3 étoiles, O, T

Temperance Brennan, tome 6 : Os troubles

Temperance Brennan, tome 6 : Os troubles de Kathy Reichs.

Éditions Pocket (Thriller), publié en 2006, 438 pages

Sixième tome de la série de romans policiers « Temperance Brennan » écrit par Kathy Reichs et paru initialement en 2003 sous le titre « Bare Bones ».

L’anthropologue judiciaire Temperance Brennan pense devoir repousser ses vacances car des ossements carbonisés d’un nourrisson ont été trouvé dans un poêle à bois. L’enquête autour de la famille du bébé mène à des découvertes plus troublantes les unes que les autres. Même Boyd, le fidèle chien de Tempe, s’en mêle en déterrant, lors d’un pique-nique, deux sacs contenant des ossements d’ours mêlés à ceux d’oiseaux et d’humain. Pour compliquer les choses pour Brennan, un Cessna-210 percute une paroi rocheuse et s’embrase. Le pilote et son passager sont retrouvés carbonisés. Elle doit terminer son travail alors que la canicule fait rage. Tous ces dossiers vont porter le coup final au projet de Tempe de partir en vacances avec Ryan.

Un roman policier dans la moyenne, sans plus. L’intrigue débute rapidement avec une disparition et la mort d’un bébé. Malheureusement, il y a trop de détails, de pistes et de dossiers qui font leur apparition, ce qui donnent l’impression que ça part dans tous les sens. De plus, le dénouement des enquêtes manque un peu de réalisme car toutes les pistes se rejoignent en un seul dossier, ce qui est peu probable. Par contre, c’est avec bonheur que l’on retrouve les personnages de cette série : Tempe, sa fille Katy, son collègue Ryan et son chien Boyd. Ils sont fidèles à eux même et finalement Ryan prend plus de place dans la vie de Brennan. Le point fort de ce tome, c’est qu’en plus de l’enquête proprement dit, ce polar est un plaidoyer pour la protection des animaux et l’écologie. Une lecture agréable tout de même.

La note : 3 étoiles

Lecture terminée le 18 mars 2015

La littérature dans ce roman :

  • « Conclusion : le sac-poubelle renfermait des restes partiels de trois Ursus americanus. Des ours noirs. Identification de l’espèce grâce à l’ouvrage de Gilbert, Mammalian Osteology, et du Mammal Remains from Archaelogical Sites d’Olsen. »  Page 68
  • « L’avion puait le fuel et la chair carbonisée. Dans cet habitacle imprégné de suie, je me croyais plongée au cœur du Dust Bowl si bien décrit par Steinbeck. »  Page 81
  • « Au centre de la scène, dans l’éclat rougeoyant des lampes de chantier, l’avion mort et l’équipe chargée de la récupération, tels les récitants d’une tragédie antique. Spectacle macabre. Shakespeare dans un champ de maïs. Cauchemar d’une nuit d’été. »  Page 82
  • « — J’en ai pour un instant.
    — Prends tout ton temps.
    Il avait laissé de côté les «Oui, m’dame » traînants, version Autant en emporte le vent. C’était déjà ça.
    Faux espoir. Un «mam’zelle Kitty » m’a quand même rattrapée pendant que je montais l’escalier. »  Page 86
  • « Et maintenant le Don Juan détective avait ses fesses posées sur le canapé de mon salon. »  Page 88
  • « — L’heureux propriétaire de deux clubs de strip-tease à Kannapolis. C’est une petite ville industrielle pas loin d’ici, n’est-ce pas ?
    Hochements de tête autour de la table.
    — » Les Valets de Carreau » et « Les Reines de Cœur »… Ricky Don s’attache à satisfaire les demandes sexuelles en tout genre.
    — Un poète, a décrété Larabee. »  Page 105
  • « — Tu te souviens des os d’animaux dont je t’ai parlé ?
    — Oui.
    — C’est notre Rintintin ici présent qui les a découverts. Ils étaient enterrés dans un bois. J’étais presque sûre qu’il s’agissait d’os d’animaux. Je les avais rapportés au bureau au cas où. Dimanche, déjà, j’ai passé une grande partie de la journée à les examiner. »  Page 112
  • « Boyd n’en avait que faire. La truffe au ras du sol, il frétillait comme hier soir pendant la promenade et m’entraînait d’un chêne enrobé de kudzu à un magnolia à demi étouffé, ou du puits à l’appentis abritant la pompe hydraulique.
    En dehors du creux près de la haie, resté après l’excavation des ours, rien n’a suscité son excitation sauf, bien entendu, quelques écureuils et tamias.
    Boyd de Baskerville. »  Page 129
  • « — On y va ? a lancé Ryan.
    — On y va !
    Voix de contralto digne de Walter Mitty. »  Page 144
  • « Lundi, tôt le matin, trois enfants qui faisaient courir leurs chiens dans un champ, à l’est de l’endroit où l’avion devait s’écraser peu après, avaient cru voir un fantôme battre des ailes au-dessus de la vieille grange à tabac de leur grand-père.
    Une image est passée devant mes yeux : un pilote calciné dont le parachute se soulevait et s’abaissait sous le vent.
    — Sa Majesté des mouches, a dit Ryan, exprimant tout haut ma pensée.
    — Analogie parfaite, a déclaré Sheila Jansen. Se disant que le phénomène avait dû se produire au-dessus de Nehi et Moon Pies, ces petits génies ont décidé d’aller fureter dans le coin. Ils ont découvert un paquet contenant de la poudre blanche au bout d’un parachute. Résultat du vote : ils ont décidé de le cacher, le temps de trouver une meilleure idée. »  Page 158
  • « — À mon avis, nous avons là un cas de lèpre tout ce qu’il y a de plus classique, tel que c’est exposé dans les manuels de radiologie, a constaté Larabee. »  Page 180
  • « Je me suis retournée pour prendre dans ma bibliothèque les programmes des conférences. En dix minutes de temps, j’avais l’info que je cherchais. Douze ans auparavant, un étudiant au doctorat avait fait une communication sur la fréquence des maladies parmi les populations melungeons.
    Tandis que je lisais son rapport, l’embryon de pensée a émergé du magma au fond de mon cerveau et s’en est extrait lourdement jusqu’à devenir une idée à part entière. »  Page 184
  • « J’ai déposé un manuel de pathologie sous ses yeux. Larabee a lu le passage et s’est penché en arrière, le menton dans la main. L’air pas convaincu. »  Page 184
  • « — Une étude génétique récente, menée parallèlement sur des groupes de melungeons du Tennessee et de Virginie et sur des populations établies en Espagne, au Portugal, en Afrique du Nord, à Malte, à Chypre, en Iran, en Irak et dans d’autres pays du Levant, n’a fait apparaître aucune différence significative.
    — Comment vous faites pour vous rappeler des trucs pareils ? s’est écrié Larabee en secouant la tête.
    — Je ne sais pas. J’ai regardé dans un bouquin. Il y a pas mal de sites melungeons sur le Web. »  Page 186
  • « — Beaucoup de caries. En tout cas, sur les dents récupérées.
    — Il en manque beaucoup ?
    — Pas mal.
    — Pauvre petite Boucles d’or !
    — Comment est-ce que je pouvais savoir que tu allais me dire ça ? »  Page 196
  • « D’autres oiseaux, sculptés ou en bas-relief, étaient posés sur le bureau et les commodes à dossiers, et glissaient un œil entre deux livres. »  Page 205
  • « Rachel est allée attraper un grand livre brun sur une des étagères au-dessus de la commode à tiroirs. Après avoir consulté l’index, elle l’a ouvert à la page recherchée et l’a posé à plat sur la paillasse.
    — Et voilà, a-t-elle dit en tapotant une photo de son index potelé. Un ara de Spix.
    L’oiseau représenté avait le corps bleu cobalt et la tête plus claire. Ses pattes étaient sombres, son œil gris, son bec noir et moins crochu que je le croyais.
    — Il fait quelle taille ?
    — Cinquante-cinq, soixante centimètres. Ce n’est ni le plus grand ni le plus petit des aras.
    — Et où aime-t-il traîner ses bottes ? a demandé Ryan.
    — Dans le centre du Brésil, dans la partie aride, à l’est, et aussi au nord de Bahia, le plus souvent.
    — Et c’est une espèce disparue ? Une ex-espèce ?
    Si j’ai pigé la référence de Ryan à Monty Python, pour Rachel, c’est resté lettre morte. »  Pages 212 et 213
  • « — Non. Et la situation a empiré. À la fin de la décennie, pas un seul oiseau n’a été aperçu. En 1990, Tony Juniper, un des meilleurs experts au monde pour les perroquets, s’est rendu au Brésil afin de déterminer si le Spix avait véritablement disparu à l’état sauvage. Après six semaines passées à sillonner la région de Bahia en 4 x 4 en interrogeant tous les gens qu’il croisait sur son chemin, fermiers, prêtres, écoliers et même braconniers, Juniper a fini par localiser un mâle solitaire. Il avait établi son nid dans un cactus en bordure d’une rivière, non loin de Curaçao.
    — Où est-ce ? a demandé Ryan en feuilletant les images de Spix.
    — À deux mille kilomètres au nord de Rio.
    Avec un sourire pincé, Rachel a tiré le livre à elle et l’a refermé. »  Page 213
  • « La tentative n’aboutit pas à redorer le blason de Clo-vay, comme mon amie Anne prononce ce nom, soucieuse elle aussi de lui donner un peu de piquant. Si quelques manufactures fonctionnent encore  – pièces détachées pour les freins et pour les appareils chirurgicaux  –, la bourgade ne brille pas par l’intensité de son activité. Une lecture attentive de la « littérature » publiée par la chambre de commerce locale incite plutôt le voyageur à se rendre ailleurs s’il veut prendre du bon temps : sur les bords du lac Wylie, sur les cimes de Blue Ridge, sur les plages de Caroline, et même à Charlotte s’il aime le baseball (les Knights) ou le football américain (les Carolina Panthers). »  Page 381
  • « Je me suis garée sur le bas-côté en gravier, j’ai coupé le moteur et j’ai traversé la pelouse jusqu’à la porte de la caravane. En passant devant le manège, j’ai reconnu des personnages de contes pour enfants : Little Bo Peep, Dormeur et Simplet. Il y avait aussi une maman cane ouvrant la voie à quatre copies d’elle-même en miniature. »  Page 382
  • « — J’ai dû croire ce que je voulais croire, probablement.
    Je me suis levée.
    — Il faut que j’y aille.
    À la porte, elle m’a posé une dernière question.
    — Vous lisez souvent les Écritures ?
    — Non, madame. »  Page 389
  • « Ryan portait un short de surfeur. Sa roseur après le premier jour de plage disparaissait maintenant sous une couche de crème solaire suffisante pour protéger Moby Dick. Désormais, il se rapprochait du tabac blond.
    Nous passions nos journées à lire ou à bavarder ; Boyd s’amusait à happer les vagues ou bien coursait les mouettes. »  Page 416
  • « Boyd s’est effondré sur le flanc à l’ombre de mon transat. Ryan s’est replongé dans son Terry Pratchett, et moi dans un magazine consacré à l’environnement.
    Mais impossible de me concentrer. Mes pensées revenaient sans cesse à Skinny Slidell. J’ai fini par abandonner ma lecture.
    — Comment Slidell a-t-il découvert où j’étais ?
    Ryan a refermé son livre sur son doigt, pour marquer la page. »  Pages 424 et 425
  • « Nous nous sommes remis à notre lecture. Plus j’avançais dans la mienne, plus je me rendais compte de la naïveté de mes opinions sur le mouvement des Verts. À certains moments, j’étais si révoltée par ce que j’apprenais que je ne pouvais plus me contenir.
    — Tu savais que plus de neuf millions de tortues et de serpents avaient été exportés des États-Unis en 1996 ?
    Ryan a laissé tomber son livre sur sa poitrine. »  Page 426
    « — Écoute ça.
    J’ai cité des passages de l’article que je venais de lire.
    — «En 1996, au Brésil, Hector Ugalde a plaidé coupable de conspiration fédérale dans une affaire de contrebande d’aras jacinthes… Il a été condamné à une peine de prison avec sursis, une mise à l’épreuve et une amende de dix mille dollars. » Tu parles que ça va l’arrêter ! »  Page 427
2,5 étoiles, T

Les trois soeurs

Les trois sœurs d’Anton Tchekhov.

La Bibliothèque électronique du Québec; 179 pages

Pièce de théâtre d’Anton Tchekhov parue initialement en 1900 sous le titre Три сестры, Tri sestry.

Les trois soeurs BeQ

La famille Prozorov est composée de trois sœurs, Macha, Olga et Irina et de leur frère Andreï. Ils partagent une maison de campagne dans un village éloigné de Russie. Leur vie est dominée par le deuil du père et l’ennui. Les seuls divertissements permis sont les visites d’officiers venus de la garnison voisine. L’anniversaire d’Irina marque la fin du deuil familiale et une grande fête est organisée pour marquer ces événements. Il y aura pour l’occasion de la musique, on sera gai, on dira des bêtises et parfois des paroles profondes. On discutera du rêve qui habite les trois sœurs : retourner à Moscou, la ville de leur enfance et de tous les espoirs. L’avenir est plein de certitudes heureuses pour les Prozorov. Mais, qu’adviendra-t-il de ces beaux rêves ? La vie répondra-t-elle à leurs attentes ?

Lecture peu intéressante que cette pièce de théâtre. Tchekhov aborde le thème du passage du temps qui détruit les rêves. Pour ce faire, il alterne maladroitement entre des conversations absurdes et de grands débats philosophiques. Dans ce récit, il n’y a pas de héro, très peu d’action et aucune intrigue. Par contre, la torpeur à laquelle était en proie la Russie de la fin du XIXe siècle est très bien dépeinte. Les personnages sont très bien construits, ils sont extrêmement humains. De façon lucide, ils voient leur vie peu à peu s’étioler avec le désespoir de n’avoir rien construit. Pour présenter un récit qui se déroule sur plusieurs années, Tchekhov n’a pas utilisé le bon moteur. Il est très difficile de montrer l’œuvre du temps sur la déchéance de chacun et l’anéantissement des rêves sous forme d’une pièce de théâtre. Cette histoire aurait gagné à être présentée sous forme de roman afin de bien sentir ce passage du temps. Je me suis fort ennuyée durant ma lecture presque autant que les protagonistes de l’histoire.

La note : 2,5 étoiles

Lecture terminée le 2 juin 2013

La littérature dans ce roman :

  • « Macha, qui rêve sur son livre, sifflote doucement une chanson. »  Page 7
  • « TCHÉBOUTYKINE, en riant.
    C’est vrai, je n’ai jamais rien fichu. Depuis que j’ai quitté l’Université, je n’ai pas remué le petit doigt, pas lu un seul livre, rien que des journaux. (Il tire un autre journal de sa poche.) Voilà… Je sais d’après les journaux qu’un certain Dobrolioubov a existé, mais qu’a-t-il écrit ? Aucune idée… Dieu le sait… (On entend frapper au plafond de l’étage inférieur.) Voilà… On m’appelle en bas, quelqu’un m’attend… Je reviens tout de suite… »  Page 14
  • «  KOULYGUINE, s’approchant d’Irina.
    Ma chère sœur, permets-moi de te féliciter, et de te présenter mes vœux sincères et cordiaux de santé et de tout ce que peut désirer une jeune fille de ton âge. Et aussi, de t’offrir ce petit livre. (Il lui tend un livre.) C’est l’histoire de notre lycée depuis cinquante ans. Un livre sans importance, que j’ai écrit par désœuvrement, mais lis-le tout de même. Bonjour tout le monde ! (À Verchinine : ) Koulyguine, professeur au lycée. (À Irina : ) Tu y trouveras la liste de tous ceux qui ont terminé leurs études dans notre lycée, depuis cinquante ans. Feci quod potui, faciant meliora potentes…
    Il embrasse Macha.
    IRINA
     Mais tu m’as donné le même à Pâques !
    KOULYGUINE, en riant.
    Pas possible ? Dans ce cas, rends-le moi, ou non, bien mieux, donne-le au colonel. Tenez, mon colonel. Vous le lirez, quand vous n’aurez rien à faire. »  Pages 38 et 39
  • « ANDRÉ entre, un livre à la main. »  Page 54
  • « NATACHA
    Mais moi j’avais quelque chose… Ah ! oui : Feraponte, du Conseil municipal, il te demande.
    ANDRÉ, bâillant.
    Appelle-le. (Natacha sort. André lit à la lueur de la bougie qu’elle a oubliée. Entre Feraponte ; il est vêtu d’un vieux manteau élimé, au col relevé ; il porte un bandeau sur les oreilles.) Bonjour, ami. Quoi de neuf ?
    FERAPONTE
    Le président vous envoie un livre, et puis des papiers. Voici.
    Il tend à André un livre et des papiers. »  Page 57
  • « ANDRÉ
    Non, rien. (Il regarde le livre.) Demain, vendredi, nous n’avons pas de séance, mais je viendrai tout de même… ça m’occupera. Je m’ennuie à la maison. (Un temps.) Cher vieux, comme la vie change drôlement, comme elle nous trompe ! Aujourd’hui, par ennui, par désœuvrement, j’ai pris ce livre, de vieux cours universitaires, et j’ai eu envie de rire… Mon Dieu, je suis le secrétaire du Conseil du Zemstvo, de ce conseil dont Protopopov est président, et le mieux que je puisse espérer, c’est d’en devenir membre. Moi, membre du Conseil du Zemstvo, moi qui rêve toutes les nuits que je suis professeur de l’Université de Moscou, savant célèbre dont s’enorgueillit la Russie. »  Pages 58 et 59
  • « ANDRÉ
    Des bêtises. (Il lit le livre.) Tu es allé à Moscou, toi ? »  Page 60
  • « MACHA
    Comme dit Gogol : « Il est ennuyeux de vivre en ce monde, messieurs. »
    TOUZENBACH
    Et moi je dirai : « Il est difficile de discuter avec vous, messieurs. » Ça suffit, assez…
    TCHÉBOUTYKINE, lisant le journal.
    Balzac s’est marié à Berditchev. (Irina chantonne doucement.) Ça, il faut le noter. (Il note dans son carnet.) Balzac s’est marié à Berditchev.
    Il reprend sa lecture.
    IRINA, faisant une réussite, rêveuse.
    Balzac s’est marié à Berditchev. »  Page 74
  • « SOLIONY récite.
    « Je suis étrange, qui ne l’est pas ? Ne te fâche pas, Aleco. »
    TOUZENBACH
    Aleco n’a rien à voir là-dedans. »  Page 84
  • « SOLIONY
    Buvons ! (Ils boivent.) Je n’ai jamais rien eu contre vous, baron, mais j’ai le caractère de Lermontov. (Baissant la voix : ) On dit que je lui ressemble même un peu, physiquement… »  Page 85
  • « SOLIONY récite.
    « Ne te fâche pas, Aleco… Oublie, oublie tes rêveries »…
    Pendant la conversation, André entre sans bruit, portant un livre ; il s’assied près d’une bougie. »  Page 85
  • « Au club, avant-hier, on bavardait ; quelqu’un a nommé Shakespeare, Voltaire. Je n’ai rien lu d’eux, rien du tout, mais j’ai fait semblant de les connaître ; et les autres en ont fait autant. Oh misère ! »  Page 111
  • « MACHA
    Ah ! c’est toi qui es bête, Olia. Je l’aime, tel est donc mon destin… Tel est mon sort… Et lui, il m’aime aussi. Ça fait peur, oui ? Ce n’est pas bien ? (Elle prend la main d’Irina et l’attire vers elle.) Oh ! ma chérie… Comment allons-nous vivre, que va-t-on devenir ? Quand on lit un roman, tout paraît si simple, connu d’avance, mais lorsqu’on aime soi-même, on s’aperçoit que personne ne sait rien, que chacun doit décider pour soi… Mes chéries, mes petites sœurs… Je me suis confessée, et maintenant je ne dirai plus rien. Je serai comme le fou de Gogol… Silence… Silence… »  Page 129
  • « Soliony se prend pour Lermontov ; c’est qu’il écrit des vers ! »  Page 150
    « Vous vous rappelez ces vers ? « Et lui, le révolté, il cherche la tempête, comme si dans la tempête, régnait la paix »..
     TCHÉBOUTYKINE
    Oui. « Il n’eut pas le temps de dire oh ! que l’ours lui sautait sur le dos. ». »  Page 155
3,5 étoiles, T

Tu ne te souviendras pas

 Tu ne te souviendras pas de Sebastian Fitzek

Éditions Le Livre de Poche (Thriller) no 32546 ~ Publié en 2012 ~ 401 pages

Troisième roman de Sebastian Fitzek paru initialement en 2008 sous le titre « Das Kind ».

Robert Stern, avocat reconnu, vit seul dans sa grande maison. Il y a 10 ans, son couple a volé en éclats suite à la mort de leur bébé naissant. Contrairement à lui, sa femme a réussit à refaire sa vie. Un soir, Carina son ancienne maîtresse lui donne rendez-vous dans une friche industrielle désaffectée. Infirmière de profession, elle est accompagnée d’un jeune malade âgé de 10 ans, Simon. Celui-ci est convaincu d’avoir commis plusieurs meurtres, le premier remontant à 15 ans. Pour démontrer la justesse de sa conviction, il conduit Robert et Carina au cadavre d’un homme assassiné à coups de hache. Selon les analyses, l’homme serait décédé il y a effectivement 15 ans, donc 5 ans avant la naissance de Simon. De retour à la maison, Robert trouve un DVD dans sa boîte à lettres. Une voix masquée lui annonce que l’enfant qu’il croyait avoir perdu dix ans plus tôt est en réalité bien vivant, images à l’appui. Pour comprendre ce qui s’est passé et savoir où est son fils, Stern va devoir découvrir qui a commis les meurtres dont s’accuse Simon.

Roman intéressant par le sujet traité. Imbriqué dans l’enquête, l’auteur pose les bases d’une réflexion sur les possibilités de la réincarnation. Bien que cette réflexion soit présentée dès le début de l’histoire, celle-ci n’empêche par l’enquête d’être bien menée et solide. Le cheminement psychologie de Robert est très bien amené tout au long de l’histoire. Dès le début, on ressent sa douleur et son désarroi lors du visionnement du DVD, par la possibilité que son fils soit en vie et par les menaces envers les jumelles de son ex-femme. Les personnages sont très attachants, surtout Simon, ce petit garçon malade et sans famille. Pour ce qui est de l’enquête, la fin est surprenante. Par contre, j’aurais aimé avoir plus de développement sur certains évènements. J’ai l’impression que l’histoire de Simon fini en queue de poisson.

La note : 3,5 étoiles

Lecture terminée le 26 avril 2012

Lecture en tant que juré pour les Éditions Le livre de poche – Polar 2012 :

La littérature dans ce roman :

  • « À quatre ans, on l’a enlevé à sa mère, une marginale. On l’avait trouvé dans un appartement à l’abandon, à demi mort de faim dans la baignoire, à côté d’un rat crevé. On l’a alors placé dans un foyer où il n’est pas passé inaperçu, vu qu’il préférait consulter les dictionnaires à se bagarrer avec les gamins de son âge. » Page 19
  • « Pourtant, la vue du garage vide aurait dû le soulager. Pas un meuble. Pas un appareil électrique. Pas un livre. » Page 86
  • « – Veuillez m’excuser. Peut-on aussi entrer par ici dans le cimetière officiel ?
    – Ah, vous ne faites pas partie des proches d’Hannibal ? S’étonna Ahrendt.
    – Hélas non. Nous cherchons la dernière demeure de, euh, eh bien, d’être humains. » Page 137
  • « Vertigo, Fienchen, Mickey, Molly, Vanilla… Les noms inscrits sur les pierres tombales étaient aussi divers que l’aspect des tombes. Sur la plupart il y avait une croix blanche ou une plaque en granit portant une inscription sans enjolivure. » Page 138
  • « L’église était vide et Stern eut du mal à imaginer que des gens puissent trouver du réconfort dans cet environnement dépouillé. Il ôta son manteau trempé et le prit sur le bras. Il le regretta aussitôt. Il faisait froid à l’intérieur et il y avait des courants d’air où se mêlait une odeur de poussière et de vieux livres de cantiques. » Page 142
  • « – Maman ?
    Sophie se retourna brusquement vers la porte où se tenait Frida, pieds nus, une poupée à la main. Le T-shirt Snoopy aux couleurs passées lui descendait au-dessus des genoux.
    – Qu’y a-t-il, ma chérie ? Te devrais être au lit depuis longtemps.
    – Oui, J’y étais. Mais je voulais aussi montrer Cendrillon à Simon.
    – Alors, fais vite. » Page 183
  • « Deux ans plus tôt, le soir précédant son premier examen RMN, Simon avait découvert un dictionnaire en deux volumes dans le réfectoire du son foyer. Il avait extrait le tome I des étagères branlantes et l’avait emporté dans sa chambre. Fasciné par les informations sur l’Afrique, l’Arctique ou l’astronomie, il avait décidé, juste avant de s’endormir, d’apprendre dorénavant un mot nouveau par jour, en procédant par ordre alphabétique. De A à Z. » Page 225
  • « Cette maison n’était pas habitée. Il s’agissait d’une villa témoin, une construction ancienne, luxueusement rénovée et pas encore louée. Aménagée avec goût mais sans touche personnelle. Stern laissa errer son regard et remarqua alors certains détails. Le téléphone sans fil sur le bureau. Les dos des livres en cuir soigneusement alignés sur des rayonnages à demi vides. » Page 233
  • « Son premier article avait donné naissance à une série, la série à un manuscrit qui n’avait d’ailleurs jamais trouvé d’éditeur. Il n’avait plus vu d’utilité à la publication de ces sombres chapitres. Les enfants victimes n’en oublieraient pas pour autant les souffrances endurées. Et aucun criminel ne renoncerait, à cause de ce livre, à ses desseins morbides. » Page 346
  • « – Avec qui es-tu ? Tu travaille pour qui ?
    – Je travaille avec Lui.
    – Qui ? Qui est ton chef ?
    – Celui qui est le tien aussi. Dieu.
    – C’est pas possible, s’étonna Engler. C’est un retraité accro à la Bible qui s’est foutu de notre gueule pendant des années ! » Page 354
  • « Si l’on vous soumettait à une régression, par exemple, monsieur Borchert, il est possible que vous vous rappeliez ce documentaire sur le Moyen Âge et qu’à cause de cela vous vous prendriez pour une sorcière brûlée sur un bûcher. Et vous citeriez même des dates et des lieux exacts, car vous les auriez entendus de la bouche du commentateur.
    – Je n’ai pourtant pas vu d’image.
    – Si, vos propres images imaginaires, souvent bien plus fortes que les impressions réelles. Vous avez peut-être vécu cela à la lecture d’un livre. » Pages 362 et 363
  • « Une douzaine d’employés d’une agence d’événementiel avaient dû travailler toute la nuit pour étaler le sable fin dans le sous-sol de la villa. Puis on avait en toute hâte collé sur les murs et les fenêtres des motifs évoquant les mers du Sud et disposé dans les dunes une armée de faux palmiers et bananiers ainsi que des torches électriques. Même la cheminée remplie de bois flotté évoquait un feu de camp à la Robinson Crusoé. » Page 379
5 étoiles, T

La trajectoire du pion

La trajectoire du pion de Michel Jobin

Premier roman de Michel Jobin paru initialement en 2001.

Charles doit écrire un article sur Jean-Louis Vincent, patron de l’écurie de F-1 Procyon. Leur entretien est interrompu par un appel téléphonique. Vincent lui donne un rendez-vous pour le lendemain afin de terminer celui-ci. Or, le soir même, Charles est témoin de l’enlèvement de Vincent. Il se présente tout de même à son rendez-vous et on l’avise que Vincent est en voyage d’affaire. En bon journaliste, il flaire le scoop et se lance à la poursuite de la vérité. C’est le début d’une course effrénée de Montréal à Moscou en passant par l’Italie. Charles retrouve les traces des kidnappeurs, mais à quelle organisation appartiennent-ils ? Dans quel but ont-ils enlevé Vincent ? C’est ce que Charles devra rapidement découvrir s’il veut rester en vie.

J’ai adoré ce livre. Ce roman d’espionnage est bien construit et intéressant à lire. Quand on croit tout savoir, de nouveaux événements surviennent et nous laissent surpris. L’intrigue commence doucement, puis des personnages se rajoutent, des informations surgissent et nous orientent vers de nouvelles hypothèses. Tout au long du roman les personnages s’étoffent et certains changent même de visage. De plus, Jobin prend le temps de bien nous expliquer certains événements historiques de la Russie.

La note : 5 étoiles

Lecture terminée le 9 novembre 2010

3 étoiles, T

Les trois mousquetaires

Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas

Œuvre d’Alexandre Dumas, publiée initialement en feuilleton dans le journal « Le Siècle » de mars à juillet 1844.

D’Artagnan part pour Paris car il veut devenir mousquetaire. Arrivée à destination, il vivra plusieurs aventures dont trois provocations en duel qui le feront se lier d’amitié avec Athos, Porthos et Aramis. Il découvrira l’amour et s’éprendra de Mme de Bonacieux, épouse de son propriétaire et servante de la reine. Elle lui révèlera une intrigue montée par le Cardinal de Richelieu contre la première dame. Les quatre amis, au service du roi, devront combattre le diabolique Cardinal et ses agents, dont la mystérieuse Milady, pour sauver l’honneur de leur souveraine. Ils devront surmonter toutes sortes d’obstacles dont des combats, des trahisons, des complots et l’enlèvement de Mme de Bonacieux. Réussiront-ils à sauver l’honneur de la reine, retrouveront-ils Mme de Bonacieux et survivront-ils à la hargne du Cardinal ?

L‘histoire est plaisante et j’ai aimé l’originalité de Dumas lorsqu’il s’adresse au lecteur. Le début est passionnant, drôle et rythmé. Malheureusement, la dernière partie devient lourde et pénible. La captivité de Milady m’a beaucoup ennuyée. J’ai sauté un chapitre complet et je n’en ai pas souffert dans le reste de ma lecture ! Conclusion : ce roman aurait pu être écrit en beaucoup moins de mots.

La note : 3 étoiles

Lecture terminée le 29 septembre 2009

2,5 étoiles, T

Tarmac

Tarmac de Nicolas Dickner

Deuxième roman de Nicolas Dickner publié initialement en 2009.

À l’adolescence, les Randall ont une vision et découvrent la date de la fin du monde. Pour Ann la fin du monde c’est à l’été 1989. Pour échapper à celle-ci, en août 1989, elle part de Yarmouth (N.-É.) vers l’ouest avec sa fille Hope. Seule Randall qui n’a pas eu sa vision. Après avoir roulé 1200 km, elles échouent à Rivière-du-Loup et s’y installent. Ann sombrera dans la dépression parce qu’elle n’arrive pas à comprendre comment la Terre peut continuer à tourner malgré la date dépassée. Hope s’épanouira au contact de Mickey, un adolescent de son âge. Une belle amitié naîtra entre eux jusqu’au jour où Hope aura elle aussi sa révélation. Commencera alors la quête d’Hope qui la mènera des États-Unis au Japon, à la poursuite d’un mystérieux écrivain à qui aurait été révélée la même date butoir.

La trame du roman se déroule de 1989 à 2001. La première partie du roman s’attarde sur le quotidien somme tout banal des deux adolescents de 17 ans et ce sur 149 pages. Les 118 pages suivantes correspondent au départ d’Hope pour les États-Unis et le Japon à la poursuite invraisemblable de l’auteur mystérieux. C’est une lecture longue et sans but. J’aimerai que quelqu’un m’explique pourquoi Nicolas Dickner a écrit ce livre et surtout que voulait-il nous dire.

La note : 2,5 étoiles

Lecture terminée le 18 mai 2009

3,5 étoiles, T

Le treizième conte

Le treizième conte de Diane Setterfield

Premier roman de Diane Setterfield publié initialement en 2006 sous le titre The Thirteenth Tale.

Margaret tient avec son père une librairie spécialisée en livres anciens. Biographe amateur, elle reçoit une lettre de Vida Winter, romancière à succès, lui demandant d’écrire sa biographie. Tout au long de sa carrière, Vida n’a cessé de se créer des vies imaginaires afin de laisser planer le mystère sur son passé. Aujourd’hui, âgée et malade, elle souhaite enfin dire la vérité. Intriguée, Margaret accepte le contrat. Elle est séduite par Vida mais, en tant que biographe, elle doit traiter des faits. Ses enquêtes réveilleront en elle des sentiments douloureux et similaires à ceux de Vida. Cette aventure l’obligera à démêler les mystères du passé afin qu’elles puissent toute deux se réconcilier avec leurs fantômes respectifs.

Roman inspiré de la littérature anglaise du 19e siècle tel que Jane Eyre et Les Hauts de Hurlevent qui y sont cités à plusieurs reprises. On retrouve une famille avec de lourds secrets, une demeure imposante et délabrée, des morts, des fantômes et des mystères. Les thèmes abordés sont intéressants surtout celui de la fratrie. On ne sait pas à quelle époque cela se passe, mais un esprit typiquement anglais transpire et c’est très plaisant. Par contre, le début est un peu laborieux et il y a quelques longueurs.

La note: 3,5 étoiles

Lecture terminée le 3 mai 2009