été trouvé dans un poêle à bois. L’enquête autour de la famille du bébé mène à des découvertes plus troublantes les unes que les autres. Même Boyd, le fidèle chien de Tempe, s’en mêle en déterrant, lors d’un pique-nique, deux sacs contenant des ossements d’ours mêlés à ceux d’oiseaux et d’humain. Pour compliquer les choses pour Brennan, un Cessna-210 percute une paroi rocheuse et s’embrase. Le pilote et son passager sont retrouvés carbonisés. Elle doit terminer son travail alors que la canicule fait rage. Tous ces dossiers vont porter le coup final au projet de Tempe de partir en vacances avec Ryan.

Un roman policier dans la moyenne, sans plus. L’intrigue débute rapidement avec une disparition et la mort d’un bébé. Malheureusement, il y a trop de détails, de pistes et de dossiers qui font leur apparition, ce qui donnent l’impression que ça part dans tous les sens. De plus, le dénouement des enquêtes manque un peu de réalisme car toutes les pistes se rejoignent en un seul dossier, ce qui est peu probable. Par contre, c’est avec bonheur que l’on retrouve les personnages de cette série : Tempe, sa fille Katy, son collègue Ryan et son chien Boyd. Ils sont fidèles à eux même et finalement Ryan prend plus de place dans la vie de Brennan. Le point fort de ce tome, c’est qu’en plus de l’enquête proprement dit, ce polar est un plaidoyer pour la protection des animaux et l’écologie. Une lecture agréable tout de même.

La note : 3 étoiles

Lecture terminée le 18 mars 2015

La littérature dans ce roman :

  • « Conclusion : le sac-poubelle renfermait des restes partiels de trois Ursus americanus. Des ours noirs. Identification de l’espèce grâce à l’ouvrage de Gilbert, Mammalian Osteology, et du Mammal Remains from Archaelogical Sites d’Olsen. »  Page 68
  • « L’avion puait le fuel et la chair carbonisée. Dans cet habitacle imprégné de suie, je me croyais plongée au cœur du Dust Bowl si bien décrit par Steinbeck. »  Page 81
  • « Au centre de la scène, dans l’éclat rougeoyant des lampes de chantier, l’avion mort et l’équipe chargée de la récupération, tels les récitants d’une tragédie antique. Spectacle macabre. Shakespeare dans un champ de maïs. Cauchemar d’une nuit d’été. »  Page 82
  • « — J’en ai pour un instant.
    — Prends tout ton temps.
    Il avait laissé de côté les «Oui, m’dame » traînants, version Autant en emporte le vent. C’était déjà ça.
    Faux espoir. Un «mam’zelle Kitty » m’a quand même rattrapée pendant que je montais l’escalier. »  Page 86
  • « Et maintenant le Don Juan détective avait ses fesses posées sur le canapé de mon salon. »  Page 88
  • « — L’heureux propriétaire de deux clubs de strip-tease à Kannapolis. C’est une petite ville industrielle pas loin d’ici, n’est-ce pas ?
    Hochements de tête autour de la table.
    — » Les Valets de Carreau » et « Les Reines de Cœur »… Ricky Don s’attache à satisfaire les demandes sexuelles en tout genre.
    — Un poète, a décrété Larabee. »  Page 105
  • « — Tu te souviens des os d’animaux dont je t’ai parlé ?
    — Oui.
    — C’est notre Rintintin ici présent qui les a découverts. Ils étaient enterrés dans un bois. J’étais presque sûre qu’il s’agissait d’os d’animaux. Je les avais rapportés au bureau au cas où. Dimanche, déjà, j’ai passé une grande partie de la journée à les examiner. »  Page 112
  • « Boyd n’en avait que faire. La truffe au ras du sol, il frétillait comme hier soir pendant la promenade et m’entraînait d’un chêne enrobé de kudzu à un magnolia à demi étouffé, ou du puits à l’appentis abritant la pompe hydraulique.
    En dehors du creux près de la haie, resté après l’excavation des ours, rien n’a suscité son excitation sauf, bien entendu, quelques écureuils et tamias.
    Boyd de Baskerville. »  Page 129
  • « — On y va ? a lancé Ryan.
    — On y va !
    Voix de contralto digne de Walter Mitty. »  Page 144
  • « Lundi, tôt le matin, trois enfants qui faisaient courir leurs chiens dans un champ, à l’est de l’endroit où l’avion devait s’écraser peu après, avaient cru voir un fantôme battre des ailes au-dessus de la vieille grange à tabac de leur grand-père.
    Une image est passée devant mes yeux : un pilote calciné dont le parachute se soulevait et s’abaissait sous le vent.
    — Sa Majesté des mouches, a dit Ryan, exprimant tout haut ma pensée.
    — Analogie parfaite, a déclaré Sheila Jansen. Se disant que le phénomène avait dû se produire au-dessus de Nehi et Moon Pies, ces petits génies ont décidé d’aller fureter dans le coin. Ils ont découvert un paquet contenant de la poudre blanche au bout d’un parachute. Résultat du vote : ils ont décidé de le cacher, le temps de trouver une meilleure idée. »  Page 158
  • « — À mon avis, nous avons là un cas de lèpre tout ce qu’il y a de plus classique, tel que c’est exposé dans les manuels de radiologie, a constaté Larabee. »  Page 180
  • « Je me suis retournée pour prendre dans ma bibliothèque les programmes des conférences. En dix minutes de temps, j’avais l’info que je cherchais. Douze ans auparavant, un étudiant au doctorat avait fait une communication sur la fréquence des maladies parmi les populations melungeons.
    Tandis que je lisais son rapport, l’embryon de pensée a émergé du magma au fond de mon cerveau et s’en est extrait lourdement jusqu’à devenir une idée à part entière. »  Page 184
  • « J’ai déposé un manuel de pathologie sous ses yeux. Larabee a lu le passage et s’est penché en arrière, le menton dans la main. L’air pas convaincu. »  Page 184
  • « — Une étude génétique récente, menée parallèlement sur des groupes de melungeons du Tennessee et de Virginie et sur des populations établies en Espagne, au Portugal, en Afrique du Nord, à Malte, à Chypre, en Iran, en Irak et dans d’autres pays du Levant, n’a fait apparaître aucune différence significative.
    — Comment vous faites pour vous rappeler des trucs pareils ? s’est écrié Larabee en secouant la tête.
    — Je ne sais pas. J’ai regardé dans un bouquin. Il y a pas mal de sites melungeons sur le Web. »  Page 186
  • « — Beaucoup de caries. En tout cas, sur les dents récupérées.
    — Il en manque beaucoup ?
    — Pas mal.
    — Pauvre petite Boucles d’or !
    — Comment est-ce que je pouvais savoir que tu allais me dire ça ? »  Page 196
  • « D’autres oiseaux, sculptés ou en bas-relief, étaient posés sur le bureau et les commodes à dossiers, et glissaient un œil entre deux livres. »  Page 205
  • « Rachel est allée attraper un grand livre brun sur une des étagères au-dessus de la commode à tiroirs. Après avoir consulté l’index, elle l’a ouvert à la page recherchée et l’a posé à plat sur la paillasse.
    — Et voilà, a-t-elle dit en tapotant une photo de son index potelé. Un ara de Spix.
    L’oiseau représenté avait le corps bleu cobalt et la tête plus claire. Ses pattes étaient sombres, son œil gris, son bec noir et moins crochu que je le croyais.
    — Il fait quelle taille ?
    — Cinquante-cinq, soixante centimètres. Ce n’est ni le plus grand ni le plus petit des aras.
    — Et où aime-t-il traîner ses bottes ? a demandé Ryan.
    — Dans le centre du Brésil, dans la partie aride, à l’est, et aussi au nord de Bahia, le plus souvent.
    — Et c’est une espèce disparue ? Une ex-espèce ?
    Si j’ai pigé la référence de Ryan à Monty Python, pour Rachel, c’est resté lettre morte. »  Pages 212 et 213
  • « — Non. Et la situation a empiré. À la fin de la décennie, pas un seul oiseau n’a été aperçu. En 1990, Tony Juniper, un des meilleurs experts au monde pour les perroquets, s’est rendu au Brésil afin de déterminer si le Spix avait véritablement disparu à l’état sauvage. Après six semaines passées à sillonner la région de Bahia en 4 x 4 en interrogeant tous les gens qu’il croisait sur son chemin, fermiers, prêtres, écoliers et même braconniers, Juniper a fini par localiser un mâle solitaire. Il avait établi son nid dans un cactus en bordure d’une rivière, non loin de Curaçao.
    — Où est-ce ? a demandé Ryan en feuilletant les images de Spix.
    — À deux mille kilomètres au nord de Rio.
    Avec un sourire pincé, Rachel a tiré le livre à elle et l’a refermé. »  Page 213
  • « La tentative n’aboutit pas à redorer le blason de Clo-vay, comme mon amie Anne prononce ce nom, soucieuse elle aussi de lui donner un peu de piquant. Si quelques manufactures fonctionnent encore  – pièces détachées pour les freins et pour les appareils chirurgicaux  –, la bourgade ne brille pas par l’intensité de son activité. Une lecture attentive de la « littérature » publiée par la chambre de commerce locale incite plutôt le voyageur à se rendre ailleurs s’il veut prendre du bon temps : sur les bords du lac Wylie, sur les cimes de Blue Ridge, sur les plages de Caroline, et même à Charlotte s’il aime le baseball (les Knights) ou le football américain (les Carolina Panthers). »  Page 381
  • « Je me suis garée sur le bas-côté en gravier, j’ai coupé le moteur et j’ai traversé la pelouse jusqu’à la porte de la caravane. En passant devant le manège, j’ai reconnu des personnages de contes pour enfants : Little Bo Peep, Dormeur et Simplet. Il y avait aussi une maman cane ouvrant la voie à quatre copies d’elle-même en miniature. »  Page 382
  • « — J’ai dû croire ce que je voulais croire, probablement.
    Je me suis levée.
    — Il faut que j’y aille.
    À la porte, elle m’a posé une dernière question.
    — Vous lisez souvent les Écritures ?
    — Non, madame. »  Page 389
  • « Ryan portait un short de surfeur. Sa roseur après le premier jour de plage disparaissait maintenant sous une couche de crème solaire suffisante pour protéger Moby Dick. Désormais, il se rapprochait du tabac blond.
    Nous passions nos journées à lire ou à bavarder ; Boyd s’amusait à happer les vagues ou bien coursait les mouettes. »  Page 416
  • « Boyd s’est effondré sur le flanc à l’ombre de mon transat. Ryan s’est replongé dans son Terry Pratchett, et moi dans un magazine consacré à l’environnement.
    Mais impossible de me concentrer. Mes pensées revenaient sans cesse à Skinny Slidell. J’ai fini par abandonner ma lecture.
    — Comment Slidell a-t-il découvert où j’étais ?
    Ryan a refermé son livre sur son doigt, pour marquer la page. »  Pages 424 et 425
  • « Nous nous sommes remis à notre lecture. Plus j’avançais dans la mienne, plus je me rendais compte de la naïveté de mes opinions sur le mouvement des Verts. À certains moments, j’étais si révoltée par ce que j’apprenais que je ne pouvais plus me contenir.
    — Tu savais que plus de neuf millions de tortues et de serpents avaient été exportés des États-Unis en 1996 ?
    Ryan a laissé tomber son livre sur sa poitrine. »  Page 426
    « — Écoute ça.
    J’ai cité des passages de l’article que je venais de lire.
    — «En 1996, au Brésil, Hector Ugalde a plaidé coupable de conspiration fédérale dans une affaire de contrebande d’aras jacinthes… Il a été condamné à une peine de prison avec sursis, une mise à l’épreuve et une amende de dix mille dollars. » Tu parles que ça va l’arrêter ! »  Page 427
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4 étoiles, S, T

Secrets d’outre-tombe

Temperance Brennan, tome 05 : Secrets d’outre-tombe de Kathy Reichs.

Éditions Pocket Thriller, publié en 2008; 442 pages

Cinquième roman de Kathy Reichs paru initialement en 2002 sous le titre « Grave Secrets ».

secrets d'outre-tombe

Temperance Brennan est au Guatemala pour exhumer les restes de victimes de la guerre civile survenue vingt ans plus tôt. Elle a été mandatée par une organisation humanitaire pour retrouver et identifier les ossements des femmes et des enfants massacrés par l’armée dans le village de Chupan Ya. Malgré les tentatives d’intimidation et la pression des autorités locales, Tempe se jette corps et âme dans cette exhumation. Les recherches sont perturbées lorsque deux membres de l’équipe tombent dans une embuscade. L’enquête établi qu’il y a eu erreur sur la personne et que c’était Temperance qui était la personne visée. De plus, le sergent-détective Galiano de la police civile nationale du Guatemala demande son aide pour identifier des restes trouvés dans une fosse septique d’un hôtel délabré. Pourraient-ils être ceux de l’une des quatre jeunes femmes portées disparues dont la fille de l’ambassadeur du Canada ?

Dans ce roman, il y a beaucoup d’actions et d’intrigues. C’est une double enquête riche en surprises et en rebondissements. Il n’y a pas un instant de répit pour Brennan ni pour le lecteur. Encore une fois, l’auteur réussit à entremêler deux affaires à priori éloignées l’une de l’autre mais qui se rejoignent au final. Malheureusement, ces intrigues ne sont pas toutes bien approfondis et nous laissent sur notre faim. Les descriptions techniques de l’anthropologie judiciaire sont largement mises à contribution et les détails macabres ne sont pas épargnés. Dans ce cinquième tome, il y a un petit développement dans la vie amoureuse de Brennan avec l’entrée en scène du sergent-détective Galiano qui vient brouiller les cartes avec Ryan. Cette histoire nous initie sur l’instabilité politique du Guatemala et sur les massacres qui y ont eu lieu pendant près de 30 ans, un pan de l’histoire qui est peu connu. Malheureusement, le dénouement manque de réalisme, l’auteur a opté pour la facilité.

La note : 4 étoiles

Lecture terminée le 29 octobre 2013

La littérature dans ce roman :

  • « Le commissariat central de la police est situé dans un château exotique au croisement de la Calle 14 et de l’Avenida 6. C’est à un pâté de maisons au sud de l’Iglesia de San Francisco, célèbre pour sa sculpture du Sacré-Cœur et pour sa collection de livres à l’Index qui fut retrouvée dans la charpente où des rebelles parmi le clergé les avaient dissimulés, il y a des dizaines d’années de cela. »  Page 51
  • «La salle, d’un gris tristounet, ne devait pas avoir été repeinte depuis l’époque où les padres cachaient leurs livres. »  Page 52
  • « – Un fœtus ? a-t-il dit, ses yeux plantés dans les miens.
    J’ai fait signe que oui.
    – Son âge ?
    – Il faut que je regarde dans le Fazekas et Kósa.
    Je me référais à la Forensic Fetal Osteology, la bible des médecins légistes en matière de développement squelettique prénatal. Parue en Hongrie en 1978 et épuisée depuis des lustres. Les chanceux qui en possèdent un exemplaire ne le prêtent à personne. »  Page 111
  • « Toutes les mesures prises, je les ai comparées une par une avec celle indiquées dans les tableaux du livre d’ostéologie fœtale. »  Page 119
  • « À en croire le Fazekas et Kósa, la fille dans la fosse septique était enceinte de cinq mois. »  Oage 119
  • « — Et moi, je suis un mec sensible.
    — Vraiment ?
    — J’ai lu Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus.
    — Hmm.
    — Et aussi Sur la route de Madison.
    Il a passé le pouce sur le coin de ma bouche. J’ai détourné la tête.
    — Et j’ai pris des notes. »  Pages 207 et 208
  • « J’espérais un message de Ryan, du genre : « Bienvenue, bon retour, heureux de te savoir rentrée. » À la maison, il n’y avait rien sur mon répondeur.
    Coups de fil d’enquêteurs, d’étudiants, de journalistes. Un procureur avait appelé quatre fois. Ryan, pas une.
    Sympa ! Pourtant il savait forcément que j’étais là. Car il avait ses sources, le grand Sherlock. »  Page 230
  • «  Assise, les jambes allongées et les mains enfoncées dans les poches de son gilet en jean, la fille de l’ambassadeur gardait les yeux fixés au sol.
    — Chantal, n’est-ce pas ?
    — Non, c’te conne de Blanche-Neige !
    — Chantal ! »  Page 240
  • «  — La seconde victime n’a pas été identifiée. Nous l’avons trouvée dans une fosse septique, dans la zone 1.
    — Un quartier plutôt louche, vous trouvez pas ?
    Nous en étions maintenant à qui ferait baisser les yeux à l’autre.
    — Essayons un autre nom.
    — Bouton d’or ?
    — Patricia Eduardo. Ça vous dit quelque chose ? Combat d’yeux. Les siens ne cillaient pas. »  Page 245
  • «  — Tu n’as pas déjà un caballero, ici ?
    Vision de Ryan.
    — Pecos Bill nous la joue profil bas. »  Page 253
  • «  À peine ce nom prononcé, j’ai deviné la suite : Katy allait fredonner la comptine qu’elle avait adorée à quatre ans et chantée une année tout entière. Ça n’a pas loupé.
     — Héctor Protecteur a un habit qui gratte
    Héctor Protecteur se goinfre de dattes…
    Je lui ai coupé le sifflet :
    — Héctor Dissecteur est pendu par la rate.
    — Oh, c’est pas bien, ça.
    — C’est juste une première ébauche.
    — Eh bien, tu peux garder la seconde pour toi. Ce n’est pas parce que tu es frustrée que tu dois maltraiter la poésie.
    — Héctor Protecteur n’est quand même pas Coleridge. »  Pages 272 et 273
  • « L’armoire contenait des livres, une télé et une impressionnante collection de CD. J’ai survolé les noms des artistes. Dropkick Murphy’s, Good riddance, Buck-ONine, AFI, Dead Kennedys, Racid, Saves the Day, Face to Face, The Business, Anti-Flag, The Clash, Less than Jake, The Unseen, The Aquabats, The Vandals, NFG, Stiff Little Fingers. Pas mal de NOFX.
    Inconnus au bataillon –  de moi, en tout cas. Je me suis sentie vieille comme le monde.
    Les livres étaient en français et en anglais : Anna Karénine, de Tolstoï ; Le Retour de Merlin, de Deepak Chopra ; le Guide du Routard de la galaxie, de Douglas Adams ; Père manquant, fils manqué, de Guy Corneau ; Anne of Green Gables ; plusieurs Harry Potter.
    Ça m’a un peu remontée. »  Page 288
  • « La chambre n’était pas plus grande qu’une cellule et avait, à peu de chose près, une ambiance identique : propre, fonctionnelle et sans chichis. L’inventaire du mobilier m’a pris trois secondes : lit en fer, armoire vieillotte, commode vieillotte, table de nuit vieillotte, Bible de Gideon. Pas un objet personnel en vue, rien dans la commode ou dans l’armoire. »  Page 322
  • « Il a sorti encore quatre livres du sac. Je les connaissais tous. Guatemala : Getting Away with Murder ; Las Masacres en Rabinal ; State Violence in Guatemala : 1960-1999 ; Guatemala : Never Again. — Finalement, il faisait peut-être vraiment une enquête sur les droits de l’homme. »  Page 324
  • « — Elle devrait se remettre complètement. Avant de quitter le Guatemala, je suis allée la voir à l’hôpital, avec Mateo. Ses souvenirs étaient confus, mais elle croyait se rappeler que les attaquants avaient parlé d’un inspecteur. Mateo et moi, on s’est dit que ça pourrait bien être Specter.
    — Alors là, le poisson ferré n’est même pas une baleine, c’est carrément Moby Dick. »  Page 326
  • « — Tu as trouvé des choses sur Specter ?
    — D’après sa femme, c’est Albert Schweitzer.
    — Tu m’étonnes !
    — D’après les Affaires extérieures, c’est Nelson Mandela. Et… chasse hypergardée.
    — Galiano m’avait prévenue. Et qu’en pense Chantal ?
    — D’après elle, son vieux, c’est le marquis de Sade. (Ryan a secoué la tête.) Elle lui en veut sacrément. »  Pages 341 et 342
  • « — Que veux-tu que je fasse ? ai-je demandé à Ryan.
    — Passe en revue les livres et les papiers pendant que je continue avec les interviews.
    — Je cherche quoi ?
    — Quelque chose.
    J’ai téléphoné à Mateo. Mon retard ne lui posait aucun problème. De plus, il connaissait une Eugenia Sandoval qui travaillait au CEIHS, Centro de Investigaciones de Historia Social. Information que j’ai transmise à Ryan dès que j’ai eu raccroché.
    — Logique, m’a-t-il répondu.
    J’ai rassemblé livres et journaux et me suis installée en face de lui. Certaines publications étaient en espagnol, la plupart en anglais. J’ai commencé par faire une liste.
    The Massacre at El Mazote : A Parable of the Cold War ; Massacres in the Jungle, Ixcán, Guatemala, 19751982 ; Persécution by Proxy : The Civil Patrols in Guatemala, publié par le Robert F. Kennedy Center pour les droits de l’homme ; Harvest of violence : The Maya Indians and the Guatemala Crisis ; un numéro de l’America’s Watch Report, daté du mois d’août 1986 : Civil Patrols in Guatemala. »  Pages 369 et 370
  • « Deux heures plus tard, j’ai enfin péché un indice dans un numéro de La Lucha Maya, parmi une série de portraits et de paysages en couleurs pleine page : maisons à toit de chaume à Santa Clara, jeune garçon en train de pêcher sur le lac Atitlán, baptême à Xeputul, cortège funèbre à Chontalá.
    Au début des années 1980, sur instruction des responsables militaires de la région, des patrouilles civiles avaient exécuté vingt-sept habitants dans ce village. Dix ans plus tard, Clyde Snow avait exhumé leurs restes.
    En face de la page qui représentait ces paysans portant des cercueils jusqu’au cimetière de Chichicastenango, un portrait de groupe d’hommes en armes. Membres des patrouilles civiles à Huehuetenango, disait la légende.
    Ce système de patrouilles civiles avait été mis en place partout dans les campagnes. Participation obligatoire. Résultat, l’agriculture avait perdu des bras et des familles entières avaient sombré dans la misère. Des règles et des valeurs nouvelles, fondées sur la force et les armes, avaient remplacé les modèles d’autorité traditionnelle, ce qui avait semé la zizanie parmi les paysans mayas.
    Ryan a introduit une nouvelle cassette dans l’appareil. Voix de Nordstern, puis la mienne.
    J’ai continué à feuilleter les images. Un vieil homme forcé de quitter sa maison à Chunima, suite aux menaces de mort lancées à son encontre par des patrouilles civiles. Une femme en larmes, portant son bébé dans le dos.
    Page suivante, des patrouilles civiles à Chunima, armes dressées sur fond de montagnes dans la brume. D’après la légende, le chef du groupe avait abattu deux paysans qui refusaient de s’engager comme volontaires. J’ai étudié la photo. Ces jeunes auraient pu former une équipe de football. Une meute de scouts. Une chorale de lycée.
    Soudain, ma voix a retenti dans la pièce. Ma voix racontant à Nordstern le massacre à Chupan Ya.
    — En août 1982, des soldats et des patrouilles civiles sont entrés dans le village…
    À Chupan Ya, les patrouilles civiles avaient apporté leur soutien à l’armée. Soldats et civils avaient violé de concert les femmes et les filles avant de les tuer à l’arme à feu ou à la machette et d’incendier les habitations.
    J’ai tourné une nouvelle page de la revue.
    Xaxaxak, un quartier de Sololá. Des patrouilles civiles défilant comme après une victoire, des armes automatiques leur barrant la poitrine. Il y avait des soldats parmi les spectateurs, certains en tenue de combat, d’autres en uniforme, signe d’un grade supérieur et d’une solde plus élevée.
    Sur la légende, un nom entouré par Nordstern. Mes yeux sont tombés dessus au moment précis où, sur la bande, le journaliste disait :
    — Sous le commandement d’Alejandro Bastos.
    — Cela, je ne le sais pas.
    — Continuez.
    — Vous paraissez en connaître beaucoup plus que moi sur le sujet. (Bruits.) Il se fait tard, monsieur Nordstern. Mon travail m’attend.
    — Chupan Ya ou la fosse septique ?
    — Arrête ! Repasse ce morceau-là !
    Ryan a enclenché le rembobinage. Les derniers mots de l’entretien ont retenti à nouveau. Je lui ai passé mon livre.
    — Regarde ça. Il a étudié la photo et lu la légende.
    — Alejandro Bastos commandait la section locale de l’armée.
    — Et Nordstern l’accuse d’être à l’origine du massacre de Chupan Ya ! me suis-je écriée.
    — À ton avis, pourquoi est-ce qu’il a entouré la tête du type sournois à côté de lui ? a demandé Ryan en retournant le livre vers moi.
    J’ai regardé le visage à l’intérieur du rond.
    — Nom de Dieu ! »  Page 370 à 373
  • « Ryan a tendu le bras pour que je lui repasse le livre. »  Page 374
  • « J’étais restée encore deux ou trois heures avec Ryan à parcourir les livres et les papiers de Nordstern tout en écoutant les enregistrements avant de rentrer à l’hôtel, exténuée. »  Page 378
  • « J’ai fait un rapide inventaire des bouquins. Journaux professionnels habituels. JAMA. Fertility. Bouquins de médecine courants. Un certain nombre sur la biologie cellulaire. Plus encore sur la physiologie de la reproduction et l’embryologie. »  Page 387
  • « Je me suis revue avec Katy enfant, âgée de trois ou quatre ans peut-être, en train de regarder un livre de comptines. »  Page 407
  • « — Je connais mes lettres. C’est juste que parfois j’arrive pas à les mettre ensemble.
    — Oui, c’est dur. Alors prends tout ton temps.
    — Héctor Protecteur a un habit très court.
    Héctor Protecteur se rend à la cour.
    La reine ne l’aime pas.
    Pas plus que le roi.
    Héctor Protecteur est chassé de là-bas.
    Pourquoi ils ne l’aiment pas, Maman ?
    — Je ne sais pas.
    — Parce qu’il est méchant ?
    — Je ne crois pas.
    — Elle s’appelle comment, la reine ?
    — Arabella. Katy éclate de rire.
    — Et le roi ?
    — Charlie Oliver. Elle rit encore plus fort.
    — Tu inventes toujours de drôles de noms, Maman
    — Parce que j’aime bien te voir rire.
    — C’est quoi, le nom de famille d’Héctor Protecteur ?
    — Lucas.
    — Peut-être que ce n’est pas vraiment un protecteur.
    — Peut-être.
    — Alors, un quoi, Maman ?
    — Un amateur ? Elle rit à gorge déployée.
    — Un érecteur.
    Un électeur.
    Un éjecteur.
    Un dissecteur.
    Un inspecteur. »  Pages 407 et 409
  • « — J’ai vu trop de choses dans la vie pour avoir confiance en beaucoup de gens. Je ne crois pas vraiment aux contes de fées. (Je l’ai senti avaler sa salive.) Mais j’en suis venu à croire en toi. »  Page 431
2,5 étoiles, T

Les trois soeurs

Les trois sœurs d’Anton Tchekhov.

La Bibliothèque électronique du Québec; 179 pages

Pièce de théâtre d’Anton Tchekhov parue initialement en 1900 sous le titre Три сестры, Tri sestry.

Les trois soeurs BeQ

La famille Prozorov est composée de trois sœurs, Macha, Olga et Irina et de leur frère Andreï. Ils partagent une maison de campagne dans un village éloigné de Russie. Leur vie est dominée par le deuil du père et l’ennui. Les seuls divertissements permis sont les visites d’officiers venus de la garnison voisine. L’anniversaire d’Irina marque la fin du deuil familiale et une grande fête est organisée pour marquer ces événements. Il y aura pour l’occasion de la musique, on sera gai, on dira des bêtises et parfois des paroles profondes. On discutera du rêve qui habite les trois sœurs : retourner à Moscou, la ville de leur enfance et de tous les espoirs. L’avenir est plein de certitudes heureuses pour les Prozorov. Mais, qu’adviendra-t-il de ces beaux rêves ? La vie répondra-t-elle à leurs attentes ?

Lecture peu intéressante que cette pièce de théâtre. Tchekhov aborde le thème du passage du temps qui détruit les rêves. Pour ce faire, il alterne maladroitement entre des conversations absurdes et de grands débats philosophiques. Dans ce récit, il n’y a pas de héro, très peu d’action et aucune intrigue. Par contre, la torpeur à laquelle était en proie la Russie de la fin du XIXe siècle est très bien dépeinte. Les personnages sont très bien construits, ils sont extrêmement humains. De façon lucide, ils voient leur vie peu à peu s’étioler avec le désespoir de n’avoir rien construit. Pour présenter un récit qui se déroule sur plusieurs années, Tchekhov n’a pas utilisé le bon moteur. Il est très difficile de montrer l’œuvre du temps sur la déchéance de chacun et l’anéantissement des rêves sous forme d’une pièce de théâtre. Cette histoire aurait gagné à être présentée sous forme de roman afin de bien sentir ce passage du temps. Je me suis fort ennuyée durant ma lecture presque autant que les protagonistes de l’histoire.

La note : 2,5 étoiles

Lecture terminée le 2 juin 2013

La littérature dans ce roman :

  • « Macha, qui rêve sur son livre, sifflote doucement une chanson. »  Page 7
  • « TCHÉBOUTYKINE, en riant.
    C’est vrai, je n’ai jamais rien fichu. Depuis que j’ai quitté l’Université, je n’ai pas remué le petit doigt, pas lu un seul livre, rien que des journaux. (Il tire un autre journal de sa poche.) Voilà… Je sais d’après les journaux qu’un certain Dobrolioubov a existé, mais qu’a-t-il écrit ? Aucune idée… Dieu le sait… (On entend frapper au plafond de l’étage inférieur.) Voilà… On m’appelle en bas, quelqu’un m’attend… Je reviens tout de suite… »  Page 14
  • «  KOULYGUINE, s’approchant d’Irina.
    Ma chère sœur, permets-moi de te féliciter, et de te présenter mes vœux sincères et cordiaux de santé et de tout ce que peut désirer une jeune fille de ton âge. Et aussi, de t’offrir ce petit livre. (Il lui tend un livre.) C’est l’histoire de notre lycée depuis cinquante ans. Un livre sans importance, que j’ai écrit par désœuvrement, mais lis-le tout de même. Bonjour tout le monde ! (À Verchinine : ) Koulyguine, professeur au lycée. (À Irina : ) Tu y trouveras la liste de tous ceux qui ont terminé leurs études dans notre lycée, depuis cinquante ans. Feci quod potui, faciant meliora potentes…
    Il embrasse Macha.
    IRINA
     Mais tu m’as donné le même à Pâques !
    KOULYGUINE, en riant.
    Pas possible ? Dans ce cas, rends-le moi, ou non, bien mieux, donne-le au colonel. Tenez, mon colonel. Vous le lirez, quand vous n’aurez rien à faire. »  Pages 38 et 39
  • « ANDRÉ entre, un livre à la main. »  Page 54
  • « NATACHA
    Mais moi j’avais quelque chose… Ah ! oui : Feraponte, du Conseil municipal, il te demande.
    ANDRÉ, bâillant.
    Appelle-le. (Natacha sort. André lit à la lueur de la bougie qu’elle a oubliée. Entre Feraponte ; il est vêtu d’un vieux manteau élimé, au col relevé ; il porte un bandeau sur les oreilles.) Bonjour, ami. Quoi de neuf ?
    FERAPONTE
    Le président vous envoie un livre, et puis des papiers. Voici.
    Il tend à André un livre et des papiers. »  Page 57
  • « ANDRÉ
    Non, rien. (Il regarde le livre.) Demain, vendredi, nous n’avons pas de séance, mais je viendrai tout de même… ça m’occupera. Je m’ennuie à la maison. (Un temps.) Cher vieux, comme la vie change drôlement, comme elle nous trompe ! Aujourd’hui, par ennui, par désœuvrement, j’ai pris ce livre, de vieux cours universitaires, et j’ai eu envie de rire… Mon Dieu, je suis le secrétaire du Conseil du Zemstvo, de ce conseil dont Protopopov est président, et le mieux que je puisse espérer, c’est d’en devenir membre. Moi, membre du Conseil du Zemstvo, moi qui rêve toutes les nuits que je suis professeur de l’Université de Moscou, savant célèbre dont s’enorgueillit la Russie. »  Pages 58 et 59
  • « ANDRÉ
    Des bêtises. (Il lit le livre.) Tu es allé à Moscou, toi ? »  Page 60
  • « MACHA
    Comme dit Gogol : « Il est ennuyeux de vivre en ce monde, messieurs. »
    TOUZENBACH
    Et moi je dirai : « Il est difficile de discuter avec vous, messieurs. » Ça suffit, assez…
    TCHÉBOUTYKINE, lisant le journal.
    Balzac s’est marié à Berditchev. (Irina chantonne doucement.) Ça, il faut le noter. (Il note dans son carnet.) Balzac s’est marié à Berditchev.
    Il reprend sa lecture.
    IRINA, faisant une réussite, rêveuse.
    Balzac s’est marié à Berditchev. »  Page 74
  • « SOLIONY récite.
    « Je suis étrange, qui ne l’est pas ? Ne te fâche pas, Aleco. »
    TOUZENBACH
    Aleco n’a rien à voir là-dedans. »  Page 84
  • « SOLIONY
    Buvons ! (Ils boivent.) Je n’ai jamais rien eu contre vous, baron, mais j’ai le caractère de Lermontov. (Baissant la voix : ) On dit que je lui ressemble même un peu, physiquement… »  Page 85
  • « SOLIONY récite.
    « Ne te fâche pas, Aleco… Oublie, oublie tes rêveries »…
    Pendant la conversation, André entre sans bruit, portant un livre ; il s’assied près d’une bougie. »  Page 85
  • « Au club, avant-hier, on bavardait ; quelqu’un a nommé Shakespeare, Voltaire. Je n’ai rien lu d’eux, rien du tout, mais j’ai fait semblant de les connaître ; et les autres en ont fait autant. Oh misère ! »  Page 111
  • « MACHA
    Ah ! c’est toi qui es bête, Olia. Je l’aime, tel est donc mon destin… Tel est mon sort… Et lui, il m’aime aussi. Ça fait peur, oui ? Ce n’est pas bien ? (Elle prend la main d’Irina et l’attire vers elle.) Oh ! ma chérie… Comment allons-nous vivre, que va-t-on devenir ? Quand on lit un roman, tout paraît si simple, connu d’avance, mais lorsqu’on aime soi-même, on s’aperçoit que personne ne sait rien, que chacun doit décider pour soi… Mes chéries, mes petites sœurs… Je me suis confessée, et maintenant je ne dirai plus rien. Je serai comme le fou de Gogol… Silence… Silence… »  Page 129
  • « Soliony se prend pour Lermontov ; c’est qu’il écrit des vers ! »  Page 150
    « Vous vous rappelez ces vers ? « Et lui, le révolté, il cherche la tempête, comme si dans la tempête, régnait la paix »..
     TCHÉBOUTYKINE
    Oui. « Il n’eut pas le temps de dire oh ! que l’ours lui sautait sur le dos. ». »  Page 155
3,5 étoiles, T

Tu ne te souviendras pas

 Tu ne te souviendras pas de Sebastian Fitzek

Éditions Le Livre de Poche (Thriller) no 32546 ~ Publié en 2012 ~ 401 pages

Troisième roman de Sebastian Fitzek paru initialement en 2008 sous le titre « Das Kind ».

Robert Stern, avocat reconnu, vit seul dans sa grande maison. Il y a 10 ans, son couple a volé en éclats suite à la mort de leur bébé naissant. Contrairement à lui, sa femme a réussit à refaire sa vie. Un soir, Carina son ancienne maîtresse lui donne rendez-vous dans une friche industrielle désaffectée. Infirmière de profession, elle est accompagnée d’un jeune malade âgé de 10 ans, Simon. Celui-ci est convaincu d’avoir commis plusieurs meurtres, le premier remontant à 15 ans. Pour démontrer la justesse de sa conviction, il conduit Robert et Carina au cadavre d’un homme assassiné à coups de hache. Selon les analyses, l’homme serait décédé il y a effectivement 15 ans, donc 5 ans avant la naissance de Simon. De retour à la maison, Robert trouve un DVD dans sa boîte à lettres. Une voix masquée lui annonce que l’enfant qu’il croyait avoir perdu dix ans plus tôt est en réalité bien vivant, images à l’appui. Pour comprendre ce qui s’est passé et savoir où est son fils, Stern va devoir découvrir qui a commis les meurtres dont s’accuse Simon.

Roman intéressant par le sujet traité. Imbriqué dans l’enquête, l’auteur pose les bases d’une réflexion sur les possibilités de la réincarnation. Bien que cette réflexion soit présentée dès le début de l’histoire, celle-ci n’empêche par l’enquête d’être bien menée et solide. Le cheminement psychologie de Robert est très bien amené tout au long de l’histoire. Dès le début, on ressent sa douleur et son désarroi lors du visionnement du DVD, par la possibilité que son fils soit en vie et par les menaces envers les jumelles de son ex-femme. Les personnages sont très attachants, surtout Simon, ce petit garçon malade et sans famille. Pour ce qui est de l’enquête, la fin est surprenante. Par contre, j’aurais aimé avoir plus de développement sur certains évènements. J’ai l’impression que l’histoire de Simon fini en queue de poisson.

La note : 3,5 étoiles

Lecture terminée le 26 avril 2012

Lecture en tant que juré pour les Éditions Le livre de poche – Polar 2012 :

La littérature dans ce roman :

  • « À quatre ans, on l’a enlevé à sa mère, une marginale. On l’avait trouvé dans un appartement à l’abandon, à demi mort de faim dans la baignoire, à côté d’un rat crevé. On l’a alors placé dans un foyer où il n’est pas passé inaperçu, vu qu’il préférait consulter les dictionnaires à se bagarrer avec les gamins de son âge. » Page 19
  • « Pourtant, la vue du garage vide aurait dû le soulager. Pas un meuble. Pas un appareil électrique. Pas un livre. » Page 86
  • « – Veuillez m’excuser. Peut-on aussi entrer par ici dans le cimetière officiel ?
    – Ah, vous ne faites pas partie des proches d’Hannibal ? S’étonna Ahrendt.
    – Hélas non. Nous cherchons la dernière demeure de, euh, eh bien, d’être humains. » Page 137
  • « Vertigo, Fienchen, Mickey, Molly, Vanilla… Les noms inscrits sur les pierres tombales étaient aussi divers que l’aspect des tombes. Sur la plupart il y avait une croix blanche ou une plaque en granit portant une inscription sans enjolivure. » Page 138
  • « L’église était vide et Stern eut du mal à imaginer que des gens puissent trouver du réconfort dans cet environnement dépouillé. Il ôta son manteau trempé et le prit sur le bras. Il le regretta aussitôt. Il faisait froid à l’intérieur et il y avait des courants d’air où se mêlait une odeur de poussière et de vieux livres de cantiques. » Page 142
  • « – Maman ?
    Sophie se retourna brusquement vers la porte où se tenait Frida, pieds nus, une poupée à la main. Le T-shirt Snoopy aux couleurs passées lui descendait au-dessus des genoux.
    – Qu’y a-t-il, ma chérie ? Te devrais être au lit depuis longtemps.
    – Oui, J’y étais. Mais je voulais aussi montrer Cendrillon à Simon.
    – Alors, fais vite. » Page 183
  • « Deux ans plus tôt, le soir précédant son premier examen RMN, Simon avait découvert un dictionnaire en deux volumes dans le réfectoire du son foyer. Il avait extrait le tome I des étagères branlantes et l’avait emporté dans sa chambre. Fasciné par les informations sur l’Afrique, l’Arctique ou l’astronomie, il avait décidé, juste avant de s’endormir, d’apprendre dorénavant un mot nouveau par jour, en procédant par ordre alphabétique. De A à Z. » Page 225
  • « Cette maison n’était pas habitée. Il s’agissait d’une villa témoin, une construction ancienne, luxueusement rénovée et pas encore louée. Aménagée avec goût mais sans touche personnelle. Stern laissa errer son regard et remarqua alors certains détails. Le téléphone sans fil sur le bureau. Les dos des livres en cuir soigneusement alignés sur des rayonnages à demi vides. » Page 233
  • « Son premier article avait donné naissance à une série, la série à un manuscrit qui n’avait d’ailleurs jamais trouvé d’éditeur. Il n’avait plus vu d’utilité à la publication de ces sombres chapitres. Les enfants victimes n’en oublieraient pas pour autant les souffrances endurées. Et aucun criminel ne renoncerait, à cause de ce livre, à ses desseins morbides. » Page 346
  • « – Avec qui es-tu ? Tu travaille pour qui ?
    – Je travaille avec Lui.
    – Qui ? Qui est ton chef ?
    – Celui qui est le tien aussi. Dieu.
    – C’est pas possible, s’étonna Engler. C’est un retraité accro à la Bible qui s’est foutu de notre gueule pendant des années ! » Page 354
  • « Si l’on vous soumettait à une régression, par exemple, monsieur Borchert, il est possible que vous vous rappeliez ce documentaire sur le Moyen Âge et qu’à cause de cela vous vous prendriez pour une sorcière brûlée sur un bûcher. Et vous citeriez même des dates et des lieux exacts, car vous les auriez entendus de la bouche du commentateur.
    – Je n’ai pourtant pas vu d’image.
    – Si, vos propres images imaginaires, souvent bien plus fortes que les impressions réelles. Vous avez peut-être vécu cela à la lecture d’un livre. » Pages 362 et 363
  • « Une douzaine d’employés d’une agence d’événementiel avaient dû travailler toute la nuit pour étaler le sable fin dans le sous-sol de la villa. Puis on avait en toute hâte collé sur les murs et les fenêtres des motifs évoquant les mers du Sud et disposé dans les dunes une armée de faux palmiers et bananiers ainsi que des torches électriques. Même la cheminée remplie de bois flotté évoquait un feu de camp à la Robinson Crusoé. » Page 379
4,5 étoiles, T, V

Voyage fatal

Temperance Brennan, tome 04 : Voyage fatal  de Kathy Reichs

Éditions Pocket (Thriller) ~ Publié en 2004 ~ 495 pages

Roman de Kathy Reichs paru initialement en 2002 sous le titre « Fatal voyage ».

Un avion s’écrase dans les montagnes de Caroline du Nord avec à son bord 88 passagers. L’anthropologue Temperance Brennan est la première sur la scène. Cet accident ne laisse aucun survivant et suscite un questionnement sur son origine : bombe, missile égaré, défaillance technique ou erreur de pilotage. Une équipe est rapidement mise sur pied pour récupérer les restes humains et les identifier. Cette équipe devra aussi aider à découvrir l’origine de l’accident. C’est alors que Tempe découvre un pied qui, après de minutieuses analyses, se révèle n’appartenir à aucun des passagers. Voulant approfondir ses investigations, la tâche de Tempe va sérieusement se compliquer. Ce pied va l’entraîner dans une périlleuse enquête où elle rencontrera intimidation et tentatives de meurtres. Manifestement, quelqu’un veut l’empêcher de continuer ses recherches. Parviendra-t-elle à élucider ce mystère ?

Ce roman est réellement captivant, il se dévore en un rien de temps. On entre facilement dans l’histoire et l’on se prend immédiatement d’affection pour Tempe. Elle est à la fois déterminée et solide pour ce qui concerne son métier. Mais, elle ne reste pas moins un individu fragile. L’anthropologue Kathy Reichs nous dévoile ici quelques facettes de son métier. Sous une rigueur scientifique, elle ne nous épargne aucun détail de procédure. L’ambiance générale du roman est assez inquiétante, les énigmes complexes et le dénouement inattendu. L’intrigue est très soigneusement ficelée et d’un grand réalisme. De plus, l’analyse des indices, les détails de l’enquête et les recherches menées sont passionnants et nous tiennent en haleine jusqu’au dénouement final. Un thriller que je recommande.

La note : 4,5 étoiles

Lecture terminée le 12 décembre 2011

Ving-quatrième lecture de mon défi 26 livres – 26 auteurs édition 2011

La littérature dans ce roman :

  • « – C’est comme ça que tu me remercies, Boucle d’Or ? Ou devrais-je dire Chaperon Rouge, vu les circonstances ? » Page 55
  • « – Précieuse est aux yeux du Seigneur la mort de ses saints, nous dit-il dans le livre des Psaumes. » Page 61
  • « Sur les dessus s’ébattait un trio de statuettes en porcelaine : Annie la petite orpheline avec son chien Sandy, Shirley Temple déguisée en Heidi et un colley qui devait être Lassie, chien fidèle. » Page 62
  • « – La pauvreté guette l’ivrogne et le glouton, ai-je fini par rétorquer en martelant les mots avec la bouteille de ketchup.
    – C’est de qui ?
    – C’est dans le livre des Proverbes.
    – Je déclarerai crime le fait de boire, ne serait-ce qu’une gorgée de bière.
    Le temps, s’était refroidi et Ryan portait un anorak bleu roi, parfaitement coordonné à la couleur de ses yeux. J’ai demandé :
    – C’est Ruby qui t’a dit ça ?
    – Shakespeare. Henry VI.
    – Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
    – Qu’en matière d’autocratie, Ruby n’a rien à envier à ce monarque. » Page 79
  • « Ryan a dû percevoir mon trouble, car il a demandé :
    – Un problème, Boucle d’Or ? » Page 82
  • « – Tu as découvert quelque chose d’intéressant ?
    – Une maison.
    – Habitée ?
    – Par Hansel, Gretel et la méchante sorcière. » Page 105
  • « – Ils se sont emparés de la clef de l’Hadès. Comme il est dit dans le livre de Révélations. » Page 107
  • « Jours de bonheur, jours de contes de fées, à une époque où le rêve américain semblait réel et à portée de la main. » Page 116
  • « Tout à son enthousiasme, Boyd tirait sur la laisse avec la détermination de Croc-Blanc traversant l’Arctique. » Page 145
  • « – Le shérif a recensé trois personnes âgées disparues. De ton côté, du nouveau sur le motel Bates ? » Page 146
  • « – Dites, vous pourriez regarder dans mon livre, j’ai besoin d’un renseignement.
    – La première édition ou la réédition ?
    En 1986, j’avais supervisé la rédaction d’un manuel de médecine légale devenu un classique grâce aux excellents auteurs que j’avais su réunir et à quelques chapitres de ma plume. Huit ans après, j’en avais publié une édition révisée.
    – Celle de 86.
    – Tout de suite.
    Un instant plus tard, elle était de retour.
    – Qu’est-ce qu’il vous faut ?
    Le chapitre traitant de la différenciation des populations sur la base du calcanéum. » Pages 159 et 160
  • « – Je suis allée à la réserve d’Indiens.
    – Tu as rencontré Tonto ?
    – Ça alors, comment ai-je pu deviner que tu me poserais la question ?! » Page 166
  • « Un pied sur le genou, Ryan a entrepris d’enfiler un mocassin sous l’œil stupéfait d’une donzelle au bar, qui en a cessé d’éplucher l’étiquette de sa Coors.
    – Cousu main par Sitting Bull en personne ?
    – Sitting Bull était sioux. Disons plutôt par un illustre inconnu, quelque part en Chine. » Page 166
  • « Elle avait fait ami-ami avec le chien et, justement, l’Évangile du jour glorifiait les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et les animaux que rampaient sur la terre. Le chow-chow, un reptile ? Cela ne valait pas la peine d’entamer un débat. » Page 171
  • « À mesure que nous nous éloignions de la route, les arbres se refermaient sur nous au point de ne plus former qu’un tout unique, où je ne distinguais plus rien. Lucy Crowe déchiffrait comme à livre ouvert les repères que lui avaient indiqués les Wahnetah : le chemin et le petit sentier partant de là. » Page 180
  • « La salle des actes de propriétés jouxtait le bureau des impôts, passé l’angle du couloir. Inévitable comptoir et succession de portes tournantes pour accéder aux archives. Le long des murs s’étiraient des rayonnages et des casiers bourrés de registres annuels, dont certains remontaient à plusieurs centaines d’années. Les plus récents, rouges et carrés, portaient au dos des chiffres dorés tout simples comparés aux arabesques qui ornaient les volumes anciens, reliés en cuir, comme les livres d’autrefois. » Page 209
  • « – Les adeptes de ce mouvement appliquent au pied de la lettre certains passages de la Bible sur la manipulation des serpents.
    – Quels passages ? s’est écrié Ryan d’une voix débordant de mépris.
    – « En mon nom, ils chasseront les démons, ils parleront des langues nouvelles, ils saisiront des serpents. Et s’ils absorbent un poison mortel, ils n’en souffriront pas. » L’Évangile de saint Marc, chapitre XVI, versets 17 et 18, a répondu McMahon.
    Stupeur de Ryan et de moi.
    – « Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions et toute la puissance de l’ennemi, enchaînait McMahon, et rien ne pourra vous nuire. » Luc, chapitre X, verset 19. » Page 235
  • « – Quoi de neuf, Boucle d’Or ?
    – C’était qui ?
    – Le Schtroumpf clouté ? Il a aspiré précautionneusement une petite gorgée. – Eli, le neveu de Ruby. » Page 245
  • « Le pompiste, un jeune d’environ seize ans, avec des cheveux noirs et gras tirés derrière les oreilles et des pellicules éparpillées le long de sa raie, comme des flocons de neige sur des berges boueuses, a posé sa BD pour me dévisager. » Page 264
  • « Cube en brique rouge d’un seul étage, la bibliothèque Black Marianna se trouvait à l’angle des rues Everett et Academy. Le hall était flanqué de deux squelettes en carton, portant chacun un livre à la main. » Page 300
  • « – Notre collection remonte à 1895. C’était le Byrson City Times à l’époque. Un hebdomadaire. Les numéros les plus anciens sont sur microfilm, naturellement. On ne consulte pas les originaux.
    – Ça m’ira très bien.
    Elle s’est mise à empiler des livres ouverts. Tirée à quatre épingles, Mme la bibliothécaire, et les ongles impeccables. » Page 301
  • « – Le district attorney dit qu’il ne veut pas obliger le juge à se perdre en conjectures tant qu’il n’a rien de vraiment solide à lui soumettre.
    – Qu’est-ce qu’ils veulent, à la fin ? Scarlett O’Hara dans la bibliothèque, un bougeoir à la main ? » Page 318
  • « Le juge Henry Arlen Preston tendait un livre à un vieil homme qui partait sans vouloir le prendre. L’autre insistait, se mettait à le suivre. Le vieux se retournait et le juge laissait tomber le livre. Boyd s’en emparait et s’enfuyait sur un chemin qui filait tout droit. Quand j’arrivais enfin à le rattraper et à le lui arracher de la gueule, le livre s’était métamorphosé en pierre tombale où était gravé : Tucker Adams, 1943. L’année où ces deux vieux étaient morts, l’un notable, l’autre obscur citoyen. » Pages 322 et 323
  • « Mes recherche sur Kendall Rollins, le poète mentionné par Mme Veckhoff, a débouché sur deux ou trois références à son œuvre trouvées sur Internet. » Page 351
  • « Nouvelle soirée à grignoter en tête à tête avec moi-même un blanc de poulet cuit par mes soins, en regardant une série à la télé. Après, un peu de lecture. Deux-trois chapitres d’un roman de James Lee Burke. » Page 359
  • « À vrai dire, ma garde-robe aurait fait la fierté de la fée Carabosse, mais j’étais tellement énervée que rester à la maison aurait été bien pire que sortir fagotée comme l’as de pique. » Page 367
  • « J’ai secoué le paquet.
    – Un poseur de bombe n’agirait pas ainsi, j’imagine.
    J’ai déchiré un coin de l’enveloppe et glissé un œil à l’intérieur.
    Un livre.
    J’ai défait le paquet.
    Un journal intime avec une feuille de papier à lettre couleur pêche, scotchée sur la couverture en cuire. » Page 372
  • « À mon arrivée, George aidait McMahon à entasser livres et papiers dans des cartons, tandis que Bobby saupoudrait de la poussière banche le manteau de la cheminée. » Page 395
  • « – Tout ça est passionnant, Tempe, mais moi, j’ai huit macchabées sur les bras et une horde de journalistes qui n’attendent qu’un signe pour me sauter à la gorge. Ces zigotos sont morts depuis des siècles, je ne vois pas en quoi ils nous intéressent, à moins d’avoir un penchant marqué pour l’art et la littérature morbides. » page 430
  • « – Prentice Elmore Dashwood, l’un des nombreux descendants du sieur Frank, a quitté l’Angleterre en 1921 pour se lancer dans la fripe à Albany, État de New York. Confection masculine. Il s’est retiré dans affaires avec des paquets d’argent.
    – C’est tout ?
    – Pendant sa vie ici, il a écrit et publié à compte d’auteur des douzaines d’essais. Dont un sur la vie de son arrière-arrière-arrière quelque chose, Sir Francis Dashwood II.
    – Et les autres ? ai-je demandé, sachant que si je ne le faisais pas, j’en avais pour des heures à tourner autour du pot.
    – Sur tout et n’importe quoi. Les chansons aborigènes australiennes, les traditions orales des Cherokees, le camping, la pêche à la mouche, la mythologie grecque, un précis ethnographique sur les Indiens caraïbes. Un authentique gentilhomme de la Renaissance, ce Prentice. Rien que sur le sentier des Appalaches, il a écrit trois bouquins. Il semble d’ailleurs qu’il se soit révélé un véritable moteur, dans les années 20, quand il s’est agi d’en commencer l’aménagement.
    Le sentier des Appalaches, intéressant… Mecque des randonneurs, ce sentier prend son départ au mont Katahdin dans le Maine et longe la ligne de crête appalachienne jusqu’à la montagne Springer, en Géorgie. Une grande partie traverse les Great Smoky Mountains. En particulier, le comté de Swain.
    – Tu es toujours là ?
    – Oui. Est-ce que ce Dashwood a passé du temps chez nous, en Caroline du Nord ?
    – J’imagine, il a pondu cinq brochures sur les Great Smoky Mountains. – Bruissement de pages qu’on tourne. – Arbres. Fleurs. Faune. Folklore. Géologie.
    Le récit qu’Ann m’avait fait de sa visite des grottes en Angleterre m’est revenu en mémoire. Se pouvait-il que ce Prentice Dashwood dont elle me parlait à présent, ce Prentice apparenté aux Dashwood britanniques, soit l’homme que m’avait mentionné Edward Arthur ? « Le diable en personne », comme il avait dit ? La coïncidence était plus que troublante.
    – Qu’est-ce que tu as appris d’autre sur lui ?
    – Rien, si ce n’est qu’au XVIIIe siècle, le tonton Francis traînait en drôle de compagnie, si tu veux mon avis. Des types qui se donnaient le titre de moines de Medmenham. Je te lis la liste ? Lord Sandwich qui, à un moment, a commandé la marine royale, John Wilkes…
    – L’homme politique ?
    – Lui-même. Le peintre William Hogarth, les poètes Paul Whitehead, Charles Churchill et Robert Lloyd.
    – Impressionnant.
    – N’est-ce pas ? Tous membres du Parlement ou de la Chambre des lords, poètes ou quelque chose encore. Même notre Benjamin Franklin à nous semble avoir fricoté avec eux, bien qu’il n’ait jamais fait partie du groupe, officiellement parlant. » Pages 439 et 440
  • « – Il est gros, ton bouquin ?
    – Dans les trente-quatre pages. » Page 441
  • « Si grande que soit mon impatience d’en savoir davantage sur ce lord Francis du XVIIIe siècle, je me savais trop fatiguée, affamée et énervée pour lire sa biographie avec un minimum d’objectivité. » Page 442
  • « Les étagères étaient remplis de livres; une table et un bureau croulaient sous les paperasses. » Page 483
  • « – Prentice était un lecture insatiable, il avait des connaissances étendues dans les domaines les plus divers. Pas une chose sur terre qui ne l’intéresse. Archéologie, ethnologie, physique, biologie, histoire, Darwin, Lyell, Newton, Mendeleïev, la philosophie, Hobbes, AEnésidème, Baumgarten, Wittgenstein, Lao-Tseu. Il les avait tous lus. » Page 484
  • « – Oui. En vieillissant, ses lectures sur la cosmologie et le cannibalisme dans toutes sortes de cultures l’ont de plus en plus marqué et il a fini par perdre les pédales. » Page 484
  • « _ Ce n’est pas à une archéologue de votre envergure que je vais apprendre combien l’anthropophagie est répandue dans la culture occidentale ! a rétorqué Midkiff. Elle est au cœur de nombreux mythes grecs et romains. L’Ancien Testament tout comme le Rigveda parlent de sacrifice humain. Chez les catholiques, c’est le moment le plus important de la messe. Prenez des livres comme Modeste Proposition de Johnathan Swift ou L’histoire de Sweeney Todd de Tom Prest; des films comme Le soleil vert, Beignets de tomates vertes, Le cuisinier, le voleur, son épouse et son amant, ou même Week-end de Jean-Luc Godard. Jusqu’aux contes pour enfants : Hansel et Gretel, L’homme en pain d’épice, certaines versions de Blanche-Neige ou de Cendrillon. « Grand-mère, que vous avez de grandes dents ! » dit le Petit Chaperon rouge. » Page 486
  • « – Fay ce que voudras, ai-je laissé tomber, me rappelant la citation de Rabelais gravée au-dessus de la porte du tunnel.
    Citation qui ornait également la voûte et les cheminées de l’abbaye de Medmenham, avais-je appris pendant ma convalescence.
    – Fais ce que tu aimes, m’a corrigée Midkiff avec un rire forcé. C’est drôle. Les Feux de l’Enfer y ont eu recours pour autoriser leur conduite licencieuse, alors que Rabelais, lui avait en tête saint Augustin : « Aime Dieu et fais ce que veux. Car, si un homme aime Dieu dans un esprit de sagesse, il ne peut faire que le bien, puisqu’il s’efforce de toujours accomplir la volonté divine… » » Page 487
  • « – Quand j’aurai publié mon livre, les gens comprendront la valeur inestimable de mon travail, a-t-il répondu. » Page 489
5 étoiles, T

La trajectoire du pion

La trajectoire du pion de Michel Jobin

Premier roman de Michel Jobin paru initialement en 2001.

Charles doit écrire un article sur Jean-Louis Vincent, patron de l’écurie de F-1 Procyon. Leur entretien est interrompu par un appel téléphonique. Vincent lui donne un rendez-vous pour le lendemain afin de terminer celui-ci. Or, le soir même, Charles est témoin de l’enlèvement de Vincent. Il se présente tout de même à son rendez-vous et on l’avise que Vincent est en voyage d’affaire. En bon journaliste, il flaire le scoop et se lance à la poursuite de la vérité. C’est le début d’une course effrénée de Montréal à Moscou en passant par l’Italie. Charles retrouve les traces des kidnappeurs, mais à quelle organisation appartiennent-ils ? Dans quel but ont-ils enlevé Vincent ? C’est ce que Charles devra rapidement découvrir s’il veut rester en vie.

J’ai adoré ce livre. Ce roman d’espionnage est bien construit et intéressant à lire. Quand on croit tout savoir, de nouveaux événements surviennent et nous laissent surpris. L’intrigue commence doucement, puis des personnages se rajoutent, des informations surgissent et nous orientent vers de nouvelles hypothèses. Tout au long du roman les personnages s’étoffent et certains changent même de visage. De plus, Jobin prend le temps de bien nous expliquer certains événements historiques de la Russie.

La note : 5 étoiles

Lecture terminée le 9 novembre 2010

3 étoiles, T

Les trois mousquetaires

Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas

Œuvre d’Alexandre Dumas, publiée initialement en feuilleton dans le journal « Le Siècle » de mars à juillet 1844.

D’Artagnan part pour Paris car il veut devenir mousquetaire. Arrivée à destination, il vivra plusieurs aventures dont trois provocations en duel qui le feront se lier d’amitié avec Athos, Porthos et Aramis. Il découvrira l’amour et s’éprendra de Mme de Bonacieux, épouse de son propriétaire et servante de la reine. Elle lui révèlera une intrigue montée par le Cardinal de Richelieu contre la première dame. Les quatre amis, au service du roi, devront combattre le diabolique Cardinal et ses agents, dont la mystérieuse Milady, pour sauver l’honneur de leur souveraine. Ils devront surmonter toutes sortes d’obstacles dont des combats, des trahisons, des complots et l’enlèvement de Mme de Bonacieux. Réussiront-ils à sauver l’honneur de la reine, retrouveront-ils Mme de Bonacieux et survivront-ils à la hargne du Cardinal ?

L‘histoire est plaisante et j’ai aimé l’originalité de Dumas lorsqu’il s’adresse au lecteur. Le début est passionnant, drôle et rythmé. Malheureusement, la dernière partie devient lourde et pénible. La captivité de Milady m’a beaucoup ennuyée. J’ai sauté un chapitre complet et je n’en ai pas souffert dans le reste de ma lecture ! Conclusion : ce roman aurait pu être écrit en beaucoup moins de mots.

La note : 3 étoiles

Lecture terminée le 29 septembre 2009