4,5 étoiles, H, L

Harold Fry, tome 01 : La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi…

Harold Fry, tome 01 : La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi… de Rachel Joyce.

Édition France loisirs (Piment), publié en 2013, 415 pages

Premier tome de la série « Harold Fry » de Rachel Joyce paru initialement en 2012 sous le titre anglais « The unlikely pilgrimage of Harold Fry ».

Harold est tout récemment retraité et il ne trouve pas ses marques avec sa femme Maureen qui est la reine de la maison. Un mardi matin, une lettre bouscule leur vie routinière et sans imprévus. Ce mot provient de Queenie, une ancienne collègue de travail d’Harold qu’il a perdu de vue depuis près de vingt ans. Il est bouleversé par ce message car Queenie lui annonce qu’elle se meurt d’un cancer. Que lui répondre ? Que peut-on dire ou écrire à une femme en phase terminale ? Harold ne le sait pas. Il griffonne un petit quelque chose et au moment de poster sa réponse, il passe devant la boîte aux lettres sans s’arrêter. Puis passe aussi son chemin à la deuxième, trouvant sa réponse insignifiante. Et s’il lui apportait cette lettre en mains propres ? Sur un coup de tête, il poursuit son chemin jusqu’à l’autre bout de l’Angleterre soit près de 1000 km à pied dans l’espoir fou que cela puisse sauver Queenie. Ce pèlerinage improvisé va l’obliger à revisiter sa vie.

Une très belle histoire qui nous porte à analyser notre propre cheminement de vie. Ce roman parle surtout des épreuves de la vie, tels que les deuils, les problèmes familiaux, les relations de couples, l’éducation des enfants. Le lecteur apprend à connaitre le personnage d’Harold petit-à-petit à travers son introspection. On le découvre mais surtout on s’attache à cet homme ordinaire qui a peur de déranger. Bien que le cheminement d’Harold soit étoffé, celui de sa femme Maureen, manque un peu de réalisme en étant trop simple et superficiel. Le style d’écriture de Rachel Joyce est fluide avec une touche d’humour malgré le poids de propos traités. L’histoire nous est contée selon deux points de vue, celui de Maureen et celui d’Harold en alternance ce qui permet au lecteur de bien comprendre la dynamique de ce couple. Un très beau récit sur les impacts du passé qui peuvent être douloureux mais aussi heureux. Un roman psychologique fort sympathique, mais un peu long tout de même.

La note : 4,5 étoiles

Lecture terminée le 5 mars 2017

La littérature dans ce roman

  • « Il était parti en retraite un vendredi, avec en guise de souvenir d’une vie passée dans l’entreprise un guide touristique illustré de la Grande-Bretagne et un bon d’achat chez un caviste. Le volume avait été placé dans la « meilleure pièce », à côté des autres objets que personne ne regardait jamais. »  Page 41
  • « Il pourrait planifier son itinéraire sur Internet et commander le nécessaire pour la marche. Peut-être trouverait-il quelques suggestions dans le guide touristique qu’il avait reçu en cadeau pour sa retraite, jamais ouvert depuis ? »  Page 45
  • « Quand il était petit, il rasait les murs, terrifié à l’idée d’attirer l’attention. Il pouvait regarder sa mère se mettre du rouge à lèvres ou lire sa revue de voyages sans qu’elle s’aperçoive de sa présence. »  Page 49
  • « 7 — Harold et le randonneur et la femme qui aimait Jane Austen »  Page 86
  • « — Elle aime Jane Austen, lança le randonneur en riant. Elle a vu tous les films. Moi, je suis plutôt un vrai mâle, si vous voyez ce que je veux dire. »  Page 100
  • « Le cours de ses pensées fut interrompu par ses voisins, qui avaient élevé la voix. Harold avait envie de partir, mais il attendait en vain la plage de silence qui lui permettrait de se lever et de prendre congé.
    La femme qui aimait Jane Austen lança :
    — Tu crois que c’était marrant d’être coincée ici avec une jambe dans le plâtre ? »  Page 101
  • « Et puis il y avait eu les années scolaires de David. Les heures qu’il passait enfermé dans sa chambre, ses notes excellentes, son refus d’être aidé par ses parents.
    — Cela n’a pas d’importance s’il reste tout seul, disait Maureen, il a d’autres centres d’intérêt.
    Après tout, eux-mêmes étaient des solitaires. Une semaine, David voulait un microscope. Une autre, les Œuvres complètes de Dostoïevski. Puis une méthode d’apprentissage de l’allemand. Un bonsaï. Intimidés par sa soif de connaissances, ils achetaient tout. Il avait la chance d’avoir une intelligence et des opportunités qu’ils n’avaient jamais eues et, quoi qu’il arrive, ils ne devaient pas le laisser tomber.
    — Père, disait-il, tu as lu William Blake ? »  Page 112
  • « Il avait quitté Exeter de bonne heure, après avoir acheté un dictionnaire des plantes sauvages d’occasion et un guide de la Grande-Bretagne. Il les avait placés dans son sac en plastique avec les deux cadeaux pour Queenie. »  Page 128
  • « À Brampford Speke, les maisons avaient maintenant des toits de chaume et la brique n’était plus couleur silex, mais d’un rouge chaud. Des branches de spirée ployaient sous les fleurs et des pousses de delphinium pointaient leur nez dans la terre. À l’aide de son livre, Harold identifia des barbes de Jupiter, des langues de cerf, des compagnons rouges, de l’herbe à Robert, des pieds-de-veau et découvrit que les fleurs en forme d’étoile dont la beauté l’avait émerveillé étaient des anémones des bois. Revigoré, il parcourut les quatre kilomètres qui le séparaient encore de Thorverton, le nez plongé dans son dictionnaire des plantes sauvages. »  Pages 130 et 131
  • « Il passa la soirée avec un travailleur social qui voulait devenir poète. »  Page 131
  • « Harold parvint à Bickleigh, où, d’après son guide touristique, il était intéressant de visiter le petit château en brique rouge niché sur la rive de l’Exe. Mais un homme au visage long, vêtu d’un pantalon vert olive, l’informa que le guide n’était pas à jour en ce qui concernait le château, à moins de vouloir le louer pour un mariage luxueux ou y passer un week-end « meurtre et mystère ». »  Page 137
  • « Sa tante Muriel lui écrivait des billets d’excuse : « Harold avait mal à la tête », « Harold n’est pas dans son assiette. » Parfois, elle s’armait d’un dictionnaire et faisait preuve de plus de créativité : « Harold a eu un accès de maladie hépatique mardi vers 18 heures. » Quand il échoua à ses examens, il abandonna complètement l’école. »  Page 138
  • « Curieusement, c’était Mr. Napier qui, à l’époque, avait fait faire équipe à Harold et à Queenie. Il avait convoqué Harold dans son bureau orné de boiseries pour lui dire qu’il chargeait Queenie d’aller vérifier sur place les livres de comptes des pubs. »  Page 154
  • « Queenie s’approcha de sa voiture, agrippée à son sac à main carré, l’air de s’apprêter à faire des courses plutôt que de vérifier les livres de comptes d’un pub. »  Page 156
  • « Tout se ressemblait. Il cessa de consulter ses guides, car leurs informations ne faisaient qu’accentuer son impression de ne rien savoir. »  Page 159
  • « Harold n’avait couché qu’avec une femme, Maureen. Même quand elle avait mis ses livres de cuisine à la poubelle, qu’elle avait fait couper ses cheveux et qu’il l’entendait fermer sa porte à clé le soir, il n’avait pas cherché à en voir une autre. »  Page 167
  • « — Ma mère a quitté la maison un peu avant mes treize ans. Mon père et elle étaient très malheureux. Lui buvait et elle avait envie de voyager. C’est tout ce dont je me souviens. Après son départ, il est allé encore plus mal pendant quelque temps, et puis les voisines ont appris ce qui s’était passé. Elles se sont fait un plaisir de le materner. Du coup, mon père s’est épanoui. Il a ramené une kyrielle de tantes à la maison. C’est devenu une espèce de Casanova. »  Page 186
  • « À quel moment avait-elle trébuché ? Contrairement à lui, elle avait fait des études correctes. Elle avait pris des cours de secrétariat, puis suivi les cours de français par correspondance de l’Université ouverte quand David était à l’école primaire. Elle aimait jardiner. Le moindre carré de leur parcelle de Fossebridge Road produisait des fruits ou des fleurs. Elle avait cuisiné tous les jours, lu les livres de recettes d’Elizabeth David et pris plaisir à rechercher de nouveaux ingrédients. »  Page 194
  • « À l’aide de son livre de botanique, il identifiait les fleurs des haies et apprenait leur usage ; lesquelles portaient des baies, toxiques ou consommables, lesquelles avaient des feuilles aux vertus médicinales. L’ail des ours remplissait l’atmosphère de son odeur âcre. De nouveau, il fut surpris de voir quelles richesses ignorées se trouvaient à ses pieds. »  Page 206
  • « Suivant les instructions de son guide touristique, il s’intéressa au musée de la Chaussure de Street et jeta un coup d’œil à la boutique de Clarks Village tout en restant persuadé qu’il aurait tort d’abandonner ses chaussures de bateau après être allé si loin avec. »  Page 207
  • « Déjà, à cette époque, il avait commencé à mettre de l’argent de côté pour leur avenir. Il avait trouvé un emploi d’éboueur tôt le matin et de receveur de bus l’après-midi. Deux fois par semaine, il travaillait de nuit à l’hôpital et le samedi il était employé à la bibliothèque. Parfois, il était si épuisé qu’il se glissait sous les rayonnages et s’endormait.
    Maureen s’était mise à prendre le bus devant chez elle et elle y restait jusqu’au terminus. Harold délivrait les tickets et sonnait à l’intention du conducteur, mais il ne voyait qu’elle dans son manteau bleu, avec sa peau de porcelaine et ses yeux verts au regard plein de vie. Elle venait aussi à la bibliothèque et feuilletait des livres de cuisine, et il l’observait depuis le bureau principal, vacillant sous l’effet du désir et du manque de sommeil. »  Page 210
  • « — On attend cet acteur célèbre, lui expliqua sa voisine, le visage congestionné et moite à cause de la chaleur. Il signe son dernier livre. Si son regard croise le mien, je tombe dans les pommes.
    Il était difficile d’apercevoir l’acteur célébrissime, et plus encore de croiser son regard, car il était apparemment de petite taille et entouré par une véritable muraille de vendeurs de librairie vêtus de noir. »  Page 221
  • « Dans les toilettes publiques, il se retrouva en train de se laver les mains à côté de l’acteur qui avait signé son livre. »  Page 222
  • « — Pendant des années, j’ai tenu des rôles sérieux. J’ai fait toute une saison au festival théâtral de Pitlochry. Et puis j’ai joué dans un film en costume d’époque et voilà ! Tout le pays trouve original de donner mon nom à son chien. Vous êtes venu à Bath pour mon bouquin ?
    Harold reconnut que non. Il parla de Queenie en donnant un minimum de détails. Mieux valait ne pas raconter qu’il imaginait être applaudi par les infirmières à son arrivée au centre de soins palliatifs. L’acteur semblait l’écouter, ce qui ne l’empêcha pas, lorsque Harold eut terminé son histoire, de lui redemander s’il avait un exemplaire du livre et s’il désirait une signature.
    Harold répondit que oui. Le livre serait sans doute un souvenir parfait pour Queenie ; elle avait toujours aimé lire. Il allait demander à l’acteur s’il voulait bien l’attendre le temps de filer acheter un exemplaire, quand son interlocuteur reprit la parole.
    — Ne vous embêtez pas avec ça. C’est nul. Je n’en ai pas écrit une ligne. Je ne l’ai même pas lu. Je vais vous dire, je suis un baiseur compulsif, complètement accro à la coke. La semaine dernière, quand j’ai voulu lécher une fille, je me suis aperçu qu’elle avait une bite. Ce n’est pas le genre de truc qu’on met dans un bouquin. »  Pages 223 et 224
  • « — Ça ne vous ennuie pas de partager votre table ? dit-elle, sur un ton affirmatif.
    Elle fit signe à un homme qui attendait à la porte et désigna du doigt le siège en face d’Harold. L’homme s’assit en s’excusant et sortit un livre. Il avait un visage aux traits bien dessinés et des cheveux clairs coupés court. Sa chemise blanche avait le col ouvert, révélant un impeccable triangle de peau dorée. Il demanda à Harold de lui passer le menu, et engagea la conversation sur Bath. Lui-même, dit-il, était un Américain qui visitait l’Angleterre. Son amie avait choisi le package Jane Austen. Harold ne savait pas trop de quoi il s’agissait, mais il espérait pour elle que l’acteur célèbre n’en faisait pas partie. »  Page 228
  • « — On n’a pas d’appétit, avec cette chaleur, dit celui-ci. Harold approuva, mais il le regretta aussitôt, car l’Américain se crut obligé de poursuivre la conversation.
    — Bath a l’air d’une jolie ville, déclara-t-il en refermant son livre. Vous êtes en vacances ? »  Page 229
  • « Au petit matin, Harold était déjà en route. Il laissa de côté sa boussole et ses guides pour consacrer toute sa force, toute sa volonté à mettre un pied devant l’autre. Et c’est seulement lorsque trois adolescentes à cheval lui demandèrent comment aller à Shepton Mallet qu’il se rendit compte qu’il avait perdu un jour entier à avancer dans la mauvaise direction.
    Il s’assit au bord de la route, le regard fixé sur un champ de fleurs d’un jaune flamboyant. Il avait oublié leur nom. Tant pis. Il ne se donnerait pas le mal de sortir son guide des plantes sauvages. »  Page 238
  • « À Cheltenham, il offrit sa lessive à un étudiant qui entrait dans la laverie. À Prestbury, il fit cadeau de sa lampe-torche à une femme qui ne retrouvait plus ses clés dans son sac. Le lendemain, il donna ses pansements adhésifs et sa crème antiseptique à la mère d’un enfant qui s’était écorché le genou, ainsi que son peigne pour distraire le petit. À la stupéfaction d’un couple d’Allemands qui cherchaient leur chemin à proximité de Cleeve Hill, il leur remit le guide de Grande-Bretagne et, dans la mesure où il connaissait par cœur son dictionnaire de botanique, il leur suggéra de le prendre également. »  Page 264
  • « Il expliqua à Wilf comment il avait appris a faire la tambouille sur un feu de bois et à reconnaître les plantes à l’aide d’un petit guide qu’il avait acheté à Bath. Il y avait les bons et les mauvais champignons, dit-il, et il fallait apprendre à les différencier. »  Page 291
  • « Rich, qui possédait un manuel de la cueillette en milieu naturel, tint à faire des beignets de berce. »  Page 302
  • « Il revoyait Joan en train d’humecter son doigt pour tourner la page d’un livre ou de lever les yeux au ciel devant le tremblement des mains de son mari au-dessus de sa bouteille du whisky, mais il n’avait aucune image d’elle embrassant son front, ni même lui disant des paroles rassurantes. »  Page 333
  • « — Rex est ici. On a regardé la carte. On a passé quelques coups de fil. Il est allé sur son ordinateur. On a même sorti ton guide routier. »  Page 351
  • « Il voyait l’oncologue, les yeux écarquillés devant la lettre de Queenie, et la femme qui aimait Jane Austen en train de parler dans le vide. »  Page 354

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